Dr Mani Larijani

Université Memorial de Terre-Neuve

Mani Larijani
Étudier en 3D une protéine qui cause le cancer

Le cancer résulte souvent de mutations dans l'ADN des cellules normales qui dérèglent les mécanismes cellulaires. Le Dr Mani Larijani, chercheur en immunologie et cancer et professeur agrégé à l’Université Memorial de Terre-Neuve, à Saint-Jean, concentre ses efforts à déterminer avec précision quel rôle joue une enzyme appelée AID dans ce processus.

Pour créer un système immunitaire capable de reconnaître un ensemble varié d’antigènes, la protéine AID provoque des mutations dans certains gènes particuliers des cellules immunitaires. Le rôle de ces gènes mutés est de produire des millions de protéines légèrement différentes capables de détecter le grand nombre d’infections ou de matières étrangères qu’une personne est susceptible de croiser.

Cependant, la protéine AID est parfois activée par erreur dans des cellules non immunitaires et son activité est parfois mal dirigée au sein des cellules immunitaires. Cela peut entraîner l’apparition de différents types de cancer, dont des leucémies et des lymphomes agressifs. La protéine AID permet aussi aux cellules cancéreuses de changer et de s’adapter rapidement, ce qui leur permet d’échapper au traitement.

Grâce au soutien de la Société canadienne du cancer, le Dr Larijani étudie la structure de la protéine AID en vue de concevoir de nouveaux traitements qui bloqueront ses effets néfastes. En effet, cartographier la forme de cette protéine pourrait permettre de déterminer les endroits qu’il serait le plus utile de cibler avec des médicaments anticancéreux.

Malgré les efforts intenses de nombreux chercheurs depuis la découverte de cette protéine, sa structure demeure méconnue. Le Dr Larijani et son équipe ont abordé ce problème en utilisant une nouvelle technique de pointe. Ils ont associé des simulations par ordinateur à des expériences biochimiques afin de découvrir la structure 3D de la protéine AID, lorsqu’elle est seule et lorsqu’elle interagit avec l’ADN. Ils ont trouvé que cette protéine possédait un interrupteur de sécurité intégré : la plupart du temps, sa conformation ne peut pas causer de mutations dans l’ADN.

Le Dr Larijani explique que « connaître la structure fonctionnelle de la protéine AID permettra de concevoir des médicaments qui bloquent son activité menant au cancer. Nous avons aussi créé une nouvelle méthode qui fournit beaucoup de renseignements non seulement sur la structure des molécules, mais aussi sur la régulation de la fonction par cette structure. »

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