La vitamine D est nécessaire à la santé des os et des muscles, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. Les preuves sont de plus en plus nombreuses concernant le fait que la vitamine D pourrait réduire les risques de certains types de cancer, particulièrement les cancers du sein et colorectal. Les experts s’inquiètent actuellement du fait que de nombreuses personnes présentent des carences en vitamine D.
On peut obtenir la vitamine D en s’exposant à la lumière du soleil, en consommant certains aliments (surtout les aliments enrichis de vitamine D) ou en prenant des suppléments vitaminiques.
Un peu de lumière du soleil peut mener loin
La durée d’exposition au soleil nécessaire pour produire suffisamment de vitamine D dépend de :
- l’âge
- l’alimentation
- la pigmentation de la peau
- l’endroit où vous vivez
- la force des rayons du soleil
Quelques minutes par jour d’exposition au soleil sans protection devraient normalement suffire pour obtenir assez de vitamine D. Malgré les bienfaits de la vitamine D, nous vous recommandons de garder à l’esprit votre bon sens sous le soleil.
Suppléments de vitamine D
À cause de la latitude nord de notre pays et parce que les rayons du soleil y sont plus faibles, nous recommandons qu’au Canada, les adultes considèrent la prise d’un supplément de vitamine D. Discutez avec votre médecin de la possibilité de prendre 1000 unités internationales (u.i.) quotidiennement durant les mois d’automne et d’hiver.
Les bébés nourris exclusivement au lait maternel risquent de souffrir de carence en vitamine D; c’est pourquoi les experts recommandent de leur administrer un supplément de vitamine D de 400 u.i. par jour.
Renseignez-vous à propos de la vitamine D auprès de Santé Canada.
Qui présente les risques les plus élevés?
Vous risquez de ne pas avoir un apport adéquat en vitamine D si :
- vous avez 50 ans et plus;
- vous avez une pigmentation foncée;
- vous n’allez pas souvent à l’extérieur;
- si vous portez des vêtements recouvrant la majeure partie de votre peau.
Si vous faites partie d’un de ces groupes, parlez à votre médecin du fait que vous devriez ou non prendre un supplément de 1000 u.i. par jour durant toute l’année.
Peut-on abuser des bonnes choses?
Nous ne recommandons pas de dépasser ces quantités, car trop de vitamine D peut être nocif. Les données actuelles laissent croire que cette quantité devrait aider à réduire les risques de cancer en présentant le moins de préjudices possibles.
Apport suffisant en vitamine D
Pour la plupart des adultes, prendre un supplément de 1000 u.i. (unités internationales) par jour ne pose aucun problème. Selon toute vraisemblance, l’apport optimal en vitamine D se situe à l’intérieur d’une certaine échelle de valeurs, en deçà ou au-delà de laquelle des problèmes de santé risquent de se développer.
Effets secondaires d’un apport excessif en vitamine D
L’effet le plus courant d’un apport excessif en vitamine D est l’hypercalcémie (niveaux de calcium trop élevés). Voici quelques-uns des premiers symptômes de l’hypercalcémie :
- nausées;
- vomissements;
- manque d’appétit;
- faiblesse.
Consultez votre médecin si vous éprouvez l’un ou l’autre de ces symptômes.
D’autres problèmes de santé plus graves peuvent se développer en cas d’hypercalcémie chronique, notamment des calculs rénaux de même que des dépôts de calcium et de phosphore dans les organes et les tissus mous. Pour la plupart des gens, cela se produit parce qu’ils prennent de grandes quantités de suppléments de vitamine D, en plus de suppléments de calcium. Cet effet secondaire ne se manifeste pas lorsque la vitamine D est naturellement synthétisée par la peau.
Certaines études préliminaires indiquent que d’autres problèmes de santé pourraient être aggravés par la prise d’une trop grande quantité de vitamine D. Des recherches ont aussi conclu à une augmentation du taux global de mortalité et de maladies chroniques, par exemple le cancer et les maladies du cœur, en raison de niveaux de vitamine D trop élevés. Ces effets ont été observés pour des concentrations de vitamine D plus faibles que celles à l’origine d’une hypercalcémie, mais tout de même beaucoup plus élevées que le niveau habituellement mesuré chez la population canadienne. Il faudra mener des recherches plus poussées pour mieux comprendre ces premières observations.
Problèmes de santé et vitamine D
Certaines pathologies sont associées à une plus grande sensibilité à la vitamine D; un niveau de vitamine D normal risque dans ces cas de provoquer des troubles tels que l’hypercalcémie. Votre risque d’hypersensibilité à la vitamine D sera plus élevé si vous êtes atteint :
- d’hyperparathyroïdie primaire;
- de sarcoïdose et autres maladies granulomateuses;
- de lymphome non hodgkinien.
D’après vos antécédents médicaux, votre médecin souhaitera peut-être surveiller de près votre niveau de vitamine D ou même vérifier d’autres éléments, par exemple votre taux de calcium. Informez-vous auprès de votre médecin des possibles complications liées à la prise de suppléments de vitamine D.
Ce que montre la recherche
Plusieurs études d’observation menées au cours des 20 dernières années montrent une corrélation entre la vitamine D et le risque de cancer. Plusieurs études ont aussi été publiées quant à son association avec d’autres problèmes de santé comme les maladies du cœur, le diabète et la sclérose en plaques.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a constitué un groupe de travail pour étudier les données scientifiques sur la vitamine D et le cancer. Dans leur rapport publié en 2008, ces experts concluaient à :
- l’existence d’une corrélation entre une carence en vitamine D et le cancer colorectal;
- la disponibilité limitée de données sur le cancer du sein;
- l’absence d’éléments probants en ce qui concerne le cancer de la prostate.
Lisez le rapport du CIRC (en anglais)
L’Institute of Medicine (IOM) est un organisme qui analyse les résultats de la recherche et conseille les gouvernements du Canada et des États-Unis. Par exemple, ils formulent des recommandations à propos d’éléments nutritifs spécifiques comme la vitamine D et des quantités à prendre. En raison de toutes les études réalisées dernièrement, l’IOM a mis à jour ses recommandations en 2011, en concluant que :
- la vitamine D joue un rôle important pour la santé des os;
- les données scientifiques actuelles ne permettent pas de confirmer d’autres effets de la vitamine D sur la santé, y compris en ce qui concerne le cancer.
Plus d’information à propos du rapport de l’IOM (en anglais)
Pourquoi faut-il poursuivre les recherches?
Le corpus actuel de données sur la vitamine D et le cancer repose sur plusieurs études d’observation et sur un très faible nombre d’essais cliniques aléatoires à petite échelle utilisant des suppléments. Dans la plupart de ces essais comparatifs aléatoires, les participants recevaient un supplément de calcium en plus de la vitamine D.
Si la plupart des études démontrent de manière constante un lien entre cancer et vitamine D, nous ne pouvons encore affirmer hors de tout doute que la vitamine D peut causer le cancer.
Un vaste essai clinique aléatoire (ECA) est nécessaire pour démontrer que le fait de modifier les niveaux de vitamine D aura une incidence sur le risque de cancer. Ce type d’étude est considéré comme le « summum » en recherche, mais il coûte très cher et exige beaucoup de temps.
Un ECA peut confirmer si la vitamine D joue un rôle dans la prévention du cancer. Il peut aussi aider les chercheurs à comprendre :
- les niveaux de vitamine D nécessaires à l’organisme pour prévenir la maladie;
- la quantité de vitamine D requise pour obtenir un maximum de bienfaits;
- les maladies, y compris les types particuliers de cancer, pouvant bénéficier d’un niveau optimal de vitamine D;
- les niveaux de vitamine D pouvant être dommageables.
La recherche menée sur d’autres suppléments alimentaires révèle que les études d’observation ne suffisent pas pour comprendre pleinement leurs effets. Par exemple, il y a déjà eu un important essai clinique aléatoire appelé SELECT, qui vérifiait les effets de la prise de suppléments de vitamine E et de sélénium. Dans les études d’observation, on notait une diminution du risque de cancer de la prostate. L’ECA a obtenu un résultat contraire : une augmentation du risque de cancer de la prostate avec la vitamine E et une augmentation du diabète avec le sélénium. Les chercheurs ont mis fin prématurément à l’essai lorsqu’ils ont constaté que ces suppléments ne réduisaient pas le risque de cancer et pouvaient causer du tort.
Au moins un essai clinique aléatoire est en cours aux É.-U., mais il faudra attendre un certain temps avant d’en connaître les résultats. L’étude VITAL (un essai sur la vitamine D et les oméga-3), menée auprès de 20 000 hommes et femmes, vérifiera si la prise d’un supplément de vitamine D ou d’huile de poisson peut réduire le risque de cancer ou de maladie cardiovasculaire.