Cancer de la
thyroïde

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Recherche sur le cancer de la thyroïde

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures façons de traiter le cancer de la glande thyroïde. Le texte qui suit porte sur différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans le traitement du cancer de la thyroïde.

Nous avons inclus de l’information qui provient des sources suivantes. Chaque article comporte un numéro d’identification dont le lien mène à un bref résumé.

  • PubMed, US National Library of Medicine (PMID)
  • Canadian Cancer Trials et ClinicalTrials.gov (NCT)
  • American Society of Clinical Oncology (ASCO)

Chirurgie

Des chercheurs tentent de trouver les meilleures façons de traiter le cancer de la thyroïde à l’aide de la chirurgie et d’améliorer comment on pratique la chirurgie.

La thyroïdectomie robotisée par voie transaxillaire (TARS) permet au chirurgien de retirer la thyroïde en pratiquant une coupure (incision) dans une aisselle plutôt que dans le cou. Le chirurgien utilise un ordinateur pour déplacer des instruments chirurgicaux fixés à des bras robotisés. Des études ont confirmé que la TARS est sûre et peut permettre de retirer avec succès la thyroïde. Les risques de complications et les résultats du traitement sont semblables à ceux de la chirurgie traditionnelle, qui consiste à faire une incision à l’avant du cou. On peut également avoir recours à cette technique chirurgicale pour retirer des ganglions lymphatiques du cou (Journal of Laparoendoscopic & Advanced Surgical Techniques Part A, PMID 30835159; Surgical Endoscopy, PMID 27572060; The Journal of Surgical Research, PMID 29907208).

La thyroïdectomie robotisée par voie transaxillaire suivie d’un traitement à l’iode radioactif semble être un traitement efficace pour le carcinome différencié de la thyroïde, même chez les personnes ayant des métastases ganglionnaires (European Thyroid Journal, PMID 30023348).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chirurgie du cancer.

Chimiothérapie et autres traitements médicamenteux

Voici des recherches importantes sur la chimiothérapie du cancer de la thyroïde.

L’acide zolédronique, un bisphosphonate, est un médicament utilisé pour traiter l’ostéoporose (perte de densité osseuse). On l’utilise aussi parfois pour traiter les métastases osseuses chez les personnes atteintes de cancer. Chez les personnes atteintes d’un carcinome différencié de la thyroïde, les métastases osseuses entraînent des événements squelettiques, c’est-à-dire des complications affectant les os, par exemple des fractures, une compression de la moelle épinière, de la douleur osseuse ou une hypercalcémie (taux élevé de calcium). Des chercheurs ont évalué le traitement des métastases osseuses du cancer de la thyroïde par l’acide zolédronique et l’iode radioactif. Ils ont observé une meilleure survie globale et moins d’événements squelettiques dans le groupe ayant reçu le médicament. La survie globale était substantiellement améliorée lorsque les métastases osseuses avaient été traitées avec l’acide zolédronique et qu’elles avaient répondu au traitement à l’iode radioactif (European Thyroid Journal, PMID 30800641).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chimiothérapie.

Radiothérapie

Des chercheurs tentent de trouver les meilleures façons de traiter le cancer de la thyroïde à l’aide de la radiothérapie.

Le traitement à l’iode radioactif est utilisé pour traiter les cancers différenciés de la thyroïde qui fixent l’iode. Comme cette glande absorbe pratiquement tout l’iode qui se trouve dans le corps, l’iode radioactif peut servir à détruire les cellules de la thyroïde. On l’administre afin d’éliminer les cellules cancéreuses qui restent après une chirurgie ou pour traiter certains types de cancer de la thyroïde qui se sont propagés aux ganglions lymphatiques ou à d’autres parties du corps. On ignore si ce traitement est nécessaire pour les cancers de la thyroïde considérés comme étant à faible risque. Des chercheurs tentent de déterminer si le traitement à l’iode radioactif est utile pour traiter le carcinome bien différencié de la thyroïde après une ablation chirurgicale totale de la glande. Les participants de l’étude seront traités à l’iode radioactif ou ne recevront aucun traitement à l’iode. Les chercheurs analyseront les résultats pour voir s’il existe une différence entre les 2 groupes quant à la survie sans récidive (ClinicalTrials.gov, NCT01398085).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la radiothérapie.

Traitement ciblé

Voici des recherches importantes sur le traitement ciblé du cancer de la thyroïde.

Le larotrectinib (Vitrakvi) est un inhibiteur des récepteurs kinases à tropomyosine (TRK). Plusieurs types de cancer se caractérisent par un remaniement des gènes codant pour les protéines TRK, ce qui peut déclencher la formation de « protéines de fusion TRK » toujours actives et susceptibles de favoriser le cancer. Des chercheurs se penchent sur le larotrectinib pour vérifier son efficacité dans le traitement de cancers avec fusions TRK. Le médicament s’est avéré efficace pour stopper l’évolution du cancer chez 80 % des participants de l’étude (New England Journal of Medicine, PMID 29466156). Ces résultats sont importants pour le cancer de la thyroïde, car des études génétiques ont montré la présence de mutations TRK dans le carcinome papillaire de la thyroïde, qui est le type le plus courant de cancer de la thyroïde. Bien que seul un petit nombre de personnes atteintes d’un cancer de la thyroïde aient été traitées au larotrectinib jusqu’à maintenant, toutes ont vu leur tumeur diminuer de volume.

Traitement ciblé pour le cancer de la thyroïde réfractaire à l’iode radioactif

Des chercheurs étudient comment les médicaments ciblés peuvent aider à traiter le cancer de la thyroïde qui ne répond pas au traitement à l’iode radioactif (appelé cancer réfractaire à l’iode radioactif). L’iode radioactif est utilisé pour traiter les cancers différenciés de la thyroïde. Il ne peut pas servir au traitement des cancers non différenciés de la thyroïde car ceux-ci ne fixent pas l’iode.

Le donafénib est un inhibiteur de la tyrosine kinase qui peut constituer un traitement efficace pour le cancer de la thyroïde réfractaire à l’iode. Un essai de phase 3 est en cours pour comparer la survie sans évolution de la maladie chez des personnes traitées au moyen du donafénib et chez d’autres ayant reçu un placebo (ClinicalTrials.gov, NCT03602495).

L’apatinib est un inhibiteur du récepteur du facteur de croissance de l'endothélium vasculaire (VEGFR), un type de médicament qui empêche la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogenèse). Des chercheurs sont en train d’étudier l’apatinib pour le traitement du cancer de la thyroïde réfractaire à l’iode radioactif. Un essai de phase 3 est en cours pour comparer la survie sans évolution de la maladie chez des personnes traitées au moyen de l’apatinib et chez d’autres ayant reçu un placebo (ClinicalTrials.gov, NCT03048877).

 

Le cabozantinib (Cabometyx) est un inhibiteur de la tyrosine kinase qui peut être utilisé pour traiter un cancer de la thyroïde réfractaire à l’iode radioactif qui a évolué après le traitement par un inhibiteur du VEGFR comme le lenvatinib (Lenvima) ou le sorafenib (Nexavar). Au cours de cette étude de phase 3, les participants reçoivent soit le cabozantinib, soit un placebo. Les chercheurs analyseront les résultats pour voir s’il existe une différence quant à la survie sans évolution de la maladie ou quant au nombre de participants qui répondent totalement ou partiellement au traitement (ClinicalTrials.gov, NCT03690388).

Traitement ciblé pour les cancers rares de la thyroïde

Dans le cas de cancers rares, il n’est pas possible de recruter un nombre suffisant de participants pour mener un vaste essai randomisé de phase 3. Un nouveau type d’étude de recherche, appelé essai « panier », fait appel à un plus grand nombre de participants en se basant sur la constitution moléculaire de leurs tumeurs plutôt que sur le type de cancer dont ils sont atteints. Comme ces cancers présentent les mêmes modifications génétiques, tous sont traités de la même manière. Les chercheurs ont recours à des essais de type « panier » pour étudier l’effet de médicaments ciblés sur des cancers rares de la thyroïde.

 

Le dabrafénib (Tafinlar) et le tramétinib (Mekinist) sont efficaces pour traiter le carcinome anaplasique de la thyroïde. Le dabrafénib est un inhibiteur de la sérine/thréonine kinase. Il inhibe la protéine produite par le gène BRAF. Le tramétinib est un inhibiteur de la protéine kinase kinase activée par des agents mitogènes (MAP2K). Le carcinome anaplasique de la thyroïde est un type rare et agressif de cancer, sans options thérapeutiques efficaces et au pronostic sombre. Jusqu’à la moitié de ces tumeurs sont associées à une mutation (modification) particulière du gène BRAF, appelée mutation BRAF V600. Un essai « panier » de phase 2 a été mené pour étudier 9 types différents de cancer rare, incluant le carcinome anaplasique de la thyroïde, où la présence de mutations BRAF V600 avait été confirmée par profilage moléculaire. Les chercheurs ont constaté que 69 % des participants atteints d’un carcinome anaplasique localement avancé ou métastatique de la thyroïde répondaient au traitement d’association par le dabrafénib et le tramétinib. Bien que l’étude n’ait porté que sur un petit nombre de personnes, les résultats sont dignes de mention car il n’existe aucun autre traitement efficace pour ce type rare de cancer (Journal of Clinical Oncology, PMID 29072975).

LOXO-292 est un inhibiteur du récepteur RET à activité tyrosine kinase. Des remaniements du gène codant pour la protéine RET sont impliqués dans plusieurs types de cancer, ce qui peut déclencher la formation de protéines de fusion RET toujours actives et susceptibles de favoriser le cancer. D’autres mutations peuvent aussi affecter la protéine RET. Un essai « panier » mondial de phase 1 a été mené pour étudier des carcinomes papillaires avancés de la thyroïde avec protéines de fusion RET, des carcinomes médullaires avancés de la thyroïde avec d’autres mutations de RET ainsi que d’autres types de cancer présentant ces mêmes mutations (ASCO, Abstract 102). Devant les résultats positifs de cette étude, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a autorisé un processus accéléré de développement du médicament LOXO-292 (par la désignation « Breakthrough Therapy ») pour le traitement des personnes atteintes d’un cancer avancé de la thyroïde avec protéines de fusion RET.

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le traitement ciblé.

Surveillance active

La surveillance active peut constituer une solution de rechange à la chirurgie pour les personnes qui viennent de recevoir un diagnostic de carcinome papillaire de la thyroïde. Une étude se penche actuellement sur le recours à la surveillance active pour les personnes atteintes d’un carcinome papillaire de la thyroïde à faible risque, alors que la tumeur est de petite taille et qu’il n’y a pas de métastases ganglionnaires ou à distance. Les participants recevront de l’information sur le pronostic de la maladie, le traitement chirurgical et la surveillance active. Ils pourront alors faire un choix entre la surveillance active et la chirurgie. Les chercheurs suivront les participants de l’étude pour vérifier l’évolution de la maladie, les résultats du traitement, les répercussions psychosociales et la qualité de vie (ClinicalTrials.gov, NCT03271892).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on met à l’essai de nouvelles façons de traiter le cancer. On évalue également des manières de prévenir le cancer, de le trouver ou de le gérer.

L’essai clinique permet d’obtenir des renseignements sur l’innocuité et l’efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer ont d’abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le cancer et des essais cliniques.

survie sans récidive

Pourcentage de personnes atteintes d’une certaine maladie qui sont vivantes et sans maladie décelable (sans récidive) après une période de temps définie.

Si le traitement d’un cancer engendre un taux de survie sans récidive de 70 % après 5 ans, par exemple, cela signifie que chez 7 personnes sur 10, on n’a pas détecté la maladie pendant les 5 années qui ont suivi le traitement.

traitement ciblé

Traitement qui consiste à utiliser des médicaments ou d’autres substances pour s’attaquer à des molécules particulières (habituellement des protéines) qui sont responsables de la croissance des cellules cancéreuses, tout en limitant les dommages causés aux cellules normales.

réfractaire

Se dit d’une maladie (comme le cancer) qui ne réagit pas au traitement ou qui y devient résistante.

inhibiteur de la tyrosine kinase

Médicament qui bloque l’action de la tyrosine kinase, enzyme qui participe au processus de signalisation qui se déroule dans les cellules une fois que les facteurs de croissance se sont fixés aux récepteurs présents sur les cellules. La tyrosine kinase joue un rôle dans la communication, le développement, la division et la croissance des cellules.

Les inhibiteurs de la tyrosine kinase sont un type de traitement par inhibiteur du facteur de croissance. On peut les utiliser pour empêcher la croissance d’une tumeur.

survie sans évolution

Période après le traitement au cours de laquelle une personne atteinte d’une maladie, comme le cancer, vit sans que cette maladie ne s’aggrave.

Les chercheurs peuvent évaluer la survie sans évolution lors d’essais cliniques afin de connaître le degré d’efficacité d’un traitement.

surveillance active

Traitement constitué de tests qu’on effectue souvent selon un horaire régulier afin de surveiller étroitement un cancer qui évolue lentement. Le but de la surveillance active est d’aider la personne à maintenir une bonne qualité de vie tout en retardant le plus longtemps possible l’administration de traitements qui risquent de causer des effets secondaires. Quand les résultats de tests indiquent que le cancer s’aggrave, on propose des traitements comme la chirurgie ou la chimiothérapie.

qualité de vie

Bien-être général et capacité de profiter des activités normales de la vie.

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    Nous pouvons fournir des renseignements sur les soins et les services de soutien pour le cancer au Canada uniquement. Si vous recherchez un organisme de lutte contre le cancer dans votre pays, visitez les sites de l’Union For International Cancer Control ou de l’International Cancer Information Service Group.

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