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Médicaments pour traiter la douleur

Les antidouleurs peuvent aider à traiter différents types et différentes intensités de douleur. Parlez à votre équipe de soins le plus vite possible si vous éprouvez de la douleur. La douleur peut être plus difficile à maîtriser et les médicaments risquent de prendre plus de temps avant d’agir s’ils ne sont pas pris dès que la douleur apparaît. On administre souvent différents antidouleurs en même temps.

Approche échelonnée pour le traitement de la douleur

Les médecins ont souvent recours à une approche échelonnée pour traiter la douleur, soit l’échelle de la douleur de l’Organisation mondiale de la Santé. Elle se base sur l’intensité de la douleur et la réaction d’une personne aux antidouleurs. On commence par administrer des antidouleurs faibles, habituellement des médicaments non opioïdes. Si ces derniers ne soulagent pas la douleur, on administre alors des médicaments plus puissants. Il s’agit généralement d’opioïdes. Les personnes dont la douleur est moyenne (modérée) à très forte (intense) pourraient recevoir tout de suite des antidouleurs plus puissants.

Différents médicaments sont plus efficaces pour différents types de douleur ou pour des douleurs de causes différentes. Quelques semaines peuvent être nécessaires avant de trouver le bon médicament et la dose adéquate pour maîtriser la douleur tout en engendrant le moins possible d’effets secondaires.

La douleur légère est traitée avec des médicaments non opioïdes. Un exemple est l’acétaminophène (Tylenol, Atasol).

La douleur légère à modérée est traitée avec un opioïde peu puissant, comme la codéine, qu’on associe souvent à un médicament non opioïde tel que l’acétaminophène.

La douleur modérée à intense est traitée avec des opioïdes plus puissants. Ce sont entre autres la morphine (MS Contin, Statex, MOS), le fentanyl (Duragesic), l’hydromorphone (Dilaudid), l’oxycodone (OxyContin) et la codéine. On peut les associer à un médicament non opioïde.

La percée de douleur est traitée avec des opioïdes à action rapide qu’on administre souvent par la bouche. Ce sont entre autres la morphine par voie orale ou le fentanyl sous forme de pastille ou de sucette.

La douleur névralgique comporte une sensation de brûlure ou de picotement. On la traite avec des antidépresseurs ou des anticonvulsivants. Les antidépresseurs administrés sont entre autres l’amitriptyline (Elavil), la nortriptyline (Aventyl) et la désipramine. Les anticonvulsivants administrés sont entre autres la carbamazépine (Tegretol), la gabapentine (Neurontin) et le phénytoïne (Dilantin).

La douleur causée par l’enflure ou la pression est traitée avec des stéroïdes comme la prednisone (Deltasone) et la dexaméthasone (Decadron, Dexasone).

Les antidouleurs doivent habituellement être pris sur une base régulière. Certains sont d'action brève (libération immédiate). On peut y avoir recours quand la douleur est aiguë. Ils commencent à soulager la douleur assez rapidement mais pendant une courte période, soit de 2 à 4 heures. D'autres antidouleurs sont d'action prolongée (libération prolongée, ou contrôlée). La dose est administrée sur une longue période, souvent pendant 12 heures ou plus. On les emploie fréquemment quand la douleur est chronique ou constante.

Les médecins prescrivent souvent une association de médicaments d'action brève et de médicaments d’action prolongée. Le médicament d’action brève peut être prescrit pour maîtriser toute percée de douleur qui apparaît entre les doses prévues d’un médicament d’action prolongée. L'intervalle de temps entre les doses peut varier selon le médicament spécifique et son efficacité. Si plusieurs doses de médicament sont nécessaires pour contrôler les percées de douleur, il est possible qu'on augmente la dose du médicament d'action prolongée.

On peut réduire les doses ou cesser d’administrer les médicaments quand le traitement du cancer, comme la radiothérapie ou la chirurgie, soulage la douleur. Il ne faut pas cesser soudainement d'administrer un antidouleur. Le médecin en réduit graduellement la dose au fil du temps jusqu'à ce qu'elle soit assez faible pour qu'on cesse de prendre le médicament. On peut aussi réduire la dose lorsque la douleur est maîtrisée mais que le médicament cause de la somnolence (sédation).

Mode d’administration des antidouleurs

On peut administrer les antidouleurs de nombreuses façons différentes. Comment on les administre dépend de ce qui est le mieux dans un cas donné et de la disponibilité en pharmacie d’une forme spécifique d’un médicament.

Médicaments oraux

Les antidouleurs sont le plus souvent pris par la bouche (voie orale). Dans la mesure du possible, les médicaments oraux sont administrés sous la forme de pilules, de comprimés, de gélules ou de liquides. Certains comprimés, pilules et gélules sont recouverts d'un enrobage particulier qui leur permet de libérer lentement l'ingrédient actif qu'ils contiennent pendant plusieurs heures. Ce sont des médicaments à libération prolongée, ou contrôlée. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien comment prendre vos médicaments et assurez-vous de suivre les directives d'emploi. La plupart des analgésiques à libération prolongée ne doivent pas être écrasés ou mastiqués. Certains analgésiques n’ont pas à être avalés. On les place sous la langue (sublinguaux) ou on les prend sous la forme d’une pastille à sucer. Ces médicaments sont absorbés à l’intérieur de la bouche.

Si une personne a une sonde d’alimentation, on peut alors lui administrer des analgésiques qui sont liquides ou qui se dissolvent (solubles) directement dans l’estomac par la sonde.

Médicaments topiques

On peut appliquer certains médicaments sur la peau sous la forme d’une crème, d’un gel ou d’un onguent. Ce sont des médicaments topiques, ou transdermiques. Ils traversent la peau jusqu’à la circulation sanguine. On y a recours pour traiter certains types de douleur localisée à la surface du corps.

On utilise parfois un timbre pour administrer une quantité (dose) constante d’antidouleur. Une journée complète ou même plus peut être nécessaire pour que ce type de médicament soulage ou maîtrise la douleur, c'est pourquoi on pourrait aussi administrer des entredoses.

Les anesthésiques topiques engourdissent la peau et donnent l’impression qu’elle est gelée. On peut y avoir recours pour soulager la douleur causée par des lésions aux nerfs situés près de la surface du corps. Le mélange de lidocaïne et de prilocaïne (crème Emla) est un exemple d'anesthésique topique qu'on emploie pour engourdir la peau avant l'insertion d'une aiguille ou une intervention diagnostique ou chirurgicale mineure.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) topiques peuvent soulager la douleur causée par des articulations enflées.

Injections

On fait une injection à l’aide d’une aiguille. Quand un médicament est injecté, le corps l’absorbe et l’utilise rapidement. Les antidouleurs peuvent être administrés par injection si vous avez de la difficulté à avaler ou quand la douleur doit être soulagée ou maîtrisée immédiatement. On peut injecter des médicaments dans le corps de nombreuses façons.

L’injection sous-cutanée permet d’administrer le médicament dans le tissu graisseux situé juste sous la peau. S’il faut faire de nombreuses injections sous-cutanées, il est possible qu’on insère une minuscule aiguille métallique juste sous la peau qu’on laissera en place pendant plusieurs jours afin d’éviter les piqûres d’aiguilles répétées.

L’injection intraveineuse est administrée à l’aide d’une petite aiguille ou d’un petit tube (cathéter) inséré dans une veine. On peut laisser ce dispositif en place pendant plusieurs jours afin d’éviter les piqûres d’aiguilles répétées.

L’injection épidurale ou intrathécale est administrée à l’aide d’une aiguille ou d’un cathéter mis en place dans l’espace situé juste à côté de la colonne vertébrale. Habituellement, on ne fait ce type d’injection qu’après certaines chirurgies. On peut aussi y avoir recours si une personne continue d’éprouver une douleur modérée à intense ou bien des effets secondaires importants avec d’autres méthodes visant à soulager la douleur. On met souvent le cathéter sous la peau. Cela permet d’éviter de refaire des injections et réduit le risque d’infection ou de déplacement du cathéter.

Pompes antidouleur

Il est parfois nécessaire d’avoir un niveau constant d’antidouleur dans son corps. La pompe en continu est aussi appelée dispositif de perfusion. On peut l’utiliser pour s’assurer d’administrer une dose constante de médicament. Cette pompe se trouve à l’extérieur du corps. Elle est habituellement fixée à une aiguille sous-cutanée ou intraveineuse ou, dans certains cas, à un cathéter rachidien. Certaines pompes sont petites et portatives, permettant ainsi leur usage à la maison.

Prise d’antidouleurs selon les recommandations

Il est très important de prendre les antidouleurs tel qu’indiqué par l’équipe de soins. Suivre leurs recommandations aide à maintenir la concentration d’antidouleurs constante et à s’assurer que la douleur est maîtrisée. Les directives de l’équipe de soins relativement à la prise d’antidouleurs comportent habituellement le moment où vous devez les prendre tels que ceux-ci.

PRN signifie au besoin. Quand un médicament est administré PRN, on le prend seulement quand on éprouve de la douleur.

L'expression 24 heures sur 24 signifie que le médicament est administré à des heures précises au cours d'une période de 24 heures, que la douleur soit présente ou non. Cela permet de prévenir la douleur avant qu'elle n'apparaisse.

L'analgésie auto-contrôlée (AAC) permet au patient de décider quand il reçoit un antidouleur et à quelle dose, dans les limites sécuritaires. Il appuie sur un bouton pour qu’une pompe libère une dose contrôlée d’antidouleur dans la ligne intraveineuse. La quantité administrée pendant une certaine période est limitée. Une fois que cette limite est atteinte, aucun médicament n’est libéré. La pompe d'ACC peut aussi être programmée de façon à fournir une petite quantité de médicament en continu. On peut appuyer sur le bouton pour recevoir une dose supplémentaire au besoin.

Discutez avec l’équipe de soins si vous souhaitez cesser de prendre un antidouleur, peu importe la raison. N’arrêtez pas tout d’un coup. Un changement soudain de la concentration médicamenteuse dans le corps pourrait engendrer des effets secondaires désagréables. Si vous êtes préoccupé relativement à la prise d'un médicament spécifique ou à ses effets secondaires, parlez-en avec l'équipe de soins. Il pourrait y avoir d’autres options pour traiter la douleur.

Tenue d’un journal de la douleur et des médicaments

Quelques jours peuvent être nécessaires avant qu’on parvienne à établir la quantité exacte de médicaments nécessaire pour soulager ou maîtriser la douleur et comment il faut les prendre. Il peut être utile de tenir un journal des médicaments qu’on prend, de la fréquence à laquelle on le fait et de leur efficacité à contrôler la douleur. Cela aidera l’équipe de soins à déterminer la meilleure façon de maîtriser la douleur.

La dose prise devrait suffire pour maîtriser la douleur jusqu’à la dose suivante. Il faut aviser l’équipe de soins si la douleur réapparaît avant la dose suivante. Il arrive parfois que la douleur s’intensifie à certains moments de la journée ou quand on pratique certaines activités. La douleur peut apparaître malgré le soulagement obtenu par les doses régulières. Quand c’est le cas, on peut administrer une dose supplémentaire (entredose) du médicament ou un médicament différent afin de traiter ce type de douleur.

Associer certains médicaments n’est pas efficace. Il faut dire à son équipe de soins quels autres médicaments on prend, dont ceux-ci :

  • médicaments d’ordonnance
  • médicaments en vente libre
  • suppléments de vitamines ou de minéraux
  • remèdes à base de plantes médicinales et autres produits de santé naturels
  • thérapies complémentaires ou parallèles

Préoccupations sur les antidouleurs

Il est presque toujours possible de traiter la douleur. Mais certaines personnes peuvent ne pas vouloir prendre d’antidouleurs puisqu’elles craignent les effets secondaires, l’accoutumance ou la perte de contrôle. Des gens ont également certaines croyances sur les antidouleurs qui provoquent de l’inquiétude face à la prise de ces médicaments.

Effets secondaires

Il y a des antidouleurs qui peuvent causer des effets secondaires. Certains de ces effets disparaissent après un certain temps. D’autres risquent de persister. L’équipe de soins peut aider à remédier aux effets secondaires en changeant le médicament ou la dose ou bien en traitant l’effet en question.

Accoutumance

De nombreuses personnes craignent l’accoutumance si elles prennent des antidouleurs. La prise régulière d’antidouleurs diffère vraiment de l’accoutumance. L’une des composantes clés de l’accoutumance est la dépendance psychologique au médicament. C’est ce qui se produit quand le besoin de prendre le médicament devient un manque ou une impulsion qui est plus que physique. L’accoutumance aux médicaments administrés pour traiter la douleur cancéreuse est rare.

Le corps peut s’habituer à certains médicaments qui sont pris pendant une longue période. On parle alors de dépendance physique et c’est une réaction physique normale. Quand ce sera le moment de cesser de prendre des antidouleurs comme les opioïdes, l’équipe de soins en réduira lentement la dose afin de donner le temps au corps de s’y adapter.

Perte de contrôle

Certaines personnes peuvent craindre de perdre le contrôle, d’être en état d’euphorie ou de ne pas être conscientes de ce qui se passe si elles prennent des analgésiques. Lorsque les analgésiques d’ordonnance sont pris de la bonne façon, ils ne causent pas d’euphorie ni de perte de contrôle. Au début, les antidouleurs peuvent causer de la somnolence. Cet effet secondaire n’est pas une composante de l’accoutumance ni de la dépendance psychologique et il disparaît habituellement en quelques jours. L’équipe de soins s’assure que la dose d’antidouleur est suffisante pour maîtriser la douleur. Ajuster la dose ou changer de type d’analgésique peut parfois aider à atténuer la somnolence ou les changements affectant la perception mentale.

Ne pas savoir si le traitement est efficace

Certaines personnes croient que combattre le cancer implique qu’elles doivent ressentir de la douleur. Elles peuvent craindre que, lorsqu’elles prendront des antidouleurs, elles ne sauront pas si le cancer réagit au traitement ou s’il évolue. Il est important de savoir que la douleur ne fait pas nécessairement partie du cancer. L’équipe de soins est en mesure de savoir autrement si le traitement est efficace. Prendre des antidouleurs n’affecte pas le traitement.

Quand la douleur est maîtrisée, il est plus facile de faire face au traitement et la qualité de vie sera également meilleure. La douleur est plus facile à contrôler si on la traite rapidement. Le meilleur moyen de maîtriser la douleur est de la prévenir ou de l’empêcher de s’intensifier. La douleur à long terme peut affecter le corps et le cerveau de façon permanente, rendant ainsi le corps plus sensible à la douleur.

Croire que les antidouleurs ne seront pas efficaces en cas de besoin

Il arrive parfois que le corps s’habitue à un médicament, alors une dose plus élevée devient nécessaire pour qu’il soit efficace. On parle alors de tolérance aux médicaments. Quand une personne développe une tolérance à un antidouleur, elle peut se demander s’il sera efficace quand elle en aura réellement besoin. En général, les médicaments administrés pour traiter la douleur cancéreuse ne causent pas de tolérance. Si c’est le cas, l’équipe de soins peut ajuster légèrement la dose ou prescrire un type différent de médicament.

Croire que les antidouleurs réduiront la durée de vie

Certaines personnes pensent que les opioïdes, comme la morphine, réduiront leur durée de vie. Ce n’est pas vrai. L’usage régulier d’opioïdes pour maîtriser la douleur ne cause pas de dommages aux organes internes ni d’effets secondaires permanents. Dans de nombreux cas, ces médicaments puissants sont nécessaires pour contrôler la douleur et on peut les prendre pendant une longue période. En fait, certaines preuves permettent de dire que les personnes dont la douleur est mieux maîtrisée vivent plus longtemps.

Questions à poser sur les antidouleurs

Il est tout à fait normal de se poser des questions sur les antidouleurs. Il est important d'avoir les bonnes réponses à toute question puisque cela peut aider à prendre des décisions.

Posez à l’équipe de soins toutes les questions que vous avez sur les antidouleurs dont celles-ci :

  • Quelle quantité de médicament devrais-je prendre? A quelle fréquence?
  • Si ma douleur ne disparaît pas, puis-je prendre plus de médicament? Quelle quantité?
  • Quand devrais-je appeler le médecin? Devrais-je l’appeler avant de prendre plus de médicament?
  • Pendant combien de temps le médicament agit-il?
  • Et si j’oublie de prendre mon médicament ou si je le prends plus tard que l’heure à laquelle je devais le faire?
  • Devrais-je prendre mon médicament avec de la nourriture?
  • Combien de liquide devrais-je boire avec mon médicament?
  • Combien de temps mon médicament prend-il avant d’agir?
  • Est-il sécuritaire de conduire quand on prend ce médicament?
  • Dois-je éviter certains médicaments quand je prends cet antidouleur? Est-il sécuritaire de boire de l’alcool quand on prend ce médicament?
  • Quels autres médicaments puis-je prendre avec cet antidouleur?
  • Est-ce que ce médicament cause des effets secondaires? Que puis-je faire pour les prévenir ou les soulager?

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