Transformer les soins pour le cancer de la prostate

30 mars 2020

Dre Kim ChiOn estime que 64 Canadiens par jour reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate. Grâce à l’amélioration des méthodes de détection et des traitements depuis 20 ans, près de 100 % des hommes survivront si la maladie est décelée au stade précoce. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. En effet, si la maladie est à un stade avancé lorsqu’elle est détectée, seul 1 homme sur 4 qui y survivra.

Pour se développer, le cancer de la prostate se nourrit de testostérone, une hormone mâle. Dans les deux dernières décennies, les scientifiques ont mis au point des médicaments qui peuvent soit empêcher le corps de produire de la testostérone, soit empêcher la testostérone de parvenir aux cellules cancéreuses, privant ainsi le cancer du combustible nécessaire à sa croissance. Ces médicaments, appelés hormonothérapie ou traitement antiandrogène, sont utilisés depuis de nombreuses années. Au cours des 20 dernières années, une nouvelle génération de médicaments d’hormonothérapie ont vu le jour et ont changé la donne en aidant à prolonger la vie des hommes. L’une des grandes questions que les médecins se posent maintenant est la suivante : Y a-t-il un ordre particulier dans lequel ces nouveaux médicaments doivent être administrés pour procurer le plus de bienfaits aux patients?

C’est exactement ce que les Drs Kim Chi et Daniel Khalaf veulent déterminer. Dans le cadre d’un essai clinique récent, ils ont recruté 202 Canadiens atteints d’un cancer de la prostate nouvellement diagnostiqué qui s’était propagé et ne répondait plus à l’hormonothérapie de première intention, et qui porte aussi le nom de cancer de la prostate hormonorésistant métastatique. Au cours de l’essai, les chercheurs ont trouvé le plan de traitement qui permet à ces hommes de vivre plus longtemps. Ils ont évalué deux médicaments qui sont déjà employés couramment pour traiter le cancer de la prostate métastatique; les médecins peuvent donc dès maintenant commencer à utiliser ce plan de traitement chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate hormonorésistant métastatique.

Les chercheurs ont découvert une séquence efficace d’administration de ces médicaments qui a aidé à retarder d’environ quatre mois le délai avant l’évolution du cancer. Les hommes atteints d’un cancer de la prostate hormonorésistant métastatique ont ainsi pu passer plus de temps avec les êtres qui leur sont chers, pendant que les chercheurs poursuivent leur quête de nouveaux traitements et moyens d’aider ces hommes à profiter pleinement de la vie plus longtemps.

« Nous sommes très heureux que cette étude permette de changer la pratique dès aujourd’hui, dit le Dr Chi. Ces deux hormonothérapies sont très souvent administrées de façon séquentielle, mais nous ne savions pas encore quelle était la séquence optimale. Nous avons constaté qu’il était préférable d’administrer l’acétate d’abiratérone en premier et l’enzalutamide en deuxième plutôt que de faire l’inverse. »

Cet essai clinique révolutionnaire a été financé conjointement par la BC Cancer Foundation, la Société canadienne du cancer, la Fondation Jane et Aatos Erkko, Movember, Cancer de la prostate Canada (nom d’alors), Prostate Cancer Foundation, le Programme Nouvelles frontières de la Fondation Terry Fox, Janssen et Astellas. Ensemble, avec nos partenaires, nous pouvons agir contre le cancer.