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Hormonothérapie pour le cancer de la prostate

L’hormonothérapie est un traitement systémiquetraitement systémiqueTraitement qui consiste à administrer une substance qui voyage par les vaisseaux sanguins pour atteindre les cellules du corps tout entier. qui ralentit la croissance et la propagation des cellules cancéreuses de la prostate en bloquant leurs récepteurs ou en modifiant les taux d’hormones dans l’organisme. Les hormones sont des substances chimiques produites par les glandes du corps ou fabriquées en laboratoire. On peut recourir à des médicaments, à la chirurgie ou à la radiothérapie pour changer les taux d’hormones.

On peut administrer l’hormonothérapie :

  • comme traitement principal d’un cancer de la prostate de stade avancé ou récidivant
  • après la chirurgie dans le cas d’un cancer localement avancé, afin de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient rester et réduire le risque de réapparition du cancer (hormonothérapie adjuvanteadjuvanteTraitement administré en plus du traitement de première intention (premier traitement ou traitement standard) pour aider à réduire le risque de réapparition (récidive) de la maladie (comme le cancer).)
  • avant, pendant ou après la radiothérapie dans les cas de cancer de la prostate à risque élevé et dans certains cas de cancer à risque intermédiaire
  • pour soulager la douleur ou maîtriser les symptômes d’un cancer de la prostate de stade avancé (traitement palliatif)

Le type d’hormonothérapie employée, les doses administrées ainsi que les horaires suivis varient d’une personne à l’autre.

L’hormonothérapie ne guérit pas le cancer, mais de 70 à 85 % des hommes qui la reçoivent réagissent au traitement pendant un certain temps. Avec le temps, la réaction décroît et le cancer recommence à se développer.

On a recours à différentes stratégies pour administrer une hormonothérapie :

  • hormonothérapie précoce ou hormonothérapie différée – On doit choisir entre administrer une hormonothérapie à un stade initial de la maladie, c’est-à-dire avant que les symptômes d’une évolution du cancer se manifestent, ou retarder l’hormonothérapie jusqu’à ce que les symptômes apparaissent. Les deux types de traitement par privation androgénique présentent des avantages et des risques. On ne possède pas suffisamment de preuves pour affirmer qu’une approche est meilleure que l’autre.
  • hormonothérapie intermittente – L’administration de l’hormonothérapie se fait de façon intermittente. On surveille le cancer en analysant le taux d’APS. Cette approche semble réduire au minimum les effets secondaires du traitement par privation androgénique. On ne possède pas suffisamment de preuves pour affirmer que cette approche est meilleure que l’hormonothérapie continue.
  • hormonothérapie continue – Le traitement par privation androgénique est administré en continu. C’est la forme d’administration courante de l’hormonothérapie.
  • blocage androgénique total – Cette stratégie s’appelle aussi blocage androgénique combiné. Cette méthode consiste à traiter le cancer en combinant la privation androgénique (orchidectomie ou analogue de la LH-RH) et un anti-androgène. On ne possède pas suffisamment de preuves pour confirmer les avantages de cette approche.

Types d’hormonothérapie

La croissance des cellules cancéreuses de la prostate dépend des androgènes, ces hormones mâles responsables des caractères masculins comme la voix grave et la barbe. Les principaux androgènes sont la testostérone et la dihydrotestostérone (DHT). Ces hormones sont produites principalement par les testicules. L’hormonothérapie a pour but de bloquer la production ou les effets de ces hormones; on l’appelle aussi traitement par privation androgénique.

Les types d’hormonothérapie les plus fréquemment utilisés dans le traitement du cancer de la prostate sont les suivants :

  • analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH)
  • antagonistes de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH)
  • anti-androgènes
  • œstrogènes
  • ablation chirurgicale des testicules (orchidectomie)

Analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline

L’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH) est une hormone sécrétée par l’hypothalamus. Elle active la sécrétion de lutéinostimuline (LH) par la glande pituitaire (l’hypophysehypophyseGlande principale du système endocrinien située à la base de l’encéphale qui produit des hormones afin de contrôler d’autres glandes et de nombreuses fonctions du corps, dont la croissance.) et la LH, à son tour, active la sécrétion de testostérone par les testicules.

Les analogues de la LH-RH sont des médicaments qui stimulent la sécrétion de LH par l’hypophyse. Avec le temps, l’hypophyse cesse de répondre à l’excès de stimulation et les testicules arrêtent de produire la testostérone. La baisse du taux de testostérone bloque le développement des cellules cancéreuses.

La première fois que des analogues de la LH-RH sont administrés, le taux de testostérone augmente pendant environ une semaine. Cette hausse peut aggraver temporairement les symptômes d’une maladie localement avancée ou avancée; c’est ce qu’on appelle la réaction de flambée tumorale. Au cours de cette réaction, l’homme peut avoir plus de troubles urinaires ou de douleur osseuse. Le médecin peut prescrire des anti-androgènesanti-androgènesTraitement au moyen de médicaments qui stoppent la production ou bloquent l’action des androgènes (hormones sexuelles mâles). pour un certain temps afin de réduire les symptômes de la flambée.

Les analogues de la LH-RH sont administrés au moyen d’une injection. Selon le médicament, l’injection peut être donnée tous les mois, ou tous les 3 ou 4 mois. Le médicament est administré pour le reste de la vie de l’homme, même si le cancer évolue. On ne doit jamais l’arrêter.

Les analogues de la LH-RH les plus couramment utilisés sont :

  • leuprolide (Lupron, Lupron Depot, Eligard)
  • goséréline (Zoladex)
  • buséréline (Suprefact)
  • triptoréline (Trelstar)

Antagonistes de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH)

Les antagonistes de la LH-RH sont des médicaments qui bloquent la sécrétion de la lutéinostimuline (LH) par l’hypophyse, ce qui fait en sorte que les testicules cessent de produire la testostérone. La baisse du taux de testostérone empêche le développement des cellules cancéreuses.

L’antagoniste de la LH-RH administré pour traiter le cancer de la prostate est le dégarélix (Firmagon).

Anti-androgènes

Les anti-androgènes agissent en bloquant les effets de la testostérone sur les cellules cancéreuses de la prostate. Le médicament se fixe aux récepteurs des androgènes situés sur les cellules cancéreuses de la prostate et les empêche ainsi d’utiliser la testostérone présente dans la circulation sanguine.

On peut administrer des anti-androgènes pendant une courte période à un homme qui prend des analogues de la LH-RH afin d’atténuer l’aggravation des symptômes et la douleur causée par ces médicaments (réaction de flambée tumorale).

Les anti-androgènes peuvent être pris par voie orale sous forme de comprimés ou de liquide. Les types les plus courants sont :

  • flutamide (Euflex)
  • bicalutamide (Casodex)
  • nilutamide (Anandron)
  • acétate d’abiratérone (Zytiga)
  • enzalutamide (Xtandi)

Si le cancer de la prostate ne répond plus aux anti-androgènes et qu’il commence à se développer de nouveau, on cesse le traitement anti-androgénique. Chez certains hommes, l’arrêt du traitement anti-androgénique peut engendrer une réaction de sevrage anti-androgénique, c’est-à-dire que le cancer de la prostate rétrécit et que le taux d’APS chute. On ne sait pas pourquoi cette réaction se produit.

Œstrogènes

Les œstrogènes sont des hormones femelles qui baissent le taux d’androgènes. On les utilise parfois lorsque le cancer de la prostate ne répond plus aux autres traitements hormonaux.

Orchidectomie

L’orchidectomie est une forme d’hormonothérapie qui consiste en l’ablation chirurgicale des testicules. Les testicules sont la principale source de testostérone. Leur ablation entraîne une réduction de 90 à 95 % de la testostérone dans le corps. Les tumeurs cancéreuses de la prostate deviennent rapidement plus petites lorsque le taux de testostérone chute.

L’orchidectomie est une intervention simple :

  • réalisée au moyen d’une anesthésie locale pour engourdir le scrotum
  • par laquelle le médecin retire les testicules au moyen d’une petite incision pratiquée dans le scrotum
  • après laquelle le scrotum est plus petit

L’avantage de l’orchidectomie, c’est que l’homme traité n’a pas besoin d’injections fréquentes de médicaments. L’orchidectomie présente l’inconvénient que la plupart des hommes ont parfois peur que l’ablation de leurs testicules diminue leur masculinité. Pour ces raisons, la plupart des hommes choisissent une hormonothérapie sous forme de médicaments. Comme les testicules diminuent beaucoup de taille peu importe la forme d’hormonothérapie administrée, l’apparence réelle du scrotum ne diffère pas tellement selon que l’on choisit une chirurgie ou un traitement médicamenteux.

Pour obtenir des renseignements sur des médicaments spécifiques, consultez la section Sources d’information sur les médicaments.

Cliquez sur ce lien pour consulter la liste de questions à poser à votre médecin sur l’hormonothérapie.

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