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À propos du test de l’APS

C’est à vous de choisir de passer ou non des tests de dépistage du cancer de la prostate tôt (avant d’avoir des symptômes). Toutefois, il peut être difficile d’y voir clair et de prendre une décision. Au moment de faire un choix, il importe de prendre en considération les faits suivants :

L’analyse de l’APS ne permet pas de diagnostiquer le cancer.

Elle peut par contre aider à détecter un éventuel problème par la mesure des concentrations d’APS dans votre sang. En cas de résultats élevés, il faut habituellement d’autres tests pour déterminer s’il s’agit ou non d’un cancer de la prostate. 

 

Votre taux d’APS normal se modifiera au fur et à mesure que vous avancerez en âge.

Si le test indique que votre taux est plus élevé que la normale pour votre âge, votre médecin vous fera passer d’autres tests.  

 

L’évolution du cancer de la prostate est souvent très lente.

Les cancers de la prostate à évolution lente présentent peu de risques et ne nécessitent pas nécessairement de traitement actif (chirurgie, médicaments ou radiothérapie) dans l’immédiat. Votre médecin pourra plutôt recommander une surveillance active (ou suivi attentif). Certains trouvent angoissant de se savoir atteints d’un cancer sans que la maladie soit traitée. Il faut savoir que les effets secondaires du traitement sont parfois néfastes.  

 

Les tests peuvent aider à détecter un cancer de la prostate qui nécessite un traitement.

Ensemble, l’analyse de l’APS et le toucher rectal peuvent permettre d’identifier rapidement un cancer dangereux, à un moment où il sera plus facile à traiter. Les tests de dépistage pourraient vous sauver la vie.

  • Avantages et inconvénients du dépistage du cancer de la prostate

    Le test de l’APS comporte les avantages suivants :

    • Il peut vous rassurer si les résultats sont normaux.
    • Il peut vous apprendre que des tests plus poussés seront nécessaires (si les valeurs observées sont plus élevées que la normale pour votre âge).
    • Il peut permettre de détecter rapidement un cancer (avant que vous ayez des symptômes).
    • Il peut aider à détecter un cancer avant qu’il se propage à l’extérieur de la prostate (alors qu’il est plus facile à traiter).

    L’analyse de l’APS présente aussi certains inconvénients :

    • Il peut parfois suggérer que vous avez le cancer alors qu’il n’en est rien. On parle alors de faux résultat positif. Un tel résultat peut provoquer de l’anxiété, puisque vous vous croyez à tort atteint de cancer. Il peut aussi entraîner inutilement d’autres tests effractifs.
    • Il peut ne pas indiquer la présence du cancer même si c’est le cas. Il s’agit alors d’un faux résultat négatif. Un tel résultat peut vous procurer un faux sentiment de sécurité alors que vous êtes en réalité atteint d’un cancer. Cet état d’esprit pourrait aussi vous inciter à ignorer les symptômes du cancer ou d’autres troubles de la prostate.
    • Il ne peut pas indiquer le degré de gravité du cancer. Certains types de cancer de la prostate évoluent lentement, ne causent aucun problème de santé et ne requièrent pas de traitement. La détection de ce type de cancer peut conduire à des traitements non nécessaires mais susceptibles de provoquer des effets secondaires.
  • Questions à poser

    Avant de parler à votre médecin, commencez d’abord par recueillir un maximum d’information sur vos antécédents familiaux de cancer de la prostate. Le fait de savoir si vous avez des parents au premier degré (père, frère ou fils) qui ont eu un cancer de la prostate (et si oui, à quel âge ils ont été diagnostiqués) aidera à déterminer le traitement approprié.

    Questions à poser à votre médecin
    • Quel est mon risque de développer un cancer de la prostate?
    • Puis-je faire quelque chose pour réduire ce risque?
    • Quels tests devrais-je passer, s’il y a lieu?
    • À quelle fréquence devrais-je passer ces tests?
    • Quels seraient pour moi les avantages d’une analyse de l’APS et d’un toucher rectal?
    • Quels seraient pour moi les risques d’une analyse de l’APS et d’un toucher rectal?
    • Si mes résultats sont normaux, que se passe-t-il ensuite?
    • Si mes résultats ne sont pas normaux, que se passe-t-il ensuite?
    • Dois-je payer pour ces tests? Si oui, combien?
    Questions à vous poser à vous-même

    Votre médecin est là pour vous fournir toute l’information nécessaire, mais vous seul êtes en mesure de décider pour vous-même. Après que vous vous serez renseigné à propos des tests de dépistage auprès de votre médecin, vous voudrez peut-être réfléchir à ces questions.

    • Que choisirais-je de faire si mon taux d’APS s’avérait élevé?
    • Que ferais-je si des tests plus poussés révélaient la présence d’un cancer de la prostate de stade précoce?
    • Serais-je à l’aise si je me savais atteint d’un cancer de la prostate qui ne nécessite pas de traitement actif (chirurgie, médicaments, radiothérapie) immédiatement? Cela provoquerait-il un stress trop important?
  • Ce que la recherche révèle à propos des tests

    La recherche n’a pas encore démontré clairement si les tests de dépistage du cancer de la prostate comportent plus d’avantages que d’inconvénients. C’est ce qui explique pourquoi les organismes de santé et les groupes de pression envoient parfois des messages contradictoires, sans parler des différentes pratiques des médecins. Cette question peut susciter une grande confusion, en particulier si vous êtes un homme dont le risque de cancer de la prostate est considéré comme moyen.

    Le test de l’APS, effectué tôt, peut aider à détecter le cancer de la prostate

    À l’origine, le test de l’APS (antigène prostatique spécifique) a été mis au point pour surveiller la progression du cancer de la prostate ainsi que la réponse de la tumeur au traitement.

    Utilisée en association avec le toucher rectal, l’analyse de l’APS peut aussi s’avérer efficace pour aider à détecter (diagnostiquer) le cancer chez des hommes qui présentent des symptômes du cancer de la prostate. Si on soupçonne un cancer de la prostate, d’autres tests (échographie transrectale et biopsie) seront nécessaires pour confirmer le diagnostic.

    Limites des tests de dépistage du cancer de la prostate

    Le test de l’APS ainsi que le toucher rectal comportent un taux élevé de faux résultats positifs. Cela signifie que les résultats du test peuvent suggérer la présence d’un cancer alors qu’il n’en est rien. En d’autres termes, il s’agit d’une fausse alerte. Un faux résultat positif peut entraîner inutilement des tests supplémentaires plus effractifs. La recherche indique que jusqu’à 20 % des hommes pourraient éprouver, à la suite d’une biopsie transrectale à l’aiguille, des effets secondaires tels que la présence de sang dans l’urine, de la douleur et une impuissance temporaire. 

    Le test de l’APS et le toucher rectal peuvent aussi donner lieu à de faux résultats négatifs. Cela veut dire que le cancer n’est pas détecté bien qu’il soit effectivement présent. L’obtention d’un faux résultat négatif peut faire en sorte que vous ou votre médecin ne teniez pas compte des symptômes du cancer de la prostate. Le groupe de travail sur les services de prévention aux États-Unis (U.S. Preventive Services Task Force) estimait en 2002 que de 10 à 20 % des cancers de la prostate au stade précoce n’étaient pas détectés par le test de l’APS.

    Le test de l’APS peut déceler un cancer de la prostate qui ne se développera ni ne se propagera au cours de la vie d’un homme. Dans ces cas, les médecins peuvent recommander un programme de suivi attentif (ou observation vigilante) du cancer de la prostate. S’il opte pour un suivi attentif, le médecin vérifiera régulièrement l’évolution du cancer au lieu d’entreprendre sur-le-champ un traitement faisant appel à la chirurgie, à la radiothérapie ou à des médicaments.

    La prise de décision dans un tel contexte peut être difficile pour un homme atteint d’un cancer de la prostate. Il faut savoir que certains hommes peuvent être atteints pendant de nombreuses années sans que cela n’affecte leur santé, contrairement à bien d’autres formes de cancer. Des études récentes ont révélé que jusqu’à 50 % des cancers détectés par le test de l’APS pourraient ne jamais nécessiter de traitement. La détection de ces types de cancer de la prostate est parfois appelée surdiagnostic. Un surdiagnostic peut avoir pour effet d’accroître le stress et l’anxiété. Certains patients pourraient aussi subir des traitements non nécessaires les exposant à des risques plus sérieux. La prostatectomie radicale (ablation complète de la prostate) et la radiothérapie externe, par exemple, peuvent entraîner des difficultés d’ordre sexuel ou des troubles urinaires. L’hormonothérapie peut entraîner une dysfonction sexuelle, une enflure des seins et des bouffées de chaleur.

    Le test de l’APS peut-il sauver des vies?

    Dans le cas des hommes qui ne présentent pas de symptômes de cancer de la prostate, la recherche ne fournit pas de réponse claire. Aucun test de dépistage n’est infaillible, mais un bon test permet de réduire le taux de mortalité chez les personnes atteintes de cancer. Les chercheurs essaient également de développer d’autres aspects positifs du dépistage, notamment une meilleure qualité de vie et des traitements moins toxiques.

    Recherches en cours

    Bien que les taux de mortalité par cancer de la prostate aient diminué avec les années, la recherche indique que cela est probablement dû aux changements apportés au diagnostic et au traitement de la maladie. Il faudra d’autres études pour déterminer si le dépistage au moyen du test de l’APS permet ou non de sauver des vies. Deux grandes études sont en cours pour évaluer l’analyse de l’APS utilisée seule ou combinée avec le toucher rectal :

    Les résultats préliminaires des deux études ont été publiés en 2009 et les travaux se poursuivent. Les conclusions préliminaires de ces essais viennent confirmer l’opportunité pour les hommes à risque moyen de discuter avec leur médecin des avantages et inconvénients du dépistage par le test de l’APS afin de voir ce qui est préférable pour eux. 

    L’essai PLCO réunit plus de 75 000 hommes. La moitié des sujets doivent subir régulièrement un toucher rectal, un test de l’APS ou les deux. L’autre moitié, le groupe témoin, ne passe aucun test. L’étude a pour but de vérifier si les tests de dépistage permettront de sauver des vies. Les résultats préliminaires publiés en mars 2009 indiquent que le test de l’APS ne réduit pas le nombre de décès par cancer de la prostate. Il s’agit de premières observations et des études plus approfondies sont nécessaires. 

    L’étude ERSPC porte sur plus de 250 000 hommes dans huit centres européens. La moitié des hommes devaient subir d’abord un toucher rectal et un test de l’APS. Dans certains centres, les participants ont également dû passer une échographie transrectale de la prostate. La seconde moitié des participants composent le groupe témoin et ne passeront aucun test. Les résultats préliminaires provenant de 162 000 hommes dans sept des centres ont été publiés en mars 2009 et ont démontré que le test de l’APS pouvait effectivement permettre de réduire de 20 % le taux de mortalité. Les chercheurs ont également observé que les hommes subissant des tests de l’APS présentaient un taux élevé de surdiagnostic. Ils ont en effet constaté que 50 % des cancers de la prostate détectés par le test de l’APS n’auraient pas entraîné de problèmes de santé particuliers et auraient peut-être pu demeurer sans traitement.

    Les chercheurs continuent en outre d’étudier de nouveaux moyens de mettre à profit le test de l’APS actuel, entre autres :   

    • Analyse de l’APS sérique, incluant la vélocité et le temps de doublement de l’APS : analyse répétée de l’APS pendant une certaine période et comparaison avec les résultats précédents. Certaines études indiquent que l’augmentation rapide du taux d’APS peut être un signe de cancer. L’analyse de l’APS sérique est déjà de toute façon un outil important pour surveiller l’évolution du cancer de la prostate pendant le traitement.
    • Densité de l’APS : ce test vérifie le taux d’APS par rapport à la taille de la prostate. Certains hommes âgés ont une hypertrophie de la prostate qui n’est pas cancéreuse. Ce test, qui compare le taux d’APS à la taille de la prostate, fournit une échelle plus précise des taux normaux d’APS. 
    • Ratio d’APS : l’APS peut être présent sous deux formes dans le sang. Ce test vérifie la proportion d’une forme par rapport à l’autre. Des études indiquent qu’un ratio anormal peut suggérer la présence d’un cancer.
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