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Hormonothérapie substitutive

La ménopause est la période de transition entre les années de fécondité de la femme et celles où elle n'est plus en âge de procréer. Les niveaux d'hormones sont alors modifiés et peuvent entraîner :

  • des bouffées de chaleur
  • des troubles du sommeil
  • des sautes d'humeur

Habituellement, ces symptômes persistent pendant plusieurs années, jusqu'à ce que les menstruations cessent complètement. La ménopause survient souvent au début de la cinquantaine, mais l'âge peut varier considérablement. Chez certaines femmes atteintes de cancer, la ménopause précoce est un effet secondaire de la chimiothérapie ou d'autres traitements.

La décision de recourir à l'hormonothérapie substitutive (HTS) au cours de la ménopause demeure avant tout une question de choix personnel. Toutefois, une telle décision devrait quand même être prise en consultation avec le médecin. À cette occasion, vous pourrez discuter des risques et des avantages d'un tel traitement dans votre situation par rapport aux risques de cancer et de maladies du cœur.

  • Notre recommandation

    La Société canadienne du cancer recommande aux femmes d’éviter de recourir à l’HTS pour toute raison autre que le traitement des symptômes graves de la ménopause que d'autre traitement n’a pu soulager.

    Si vous songez à l’HTS, vous devriez d‘abord en soupeser les avantages et inconvénients avec votre médecin avant de décider quoi que ce soit. Les aspects suivants doivent entrer en ligne de compte :

    • la gravité de vos symptômes de ménopause;
    • vos antécédents personnels et familiaux de maladies cardiovasculaires, de cancer du sein et de l’ovaire, d’ostéoporose et de démence;
    • la durée prévue de l’HTS.

    Si votre médecin et vous en venez à la conclusion qu’une HTS combinée vous convient, il est important de n’utiliser que la plus faible dose efficace, uniquement le temps qu’il faudra pour atténuer les symptômes de la ménopause visés par le traitement.

  • Risques et avantages de l’HTS 

    La ménopause est caractérisée par les fluctuations des niveaux d'hormones féminines. Ces modifications peuvent entraîner des symptômes tels que bouffées de chaleur, troubles du sommeil et sautes d'humeur. Certaines femmes ont recours à l’hormonothérapie substitutive (HTS) pour atténuer ces symptômes.

    L’HTS peut être constituée d’œstrogène seul ou d’une combinaison d’œstrogène et de progestatif (HTS combinée). Comme la prise d’œstrogène seul peut causer le cancer de la paroi de l'utérus, ce type d’hormonothérapie est réservé aux femmes qui ont subi une ablation chirurgicale de l'utérus (hystérectomie), puisque le risque de cancer ne se pose plus pour elles. L’HTS combinée est plus répandue chez les femmes dont l’utérus est intact.

    Bien que l’hormonothérapie substitutive combinée puisse aider à contrôler les symptômes de la ménopause, à prévenir l'ostéoporose (amincissement des os) et à réduire le risque de cancer du côlon, la recherche démontre aussi que l’utilisation prolongée de ce type de traitement (pendant cinq ans ou plus) accroît le risque de cancer du sein, de cancer de l’ovaire, de maladie cardiovasculaire et d’embolie pulmonaire (caillots de sang dans les poumons). Les chercheurs sont maintenant d'avis que pour la plupart des femmes, les risques liés à l’hormonothérapie substitutive à long terme outrepassent les avantages du traitement.

  • L’HTS et le cancer

    Des données probantes indiquent que les femmes qui ont recours à l’hormonothérapie substitutive courent un risque accru de cancer. L’HTS peut également avoir d’autres répercussions sur la santé.

    Cancer du sein

    D’après le Centre International de Recherche sur le Cancer, l’hormonothérapie substitutive combinée durant la ménopause est une cause connue de cancer du sein, principalement chez les femmes qui ont récemment suivi ou qui suivent actuellement ce traitement.

    En 2002, une vaste essai clinique (Women’s Health Initiative) mené aux États-Unis, réunissant 16 600 femmes âgées de 50 à 79 ans, a permis d’observer une hausse de 25 % du risque de cancer du sein parmi les participantes qui suivaient une HTS combinée, comparativement à celles qui prenaient un placebo. Cela équivalait environ à huit cas de plus de cancer du sein par 10 000 femmes suivant une HTS combinée. Les femmes prenant une combinaison d’hormones étaient également plus susceptibles que celles sous placebo de recevoir le diagnostic de cancer du sein à un stade plus avancé de la maladie et d’en mourir. De plus, elles risquaient davantage d’avoir des résultats anormaux lors de la mammographie.

    Plusieurs études de suivi de l’essai WHI ont été publiées depuis. Ces études, de même que d’autres recherches menées à l’échelle internationale sur l’HTS combinée, ont permis de brosser un tableau plus précis des avantages et des risques associés à ce traitement pendant la ménopause. Le risque de cancer du sein s’avère plus élevé lorsque l’HTS combinée est utilisée :

    • pendant une période de cinq ans ou plus (le risque est proportionnel à la durée de l’HTS);
    • par des femmes ménopausées plus âgées, en particulier après 60 ans;
    • par des femmes qui ont commencé à suivre une HTS plus près de la ménopause;
    • par des femmes minces;
    • par des femmes dont les seins sont denses.

    L’essai WHI comportait également un essai clinique afin de comparer les effets de l’hormonothérapie par œstrogène seul à ceux d’un placebo. Plus de 10 000 femmes ménopausées n’ayant plus d’utérus y ont pris part. Les femmes qui prenaient de l’œstrogène et qui n’avaient pas d’antécédents familiaux de cancer du sein ni d’antécédents de problèmes mammaires bénins (non cancéreux) présentaient un risque de cancer du sein légèrement plus faible que les femmes ayant pris le placebo.

    Cancer de l’ovaire

    Dans l’ensemble, les études tendent à conclure que l’HTS combinée de même que l’HTS par œstrogène seul pourraient accroître le risque de cancer de l’ovaire, mais que ce risque demeure faible. Selon la recherche menée par le groupe collaboratif sur les études épidémiologiques du cancer de l’ovaire, les femmes qui avaient suivi une HTS présentaient un risque de cancer de l’ovaire plus élevé, ce risque étant surtout déterminé par la récence de la prise d’hormones. Ce sont les femmes actuellement sous hormonothérapie qui couraient le plus grand risque comparativement aux femmes qui avaient pris des hormones par le passé. Le risque diminuait graduellement après l’arrêt de l’HTS. L’étude du groupe collaboratif a également montré que le risque augmentait avec la durée de l’HTS.

    Cancer colorectal

    Les études sont partagées relativement à l’effet de l’HTS combinée sur le risque de cancer colorectal. Certaines études semblent indiquer une diminution du risque (effet protecteur) chez les utilisatrices de l’HTS combinée, d’autres non. L’essai WHI n’a observé aucun effet de l’hormonothérapie par œstrogène seul sur le cancer colorectal; certaines études donnent toutefois à penser qu’il y aurait un moindre risque de cancer colorectal (effet protecteur) chez les femmes prenant seulement de l’œstrogène.

    L’essai WHI n’a observé aucun effet de l’hormonothérapie par œstrogène seul sur le cancer colorectal; certaines études donnent toutefois à penser qu’il y aurait un moindre risque de cancer colorectal (effet protecteur) chez les femmes prenant seulement de l’œstrogène.

    Autres problèmes de santé

    Toujours selon l’étude WHI, il semblerait également que la prise d’hormones sur une base régulière augmente le risque de maladie cardiovasculaire, d’AVC et d’embolie pulmonaire (caillots de sang dans les poumons). Par ailleurs, les femmes suivant une HTS combinée ont dû passer plus souvent des biopsies de l’endomètre ainsi que des examens de contrôle pour des saignements vaginaux. L’utilisation régulière de l’HTS semblait par contre diminuer le risque de fractures de la hanche.

    L’étude WHI a observé que les femmes suivant une œstrogénothérapie présentaient un risque supérieur d’AVC et de thrombose veineuse (caillot dans une veine), mais un risque moindre de fractures des os.

  • Hormones bio-identiques

    On peut acheter certains produits hormonaux sans ordonnance appelés hormones bio-identiques. Ce type d’hormone est fabriqué à partir de sources végétales et c’est fondamentalement la même hormone que celle qui est produite par notre corps. Les partisans du produit disent que les hormones bio-identiques sont plus sécuritaires ou plus naturelles, mais aucune donnée scientifique ne prouve qu’elles sont moins risquées ou plus efficaces que les hormones prescrites.

  • Recours à la HTS après un cancer

    Si vous avez des antécédents de cancer et que vous songez à suivre une HTS, vous devriez connaître les risques qui y sont associés.

    • On pourrait recommander à certaines femmes ayant des antécédents de cancer du sein de ne pas suivre de HTS en raison du lien possible entre l’œstrogène et la récidive de cancer du sein. On ne saisit pas encore clairement ce lien et les résultats d’études évaluant les effets de la HTS sur les femmes atteintes d’un cancer du sein sont contradictoires.
    • Bien qu'on recommande habituellement aux femmes dont le risque de cancer du sein est élevé de ne pas suivre de HTS, ce traitement pourrait être une option pour certaines, accompagné d'un counseling et d'un suivi adéquats.
    • On pourrait recommander à certaines femmes ayant des antécédents de cancer de l'utérus de ne pas suivre de HTS, en particulier si la tumeur était de stade et de grade élevés.
  • Liens vers des sites Web sur l’HTS et le risque de cancer

    The Lancet
    Menopausal hormone use and ovarian cancer risk: individual participant meta-analysis of 52 epidemiological studies (Prise d’hormones à la ménopause et risque de cancer de l’ovaire : méta-analyse de participantes individuelles à 52 études épidémiologiques) (février 2015) en anglais

    Rapports sur les avantages et risques de l’HTS pour la santé
    Centre International de Recherche sur le Cancer
    Monograph 91 on Combined Estrogen-Progestogen Menopausal Therapy
    (Monographie 91 sur le traitement de la ménopause combinant œstrogène et progestogène
    en anglais

    Santé Canada
    Avantages et risques liés au traitement hormonal substitutif combiné
    Utilisation sûre des produits de santé naturels pendant la ménopause

    Études sur le risque de cancer lié à l’HTS
    Journal of the American Medical Association
    Hormone Therapy and Ovarian Cancer (Hormonothérapie et cancer de l’ovaire) (juillet 2009) en anglais
    Effects on Breast Cancer and Mammograms (Mammographies et effets sur le cancer du sein) (juin 2003) en anglais
    Risks and Benefits of Estrogen Plus Progestin in Healthy Postmenopausal Women (Risques et bénéfices de l’œstrogène combiné à un progestatif pour les femmes ménopausées en santé) (juillet 2002) en anglais

    New England Journal of Medicine
    Breast Cancer after Use of Estrogen plus Progestin in Postmenopausal Women (Cancer du sein après la prise d’une combinaison d’œstrogène et de progestatif chez les femmes postménopausées) (février 2009) en anglais

    American Journal of Epidemiology
    Estrogen plus progestin therapy and breast cancer in recently postmenopausal women (Cancer du sein et traitement par œstrogène et progestatif chez les femmes nouvellement ménopausées) (mars 2008) en anglais

  • Solutions de rechange à l'HTS

    Les femmes qui choisissent de ne pas suivre de traitement d'hormonothérapie substitutive (HTS) et qui souffrent de plusieurs symptômes ménopausiques peuvent souvent trouver un soulagement en se tournant vers d'autres formes de traitement. Les solutions de rechange à l'HTS n'ont pas toutes été éprouvées scientifiquement, mais de nombreuses femmes les trouvent efficaces. En voici quelques exemples.

    Ce que vous pouvez faire contre les troubles du sommeil

    • Faites de l’exercice. L’activité physique permet la détente et améliore l'état général de bien-être, ce qui pourrait vous permettre de mieux dormir.
    • Essayez des techniques de relaxation (respiration profonde, massage ou yoga) afin de vous aider à réduire votre niveau de stress.
    • Buvez une tisane à base de camomille ou de valériane au coucher. Évitez la caféine et l’alcool, qui risquent d’accentuer les symptômes de ménopause.

    Ce que vous pouvez faire contre les bouffées de chaleur

    • Faites autant d’exercice que vous le pouvez.
    • Portez des vêtements légers en plusieurs couches, que vous pourrez enlever au besoin.

    Ce que vous pouvez faire contre la sécheresse vaginale

    • Utilisez un hydratant ou un lubrifiant vaginal hydrosoluble vendu en pharmacie.
    • Informez-vous auprès de votre médecin à propos des suppositoires vaginaux à base de vitamine E, ou des crèmes à base d'œstrogène pouvant diminuer les symptômes de sécheresse.

    Ces solutions de rechange à l'HTS n'ont pas toutes été testées pour évaluer leurs effets secondaires. L'hormonothérapie substitutive peut quand même être utile pour atténuer les symptômes de la ménopause à court terme (c'est-à-dire durant quelques mois), si les solutions de rechange n'ont aucun effet et que les symptômes sont sévères.

    Demandez toujours conseil à votre médecin avant de décider quoi que ce soit à propos de l’hormonothérapie substitutive, d'utiliser des plantes médicinales ou d'adopter de nouvelles habitudes de vie.

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