Dre Connie Eaves

BC Cancer Agency

Dr Connie Eaves
Suivre la croissance des cellules souches

D’une certaine manière, traiter le cancer, c’est comme désherber un jardin. Pour réussir à arrêter le cancer pour de bon, il faut en détruire les racines.

Notre organisme renferme de nombreux types de cellules souches, des cellules « racines » qui donnent naissance à tous les types de cellules spécialisées du corps. Par exemple, les cellules souches du sang produisent plus de 10 types de cellules sanguines essentielles à la vie.

Les cancers sont aussi formés de différentes cellules, qui influencent leur comportement et leur réaction au traitement. Certaines cellules agissent comme des cellules souches cancéreuses et régénèrent les tumeurs, leur permettant ainsi de résister aux traitements et de toujours recroître.

La Dre Connie Eaves, éminente scientifique de la BC Cancer Agency et professeure à l’Université de la Colombie-Britannique, est une experte de renommée mondiale dans le domaine de la recherche sur les cellules souches. Grâce à ses travaux, on a pu faire de grands progrès et mieux comprendre comment les cellules souches normales et cancéreuses croissent et fonctionnent, en particulier celles du sang et du sein.

Dans les années 1980, la Dre Eaves a cofondé le laboratoire Terry Fox à Vancouver avec son mari, le Dr Allen Eaves. C’est là que le couple et son équipe ont découvert que l’on pouvait maintenir en vie des cellules souches saines du sang et les pousser à croître en laboratoire, alors que les cellules sanguines cancéreuses mourraient. Cela donnait à penser que les personnes atteintes de leucémie envisageant une greffe de moelle osseuse pourraient utiliser leur propre moelle osseuse, débarrassée des cellules cancéreuses en laboratoire, plutôt qu’attendre de trouver un donneur compatible.

En s’appuyant sur ces recherches, la Dre Connie Eaves met en application ce qu’elle a appris sur les cellules souches sanguines pour comprendre les premiers événements responsables de l’apparition des cancers du sang et du sein. Grâce au soutien des donateurs de la Société canadienne du cancer, la Dre Eaves et son équipe ont récemment élaboré une nouvelle façon de suivre la croissance des cancers du sein chez des souris en marquant l’ADN de chaque cellule cancéreuse avec un « code barres » unique. À l’aide de cette technique, ils ont montré que les cancers du sein pourraient croître plus rapidement qu’on ne le pensait, ce qui remet en cause l’idée que ces cancers se développent très lentement. Le fait de pouvoir déceler les premiers changements qui causent le cancer suscite un enthousiasme grandissant, car cela signifie que l’on pourrait concevoir des traitements encore plus ciblés.

« Il y a plus de 40 ans, la toute première subvention que j’ai reçue provenait de la Société canadienne du cancer, explique la Dre Eaves. J’ai toujours été inspirée par son engagement durable et inébranlable à explorer toutes les pistes de recherche possibles et par son désir de soutenir les meilleurs chercheurs. Je crois que ces principes ont contribué à faire du Canada un chef de file mondial de la recherche sur le cancer. Il est indéniable que la Société m’a incitée à constamment chercher la nouveauté et les défis. »

Les exploits et l’excellence en recherche qui ont marqué l’ensemble de la carrière de la Dre Eaves continuent d’être soulignés par plusieurs prix prestigieux, dont le prix Robert L. Noble que lui a remis la Société en 2003. Nous sommes fiers d’appuyer ses travaux actuels visant à comprendre ce qui arrive aux cellules souches du sang après le traitement du cancer. Ces recherches pourraient permettre de déceler les changements moléculaires provoqués par le traitement du cancer, lesquels pourraient plus tard entraîner la formation de nouveaux cancers du sang chez les survivants.

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