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Types d’antidouleurs

Les non-opioïdes, les opioïdes et les analgésiques adjuvants sont les 3 types principaux de médicaments employés pour traiter la douleur liée au cancer. Ces médicaments aident à maîtriser la douleur de différentes façons. On peut les administrer seuls ou les associer. Il est important de prendre les antidouleurs tel que recommandé, même s’ils ne semblent pas soulager la douleur immédiatement. Un certain temps, parfois quelques semaines, peut être nécessaire avant qu’ils ne fassent effet.

Non-opioïdes

On administre les non-opioïdes seuls pour traiter la douleur légère à modérée. On peut les associer à des opioïdes pour soulager la douleur modérée à intense. Les non-opioïdes peuvent être d’action brève (à libération immédiate) ou d’action prolongée (à libération prolongée, ou contrôlée). La plupart des médicaments non opioïdes sont en vente libre, alors vous n’avez pas besoin d’une ordonnance.

Acétaminophène

L’acétaminophène (Tylenol, Atasol) est un médicament non opioïde couramment employé pour maîtriser la douleur légère et réduire la fièvre. Il est possible que votre médecin ne veule pas que vous preniez de l’acétaminophène sur une base régulière si vous recevez une chimiothérapie puisqu’elle risque de dissimuler une fièvre.

La plupart du temps, une dose normale d’acétaminophène n’engendre aucun effet secondaire. En prendre une grande quantité chaque jour pendant une longue période risque d’endommager le foie.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) aident à maîtriser la douleur et à réduire l’inflammation et l’enflure. Ils peuvent aider à traiter la douleur liée au cancer qui affecte les os ou les tissus mous.

Certains AINS sont en vente libre, dont l’ibuprofène (Motrin, Advil, Nuprin) et l’acide acétylsalicylique (ASA, aspirine, salicylate). D’autres AINS exigent une ordonnance, comme la crème de diclofénac (Voltaren), l’indométacine (Indocin, Indocid) et le célécoxib (Celebrex).

Certains AINS risquent de déranger l’estomac ou d’y causer un saignement. Prendre des AINS avec de la nourriture ou juste après un repas peut réduire le risque de troubles gastriques. Les AINS peuvent aussi empêcher le sang de coaguler de la façon dont il le devrait. Vous ne devriez pas prendre de AINS si vous recevez une chimiothérapie ou si vous êtes sur le point de subir une chirurgie. Les enfants et les adolescents ne devraient pas prendre de l’aspirine ou des produits qui en contiennent. Les AINS peuvent aussi causer des troubles rénaux, en particulier chez les personnes qui sont déshydratées ou qui ont déjà des problèmes aux reins. Certaines personnes ne peuvent pas prendre d’AINS en raison de leurs effets secondaires.

Les AINS peuvent interagir avec d’autres médicaments. Demandez à votre équipe de soins si vous pouvez prendre des AINS sans danger. L’équipe de soins peut vous donner également des renseignements sur le type et le dosage qui pourraient être les plus efficaces pour vous.

Corticostéroïdes

Les corticostéroïdes sont disponibles seulement sur ordonnance. Ces médicaments ont des propriétés anti-inflammatoires plus puissantes que celles des AINS. La prednisone (Deltasone) et la dexaméthasone (Decadron, Dexasone) sont des corticostéroïdes.

Les corticostéroïdes peuvent aider à réduire l’enflure et à soulager la douleur, en particulier la douleur causée par une tumeur qui exerce une pression sur un nerf ou qui l'a endommagé. Ces médicaments peuvent aussi accroître l'appétit et atténuer les nausées, aidant ainsi la personne à se sentir mieux.

Les effets secondaires des corticostéroïdes peuvent être les suivants :

  • dérangement d’estomac
  • maux de tête
  • agitation
  • anxiété
  • dépression
  • difficulté à dormir
  • rétention de liquide
  • gain de poids
  • difficulté à digérer
  • hausse du risque d’infections
  • saignement dans l’estomac ou l’intestin (organe long en forme de tube qui part de l’estomac et se rend jusqu’à l’anus)
  • faiblesse musculaire

Il ne faut pas cesser de prendre des corticostéroïdes d’un coup. Lorsque ce sera le temps pour vous de cesser de les prendre, l'équipe de soins en réduira graduellement la dose jusqu’à ce que vous soyez sevré.

Opioïdes

Les opioïdes sont aussi appelés narcotiques. On y a recours pour maîtriser une douleur modérée à intense et c’est le type de médicament qui est le plus souvent employé pour contrôler la douleur liée au cancer. Ces médicaments peuvent être d’action brève (à libération immédiate) oud’action prolongée (à libération prolongée, ou contrôlée). On peut administrer les opioïdes seuls ou les associer à d’autres opioïdes pour soulager la douleur.

Opioïdes courants

La plupart des médicaments opioïdes sont disponibles seulement sur ordonnance. Les opioïdes courants sont entre autres ceux-ci :

  • codéine
  • oxycodone (OxyContin)
  • hydromorphone (Dilaudid)
  • méthadone
  • morphine (MS Contin, Statex, MOS)
  • fentanyl (Duragesic)

On associe parfois des opioïdes à des non-opioïdes pour maîtriser la douleur. Voici certaines associations courantes :

  • codéine et acétaminophène (Tylenol 1, Tylenol 2, Tylenol 3)
  • codéine et acide acétylsalicylique (ASA, aspirine, salicylate)
  • oxycodone et acétaminophène (Percocet)
  • oxycodone et acide acétylsalicylique (Percodan)

Effets secondaires des opioïdes

Les médicaments opioïdes causent chez tout le monde certains effets secondaires, mais ils sont habituellement légers et faciles à traiter. Parlez au médecin si vous avez besoin d’aide pour composer avec n’importe lequel des effets secondaires courants des opioïdes mentionnés ci-dessous.

Constipation

La constipation causée par les opioïdes ne disparaît pas toute seule même quand le corps est habitué au médicament, car les opioïdes ralentissent le mouvement des selles dans le tractus intestinal. Les selles durcissent parce que les liquides qu'elles contiennent sont absorbés en plus grande partie, ce qui signifie qu'elles sont plus difficiles à évacuer. Chez certaines personnes, l’envie d’aller à la selle peut être moins pressante.

La meilleure façon de prévenir la constipation est d’être actif physiquement et d’accroître la quantité de liquides et de fibres consommée. Il est possible que votre équipe de soins vous propose un laxatif, un produit ramollissant ou des suppositoires pour soulager la constipation.

Sécheresse buccale

Les opiacés risquent de réduire la quantité de salive produite par le corps, ce qui peut rendre la bouche sèche. Sucer des morceaux de glace ou des bonbons acidulés au citron et boire beaucoup de liquides peut aider à soulager la sécheresse buccale. L’équipe de soins peut vous recommander des vaporisateurs de salive artificielle pour aider à soulager la sécheresse buccale.

Nausées et vomissements

Les médicaments opioïdes peuvent causer des nausées et des vomissements ou déranger l'estomac lors de la première semaine de traitement. Dans la plupart des cas, les nausées disparaissent au fil du temps. Une courte période de repos dans un endroit calme après la prise de l'opioïde peut aider. La relaxation, l’imagerie et la respiration profonde peuvent aussi aider à atténuer les nausées. L’équipe de soins peut vous recommander un antinauséeux.

Somnolence

Les opioïdes risquent de vous rendre somnolent lorsque vous commencez à les prendre ou que leur dose est augmentée. Cet effet disparaît généralement en quelques jours. La somnolence peut aussi être causée par le corps qui a besoin de récupérer le sommeil perdu maintenant que la douleur est maîtrisée. Les opioïdes affectent chacun différemment. Parlez à l’équipe de soins si les antidouleurs continuent de causer de la somnolence après 3 jours.

Changements de la vivacité intellectuelle

Les opioïdes peuvent modifier la vivacité intellectuelle au début. Après avoir pris la même dose de médicaments pendant quelques jours, vous devriez voir une amélioration. Si votre vivacité intellectuelle est encore problématique ou si vous n’êtes toujours pas en mesure de reprendre vos activités normales après quelques jours, parlez-en à votre équipe de soins. Un dosage différent ou un autre type d'opioïde permet souvent de traiter cet effet secondaire. Certaines activités pourraient devoir être évitées comme conduire ou utiliser des outils électriques quand vous prenez des opioïdes. Demandez à votre équipe de soins quelles activités vous pouvez pratiquer sans danger quand vous prenez des opioïdes.

Spasmes musculaires

La réaction aux divers types d'opioïdes varie d'une personne à l'autre. Les opioïdes provoquent  parfois des secousses ou des spasmes dans les muscles, surtout quand on s’endort. Il arrive que ce soit simplement le corps qui réagit ainsi au médicament. Des spasmes musculaires peuvent aussi survenir quand on prend de fortes doses d'opioïdes.

Démangeaisons

Les opioïdes peuvent causer des démangeaisons. Cet effet secondaire est susceptible de se produire sur tout le corps, mais il n’affecte habituellement que le visage, le cou et la partie supérieure du thorax. Prendre des antihistaminiques et des bains à l’avoine et garder sa peau propre et sèche peut aider à soulager les démangeaisons.

Difficulté à uriner

Les médicaments opioïdes peuvent causer la rétention urinaire, c’est-à-dire une difficulté à vider sa vessie. On pourrait devoir réduire la dose, si possible. Il arrive parfois qu’on doive installer une sonde pour aider à évacuer l'urine de la vessie.

Réduction du rythme respiratoire

Certains médicaments opioïdes peuvent causer une dépression respiratoire, c’est-à-dire une réduction du nombre d'inspirations/expirations et de la capacité de respirer profondément. C'est l'un des effets secondaires possibles les plus graves des opioïdes. L’équipe de soins surveille fréquemment les signes vitaux de la personne lorsqu'on lui administre ce médicament pour la première fois. Si la dépression respiratoire apparaît, on pourrait lui donner de l'oxygène.

Analgésiques adjuvants

On peut administrer d’autres types de médicaments avec les non-opioïdes et les opioïdes pour aider à maîtriser la douleur. Ces médicaments sont des analgésiques adjuvants. Ils peuvent ne pas avoir été conçus spécifiquement pour soulager la douleur, mais on pourrait les administrer pour aider à la traiter.

Bisphosphonates

Les bisphosphonates sont des médicaments qui aident à protéger les os et à prévenir leur dégradation. On peut y avoir recours pour soulager la douleur causée par un cancer qui s’est propagé aux os. Des jours voire des semaines peuvent être nécessaires avant que les bisphosphonates soulagent la douleur.

Voici quelques bisphosphonates qu’on administre pour traiter la douleur liée au cancer :

  • clodronate (Bonefos)
  • pamidronate (Aredia)
  • acide zolédronique (Zometa, Aclasta)

Les bisphosphonates ne sont disponibles que sur ordonnance. On les administre souvent dans un centre de traitement par perfusion, c’est-à-dire qu’on injecte les médicaments pendant un certain temps par une aiguille insérée dans une veine. Certains peuvent être pris par la bouche.

Les effets secondaires des bisphosphonates peuvent comprendre ceux-ci :

  • nausées
  • vomissements
  • diarrhée
  • crampes
  • douleur au point d’injection
  • douleur osseuse plus intense (la douleur osseuse peut s’intensifier quand on administre des bisphosphonates pour la première fois, mais c’est habituellement temporaire)
  • changement de la fonction rénale
  • baisse du taux de calcium
  • mort de la mâchoire (ostéonécrose)

Si vous prenez des bisphosphonates, il est important d’en aviser le dentiste avant qu’il ne vous fasse une chirurgie dentaire affectant l’os.

Anticonvulsivants

Les anticonvulsivants, ou antiépileptiques, peuvent servir à traiter la douleur névralgique. Ils atténuent les signaux de la douleur provenant de nerfs endommagés. Les anticonvulsivants sont disponibles seulement sur ordonnance. On les prend habituellement par la bouche.

Voici quelques anticonvulsivants qui soulagent la douleur liée au cancer :

  • carbamazépine (Tegretol)
  • gabapentine (Neurontin)
  • phénytoïne (Dilantin)

Les effets secondaires des anticonvulsivants peuvent comprendre ceux-ci :

  • somnolence
  • étourdissements
  • nausées
  • gain de poids
  • enflure des bras et des jambes
  • démarche instable
  • tremblements ou mouvements musculaires qu'on ne peut maîtriser

Antidépresseurs

La prise d’un antidépresseur ne signifie pas toujours que la personne qui les prend est déprimée. Certains antidépresseurs peuvent aider à soulager la douleur névralgique. Les antidépresseurs sont disponibles seulement sur ordonnance. On les prend habituellement par la bouche.

Voici quelques antidépresseurs auxquels on peut avoir recours pour soulager la douleur liée au cancer :

  • amitriptyline (Elavil)
  • nortriptyline (Aventyl)
  • désipramine (Norpramin, Pertofrane)
  • inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS)

Les effets secondaires des antidépresseurs peuvent comprendre ceux-ci :

  • constipation
  • diarrhée
  • somnolence
  • bouche sèche
  • nausées
  • vomissements
  • gain de poids

Relaxants musculaires

Il arrive parfois que la douleur intense cause des contractions et des spasmes musculaires. On peut administrer des relaxants musculaires si les spasmes  causent de la douleur ou l’intensifie. Ces médicaments sont habituellement pris par la bouche.

Certains relaxants musculaires, comme le baclofène (Lioresal), sont en vente libre. D’autres, tels que la cyclobenzaprine (Flexeril), ne sont disponibles que sur ordonnance. Des médicaments contre l’angoisse, dont le diazépam (Valium) et le lorazépam (Ativan), peuvent aussi servir à soulager les spasmes musculaires quand la douleur est intense. L’équipe de soins peut vous indiquer quels types et quels dosages de relaxants musculaires pourraient aider à soulager la douleur et à atténuer les spasmes musculaires.

Les effets secondaires des relaxants musculaires peuvent comprendre ceux-ci :

  • étourdissements
  • somnolence
  • fatigue
  • maux de tête

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