Dre Barbara Triggs-Raine

Université du Manitoba

Dr Barbara Triggs Raine
Des rongeurs qui nous fournissent des armes contre le cancer

Les réponses à nos questions sur les mécanismes du cancer se trouvent bien souvent là où on ne les attend pas. À titre d’exemple, un rongeur doté d’une grande longévité et résistant au cancer, appelé rat-taupe, pourrait bien détenir les clés de nouvelles stratégies de prévention et de traitement du cancer.

L’exceptionnelle résistance au cancer du rat-taupe pourrait s’expliquer par la concentration élevée d’une substance gélatineuse appelée acide hyaluronique dans son organisme. Les grosses molécules d’acide hyaluronique entourent les cellules, ce qui les empêcherait de devenir cancéreuses. Tous les animaux possèdent de l’acide hyaluronique, y compris les humains. Ce composant essentiel de la peau et du cartilage sert aussi de lubrifiant articulaire.

La Dre Barbara Triggs-Raine, biochimiste et professeure à l’Université du Manitoba, fait partie des quelques chercheurs dans le monde à se pencher sur le rôle des enzymes qui fractionnent l’acide hyaluronique dans les cas de cancer et d’autres troubles génétiques.

Avec l’appui financier de la Société canadienne du cancer, la Dre Triggs-Raine étudie si l’interférence avec une enzyme qui fractionne l’acide hyaluronique, HYAL2, pourrait offrir une stratégie efficace pour accroître les concentrations d’acide hyaluronique en vue de prévenir ou de traiter le cancer. Il s’avère tout aussi important de déterminer les conséquences non recherchées ou les effets indésirables susceptibles d’être déclenchés par le blocage de HYAL2.

Pour éclairer ces questions, la Dre Triggs-Raine et son équipe étudient les effets du retrait de HYAL2 chez les souris. Ces expériences devraient leur permettre de voir s’il s’ensuit une hausse de la concentration d’acide hyaluronique dans différents tissus et si cela peut atténuer la gravité des cancers de la peau.

Cette étude pourrait éventuellement confirmer le potentiel de HYAL2 comme cible thérapeutique du cancer et ouvrir la voie au développement d’inhibiteurs de HYAL2 destinés à prévenir le cancer chez les personnes à haut risque ou à ralentir la croissance d’un cancer déjà présent. Cette idée innovatrice fait l’objet du premier projet scientifique de la Dre Triggs-Raine consacré au cancer et illustre très bien comment la Société subventionne les meilleurs chercheurs dans de multiples disciplines afin de marquer des progrès dans l’atteinte de sa mission.

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