Dre Christine Friedenreich

Alberta Health Services – CancerControl Alberta

Dre Christine Friedenreich
Prévenir le cancer par l’activité physique

Quand la Dre Christine Friedenreich songe à son travail d'épidémiologiste (scientifique qui étudie la distribution des maladies dans la population) spécialisée en oncologie, elle est fermement convaincue qu'elle participe d’une certaine manière à l’éradication du cancer.

La Dre Friedenreich a passé une bonne partie de sa vie professionnelle à cerner des facteurs de risque de cancer modifiables. Depuis 1994, elle étudie la relation entre le risque de cancer et l'activité physique, ce qui lui a valu de devenir une spécialiste internationale en cette matière. Fort respectée pour son aptitude à se saisir de cette question des plus importantes, elle a conçu de nouveaux outils de recherche alliant diverses méthodes d’observation et d’expérimentation.

« Quand j'ai commencé à examiner le lien entre le cancer et l'activité physique, je me suis rendu compte que personne n'avait mesuré l'activité physique à vie, dit-elle. De plus, aucun chercheur n'avait pris en considération la somme des activités physiques d'une personne donnée, au travail, dans les loisirs et à la maison. » 

Pour relever ce défi, la Dre Friedenreich a conçu un questionnaire afin de mesurer avec précision le niveau d'activité à vie. Ce questionnaire, qui servait au départ à réunir des données en vue de l'étude de l'activité physique et du risque de cancer du sein, a aussi été utilisé pour évaluer les effets de l'activité sur les cancers de la prostate et de l'endomètre. À partir des données réunies grâce au questionnaire, la Dre Friedenreich a pu prouver de manière concluante que le risque de cancer du sein est de 30 % à 40 % moindre chez la femme ménopausée active physiquement. 

« La mise au jour d'une telle réduction du risque grâce à l'activité physique à vie a été vraiment formidable, dit-elle. L'activité physique est un comportement modifiable à la portée de tous, qui influe sur le risque de cancer. Cette “ découverte ” est importante car elle signifie que n'importe qui a le pouvoir de réduire le risque de cancer. » 

Dans le cadre de l’étude ALPHA (Alberta physical activity and breast cancer prevention) subventionnée par la Société canadienne du cancer, la Dre Friedenreich a démontré que l’activité physique peut s’avérer bénéfique par la réduction des marqueurs biologiques du cancer du sein.

Les conclusions de l’étude ALPHA ont incité la chercheuse à mener l’étude BETA (Breast cancer and exercise trial in Alberta) afin d’examiner comment différentes quantités d’activité physique influencent plusieurs marqueurs biologiques du cancer du sein. Avec le soutien financier de la Société, la Dre Friedenreich poursuit actuellement des études connexes pour évaluer l’impact de l’activité physique sur les nouveaux marqueurs biologiques mis au jour dans l’étude ALPHA et pour mesurer les effets à long terme de l’exercice dans l’essai BETA.

Les travaux de la Dre Friedenreich visent également à définir le type et le degré d'activité physique qui entraînent la plus grande réduction du risque. « Cette voie de recherche est extrêmement gratifiante, dit-elle, car elle a des répercussions tangibles sur la santé publique. Je ne suis qu'une chercheuse parmi tant d'autres, mais je trouve ma récompense dans la possibilité de contribuer à la santé publique. »

En plus de poursuivre ses travaux sur l’activité physique et le risque de cancer, la Dre Friedenreich fait équipe avec la Société pour voir comment il serait possible de prévenir un grand nombre de cas de cancer au pays par la modification des habitudes de vie et des facteurs environnementaux; elle fournira une estimation du nombre de cancers qui pourraient être évités au cours des 30 prochaines années. Cette étude est la première du genre au Canada et on s’attend à ce qu’elle ait des répercussions majeures sur la politique de lutte contre le cancer.

La Dre Friedenreich occupe actuellement les postes de chef de la division d’oncologie préventive au Département d’oncologie de l’Université de Calgary et de chef scientifique de l’épidémiologie du cancer et de la recherche sur la prévention pour les services albertains de santé (CancerControl Alberta). Elle a été colauréate en 2013 du prix O. Harold Warwick, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la lutte contre le cancer au Canada. 

Tout au long de son parcours professionnel, la Dre Friedenreich a fait la preuve de sa grande vivacité intellectuelle en appliquant différentes approches méthodologiques à l’étude des causes du cancer, ce qui lui a valu d’obtenir des résultats d’une grande portée. La qualité de ses travaux de recherche, alliée à sa participation et à sa collaboration scientifique de longue date avec le Centre international de recherche sur le cancer, a fait en sorte de rehausser la visibilité du Canada en matière d’épidémiologie sur la scène internationale. En plus d’afficher une solide réputation d’excellence comme chercheuse, la  Dre Friedenreich est considérée par ses collègues comme une personne d’un grand sens éthique et d’une intégrité à toute épreuve, une communicatrice douée, une collaboratrice appréciée et une bénévole généreuse non seulement sur la scène scientifique, mais aussi dans le milieu communautaire.

Au fil des ans, la Dre Friedenreich a entretenu des liens étroits avec la Société; elle insiste sur l’importance des fonds accordés par la Société à son programme de recherche. « Je suis en contact avec la Société canadienne du cancer depuis de nombreuses années, que ce soit comme demandeur de subvention, examinateur et présidente de jurys pour l’attribution de subventions et de prix d’excellence. Je suis extrêmement impressionnée de la qualité du processus d’examen qu’applique la Société. Je suis à la fois reconnaissante et flattée d’avoir pu bénéficier des fonds de la Société pour mes propres travaux scientifiques; cet appui a été un élément déterminant de ma réussite, d’hier à aujourd’hui. »

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