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La mutation du gène BRCA, connue pour son rôle dans le cancer du sein, aussi à l’origine de cancers du pancréas

06 mars 2014

Toronto -

Une nouvelle étude financée par la Société canadienne du cancer (à raison de 1,25 million de dollars) pourrait déboucher sur le premier traitement personnalisé pour certains cancers du pancréas, l’un des cancers les plus difficiles à traiter.

Le Dr Steven Gallinger, chirurgien-oncologue au Réseau universitaire de santé et chercheur dans le domaine du cancer à l’Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum de l’Hôpital Mount Sinai, a obtenu une nouvelle Subvention pour un impact pour étudier le lien entre les mutations du gène BRCA et le cancer du pancréas. Environ 4 % des patients atteints d’un cancer du pancréas sont porteurs de mutations du gène BRCA, mieux connu pour son lien avec le cancer du sein. Contrairement aux autres patients, ce petit sous-groupe répond aux traitements.

« Le cancer du pancréas est une maladie complexe aux effets dévastateurs; le pronostic est très sombre parce que ce cancer est généralement détecté trop tard et que nous n’avons pas encore de traitement efficace, explique le Dr Gallinger. Avec cette recherche, nous accomplissons l’important travail de défrichage pour comprendre les causes de la maladie et peut-être développer un traitement personnalisé pour ce groupe de patients. »

Les Subventions pour un impact sont les plus importantes remises par la Société canadienne du cancer, pouvant atteindre 1,25 million sur cinq ans chacune. Ces subventions très prestigieuses visent à soutenir les projets scientifiques sur le cancer les plus remarquables et les plus prometteurs au pays et à leur permettre de progresser considérablement.

Histoire d’une survivante

« Je suis en vie aujourd’hui parce que mes médecins se sont rendu compte que dans mon cas, le cancer du pancréas était lié à la mutation du gène BRCA-2 dont je suis porteuse, affirme Libby Znaimer, communicatrice chez ZoomerMedia. Lorsque j’ai été dirigée vers le Dr Gallinger, le Dr Malcolm Moore et leur équipe, j’avais un cancer du pancréas localement avancé, une maladie presque toujours mortelle. »

Les médecins ont tenté de réduire la tumeur avec un médicament qui cible la mutation. Il s’agissait d’une première au Canada.

Mme Znaimer a su qu’elle était porteuse d’une mutation du gène BRCA-2 après avoir appris, en 2006, qu’elle avait un cancer du sein. Par la suite, elle a subi régulièrement des tests de dépistage pour une série d’autres cancers liés à cette mutation. « Personne n’a mentionné le cancer du pancréas, et ce fut un choc lorsque le diagnostic est tombé en 2008, se souvient-elle. Je me réjouis que mon histoire ne soit pas juste une heureuse anomalie, mais soit plutôt un cas type qui peut aider d’autres personnes. »

Le moment eurêka

Le Dr Gallinger décrit le cas de Mme Znaimer comme l’un de ces fameux moments eurêka. « Il n’y en a que quelques-uns dans une carrière! »

C’est ainsi que les médecins ont commencé à rechercher la mutation chez d’autres patients, et constaté qu’elle était présente chez un pourcentage faible, mais non négligeable de patients.

Le Dr Gallinger et ses collègues comptent parmi les rares équipes de recherche au monde qui se penchent sur le lien entre le gène BRCA et le cancer du pancréas. Ils ont déjà montré qu’un cancer du pancréas lié à une mutation du gène BRCA est l’une des formes les plus faciles à traiter de la maladie. Leur nouvelle étude s’appuiera sur cette découverte.

Le Dr Gallinger analysera des échantillons des tumeurs de 300 patients atteints d’un cancer du pancréas pour mieux comprendre le rôle de BRCA dans le cancer du pancréas et proposer de meilleurs traitements aux patients concernés. Pour y arriver, son équipe de recherche va :

  • définir les cas à cibler;
  • déterminer comment repérer ces cas;
  • cerner les raisons pour lesquelles le traitement échoue avec le temps;
  • établir quels traitements, administrés seuls ou en association, sont les plus efficaces.

« Le projet du Dr Gallinger est un excellent exemple de ce que nous souhaitons réaliser avec nos Subventions pour un impact : soutenir des recherches de pointe susceptibles d’avoir un impact majeur sur le cancer et d’accroître notre connaissance de la maladie, déclare la Dre Siân Bevan, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. Ce projet pourrait conduire à des façons entièrement nouvelles de traiter efficacement les patients atteints de ce type de cancer du pancréas et d’empêcher la maladie d’évoluer. »

Selon les plus récentes estimations, un cancer du pancréas sera diagnostiqué chez 4700 Canadiens et emportera plus de 90 % d’entre eux. Pour ce cancer, le pronostic est très sombre, car il entraîne peu de symptômes jusqu’à ce qu’il soit avancé et impossible à traiter. Aujourd’hui encore, les scientifiques en savent très peu sur ses causes.

Quelques autres des nouvelles Subventions pour un impact (Liste complète en anglais) :

Dre Cynthia Hawkins, Hôpital pour enfants malades, Toronto, 1 230 477 $ – L’un des cancers du cerveau les plus mortels chez les enfants est le gliome pontique intrinsèque diffus (DIPG), une tumeur du tronc cérébral pour laquelle il n’existe aucun traitement efficace. Dans 80 % des cas de ce cancer, des mutations sont observées dans des gènes codant pour des protéines, appelées histones, qui commandent l’activation et la désactivation des gènes. Au cours des dix dernières années, le Dre Hawkins a constitué une banque de ce type de tumeurs parmi les plus grandes du monde. La banque servira à élaborer un test diagnostique plus précis pour ce cancer et explorer de nouveaux traitements qui ciblent les gènes mutés codant pour les histones.

Dr Nahum Sonenberg, Université McGill, Montréal, 1 141 236 $ – Le Dr Sonenberg étudie des médicaments qui ciblent les mécanismes de fabrication des protéines dans les cellules cancéreuses. Il veut évaluer certains des médicaments qui font déjà l’objet d’essais cliniques pour comprendre exactement comment ils agissent, vérifier s’ils peuvent être plus efficaces en combinaison et repérer ceux qui peuvent empêcher la propagation du cancer, une des principales causes de mort par cancer. Il cherche également des biomarqueurs pour aider les médecins à prédire si ces traitements fonctionneront bien pour un patient donné.

Dr Jeffrey Wrana, Hôpital Mount Sinai, Toronto, 1 249 950 $ – Un cancer de la vessie est parfois difficile à traiter, car ses formes agressives et non agressives se ressemblent à la biopsie, faute de marqueurs génétiques permettant de les distinguer. Les cancers les plus agressifs requièrent une ablation de la vessie, ce qui a de sérieuses répercussions sur la qualité de vie des patients. Le Dr Wrana cherche comment diagnostiquer un cancer de la vessie plus tôt, pour offrir  un traitement approprié,  avec les meilleurs résultats possibles pour les patients. L’équipe du Dr Wrana a commencé cette recherche  grâce à une Subvention pour l’innovation de la Société. Elle poursuit ces travaux en analysant les gènes présents dans des cellules cancéreuses de la vessie pour déterminer s’ils prédisent bien comment un cancer évoluera et quelle est la meilleure façon de le traiter.

La Société canadienne du cancer subventionne les meilleures recherches sur le cancer au Canada grâce à nos généreux donateurs et à notre processus de sélection rigoureux. Nous subventionnons des centaines de chercheurs dans les universités, les hôpitaux et les centres de recherche. Ensemble, nous découvrons de nouvelles façons de sauver plus de vies. Pour plus d'information, visitez cancer.ca ou appelez sans frais notre Service bilingue d'information sur le cancer au 1 888 939-3333 (ATS 1 866 786-3934).

Renseignements :

Rosie Hales

Spécialiste des communications

Société canadienne du cancer

bureau national

Téléphone : 416 934-5338