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Imagerie en médecine nucléaire

La médecine nucléaire est la branche de l’imagerie médicale qui a recours à des produits radiopharmaceutiques pour examiner le fonctionnement et la structure d’organes et de tissus.

Un produit radiopharmaceutique est généralement fait de 2 parties, soit le produit radiopharmaceutique même qui cible un organe ou un tissu spécifique et une substance radioactive (radionucléide) qui libère une petite quantité de radiation.

Un produit radiopharmaceutique est injecté, avalé ou inhalé. La partie radiopharmaceutique agit comme une substance chimique que le corps utilise normalement, donc les tissus absorbent ce produit. La partie radioactive émet des rayonnements (rayons gamma) qui sont détectés par un appareil spécial. L’appareil employé dépend de l’organe ou du tissu étudié. Il peut s’agir d’une gamma-caméra ou d’une sonde ou d’un appareil de tomographie par émission de positrons (TEP). Ces appareils enregistrent les rayonnements émis, puis un ordinateur se sert de ces données pour former une image.

Les images de médecine nucléaire permettent de détecter des tumeurs d’une des 2 façons suivantes :

  • la tumeur absorbe une plus grande quantité du produit radiopharmaceutique que le reste de l'organe ou du tissu
  • le reste de l'organe ou du tissu absorbe le produit radiopharmaceutique mais pas la tumeur

Il existe 4 types différents d’images de médecine nucléaire :

  • images dynamiques – série d’images qui captent le mouvement, ou l’activité, comme le débit sanguin vers un organe
  • images planaires (statiques) – images à 2 dimensions apparaissant une à la fois
  • images corps entier – images à 2 dimensions de l’avant et de l’arrière du corps
  • images par tomographie d’émission à photon unique (TEPU) – images à 3 dimensions de l'évolution ou du fonctionnement de l'organe étudié

On emploie différents radio-isotopes selon le type de test effectué et le tissu ou l'organe examiné dont :

  • le technétium 99m (99 mTc)
  • l'iode radioactif
  • le strontium
  • le gallium
  • le thallium

Dans certains centres, les images de médecine nucléaire peuvent être superposées aux clichés pris par tomodensitométrie (TDM) ou par imagerie par résonance magnétique (IRM). Des appareils plus récents disponibles dans certains centres pourraient être en mesure d’effectuer 2 études d’imagerie en même temps, comme la TEPU/TDM et la TEP/TDM.

Types courants d’examens d’imagerie en médecine nucléaire
ScintigraphiePourquoi on y a recours

pour détecter toute anomalie, comme une tumeur osseuse

pour diagnostiquer une inflammation, une maladie ou une tumeur

pour vérifier jusqu’à quel point le cœur pompe le sang

pour diagnostiquer certains types de cancer

  • pour visualiser les changements biochimiques qui se produisent dans le corps
  • pour diagnostiquer des affections comme le cancer

Pourquoi on fait un examen d’imagerie en médecine nucléaire

On peut faire un examen d’imagerie en médecine nucléaire pour :

  • vérifier la structure et le fonctionnement de tissus ou d’organes, comme le cerveau, la glande thyroïde, les poumons, le cœur, le foie, la rate, les reins et les os
  • détecter la maladie dans les organes ou les os
  • trouver des tumeurs, en particulier dans les os et la glande thyroïde
  • déterminer jusqu’où le cancer s’est propagé et s’il est présent dans d’autres organes et tissus (stade)
  • savoir si le traitement du cancer est efficace

Comment se déroule un examen d’imagerie en médecine nucléaire

L’examen d’imagerie en médecine nucléaire est généralement effectué au service de médecine nucléaire d’un hôpital, en consultation externe. Il dure de 15 minutes à quelques heures, selon la partie du corps étudiée. Pour certains examens, la personne doit revenir quelques heures ou quelques jours plus tard pour une autre série de clichés.

Aucune préparation spéciale n’est nécessaire pour la plupart des examens d’imagerie en médecine nucléaire. Pour certains examens, il faut jeûner de 2 à 12 heures avant.

Avant l’examen, le médecin note les antécédents de chirurgie, de traitement du cancer, d’allergies ou de sensibilité à toute substance ou à des médicaments, les symptômes actuels et les signes physiques. Il est important qu’une femme mentionne au personnel qu’elle allaite son enfant, qu’elle est enceinte ou croit l’être.

On administre le produit radiopharmaceutique avant l’examen.

  • Le produit radiopharmaceutique peut être :
    • injecté dans une veine de la main ou du bras (plus fréquent)
    • administré par la bouche (voie orale)
    • inhalé
  • Le produit radiopharmaceutique s’accumule dans le tissu ou l’organe examiné en quelques minutes ou en quelques heures. Une fois que c’est fait, on peut procéder à l’examen.

Lors de l’examen d’imagerie en médecine nucléaire :

  • La personne s’assoit ou s'allonge sur une table particulière.
    • Si être allongé sur le dos pendant une longue période engendre de l’inconfort pour la personne, on peut lui administrer un analgésique avant l’examen.
  • On demande à la personne de rester vraiment immobile lors de l’examen puisque les mouvements peuvent déformer les images.
    • On fixe des bandes Velcro autour de la personne pour qu'elle soit retenue de façon sécuritaire et pour l'aider à rester immobile.
    • Il est possible que la personne doive changer de position afin qu’on puisse prendre les clichés sous différents angles.
  • On a recours à une gamma-caméra pour effectuer la plupart des interventions en médecine nucléaire.
    • Il existe plusieurs types de gamma-caméras :
      • caméra stationnaire
      • caméra qui se déplace le long du corps
      • caméra qui tourne autour du corps (TEPU)
    • La gamma-caméra peut :
      • être en double, c’est-à-dire qu’il y en a une au-dessus de la table et une autre sous la table
      • se trouver dans un gros appareil en forme de beigne semblable à un appareil de TDM ou d’IRM
      • être sous la table, hors de vue
    • On peut avoir recours à d’autres dispositifs dont une sonde ou un appareil de TEP.
      • L’appareil de TEP est une grosse machine avec une ouverture en forme de trou de beigne au centre et qui ressemble à un appareil de TDM ou d’IRM.
      • Une sonde est un petit appareil à main qui détecte et mesure le produit radiopharmaceutique dans le corps.
  • La gamma-caméra ou bien la sonde ou l’appareil de TEP est positionné quelques pouces au-dessus du corps. Il capte le modèle de distribution de la radioactivité émise par le produit radiopharmaceutique.
  • Un ordinateur analyse les modèles et crée des images à 2 ou à 3 dimensions, parfois en couleur.
  • Un médecin en médecine nucléaire observe les images et les interprète.

Après l’examen, la matière radioactive perd rapidement son effet. Elle est évacuée du corps par l’urine ou les selles (matières fécales). Selon le type de produit radiopharmaceutique employé, de quelques heures à quelques jours peuvent être nécessaires pour qu’il soit complètement éliminé du corps.

  • Boire des liquides après l’intervention aide à éliminer le produit radiopharmaceutique du corps.
  • Il est possible qu’on doive suivre des directives particulières après avoir uriné, comme tirer la chasse d’eau deux fois et se laver les mains à fond.

Effets secondaires possibles

La dose de rayons X ou de matière radioactive administrée en imagerie en médecine nucléaire peut grandement varier. La dose dépend du type d’intervention pratiqué et de la partie du corps examinée. En général, la dose du produit radiopharmaceutique employé est faible et la personne est exposée à une petite dose de radiation lors de l’examen. Les risques possibles pour la santé engendrés par l’exposition à la radiation sont faibles comparativement aux bienfaits qu’elle peut offrir. On ne connaît aucun effet néfaste à long terme à une exposition à une si faible dose de radiation.

Les effets secondaires suivants comptent parmi ceux qui peuvent se produire :

  • saignement, sensibilité ou enflure susceptible de se manifester au point d’injection
  • réactions allergiques au produit radiopharmaceutique, ce qui est extrêmement rare

Ce que signifient les résultats

Les produits radiopharmaceutiques sont absorbés différemment par les divers tissus du corps, ce qui aide le médecin à interpréter les images de médecine nucléaire.

  • Les régions anormales d’un organe absorbent différentes quantités du produit radiopharmaceutique.
    • Le tissu cancéreux peut absorber plus ou moins de produit que le tissu normal.
    • D’autres maladies, comme l’arthrite, peuvent également affecter l’absorption (assimilation) du produit.

Les résultats de l’imagerie en médecine nucléaire sont souvent étudiés en association avec les résultats de la radiographie, de l’échographie, de la TDM, de l’IRM et des analyses de laboratoire parce que :

  • il est possible que l’imagerie en médecine nucléaire ne permette pas de détecter de très petites tumeurs
  • l’imagerie en médecine nucléaire ne permet pas toujours de faire la différence entre une tumeur cancéreuse (maligne) et une tumeur non cancéreuse (bénigne)

Ce qui se passe si on détecte un changement ou une anomalie

Le médecin décide si des examens, des interventions, un suivi ou des traitements supplémentaires sont nécessaires.

Considérations particulières pour les enfants

Le fait qu'un enfant soit préparé à un examen ou à une intervention peut réduire son niveau d'anxiété, accroître sa collaboration et l'aider à développer des habiletés d'adaptation. Les parents ou la personne qui prend soin de l’enfant peuvent aider à le préparer en lui expliquant ce qui se passera lors de l’examen, dont ce qu'il verra, ressentira et entendra.

  • Il arrive parfois qu’une préparation particulière soit nécessaire pour un examen d’imagerie en médecine nucléaire.
    • Il est possible que l’enfant doive jeûner de 2 à 12 heures avant l’examen si on observe son estomac.
    • On demande à l’enfant de boire beaucoup d’eau avant l’examen si on observe ses reins.
    • Il est possible qu’on mette un cathéter en place pour certains examens de la vessie.
      • Dites à l’enfant qu’il peut ressentir un certain inconfort lors de l’insertion du cathéter.
  • Pour la plupart des examens, on doit faire l’injection intraveineuse du radio-isotope.
    • On peut appliquer une crème pour engourdir la région.
    • Dites à l’enfant qu’il ressentira :
      • une piqûre vive lors de l’insertion de l’aiguille
      • une légère pression ou un petit tiraillement lors de l’injection du radio-isotope
  • L’enfant doit rester immobile sur la table pendant tout l’examen, ce qui risque d’être désagréable.
    • Pour les bébés et les tout-petits :
      • on a souvent recours à un sédatif
      • essayez de garder l'enfant éveillé avant l'examen afin qu'il soit fatigué
      • apportez-lui une bouteille de jus, de lait ou de préparation pour nourrissons pour l'aider à se détendre et à s'endormir lors de l'examen
    • Certains enfants aiment tenir une couverture ou un jouet spécial dans leurs mains pendant l’examen.
    • Les enfants pourraient écouter de la musique ou une histoire lors de l'examen.
    • Le parent ou la personne qui prend soin de l'enfant peut rester avec lui et l'aider à demeurer vraiment immobile.
      • Une femme enceinte ne peut pas rester dans la pièce lors de l’examen.

La dose de matière radioactive qu’on administre se base sur le poids de l’enfant et on a recours à la plus faible qui soit. La petite quantité de substance radioactive administrée à l’enfant ne devrait engendrer aucune préoccupation. On a recours à la médecine nucléaire chez les nouveau-nés et les tout-petits depuis plus de 30 ans et on ne connaît aucun effet néfaste à long terme à une exposition à une si faible dose de radiation.

Il est possible que la personne qui prend soin de l’enfant reçoive des directives particulières à suivre au cours des 6 à 24 heures qui suivent l’examen.

  • Si la personne qui prend habituellement soin de l’enfant est enceinte, quelqu’un d’autre devrait s’en occuper la plupart du temps.
  • Portez des gants imperméables et jetables lorsque vous manipulez l’urine, les selles ou le vomi de l’enfant, entre autres quand vous le changez de couche.
  • Changez les draps ou les vêtements qui sont tachés de vomi, d’urine ou de selles.
    • Portez des gants imperméables et jetables lorsque vous manipulez ces draps ou ces vêtements.
    • Ces draps et ces vêtements peuvent être lavés avec la lessive habituelle.
  • Tirez la chasse d’eau tout de suite après que l’enfant soit allé aux toilettes.
  • Mettez les couches sales dans la poubelle dehors.

La préparation que vous pouvez fournir à un enfant qui passera un examen d’imagerie en médecine nucléaire dépend de son âge et de son expérience. Consultez la section suivante pour obtenir davantage de renseignements spécifiques à chaque groupe d'âge sur la façon d’aider un enfant à faire face aux tests et au traitement.

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