Un essai marquant révèle que l'exémestane réduit considérablement le risque de cancer du sein

06 juin 2011

Toronto -

Un vaste essai international dirigé par le Canada portant sur une nouvelle façon de prévenir le cancer du sein chez les femmes susceptibles d'en être atteintes a permis de découvrir que l'exémestane réduit ce risque de 65 % comparativement à un placebo. Les résultats ont été présentés aujourd'hui à la rencontre annuelle de l'American Society of Clinical Oncology et publiés en ligne par le New England Journal of Medicine.

Grâce au financement de la Société canadienne du cancer, le Groupe des essais cliniques de l'Institut national du cancer du Canada (GEC de l'INCC) a dirigé l'essai portant sur l'exémestane, membre d'une classe de médicaments appelés inhibiteurs de l'aromatase. Les médicaments de cette classe inhibent la production d'œstrogènes, composante importante dans le développement de certains types de cancer du sein.

« Ces résultats sont très intéressants parce qu'ils peuvent avoir des repercussions pour des milliers de femmes, a déclaré le Dr Michael Wosnick, vice-président à la recherche, Société canadienne du cancer. Nous savons que le cancer du sein fait des ravages chez les femmes canadiennes et leur famille. Les résultats de cette étude révèlent une nouvelle option thérapeutique encourageante permettant de prévenir cette maladie dévastatrice chez les femmes les plus susceptibles d'en être atteintes. »

L'essai baptisé NCIC CTG MAP.3 (ExCel) a été mené sur une période de cinq ans auprès de plus de 4500 femmes en postménopause du Canada, des États-Unis, d'Espagne et de France. Toutes les participantes à l'étude présentaient un risque accru de cancer du sein. Les facteurs de risque comprenaient l'âge, les antécédents familiaux de cancer du sein, l'âge au moment des premières menstruations et lors du premier accouchement. L'étude est le premier essai à répartition aléatoire visant à déterminer si un inhibiteur de l'aromatase permet de prévenir le cancer du sein chez des femmes en santé.

Au terme d'un suivi médian de trois ans, les chercheurs ont constaté une réduction de 65 % de cas de cancer invasif chez les femmes qui prenaient de l'exémestane (11 cas de cancer du sein invasif dans le groupe exémestane comparativement au groupe placebo). De plus, les chercheurs ont constaté moins de cas de lésions précancéreuses dans le groupe recevant de l'exémestane.

Étude de cas

Vi Siemens et ses trois sœurs ont toujours été proches et leurs relations se sont renforcées par leur souhait de prendre part à la lutte contre le cancer. Elles ont participé à cet essai marquant, prenant ensemble chaque jour leur comprimé et se soumettant aux examens médicaux tous les six mois.

Ces sœurs ont perdu leur mère et deux tantes à cause du cancer du sein; elles sont donc très conscientes du risqueauquel ells étaient confrontées. Cependant, elles n'ont pas hésité à se joindre à l'essai.

« La décision d'y participer n'a pas du tout été difficile, a affirmé Mme Siemens. Il n'y qu'à regarder autour de nous. Tout le monde connaît une personne dont un membre de la famille a souffert du cancer du sein. Il faut que quelqu'un teste ces médicaments. »

Mme Siemens et ses sœurs savent qu'elles contribuent à améliorer les choses pour elles-mêmes, leur famille et les femmes du monde entier.

« Nous pensons à la prochaine génération, a-t-elle poursuivi. Nous devons agir et pas seulement pour nous. »

Cet essai n'est que l'un de trois essais menés par le GEC de l'INCC et financés par la Société canadienne du cancer; il a été retenu cette année pour « Le Meilleur de l’ASCO » (Best of ASCO). Les deux autres études comprenaient un essai novateur sur la prévention du cancer du sein et un essai qui a mené à la découverte d’un traitement plus efficace pour le cancer de la prostate. Les études retenues pour « Le Meilleur de l’ASCO » (Best of ASCO) ont le potentiel de modifier la pratique clinique dans le monde entier.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes canadiennes (à l'exception du cancer de la peau exluant le mélanome). En 2011, on estime que 23 400 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein et que 5100 mourront des suites de la maladie.

Le Groupe des essais cliniques de l'INCC est un programme national de recherche de la Société canadienne du cancer qui reçoit du financement programmatique, y compris pour cet essai, de l'Institut de recherche de la Société canadienne du cancer. Les Instituts de recherche en santé du Canada et Pfizer ont également participé au financement de l'essai.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340