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Mélanome

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Diagnostiquer le mélanome

Le diagnostic est un processus qui permet d’identifier la cause d’un problème de santé. Le processus diagnostique peut sembler long et décourageant, mais il est important que le médecin élimine toute autre cause possible du problème de santé avant de poser un diagnostic de cancer. On a habituellement recours aux épreuves visant à diagnostiquer le mélanome quand :

  • on observe les symptômes du mélanome, comme une nouvelle tache sur la peau ou un grain de beauté, une tache de rousseur, une tache de naissance ou une tache colorée qui a changé
  • le médecin soupçonne la présence d’un mélanome après avoir parlé avec la personne de sa santé et effectué un examen physique

Bien des tests permettant de poser le diagnostic initial de cancer sont également employés pour en déterminer le stade (jusqu'où la maladie a progressé). En général, les médecins n’ont pas à savoir si le cancer s’est propagé ou a fait des métastases dans le cas de nombreux mélanomes à faible risque, c’est-à-dire qui ont moins de 1 mm d’épaisseur. On pourrait faire des examens plus approfondis si le mélanome a plus de 1 mm d’épaisseur. Votre médecin pourrait aussi vous faire passer d’autres examens afin de vérifier votre état général de santé et d'aider à planifier votre traitement. Les tests suivants peuvent être demandés.

 

Antécédents médicaux et examen physique

Les antécédents médicaux consistent en un bilan des symptômes actuels, des facteurs de risque et de tous les événements et troubles médicaux qu’une personne aurait pu éprouver dans le passé. Les antécédents médicaux de la famille de la personne atteinte peuvent également aider le médecin à établir le diagnostic de mélanome.

Pour connaître les antécédents médicaux, le médecin posera des questions sur :

  • les antécédents personnels de :
    • mélanome ou autre cancer de la peau
    • exposition au soleil et aux rayons ultraviolets (UV) et coups de soleil
    • usage antérieur d’un lit de bronzage
    • immunosuppression
    • nævus congénital géant
    • grand nombre de grains de beauté
    • grains de beauté anormaux
    • grand nombre de taches de rousseur
    • sensibilité au soleil ou incapacité de bronzer
    • certains troubles génétiques
  • les antécédents familiaux de :
    • mélanome ou autre cancer de la peau
    • autres cancers
  • les signes et symptômes

L'examen de la peau permet au médecin de rechercher tout signe de mélanome. Lors de l'examen physique, le médecin peut :

  • vérifier la taille, la forme, la couleur et la texture de la surface du grain de beauté, de la tache de rousseur, de la tache de naissance ou de la tache colorée
  • demander à la personne depuis combien de temps la tache est présente et si sa taille ou son apparence a changé
  • poser des questions à la personne sur les symptômes engendrés par la tache, comme la douleur, des démangeaisons ou un saignement
  • vérifier les ganglions lymphatiques situés près de la région
  • examiner tout le corps à la recherche d’autres taches, grains de beauté, taches de rousseur ou taches de naissance

Dermoscopie

En plus de faire un examen physique de la peau, le médecin peut avoir recours à la dermoscopie, aussi appelée microscopie de surface ou microscopie par épiluminescence. La dermoscopie permet d'examiner les lésions pigmentées ou non à la recherche de tout changement non visible à l'œil nu.

Avant l'examen, on peut appliquer de l'huile minérale sur la lésion afin de supprimer une certaine partie de la lumière réfléchie par la peau, ce qui rend la lésion plus facile à observer. Le médecin l'examine ensuite à l'aide d'outils grossissants comme un microscope à main, un dermatoscope ou un appareil d'imagerie numérique par ordinateur.

Appareil Aura

Santé Canada a récemment approuvé le Verisante Aura, un appareil qui analyse par balayage les grains de beauté et les lésions afin de déterminer si un cancer est présent. L’Aura est un appareil non effractif qui utilise la spectroscopie Raman pour analyser les réactions chimiques dans la peau et fournir des résultats immédiats et précis. Utilisé par les professionnels de la santé, cet appareil peut servir à détecter un mélanome ainsi qu’un cancer de la peau autre que le mélanome. On encourage les agences du cancer et les dermatologues à utiliser l’Aura, mais les médecins de famille peuvent également se procurer cet appareil. Il est possible qu’il ne soit pas disponible dans tous les centres. L’appareil pourrait réduire le nombre de biopsies pratiquées sur les lésions qui se révèlent bénignes. Il pourrait aussi réduire le temps d’attente pour une chirurgie du cancer de la peau.

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Biopsie

Une biopsie consiste à prélever du tissu ou des cellules du corps afin de les analyser en laboratoire. Le rapport de pathologie issu du laboratoire confirmera la présence de cellules cancéreuses dans le prélèvement.

On peut avoir recours à différentes méthodes pour faire une biopsie de la peau. Le type de biopsie chirurgicale pratiqué dépend de l’emplacement et de la taille de la région affectée.

  • La biopsie excisionnelle est la méthode qu'on privilégie lorsqu'on soupçonne un mélanome. Elle permet d’enlever toute la lésion ainsi qu'une petite quantité de tissu normal tout autour (marge de 1 à 2 mm).
  • On pratique une biopsie incisionnelle lorsqu'il n'est pas possible de faire une biopsie excisionnelle en raison de la taille ou de l'emplacement de la lésion. Lors de la biopsie incisionnelle, on enlève une partie de la lésion.

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Biopsie des ganglions lymphatiques

Le mélanome se propage le plus souvent aux ganglions lymphatiques les plus près. Lors de la biopsie des ganglions lymphatiques, on enlève les ganglions par chirurgie dans le but de les examiner au microscope afin de savoir s’ils sont cancéreux.

Lors de l’examen physique, le médecin vérifie les ganglions lymphatiques afin de savoir s’ils semblent enflés ou s’ils le sont au toucher. Quand les ganglions sont gros et fermes au toucher, il est possible que le médecin fasse une biopsie à l’aiguille fine (BAF) pour savoir si le mélanome s’est propagé aux ganglions voisins. S’il n’est pas possible de palper les ganglions et que le mélanome a plus de 1 mm d’épaisseur, on pourrait alors faire une biopsie du ganglion sentinelle.

Biopsie à l’aiguille fine (BAF)

On peut faire une biopsie à l’aiguille fine pour prélever un peu de liquide dans un ganglion lymphatique enflé afin de savoir s’il contient des cellules cancéreuses. Si c’est le cas, on fera une chirurgie pour enlever tous les ganglions de la région (curage ganglionnaire).

Biopsie ganglionnaire chirurgicale ou excisionnelle

On peut faire une chirurgie pour enlever un ganglion lymphatique enflé et vérifier s’il contient des cellules cancéreuses.

Biopsie du ganglion sentinelle

Le ganglion sentinelle est le premier ganglion lymphatique d’une chaîne ou d’un amas ganglionnaire qui reçoit la lymphe provenant de la région qui entoure une tumeur. Les cellules cancéreuses se propageront le plus vraisemblablement d’abord à ces ganglions. La biopsie du ganglion sentinelle (BGS) permet d’enlever le ganglion sentinelle dans le but de l’examiner afin de savoir s’il contient des cellules cancéreuses. Il peut y avoir plus d’un ganglion sentinelle selon la voie de drainage des vaisseaux lymphatiques entourant la tumeur.

La BGS est une intervention de stadification à laquelle on peut avoir recours pour obtenir des renseignements visant à établir le pronostic d’une personne atteinte d’un mélanome. On la fait le plus souvent quand le mélanome a plus de 1 mm d’épaisseur mais qu’il n’y a pas de signe clinique de propagation du cancer aux ganglions lymphatiques. Pour le mélanome qui mesure moins de 1 mm d’épaisseur, on ne sait pas si la BGS peut aider à établir le pronostic. On ne sait pas non plus si la survie est plus grande après une BGS.

On ne fait pas de BGS en présence :

  • d’un mélanome in situ
  • d’un mélanome de stade 1A
  • de ganglions lymphatiques palpables par le médecin
  • d’un ganglion lymphatique qui a déjà été opéré
  • d’un mélanome localement avancé qui s’est propagé aux ganglions lymphatiques
  • d’un mélanome métastatique

La BGS devrait être pratiquée en même temps que la chirurgie visant à enlever le mélanome. Il est préférable que la BGS soit faite juste avant l’ablation chirurgicale du mélanome afin qu’on ait des renseignements plus précis pour établir le stade et le pronostic et ainsi s’assurer qu’on traite adéquatement le mélanome. Il est possible de pratiquer la BGS après un traitement chirurgical, dans certains cas, mais il est préférable de la faire au même moment.

Si les résultats de la BGS sont négatifs, c’est-à-dire qu’aucune cellule cancéreuse n’est présente, il est alors improbable que d’autres ganglions lymphatiques soient affectés et aucune autre chirurgie n’est donc nécessaire. Si les résultats de la BGS sont positifs, c’est-à-dire que des cellules cancéreuses sont présentes, on peut enlever tous les ganglions lymphatiques de la région.

Curage ganglionnaire

On fait un curage ganglionnaire quand on enlève tous les ganglions lymphatiques qui se trouvent dans le site anatomique entourant la tumeur (aisselle, aine ou tête et cou). On pratique cette chirurgie si :

  • une BAF ou une biopsie des ganglions lymphatiques révèle que le mélanome a formé des métastases dans des ganglions lymphatiques
  • une tomodensitométrie (TDM) de la tête, du thorax et du bassin ne révèle aucune métastase évidente

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Échographie

Lors d'une échographie, on a recours à des ondes sonores de haute fréquence pour produire des images des structures du corps. Elle peut servir à surveiller ou vérifier les ganglions lymphatiques.

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Radiographie pulmonaire

Lors d'une radiographie, on emploie des radiations de faible dose pour produire des images des structures du corps sur film. On peut faire une radiographie pulmonaire pour savoir si le mélanome s’est propagé aux poumons.

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Tomodensitométrie (TDM)

Lors d'une TDM, on emploie des appareils radiographiques particuliers afin de produire des images en 3 dimensions et en coupes des organes, tissus, os et vaisseaux sanguins du corps. Un ordinateur assemble les clichés en images détaillées. On peut employer la TDM pour savoir si le mélanome s’est propagé aux ganglions lymphatiques, au thorax, aux poumons, au foie ou au cerveau.

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Analyses biochimiques sanguines

Lors d'une analyse biochimique sanguine, on mesure le taux de substances chimiques dans le sang. Elle permet d'évaluer la qualité de fonctionnement de certains organes et aussi de détecter des anomalies. On y a recours pour stadifier le mélanome. Un taux élevé de lacticodéshydrogénase (LDH) engendre un pronostic plus sombre si le cancer s’est propagé (métastases) jusqu’à des emplacements éloignés.

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Imagerie par résonance magnétique (IRM)

En IRM, on a recours à de puissantes forces magnétiques et à des ondes radio-électriques pour produire des images en coupes des organes, tissus, os et vaisseaux sanguins du corps. Un ordinateur assemble les images en clichés à 3 dimensions. Elle peut permettre de savoir si le mélanome s’est propagé au cerveau et à la moelle épinière.

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Tomographie par émission de positrons (TEP)

Lors d'une TEP, on emploie une matière radioactive (produit radiopharmaceutique) pour détecter des changements dans l’activité métabolique des tissus du corps. Un ordinateur analyse les modèles de distribution de la radioactivité et produit des images en 3 dimensions et en couleur de la région examinée. On peut avoir recours à la TEP pour savoir si le mélanome s’est propagé aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes.

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Consultez la liste de questions à poser à votre médecin sur les épreuves diagnostiques.

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