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Cancer du pénis

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Reconstruction après un cancer du pénis

La chirurgie reconstructive aide à rétablir la fonction et l'apparence du pénis. On peut aussi y avoir recours pour couvrir un défaut de la peau si le cancer du pénis s’est propagé à la peau qui recouvre les ganglions lymphatiques. Il est possible de planifier la chirurgie reconstructive peu de temps après la chirurgie visant à enlever le cancer ou on peut la pratiquer plus tard. Le risque de récidive du cancer du pénis est le plus élevé au cours de la première année qui suit la chirurgie. C’est pourquoi les hommes attendent souvent qu’on leur confirme qu’ils ne sont plus malades avant d’avoir une chirurgie reconstructive. On peut proposer les interventions reconstructives suivantes à un homme atteint d’un cancer du pénis :

  • faire des greffes de peau et des lambeaux de tissu
  • couper le ligament suspenseur
  • enlever de la graisse

Reconstruction du pénis

On peut proposer une reconstruction pénienne à l’homme qui a subi une chirurgie lors de laquelle on lui a enlevé le pénis en partie ou en totalité. Les chirurgiens ont recours aux techniques microchirurgicales, soit des opérations lors desquelles on se sert d’un microscope, pour reconstruire le pénis. La reconstruction pénienne a comme objectifs de :

  • créer un urètreurètreConduit servant à l’excrétion de l’urine présente dans la vessie. afin que l'homme puisse uriner normalement
  • permettre à l'homme d'éprouver certaines sensations au niveau du pénis
  • rendre le pénis assez rigide pour les rapports sexuels

Il pourrait être possible de reconstruire le pénis par greffes de peau ou lambeaux de tissu après une pénectomie partielle ou totale. La peau et le tissu qui servent à reconstruire le pénis peuvent provenir de la jambe, de l’abdomen, de l’avant-bras, du scrotum ou de la région de l’aine.

La reconstruction pénienne nécessite souvent plus d’une opération. On en fait parfois jusqu’à 6 pour obtenir les résultats souhaités.

Reconstruction après une pénectomie partielle

Lors d'une pénectomie partielle, le chirurgien tente de conserver une partie suffisante du corps du pénis pour permettre à l'homme d'uriner debout. Si seule la tête du pénis (gland) a été enlevée, le chirurgien peut faire une greffe de peau pour le reconstruire. Après cette opération, le pénis semble avoir été circoncis, et l'homme est habituellement en mesure d'uriner normalement et d’avoir des relations sexuelles avec pénétration.

Certains hommes peuvent être admissibles à d’autres techniques de reconstruction qui tentent de leur permettre d’uriner encore debout et qui leur permettent d’avoir des relations sexuelles avec pénétration.

  • On coupe le ligament suspenseur.
    • Lors de cette intervention chirurgicale, on coupe le ligament qui permet au pénis de se tenir droit quand un homme a une érection.
    • Une fois ce ligament coupé, le pénis gagne environ 1 cm de longueur, ce qui peut aider l’homme à uriner debout et à avoir des relations sexuelles avec pénétration.
  • On enlève de la graisse.
    • Certains hommes qui ont subi une pénectomie partielle peuvent aussi bénéficier de l’ablation de graisse au-dessus du pénis (graisse suspubienne).
    • Quand on enlève un surplus de graisse suspubienne, cela ne nuit pas au pénis mais peut aider l’homme à uriner debout et à avoir des relations sexuelles avec pénétration.

On peut proposer à l’homme de couper le ligament suspenseur et d’enlever de la graisse suspubienne afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles.

Reconstruction après une pénectomie totale

Il peut être possible de reconstruire le pénis après une pénectomie totale à l'aide de peau et de tissu prélevés sur une autre partie du corps. Diverses techniques permettent de former un pénis.

  • On peut faire un lambeau de peau et de muscle provenant de l'avant-bras, de la cuisse, du bras ou de l’abdomen pour reconstruire le pénis.
  • On peut faire un lambeau de peau, de muscle et d’os provenant de l’avant-bras ou de la jambe inférieure pour reconstruire le pénis.
  • Un lambeau de peau et de tissu provenant du scrotum peut être fixé au moignon du pénis.

Il est parfois possible que le chirurgien raccorde des nerfs afin que l’homme éprouve des sensations dans le pénis reconstruit. Les érections pourraient aussi être possibles avec un pénis reconstruit si le chirurgien peut raccorder des vaisseaux sanguins.

Implants péniens

On peut avoir recours à l’implant pénien (prothèse) pour que l’homme puisse à nouveau avoir des relations sexuelles avec pénétration. À moins qu’on implante un greffon osseux provenant du corps de l’homme, les techniques de greffe osseuse pourraient ne pas rendre le pénis suffisamment rigide. Les greffons osseux ne sont pas l’idéal puisque le pénis sera toujours en érection. Un implant pénien semi-rigide ou gonflable peut être privilégié. La chirurgie lors de laquelle on pose un implant pénien se fait habituellement de 6 à 12 mois après une reconstruction du pénis, une fois que certaines sensations sont présentes dans la peau du pénis reconstruit.

  • Implant semi-rigide
    • Le chirurgien met 2 tiges pliables dans le pénis.
    • Il permet au pénis d’être suffisamment ferme pour les rapports sexuels, mais l’homme est constamment en érection.
  • Implant gonflable
    • On peut le gonfler partiellement ou complètement.
    • Le chirurgien met 2 tiges creuses (cylindres) dans le corps du pénis.
    • Un petit contenant (réservoir) en forme de ballon est rempli de liquide et placé dans la partie inférieure de l’abdomen. Une petite pompe est implantée dans la tête du pénis ou dans le scrotum.
    • Presser la pompe fait circuler le liquide dans les tiges et durcir le pénis.
    • Les tiges sont dégonflées après le rapport sexuel et le pénis redevient mou.

Autres usages des greffes de peau

On peut aussi avoir recours aux greffes de peau quand le cancer présent dans les ganglions lymphatiques de l’aine s’est propagé à la peau qui les recouvre. Dans ce cas-là, il faut faire une greffe cutanée puisqu’on enlève une grande surface de peau. On prélève souvent la peau et les muscles de la partie extérieure de la cuisse ou de l’abdomen.

Effets secondaires possibles

Il est possible que des effets secondaires se produisent si l’on fait une chirurgie reconstructive du pénis. Cependant, ils n’affectent pas tous les hommes; si c’est le cas, chacun ne les ressent pas de la même façon. Les effets secondaires se ressemblent peu importe le type de greffe de peau ou de lambeau de tissu effectué. Les effets secondaires de la chirurgie reconstructive du pénis dépendent surtout des éléments suivants :

  • type de chirurgie
  • emplacement du tissu prélevé
  • état de santé global de l’homme
    • Un homme qui est diabétique ou obèse peut éprouver plus d’effets secondaires.
  • effet d’autres traitements du cancer

On recommande fortement aux hommes de cesser de fumer au moins 3 à 4 semaines avant une chirurgie reconstructive du pénis. Fumer affecte l’apport en sang à la peau et aux tissus sous-jacents, ce qui peut mener à l’infection, retarder la guérison et accroître le risque que du tissu prélevé pour la greffe de peau ou le lambeau meurt (nécrose du lambeau). De nombreux chirurgiens ne proposent pas la reconstruction aux hommes qui ne cessent pas de fumer.

Les effets secondaires peuvent se manifester n’importe quand lors de la chirurgie de reconstruction du pénis, tout de suite après ou quelques jours et même quelques semaines plus tard. La plupart disparaissent après l’opération. Des effets tardifs peuvent se manifester des mois voire des années à la suite de la chirurgie. Certains effets secondaires sont susceptibles de durer longtemps ou d'être permanents. Il est important de signaler tout effet secondaire à son équipe soignante.

Certains des effets secondaires qui peuvent se produire après une chirurgie reconstructive du pénis sont les suivants :

  • infection et saignement après la chirurgie
    • Quand l’infection est liée à l’implant, il est possible qu’on doive l’enlever puis le remettre en place 6 mois plus tard.
  • cicatrices sur le pénis reconstruit et les régions du corps où l’on a prélevé de la peau ou du tissu pour la greffe ou le lambeau
    • Les cicatrices s’estompent au fil du temps, mais il est possible qu’elles ne disparaissent jamais complètement.
  • tissu mort (nécrose du lambeau)
    • Il est possible que le muscle, la peau et le tissu graisseux ne survivent pas si l’apport sanguin n’est pas suffisant dans la région reconstruite.
    • Selon la gravité du trouble circulatoire, la région reconstruite peut prendre beaucoup de temps avant de guérir ou bien le tissu reconstruit pourrait devoir être enlevé.
  • couleur et texture de la peau employée pour la reconstruction possiblement différentes de celles de la peau du pénis
    • Certains hommes pourraient faire tatouer la tête (gland) de leur pénis pour en améliorer la couleur.
    • On fait habituellement le tatouage de 2 à 3 mois après la reconstruction, avant que les sensations ne réapparaissent dans le pénis, ce qui rend l’intervention moins douloureuse.
  • fistule (ouverture anormale) entre l’urètre et la peau du pénis reconstruit
  • rétrécissement de l’urètre
  • troubles urinaires
  • problèmes d’image corporelle
    • Certains hommes peuvent être embarrassés par leur pénis toujours en érection. (Cet effet secondaire dépend du type d’implant ou de greffon osseux employé.)
  • mauvais fonctionnement de l’implant

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