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Leucémie myéloïde chronique

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Traitement de la leucémie myéloïde chronique

Si vous êtes atteint de leucémie myéloïde chronique (LMC), votre équipe de soins élaborera un plan de traitement juste pour vous. Il se basera sur vos besoins et pourrait comporter l’association de différents traitements. Quand votre équipe de soins décide quels traitements vous proposer pour la LMC, elle prend les éléments suivants en considération :

  • votre âge
  • la phase de la LMC
  • d’autres facteurs pronostiques, dont le nombre de cellules sanguines et la présence de changements chromosomiques
  • la présence d’un donneur de cellules souches compatibles
  • votre état de santé global

Options de traitement

On peut vous proposer les traitements suivants pour la LMC.

Traitement ciblé

Les agents ciblés appelés inhibiteurs de la tyrosine kinase constituent le traitement de première intention pour la plupart des personnes atteintes de LMC.

Greffe de cellules souches

On a rarement recours à la greffe de cellules souches comme traitement de première intention pour la LMC en phase chronique. Il arrive plus souvent qu’elle soit utilisée si la LMC est devenue résistante au traitement ciblé ou à la thérapie biologique.

La greffe de cellules souches et les agents chimiothérapeutiques utilisés en préparation à une greffe de cellules souches peuvent causer de graves effets secondaires, c’est pourquoi tout le monde ne peut pas recevoir ce traitement. La greffe d'intensité réduite peut être une option pour certaines personnes.

Transfusion de leucocytes du donneur

Avant une greffe de cellules souches, on prélève des cellules sanguines dans le sang du donneur. S'il y a une récidive après une greffe de cellules souches, on administre les lymphocytes à la personne en une ou plusieurs perfusions. C’est ce qu’on appelle une transfusion de leucocytes du donneur (DLI).

Thérapie biologique

La thérapie biologique à l'interféron alpha (Intron A, Wellferon) était le traitement de première intention de la LMC. De nos jours, on l’offre occasionnellement aux personnes qui ne tolèrent pas bien les effets secondaires du traitement ciblé ou aux personnes dont la LMC est résistante au traitement ciblé.

Chimiothérapie

La chimiothérapie était l'un des principaux traitements de la LMC. On y a encore recours en préparation à une greffe de cellules souches et elle peut aussi être employée lorsque le traitement ciblé n'est plus efficace.

Chirurgie

On a parfois recours à une chirurgie pratiquée pour retirer la raterateOrgane situé dans la partie supérieure gauche de l’abdomen, près de l’estomac, qui fabrique des lymphocytes (type de globule blanc qui combat les germes, les substances étrangères ou les cellules cancéreuses), emmagasine des cellules sanguines, filtre le sang et détruit les vieilles cellules sanguin (splénectomie) quand la rate est plus grosse que la normale (enflée). On peut faire cette intervention si la rate est enflée et douloureuse et si la chimiothérapie ou la radiothérapie ne permet pas d'en réduire la taille. On peut aussi enlever la rate pour améliorer le nombre de cellules sanguines.

Radiothérapie

On peut administrer une radiothérapie pour :

  • réduire la taille d’une rate enflée si la chimiothérapie ne fonctionne pas;
  • traiter la LMC qui pourrait s'être propagée hors de la moelle osseuse;
  • soulager la douleur causée par l’accumulation de cellules leucémiques dans la moelle osseuse;
  • traiter le corps dans son ensemble (irradiation corporelle totale) avant une greffe de cellules souches.

Traitement de soutien

On administre un traitement de soutien pour maîtriser les complications habituellement associées aux traitements de la LMC et à la maladie même. Le traitement de soutien peut comporter :

  • des antibiotiques et des antifongiques pour prévenir ou combattre les infections;
  • des transfusions de produits sanguins pour remplacer les cellules sanguines dont le nombre est bas ou s’il y a des saignements;
  • des facteurs de croissance, comme le filgrastim (Neupogen), pour inciter le corps à produire des globules blancs;
  • des médicaments pour réduire les taux élevés de certaines substances chimiques dans le sang qui augmentent quand de nombreuses cellules cancéreuses meurent au début du traitement (syndrome de lyse tumorale);
  • la leucaphérèseleucaphérèseTechnique qui consiste à séparer et à extraire, à l’aide d’une machine spéciale appelée appareil d’aphérèse, des globules blancs spécifiques dans un prélèvement sanguin. Le sang restant est ensuite redonné à la personne. pour enlever beaucoup de globules blancs du sang.

Réaction au traitement

Pendant le traitement de la LMC, votre équipe de soins vous surveille attentivement pour évaluer votre réaction au traitement. Elle surveille avec attention le nombre de cellules sanguines. Elle vérifie aussi le sang et la moelle osseuse pour savoir si des cellules sont porteuses du chromosome Philadelphiechromosome PhiladelphieAnomalie chromosomique (translocation) caractérisée par la fixation d’une partie du chromosome 9 au chromosome 22..

Souvent, plutôt que de chercher le chromosome Philadelphie, on pourrait faire un test appelé amplification en chaîne par polymérase (ACP) pour trouver des signes de translocation à l’origine du gène Bcr-Abl. Ce test est très sensible. Il peut permettre de trouver de petites quantités du gène de fusion Bcr-Abl, qui est créé par le chromosome Philadelphie et qui mène au développement de la LMC.

Votre équipe de soins élaborera un plan pour surveiller l’évolution de la LMC durant le traitement. La surveillance peut comprendre :

  • une formule sanguine complète (FSC) chaque semaine jusqu'à ce que le nombre de cellules sanguines soit stable, puis moins fréquemment par la suite;
  • parfois, des tests cytogénétiques (analyse des cellules) de la moelle osseuse après le début du traitement;
  • une ACP ou transcription inverse suivie d'une réaction en chaîne de la polymérase (RT-PCR) dans un prélèvement sanguin lors du diagnostic et environ tous les 3 mois pendant le traitement.

Votre équipe de soins a recours à ces tests pour vérifier la réponse hématologique, cytogénétique et moléculaire au traitement. Environ 70 % des personnes ont une réponse cytogénétique complète au cours de la première année après le début du traitement ciblé. Après 1 an, plus de personnes encore ont une réponse cytogénétique complète. De nombreuses personnes parmi celles-ci ont également une réponse moléculaire complète. L’équipe de soins ne peut dire si la LMC est guérie sur la base de ces réponses, c’est pourquoi on continue habituellement le traitement ciblé indéfiniment.

Réponse hématologique

La réponse hématologique se manifeste habituellement dans les 3 premiers mois de traitement.

Une réponse hématologique complète signifie :

  • que le nombre de cellules sanguines est revenu à la normale;
  • qu’il n’y a aucune cellule leucémique dans le sang;
  • que la rate a repris sa taille normale.

Une réponse hématologique partielle ressemble à une réponse complète, sauf qu'elle n'a pas rempli les 3 conditions.

Réponse cytogénétique

La réponse cytogénétique peut prendre plusieurs mois ou plus à se produire. Elle repose sur le nombre de cellules dans le sang ou la moelle osseuse qui présentent le chromosome Philadelphie.

Une réponse cytogénétique complète signifie qu’on ne détecte aucune cellule présentant le chromosome Philadelphie dans le sang ou la moelle osseuse.

Une réponse cytogénétique partielle signifie que moins de 35 % des cellules présentent le chromosome Philadelphie.

On utilise parfois le terme réponse cytogénétique majeure quand on parle d'une réponse cytogénétique complète ou partielle.

Une réponse cytogénétique mineure signifie que de 35 à 90 % des cellules présentent le chromosome Philadelphie.

Réponse moléculaire

La réponse moléculaire se base sur les résultats de l’ACP.

Une réponse moléculaire complète signifie qu’on n’a détecté le gène de fusion Bcr-Abl dans aucune cellule présente dans le sang.

Une réponse moléculaire majeure signifie que seulement un petit nombre de cellules dans le sang ont le gène de fusion Bcr-Abl.

Suivi

Le suivi après le traitement est une composante importante des soins apportés aux personnes atteintes de cancer. Vous devrez avoir régulièrement des visites de suivi pendant de nombreuses années après le traitement, même s'il n'y a pas de signe de maladie. L'intervalle entre les examens s'allongera avec le temps, mais vous devrez passer des examens de suivi pendant une longue période. Ces visites permettent à l’équipe de soins de surveiller vos progrès et de savoir comment vous vous rétablissez du traitement.

Essais cliniques

Certains essais cliniques sur la LMC sont en cours au Canada et acceptent des participants. Les essais cliniques visent à trouver de nouvelles méthodes de prévention, de détection et de traitement du cancer qui soient meilleures. Apprenez-en davantage sur les essais cliniques.

Questions à poser sur le traitement

Afin de prendre les bonnes décisions pour vous, posez des questions sur le traitement à votre équipe de soins.

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