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Recevoir une chimiothérapie

Chaque cancer est différent, donc chaque plan de traitement diffère. C'est l'équipe de soins de santé qui évalue la fréquence et la durée des séances de chimiothérapie. On peut administrer une séance chaque jour, chaque semaine ou chaque mois. Les agents chimiothérapeutiques sont souvent administrés à intervalles réguliers appelés cycles. On peut, par exemple, donner le traitement pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines et le faire suivre d'une période de repos. Cette période permet au corps de produire de nouvelles cellules saines et de reprendre des forces. Le traitement peut ensuite être répété après un certain temps (comme chaque semaine ou toutes les 3 semaines) pendant 3 mois ou plus.

Où est administrée la chimiothérapie

L'endroit où se déroule la chimiothérapie dépend de la situation de la personne, des médicaments employés et des services offerts dans la communauté. On peut administrer la chimiothérapie :

  • dans un centre de traitement du cancer;
  • à l'hôpital;
  • à la maison;
  • au bureau du médecin.

La plupart des personnes reçoivent une chimiothérapie en consultation externe et n'ont pas besoin de passer la nuit à l'hôpital. Cependant, il arrive parfois qu'une personne soit hospitalisée si le traitement doit être administré pendant 24 heures ou plus. Certaines personnes restent à l’hôpital quand elles commencent leur chimiothérapie afin que l’équipe de soins de santé puisse observer les effets des médicaments.

Comment est administrée la chimiothérapie

L'administration de la chimiothérapie peut se faire de différentes façons appelées voies d'administration. Certains agents chimiothérapeutiques peuvent être administrés seulement par injection alors que d'autres peuvent être pris par la bouche. La voie d'administration dépend du type de médicament employé, du but du traitement ainsi que du type de cancer et de son emplacement. On administre la plupart des agents chimiothérapeutiques par voie intraveineuse (dans une veine). On a parfois recours à un cathéter veineux central (tube de plastique lisse inséré dans une veine) pour les administrer.

Voies d'administration
VoieDescription

topique

crème, lotion ou onguent appliqué directement sur la peau

orale (PO)

pilule, gélule ou liquide pris par la bouche

sous-cutanée (SC)

injection dans le tissu graisseux situé juste sous la peau par une aiguille

intramusculaire (IM)

injection dans un muscle par une aiguille

intraveineuse (IV)

injection dans une veine de la main ou du bras par une aiguille ou un cathéter

injection parfois dans une grosse veine du bras, du cou ou du thorax par cathéter veineux central (CVC) ou dispositif d’accès vasculaire

intra-artérielle

injection par cathéter directement dans l'artère principale qui alimente la tumeur en sang (traitement d'une seule région, comme le foie ou un membre)

intralésionnelle

injection par une aiguille directement dans la tumeur située dans ou sous la peau

rarement, injection dans la tumeur située dans un organe à l’intérieur du corps

intrapéritonéale (IP)

injection dans l’espace, ou cavité, péritonéal (espace situé entre les organes de l'abdomen et la membrane qui tapisse la paroi de l'abdomen)

intrapleurale

injection par un drain ou un cathéter thoracique dans la cavité pleurale (espace compris entre la membrane qui recouvre le poumon et celle qui recouvre la paroi thoracique)

intrathécale (IT)

injection dans l'espace contenant le liquide céphalorachidien (LCR)liquide céphalorachidien (LCR)Liquide présent dans les cavités situées à l’intérieur et autour de l’encéphale et de la moelle épinière qui leur sert de protection et de coussinet. par ponction lombaire

intraventriculaire

administration directement dans le LCR par un petit dispositif en forme de dôme (réservoir d’Ommaya) placé sous le cuir chevelu et fixé à un tube court (cathéter)

Le réservoir d'Ommaya est inséré par chirurgie sous le cuir chevelu, puis on met le cathéter en place dans un ventricule (espace rempli de liquide) du cerveau. On introduit ensuite une petite aiguille à travers la peau du cuir chevelu jusqu'au réservoir d'Ommaya pour injecter l'agent chimiothérapeutique. Le réservoir d’Ommaya permet d'éviter de pratiquer plusieurs ponctions lombaires.

intravésicale

instillation dans la vessie par une sonde urinaire

Pompes

On a parfois recours à des pompes particulières, externes ou internes, pour contrôler la vitesse à laquelle les agents chimiothérapeutiques sont administrés.

  • Les pompes ambulatoires sont externes. Elles sont petites (environ la taille d'un jeu de cartes) et portatives (fonctionnement à piles). Elles permettent à une personne de pratiquer ses activités habituelles.
  • Les pompes implantables sont mises en place par chirurgie sous la peau, habituellement dans l'abdomen. Elles sont généralement faites de métal et contiennent une source d'énergie. La taille de la pompe correspond environ à celle d'une rondelle de hockey. Les pompes implantables permettent l'administration lente et continue d'agents chimiothérapeutiques.

Mesures de sécurité

Puisqu'on considère que les agents chimiothérapeutiques sont dangereux et qu'ils peuvent endommager ou détruire les cellules, on doit prendre des mesures particulières pour les manipuler et en disposer en toute sécurité. Il est possible que le personnel soignant porte des gants, un masque, des lunettes protectrices et une jaquette lorsqu'il manipule ou qu'il administre les agents chimiothérapeutiques afin d’éviter un contact direct. Certains médicaments (agents vésicants) peuvent aussi endommager le tissu s'ils fuient de la veine lors de la perfusion, c'est pourquoi l'infirmière demeure avec la personne lors de leur administration.

On a également recours à des procédures particulières pour disposer du matériel employé lors d'une chimiothérapie. Les tubes et sacs à perfusion, aiguilles, seringues et autres articles sont placés dans les contenants de plastique spécialement identifiés. On observe une procédure de nettoyage particulière si un médicament s'est accidentellement répandu.

Les agents chimiothérapeutiques sont évacués du corps sous forme de déchets, comme l'urine, le vomi et les selles, habituellement au cours des quelques jours qui suivent le traitement. L’équipe de soins de santé prend des précautions particulières lorsqu'elle manipule les déchets corporels d’une personne au cours des 48 heures qui suivent sa chimiothérapie.

Précautions à prendre à la maison

Il est également possible que vous deviez prendre des précautions si vous recevez votre chimiothérapie à la maison. On vous donnera alors les directives à respecter. Si vous prenez des agents chimiothérapeutiques par voie orale, par exemple, vous devriez éviter de toucher les comprimés avec vos mains. Lavez vos mains après avoir pris ces médicaments par la bouche, en particulier si vous les touchez accidentellement. On pourrait vous dire de porter des gants jetables si vous devez diviser les pilules.

Prenez les précautions mentionnées ci-dessous lors de la chimiothérapie et des 48 heures qui suivent le traitement :

  • Assoyez-vous sur le siège de toilette pour uriner. Tirez la chasse d'eau deux fois en ayant pris soin de fermer le couvercle afin d'éviter les éclaboussures.
  • Lavez-vous bien les mains après être allé aux toilettes et séchez-les avec du papier.
  • Portez des gants de caoutchouc ou jetables lorsque vous nettoyez la toilette ou que vous manipulez des liquides corporels. Lavez bien vos mains avec de l’eau et du savon par la suite, même si vous portiez des gants.
  • Si vous avez envie de vomir, faites-le dans la toilette. Nettoyez ensuite toutes les éclaboussures et tirez la chasse d’eau deux fois.
  • Les draps et les vêtements sur lesquels il y a des liquides corporels doivent être lavés à part. Il se peut qu’on vous dise de laver les vêtements deux fois. Portez des gants jetables quand vous touchez le linge sale durant cette période. S’il est impossible de laver les draps et vêtements sales immédiatement, mettez-les dans un sac de plastique scellé.
  • Si vous utilisez des culottes d’incontinence ou des sous-vêtements jetables, ou encore des serviettes hygiéniques, mettez-les dans un sac de plastique scellé et jetez-les à la poubelle avec les ordures ordinaires.
  • Utilisez un condom durant les relations sexuelles, car les médicaments peuvent se retrouver dans le sperme et dans les sécrétions vaginales.

Interactions médicamenteuses et alimentaires

Il y a des aliments et des médicaments qui peuvent nuire aux effets de certains agents chimiothérapeutiques. L’équipe de soins de santé vous dira si vous devez éviter des boissons et des aliments particuliers ou bien d'autres médicaments pendant que vous prenez des agents chimiothérapeutiques. Assurez-vous de mentionner à votre médecin ou à votre équipe de soins tous les médicaments que vous prenez, dont :

  • les médicaments sur ordonnance;
  • les médicaments vendus sans ordonnance (en vente libre);
  • les suppléments de vitamines ou de minéraux;
  • les remèdes à base de plantes médicinales ou tout autre produit de santé naturel.

Ne prenez pas de médicaments et ne cessez pas d'en prendre sans avoir d'abord consulté votre médecin, votre pharmacien ou votre équipe de soins.

Votre équipe de soins de santé vous dira également si vous devez faire autre chose pendant la chimiothérapie, comme prendre vos médicaments avec ou sans nourriture ou avec un grand verre d'eau, ou ce qu’il faut faire si vous oubliez de prendre une dose.

Alcool

Beaucoup de personnes se demandent si on peut boire de l'alcool pendant un traitement du cancer. Certains trouvent que l’alcool augmente leur appétit et qu'il leur permet d'apprécier leur repas. Cependant, l'alcool est peu nourrissant et riche en calories. C'est pourquoi la consommation de quelques verres peut faire en sorte que vous vous sentiez rassasié et que vous n'ayez pas envie de manger autre chose. Avant de décider de consommer des boissons alcoolisées, consultez votre équipe de soins pour savoir s'il vous est possible d’en boire pendant votre traitement.

L'alcool peut également nuire à certains médicaments et agents chimiothérapeutiques. Il peut aggraver les effets secondaires de certains d’entre eux. L'alcool accroît également le risque d’apparition de certains types de cancer.

Médicaments soulageant les effets secondaires

Il arrive parfois qu'on donne des médicaments après chaque séance de chimiothérapie afin d'atténuer les effets secondaires à retardement, comme les nausées, les vomissements et la diarrhée. On prend habituellement ces médicaments par la bouche et il est possible que vous deviez le faire pendant quelques jours à la suite du traitement. Votre équipe de soins vous indiquera à quelle fréquence prendre ces médicaments de soutien qui aideront à soulager vos symptômes.

Surveillance durant la chimiothérapie

Comme la chimiothérapie affecte les cellules qui se divisent rapidement, il est possible qu’elle affecte aussi les cellules sanguines qui se développent rapidement. On effectue régulièrement des analyses sanguines pour vérifier la concentration de cellules sanguines tout au long du traitement. On peut faire une formule sanguine complète (FSC) ou d'autres analyses chaque semaine, avant chaque séance de chimiothérapie ou chaque jour (dans certains cas).

Le nombre de cellules sanguines ne diminue habituellement pas tout de suite après l’administration des agents chimiothérapeutiques. En général, il baisse environ une semaine (de 7 à 14 jours) après qu’on ait commencé le traitement.

Lorsque le nombre de cellules sanguines atteint son plus bas niveau, on parle de nadir. Pour chacun des types de cellules sanguines, le nadir se produit à différents moments parce que les globules blancs (GB), les plaquettes et les globules rouges (GR) ont différentes durées de vie. Habituellement, les GB et les plaquettes atteignent leur nadir en premier parce que leur durée de vie est plus courte. Les GR vivent plus longtemps et ne sont généralement pas affectés autant par les agents chimiothérapeutiques alors ils n'atteignent pas leur nadir avant plusieurs semaines.

Une diminution du nombre de cellules sanguines indique que les agents chimiothérapeutiques agissent et empêchent les cellules qui se divisent rapidement de se reproduire. Une légère baisse du nombre de cellules sanguines n’est habituellement pas nocive. Si le nombre de cellules sanguines est normal, il n'est pas dangereux d'administrer les agents chimiothérapeutiques. Si le taux d’un des types de cellules sanguines est trop bas, le médecin peut devoir ajuster la dose ou retarder le traitement pendant un certain temps. Il arrive parfois qu'une série de traitement doive être interrompue temporairement si des effets secondaires exigeant un arrêt de traitement se manifestent, par exemple lorsque le nombre de cellules sanguines demeure bas trop longtemps.

Le nombre de cellules sanguines commence habituellement à augmenter et revient à la normale de 3 à 4 semaines après la chimiothérapie.

Il arrive parfois qu'on effectue d'autres analyses sanguines, radiographies ou examens d'imagerie pour vérifier comment le corps réagit au traitement. C’est le médecin, ou le protocole de traitement, qui indique les examens à effectuer et leur fréquence.

Activités durant la chimiothérapie

Certaines personnes peuvent continuer à travailler et à pratiquer leurs activités de loisirs habituelles tout en suivant une chimiothérapie. D'autres trouvent qu'elles se fatiguent facilement, qu’elles ont besoin de se reposer davantage ou qu’elles ne peuvent pas en faire autant qu'avant. La chimiothérapie affecte chacun différemment. L’équipe de soins vous donnera les directives à suivre sur les restrictions liées à l’activité physique ou à l’activité sexuelle.

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