Déclaration de la Société canadienne du cancer à propos de l’opposition du Canada à l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux de la Convention de Rotterdam (liste « Prior Informed Consent »)

24 juin 2011

Toronto -

La Société canadienne du cancer est très déçue et embarrassée de la décision de la délégation canadienne, qui a choisi de s’opposer à l’ajout de l’amiante chrysotile à la Convention de Rotterdam, en vertu de laquelle une liste de produits sont désignés dangereux. C’est la troisième fois que le Canada intervient pour empêcher l’inclusion de l’amiante dans la Convention de Rotterdam, qui est régie par consensus.

« Cette décision est contraire à l’éthique. Nous savons pertinemment que toutes les formes d’amiante causent le cancer; nous sommes choqués et profondément troublés par l’absence de leadership du Canada sur cet enjeu majeur de santé à l’échelle mondiale », déclare Paul Lapierre, vice-président aux affaires publiques et à la lutte contre le cancer, Société canadienne du cancer. « La protection de la santé à l’échelle mondiale doit obligatoirement prévaloir sur les intérêts de l’industrie de l’amiante. Le gouvernement fédéral persiste à ignorer les avis de son propre ministère de la Santé, qui dès 2006 lui recommandait que le Canada appuie l’ajout de ce produit sur la liste. »

Chaque année dans le monde, environ 107 000 personnes sont emportées par des maladies liées à l’exposition professionnelle à l’amiante

La Société continuera de travailler d’arrache-pied pour mettre un terme à l’exposition à l’amiante, notamment en exerçant des pressions auprès du gouvernement fédéral pour qu’il appuie l’ajout de l’amiante chrysotile à la Convention de Rotterdam.

La Société canadienne du cancer croit qu’il faut déployer tous les efforts possibles pour éliminer l’exposition à l’amiante et éradiquer les maladies liées à cette substance. La Société demande instamment au gouvernement fédéral d’adopter une stratégie globale portant sur tous les aspects de la problématique de l’amiante, c’est-à-dire :

  • l’établissement immédiat d’un calendrier clair pour l’élimination progressive de l’utilisation et de l’exportation de l’amiante;
  • la mise en œuvre d’un système national de surveillance de la santé des personnes qui ont été exposées à l’amiante;
  • la création d’un registre public des immeubles contenant de l’amiante;
  • la fourniture de mesures de soutien à la transition dans les communautés concernées;
  • l’inscription du chrysotile sur la liste des matières dangereuses soumises à la Procédure de consentement préalable en connaissance de cause (ou liste PIC pour « Prior Informed Consent ») de la Convention de Rotterdam.

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Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340