Cancer de l’estomac

Vous êtes ici:

Recherche sur le cancer de l'estomac

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures pratiques qui aideront à prévenir, à détecter et à traiter le cancer de l’estomac. Ils tentent aussi de trouver comment améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie.

Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans la lutte contre le cancer de l’estomac. Nous avons inclus de l’information qui provient de PubMed, la base de données de recherche de la National Library of Medicine. Chaque article scientifique de PubMed comporte un numéro d’identification (PMID) dont le lien mène à un bref résumé (Abstract, en anglais). Nous avons aussi indiqué des liens vers les résumés des recherches présentées aux réunions de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), lesquelles se tiennent tout au long de l’année.

Diagnostic et pronostic

Un domaine clé de la recherche porte sur de meilleures méthodes pour diagnostiquer et stadifier le cancer de l’estomac. Des chercheurs tentent également de trouver comment aider les médecins à établir un pronostic (probabilité que le cancer puisse être traité avec succès ou qu’il réapparaisse après le traitement). Voici des recherches importantes sur le diagnostic et le pronostic du cancer de l’estomac.

Les biomarqueurs sont des substances, comme des protéines, des gènes ou des segments de matériel génétique tels que l’ADN et l’ARN, qui sont naturellement présentes dans le corps. On peut les mesurer dans les liquides corporels comme le sang et l’urine ou encore dans les tissus qu’on a prélevés sur le corps. Une mutation génétique ou un changement de la quantité normale d’un biomarqueur peut signifier qu’une personne est atteinte d’un certain type de cancer. Le dosage des biomarqueurs peut aussi aider les médecins à établir le pronostic ou la réaction au traitement d’une personne atteinte d’un cancer de l’estomac. Des chercheurs évaluent les biomarqueurs suivants pour voir si ces substances peuvent aider les médecins à établir un diagnostic ou à déterminer si une personne présentant un biomarqueur particulier pourrait tirer profit de certains traitements du cancer de l’estomac :

  • récepteur du facteur de croissance épidermique (R-EGF) humain (Oncotarget, PMID 28199988)
  • antigène nucléaire de prolifération cellulaire (PCNA) (OncoTargets and Therapy, PMID 28138255)
  • méthylation du promoteur de MGMT (Genetic Testing and Molecular Biomarkers, PMID 28384044)
  • PD-L1 (Scientific Reports, PMID 27892511)
  • instabilité des microsatellites (ASCO, Abstract 4022)

La recherche de cellules cancéreuses dans le liquide de lavage de la cavité péritonéale peut aider les médecins à établir un pronostic pour les personnes atteintes du cancer de l’estomac. Le liquide de lavage est récolté après qu’on ait rincé la cavité péritonéale avec une solution saline. Une récente méta-analyse de 100 études a révélé que la présence de cellules cancéreuses dans le liquide de lavage signifie que le risque est plus élevé que le cancer se soit propagé aux ganglions lymphatiques, que le cancer réapparaisse (récidive) et que la personne meure du cancer de l’estomac (Clinics [Sao Paulo, Brazil], PMID 28076519).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le diagnostic et le pronostic.

Traitement

Les chercheurs étudient de nouvelles méthodes qui pourraient améliorer le traitement du cancer de l’estomac. Les progrès effectués en traitement du cancer ainsi que les nouveaux procédés permettant de soulager les effets secondaires ont engendré une hausse de la qualité de vie et un meilleur pronostic pour de nombreuses personnes atteintes de cette maladie. Voici des recherches importantes sur le traitement du cancer de l’estomac.

Traitement ciblé et immunothérapie

Le traitement ciblé a recours à des médicaments pour cibler des molécules spécifiques, comme des protéines, présentes à la surface ou à l’intérieur des cellules cancéreuses. Ces molécules contribuent à l’envoi de signaux qui indiquent aux cellules de croître ou de se diviser. En ciblant ces molécules, les médicaments peuvent interrompre la croissance et la propagation des cellules cancéreuses tout en limitant les dommages aux cellules normales.

Les médicaments utilisés dans le traitement d’autres types de cancer peuvent aussi servir à traiter le cancer de l’estomac. Les médicaments suivants semblent prometteurs comme futurs traitements du cancer de l’estomac :

Immunothérapie

L’immunothérapie a recours à des substances naturelles ou artificielles pour modifier le comportement des cellules. Les différents types d'immunothérapie agissent différemment. Certains types détruisent les cellules cancéreuses ou bien maîtrisent ou changent le comportement de ces cellules. D’autres types renforcent le système immunitaire, soulagent les symptômes ou atténuent les effets secondaires du traitement.

Le nivolumab (Opdivo) est un inhibiteur du point de contrôle immunitaire qui agit en bloquant les protéines spécifiques du point de contrôle immunitaire PD-1 pour que les cellules du système immunitaire (lymphocytes T) attaquent et détruisent les cellules cancéreuses. La recherche a permis de constater que le nivolumab est efficace lorsqu’il est administré seul chez les personnes atteintes d’un cancer avancé de l’estomac. Un récent essai clinique a porté sur le recours au nivolumab administré seul ou en association avec l’ipilimumab (Yervoy) chez les personnes traitées à l’aide de la chimiothérapie pour un cancer de l’estomac qui s’est propagé à d’autres parties du corps. Les résultats ont montré que le nivolumab et l’ipilimumab amélioraient légèrement la survie globale et engendraient très peu d’effets secondaires graves (ASCO, Abstract 4014). Les chercheurs tentent toujours de confirmer le rôle que le nivolumab peut jouer dans le traitement du cancer de l’estomac.

Le pembrolizumab (Keytruda) est un autre inhibiteur de points de contrôle immunitaires qui bloque le PD-1. Des essais cliniques en cours portent sur le rôle du pembrolizumab comme traitement du cancer de l’estomac – administré seul ou en association avec d’autres médicaments.

Lors d’un récent essai clinique, on s’est penché sur le recours au pembrolizumab administré seul chez des personnes qui avaient déjà reçu au moins 2 traitements de chimiothérapie différents pour un cancer avancé de l’estomac. L’essai avait pour but d’évaluer l’innocuité et l’efficacité du pembrolizumab administré comme traitement. Les résultats ont révélé que la réaction la plus forte au médicament était chez les personnes dont les tumeurs étaient PD-1 positives et qui avaient reçu précédemment 3 traitements de chimiothérapie. On a également noté une réaction chez les personnes dont les tumeurs étaient PD-1 négatives et chez les personnes qui avaient reçu 4 traitements ou plus de chimiothérapie (ASCO, Abstract 4003).

L’association du pembrolizumab au 5-FU et au cisplatine a été étudiée comme premier traitement chez des personnes atteintes d’un cancer de l’estomac avancé ou métastatique. Les résultats de cet essai clinique ont montré que ce traitement ralentissait l’évolution du cancer, tout particulièrement chez les personnes dont les tumeurs étaient PD-1 positives (ASCO, Abstract 4012).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le traitement ciblé et de la recherche en immunothérapie.

Chimiothérapie

Voici des recherches importantes sur la chimiothérapie pour le cancer de l’estomac.

Le S-1 est un agent qui ressemble au 5-fluorouracil (Adrucil, 5-FU). Le S-1 contient du tégafur, une substance que les cellules du corps transforment en 5-FU. Le S-1 est approuvé comme traitement du cancer de l’estomac au Japon et dans d’autres pays d’Asie, ainsi que dans certains pays d’Europe. On doit effectuer d'autres recherches avant que ce médicament soit approuvé comme traitement du cancer de l’estomac en Amérique du Nord. Cela s’explique par le fait qu’en Amérique du Nord, plus de personnes sont susceptibles de présenter des changements dans les enzymes qui décomposent le 5-FU dans leur corps. Ces changements ont pour conséquence que le médicament n’est pas éliminé du corps très rapidement; cela engendre un taux dangereux de ce médicament dans le sang, ce qui peut causer de graves effets secondaires. Une récente étude a porté sur plusieurs études comparant le S-1 administré seul au 5-FU ou à la capécitabine (Xeloda) chez des personnes atteintes d’un cancer de l’estomac de stade avancé. Les résultats laissent entendre que le groupe à qui on avait administré le S-1 a éprouvé moins d’effets secondaires graves. Les résultats montrent aussi que plus de cancers ont réagi au S-1, peu importe la région géographique d’où venaient les participants (Gastric Cancer, PMID 26754295).

Lors de l’essai clinique FLOT4-AIO, on a comparé 2 associations chimiothérapeutiques administrées avant et après une intervention chirurgicale pratiquée pour un cancer de l’estomac qui pouvait être retiré par chirurgie. On a administré aux personnes participantes soit l’association composée de 5-FU, leucovorine, oxaliplatine (Eloxatin) et docétaxel (Taxotere) (protocole appelé FLOT), soit l’association composée d’épirubicine (Pharmorubicin), cisplatine, et 5-FU ou capécitabine (Xeloda) (protocole appelé ECF/ECX). Les résultats de l’essai ont montré que le protocole chimiothérapeutique FLOT engendrait une amélioration de la survie globale ainsi que de la survie sans évolution, en comparaison au protocole ECF/ECX (ASCO, Abstract 4004).

La chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) consiste à administrer des agents chimiothérapeutiques chauffés directement dans la cavité péritonéale. Les chercheurs tentent de savoir si le recours à la CHIP est un moyen efficace de traiter le cancer de l’estomac qui s’est propagé au péritoine à la suite d’une chirurgie pratiquée pour enlever autant de cancer que possible (International Journal of Hyperthermia, PMID 28124576). Une récente analyse de plusieurs études a permis de constater que même si la chirurgie et la CHIP sont prometteuses pour le traitement du cancer avancé de l’estomac, on pourrait améliorer ce traitement par le recours à des médicaments plus efficaces ou à de meilleures méthodes d’administration de ces médicaments (Translational Gastroenterology and Hepatology, PMID 28138643).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chimiothérapie.

Chirurgie

Voici des recherches importantes sur la chirurgie du cancer de l’estomac.

Lors de la gastrectomie par laparoscopie, on se sert d’un instrument mince semblable à un tube, appelé laparoscope, pour enlever l’estomac. Le chirurgien insère le laparoscope à travers de petites coupures pratiquées dans l’abdomen, plutôt que par une grande incision pratiquée dans l’abdomen pour enlever l’estomac. Deux récentes analyses ont comparé la gastrectomie par laparoscopie et la gastrectomie par chirurgie ouverte comme traitement du cancer de l’estomac qui ne s’est pas propagé à l’extérieur de l’estomac. Les résultats laissent entendre qu’il n’y avait que très peu de différences entre les 2 types de chirurgie, y compris relativement aux effets secondaires à court terme, à la nécessité de transfusions sanguines et à la survie à long terme. On doit faire plus d'études pour obtenir des preuves de meilleure qualité que la gastrectomie par laparoscopie est une solution de rechange sûre et efficace à la gastrectomie par chirurgie ouverte (Cochrane Database of Systematic Reviews, PMID 27030300; Surgical Oncology Clinics of North America, PMID 28279464).

La gastrectomie robotique est un type de chirurgie par laparoscopie au cours de laquelle le chirurgien s’assoit près de la table d'opération et dirige les bras robotiques pour enlever l'estomac à travers plusieurs petites incisions pratiquées dans l’abdomen. Les personnes qui ont une chirurgie robotique perdent moins de sang durant l’intervention et ont une durée d’hospitalisation plus courte comparativement aux personnes qui ont une chirurgie ouverte. Les instruments spécialisés rendent cette approche plus précise que la chirurgie par laparoscopie, mais la technologie pour cette chirurgie est très dispendieuse. Les chercheurs évaluent la gastrectomie robotique comme méthode de traitement du cancer de l’estomac qui ne s’est pas propagé à l’extérieur de l’estomac (World Journal of Gastrointestinal Endoscopy, PMID 28101302).

Pratiquer plus de chirurgies après unerésection muqueuse endoscopique (RME) pourrait aider à améliorer la survie. La résection muqueuse endoscopique (RME) est une chirurgie très spécialisée qui permet de traiter un petit (moins de 2 cm) cancer de l'estomac précoce qui ne s'est pas propagé au-delà du revêtement interne de l’estomac (muqueuse). Après ce type de chirurgie, le pathologiste rapporte parfois que le cancer s’est propagé plus loin que la muqueuse. Lors d’une récente étude, on a comparé le recours à plus de chirurgies après une RME lorsque le cancer s’est propagé plus loin à aucune autre chirurgie. Les résultats montrent que les personnes qui n’ont pas reçu de chirurgie additionnelle à la suite d’une RME ont eu une durée de vie considérablement plus courte et leur cancer de l’estomac était plus susceptible de réapparaître (ASCO, Abstract 106).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chirurgie du cancer.

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer de l’estomac. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on évalue de nouvelles façons de prévenir, de détecter, de traiter ou de soulager le cancer de l’estomac. L’essai clinique permet d'obtenir des renseignements sur l'innocuité et l'efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer de l’estomac ont d'abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le cancer et des essais cliniques.

cavité péritonéale

Espace compris entre le péritoine pariétal (membrane qui tapisse les parois de l’abdomen et du bassin) et le péritoine viscéral (membrane qui recouvre et soutient la plupart des organes dans l’abdomen).

pathologie

Étude des maladies, dont leurs causes, leur évolution et leurs effets sur le corps.

Symptômes, processus ou manifestations d’une maladie.

Un médecin spécialisé dans la détermination des causes et de la nature des maladies est appelé pathologiste. Le pathologiste aide à préciser le diagnostic, le pronostic et le traitement d’une maladie en étudiant au microscope les cellules et les tissus prélevés et en faisant des tests de laboratoire.

Le terme pathologique désigne tout ce qui est relatif à la pathologie. Il peut aussi se rapporter à quelque chose qui est lié à une maladie ou causé par une maladie, comme une fracture pathologique.

Histoires

Le Dr Stuart Peacock, chercheur, Canadian Centre for Applied Research in Cancer Control Une étude menée au Canadian Centre for Applied Research in Cancer Control a donné lieu à une nouvelle norme d’analyse pour la leucémie.

Plus de details

Financer des projets de recherche de calibre international

Icône – papier

Le cancer touche tous les Canadiens, mais ensemble, nous pouvons réduire le fardeau en investissant dans la recherche et la prévention. Découvrez l’impact de la recherche que nous finançons.

Apprenez-en plus