La Société canadienne du cancer déçue par la décision du gouvernement fédéral de financer l’Institut du chrysotile

03 mars 2011

Toronto -

La Société canadienne du cancer (SCC) est déçue du fait que le gouvernement fédéral a inclus le financement de l’Institut du chrysotile dans ses plans de dépenses 2010-2011 déposés le 1er mars à la Chambre des communes.

L’Institut du chrysotile est inscrit à titre de groupe de pression de l’industrie de l’amiante, et il encourage l’utilisation du matériau ainsi que son exportation vers les pays en développement.

« Du point de vue de la santé publique, le gouvernement fédéral a pris une mauvaise décision en proposant ce financement, car toutes les formes d’amiante causent le cancer, déclare Paul Lapierre, vice-président des affaires publiques et de la lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. Nous enjoignons le gouvernement à considérer la santé de la population comme une priorité et à mettre fin au financement de l’Institut du chrysotile. Le plan du gouvernement visant à utiliser les dollars des contribuables afin de soutenir l’industrie de l’amiante s’oppose directement à la lutte mondiale contre le cancer. »

L’amiante chrysotile est la seule forme d’amiante vendue aujourd’hui et, comme toutes les formes d’amiante, le fait qu’elle est à l’origine du cancer et d’autres maladies ne fait plus de doute. Les pays industrialisés comme le Canada ont cessé d’utiliser l’amiante en raison des risques pour la santé et des coûts économiques élevés. Comme 50 pays ont interdit l’amiante chrysotile, l’industrie de l’amiante tente d’accroître les ventes du matériau aux pays en développement.

L’amiante chrysotile sert presque entièrement aux matériaux de construction faits d’amiante-ciment. L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré qu’elle s’inquiétait profondément de l’utilisation de ces matériaux de construction dans les écoles et les résidences aux quatre coins du monde et de leurs effets néfastes sur la santé humaine durant des décennies à venir.

Le 15 février, la SCC et 25 autres organismes de la santé ont envoyé une lettre au ministre fédéral de la Santé, Jim Flaherty, le pressant de cesser le financement de l’Institut du chrysotile ainsi que le soutien à l’exportation de l’amiante vers les pays en développement.

Les groupes ont fortement recommandé que le financement antérieurement accordé à l’Institut du chrysotile soit réorienté vers l’adoption d’une stratégie exhaustive touchant tous les aspects de la question de l’amiante, dont :

  • l’établissement immédiat d’un échéancier précis pour l’abandon graduel de l’utilisation et de l’exportation de l’amiante;
  • la mise en œuvre d’un système de surveillance national afin de superviser les effets sur la santé chez les personnes ayant été exposées à l’amiante;
  • la création d’un registre public des bâtiments renfermant de l’amiante;
  • l’offre d’une aide de transition aux communautés touchées;
  • l’ajout de l’amiante chrysotile à la liste de consentement préalable en connaissance de cause de la Convention de Rotterdam (pour les substances dangereuses).

« À l’échelle mondiale, environ 107 000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l’exposition professionnelle à l’amiante, déclare Paul Lapierre. En dépit de cet obstacle, la SCC poursuivra ses efforts en vue de mettre un terme à l’exposition à l’amiante. »

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340