Logo Société canadienne du cancer

Maladie trophoblastique gestationnelle

Vous êtes ici:

Traitement de la maladie trophoblastique gestationnelle

Le traitement de la maladie trophoblastique gestationnelle (MTG) est administré par des spécialistes du cancer, soit des oncologues. Certains se spécialisent en chirurgie, d'autres en radiothérapie ou bien en chimiothérapie (médicaments). Ces médecins discutent avec la femme atteinte de cancer pour choisir le plan de traitement.

Les plans de traitement sont conçus de façon à répondre aux besoins uniques de chaque personne atteinte de cancer. Les décisions relatives au traitement de la MTG se basent sur les éléments suivants :

  • type de MTG
  • stade de la MTG
  • niveau de risque
  • taux de gonadotrophine chorionique humaine (HCG)
  • désir de la femme de rester fertile
  • traitement déjà administré

Options de traitement de la maladie trophoblastique gestationnelle

Il faudrait commencer le traitement de la tumeur trophoblastique gestationnelle le plus tôt possible une fois qu'on l'a diagnostiquée.

Chirurgie

La chirurgie est l’un des principaux traitements de la MTG. On y a recours :

  • comme traitement principal de la MTG
  • si la MTG réapparaît après d’autres traitements

Dilatation et curetage

La dilatation et le curetage (DC) est une intervention chirurgicale lors de laquelle on ouvre (dilate) le col de l’utérus avant d’utiliser un appareil semblable à un aspirateur ainsi qu’une petit instrument tranchant (curette) pour enlever du tissu du revêtement de l’utérus. On peut aussi administrer un médicament à la femme afin que son utérus se contracte, ce qui aide à évacuer le tissu de l’utérus.

La DC est une option de traitement pour les femmes atteintes d’une môle hydatiforme partielle ou complète diagnostiquée par dosage de la gonadotrophine chorionique humaine (HCG ou BHCG) ou par échographie. On ne pratique pas de DC si le médecin soupçonne un choriocarcinome gestationnel puisque ce type de tumeur saigne très facilement.

Une femme dont le taux de HCG ne revient pas à la normale après une DC ou une interruption médicale de la grossesse (voir ci-dessous) a besoin d’un traitement supplémentaire. Une femme qui a reçu un diagnostic de choriocarcinome gestationnel ou de tumeur trophoblastique de type placentaire aura aussi besoin d’un traitement supplémentaire.

Interruption médicale de la grossesse

L’interruption médicale de la grossesse est une option de traitement pour les femmes qui ne sont pas admissibles à la DC. Les femmes qui ne peuvent pas avoir de DC et dont la grossesse est interrompue risquent davantage d’avoir une maladie trophoblastique persistante.

Hystérectomie

L’hystérectomie est l’ablation chirurgicale de l’utérus. On peut proposer l’hystérectomie aux femmes atteintes d’une MTG maligne qui s’est propagée hors de l’utérus et qui ne souhaitent plus porter d’enfants. On peut aussi recommander l’hystérectomie aux femmes atteintes d’une MTG maligne qui ne réagit pas à la chimiothérapie.

L’hystérectomie est le traitement principal des femmes atteintes d’une tumeur trophoblastique du site placentaire puisque ce type de cancer ne réagit pas bien à la chimiothérapie.

Chirurgie pour enlever des métastases

On peut faire une chirurgie pour enlever une MTG qui s’est propagée vers des emplacements éloignés, comme le cerveau, l’intestin, les reins, le foie, les poumons et la rate. Dans le cas de métastases cérébrales, on peut pratiquer une chirurgie seulement si la tumeur se trouve près de la surface du cerveau.

Effets secondaires possibles de la chirurgie

Les effets secondaires de la chirurgie d’une MTG dépendent surtout :

  • du type de chirurgie pratiqué
  • de l’état de santé global de la femme

Chimiothérapie

En chimiothérapie, on a recours à des médicaments anticancéreux (cytotoxiques) pour traiter le cancer. Il s’agit habituellement d’un traitement systémiquetraitement systémiqueTraitement qui consiste à administrer une substance qui voyage par les vaisseaux sanguins pour atteindre les cellules du corps tout entier. qui circule dans tout le corps et qui détruit les cellules cancéreuses dont celles qui auraient pu s’échapper de la tumeur primitive.

La chimiothérapie est un traitement standard de la MTG maligne. On y a recours :

  • comme traitement principal
  • après une chirurgie
  • en association avec une radiothérapie
  • si le cancer réapparaît (récidive) après le traitement
  • si le taux de HCG ne revient pas à la normale après une chirurgie

On administre un seul agent chimiothérapeutique en présence d'une MTG à faible risque (qu'elle soit métastatique ou non) chez les femmes qui souhaitent porter des enfants. Les médicaments les plus utilisés sont les suivants :

  • méthotrexate (avec ou sans acide folinique [leucovorine] comme antidote)
    • On peut associer une radiothérapie à une chimiothérapie intrathécale à base de méthotrexate pour traiter une MTG qui s’est propagée au cerveau.
  • dactinomycine (Cosmegen, Actinomycin-D)
  • étoposide (Vepesid)
  • ifosfamide (Ifex)
  • paclitaxel (Taxol)

On administre une chimiothérapie d’association en présence d'une MTG à risque élevé (qu'elle soit métastatique ou non). Les associations les plus courantes sont les suivantes :

  • MAC – méthotrexate, dactinomycine et chlorambucil (Leukeran)
  • EMA-CO – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cyclophosphamide (Cytoxan, Procytox) et de vincristine (Oncovin)
  • EMA-CE – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cisplatine (Platinol AQ) et d'étoposide
  • EMA – étoposide, méthotrexate et dactinomycine
  • VBP – vinblastine (Velbe), bléomycine (Blenoxane) et cisplatine
  • BEP – bléomycine, étoposide et cisplatine
  • CHAMOCA – méthotrexate, dactinomycine, cyclophosphamide, doxorubicine (Adriamycin), melphalan (Alkeran, L-PAM), hydroxyurée (Hydrea) et vincristine
  • CHAMOMA – méthotrexate, acide folinique, hydroxyurée, dactinomycine, vincristine, melphalan et doxorubicine
  • étoposide, cisplatine et dexaméthasone (Decadron, Dexasone)

L'intervalle entre les séances de chimiothérapie est habituellement de 14 à 21 jours et dépasse rarement 21 jours. On surveille attentivement le taux de HCG. Une fois qu'on a atteint un taux normal de HCG, on administre de 1 à 3 cycles de chimiothérapie de plus.

Effets secondaires possibles de la chimiothérapie

Les effets secondaires de la chimiothérapie dépendent surtout des éléments suivants :

  • type de médicament
  • dose
  • mode d’administration
  • état de santé global de la femme

Radiothérapie

En radiothérapie, on a recours à des rayons ou à des particules de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses. La radiothérapie externe est le type de radiothérapie le plus souvent administré pour traiter la MTG. On peut l’associer à une chimiothérapie intrathécale à base de méthotrexate pour traiter une MTG qui s’est propagée au cerveau.

Effets secondaires possibles de la radiothérapie

Les effets secondaires de la radiothérapie au cerveau dépendent surtout des éléments suivants :

  • taille de la région traitée
  • dose totale
  • mode d’administration

Traitement de soutien

Une femme atteinte d’une MTG à risque élevé peut avoir besoin d’un traitement de soutien. Le traitement de soutien aide à réduire une partie des effets secondaires engendrés par certains médicaments afin que les médecins puissent administrer la dose appropriée de chimiothérapie.

Le traitement de soutien peut comprendre :

Retour au menu

Traitement par type de MTG et niveau de risque

Le traitement de la MTG dépend du type et du niveau de risque. Puisque la môle hydatiforme est une forme bénigne de MTG, on la traite différemment. La tumeur trophoblastique du site placentaire est une forme maligne de MTG et on la traite aussi différemment (voir ci-dessous).

Môle hydatiforme

Les options de traitement de la môle hydatiforme peuvent être les suivantes :

  • dilatation et curetage (DC)
    • On y a recours chez les femmes qui souhaitent porter des enfants.
    • Chez certaines femmes, il faut faire une deuxième DC s’il reste du tissu môlaire après la première DC.
  • hystérectomie
    • On propose parfois cette chirurgie aux femmes qui ne souhaitent plus porter d’enfants.
  • chimiothérapie prophylactiqueprophylactiqueTerme qui a rapport ou qui est relatif aux mesures visant à prévenir ou à éviter une maladie.
    • On peut proposer ce traitement à certaines femmes après une DC ou une hystérectomie.
    • On peut l’administrer aux femmes qu’on croit atteintes d’une môle hydatiforme qui risque fortement de devenir maligne et de se propager.
    • On pourrait aussi la proposer aux femmes peu susceptibles d’avoir un suivi par dosage de la HCG ou aux femmes qui vivent en région éloignée et qui ont un accès limité au dosage de la HCG.

Maladie trophoblastique gestationnelle à faible risque

La MTG à faible risque comprend la môle invasive et le choriocarcinome gestationnel qui est le plus susceptible de réagir au traitement.

On peut ainsi traiter la MTG à faible risque :

  • chimiothérapie
    • méthotrexate
    • méthotrexate (associé à l’acide folinique comme antidote)
    • dactinomycine
    • étoposide
  • hystérectomie
    • On peut la proposer aux femmes qui ne souhaitent plus porter d’enfants.

Maladie trophoblastique gestationnelle à risque élevé

La MTG à risque élevé comprend la môle invasive et le choriocarcinome gestationnel qui pourrait moins réagir au traitement.

On peut ainsi traiter la MTG à risque élevé :

  • chimiothérapie
    • EMA-CO – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cyclophosphamide et de vincristine
    • MAC – méthotrexate, dactinomycine et chlorambucil (Leukeran)
    • MFA – méthotrexate, acide folinique et dactinomycine
    • EMA – étoposide, méthotrexate et dactinomycine
    • CHAMOCA – méthotrexate, dactinomycine, cyclophosphamide, doxorubicine, melphalan, hydroxyurée et vincristine
    • CHAMOMA – méthotrexate, acide folinique, hydroxyurée, dactinomycine, vincristine, melphalan et doxorubicine
  • chirurgie
    • hystérectomie
    • chirurgie pour enlever des métastases

Maladie trophoblastique gestationnelle récidivante ou résistante

Le traitement de la récidive de MTG dépend de l'endroit où la tumeur est réapparue et du type de traitement déjà administré à la femme. Une MTG qui récidive ou qui ne réagit pas aux médicaments déjà employés peut être ainsi traitée :

  • chimiothérapie
    • dactinomycine, avec ou sans étoposide
    • paclitaxel
    • EMA-CE – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cisplatine et d’étoposide
    • MAC – méthotrexate, dactinomycine et chlorambucil
    • EMA-CO – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cyclophosphamide et de vincristine
    • VBP - vinblastine, bléomycine et cisplatine
    • BEP - bléomycine, étoposide, cisplatine
    • TP-TE – paclitaxel et cisplatine, suivis de paclitaxel et d’étoposide
    • APE – dactinomycine, cisplatine et étoposide
    • MBE – méthotrexate, bléomycine et étoposide
  • chirurgie
    • hystérectomie
    • chirurgie pour enlever des métastases

Tumeur trophoblastique du site placentaire

La tumeur trophoblastique du site placentaire est un type très rare de MTG. Habituellement, elle ne se propage pas au delà de la paroi musculaire de l'utérus (myomètre). Ce type de tumeur est très résistant à la chimiothérapie, alors on la traite souvent par hystérectomie. On peut aussi enlever des ganglions lymphatiques lors de la chirurgie.

Dans les rares cas où la tumeur trophoblastique du site placentaire se propage à d'autres parties du corps (métastases), on peut proposer une chimiothérapie. Peu de recherches ont été effectuées sur le meilleur type de chimiothérapie à administrer en présence d'une tumeur trophoblastique du site placentaire métastatique. Les types de chimiothérapie suivants peuvent être employés :

  • EMA-CO – étoposide, méthotrexate et dactinomycine, suivis de cyclophosphamide et de vincristine
  • EP-EMA – étoposide et cisplatine, suivis d’étoposide, de méthotrexate et de dactinomycine
  • MAE – méthotrexate et acide folinique comme antidote, dactinomycine et étoposide
  • TP-TE – paclitaxel et cisplatine, suivis de paclitaxel et d’étoposide

Retour au menu

Essais cliniques

Les essais cliniques visent à trouver de nouvelles et meilleures méthodes de prévention, de détection et de traitement du cancer. Quelques essais cliniques sur la MTG sont en cours au Canada et acceptent des participantes. Pour obtenir plus de renseignements, consultez la section « Essais cliniques » de ce chapitre.

Consultez la liste de questions à poser à votre médecin sur le traitement.

Retour au menu

Suivi après le traitement d’une maladie trophoblastique gestationnelle

La MTG se comporte différemment chez chaque femme : c’est pourquoi un programme de suivi standard ne convient pas à tous les cas. Toute femme atteinte devrait discuter avec son médecin d’un plan de suivi qui répond à sa propre situation. Les spécialistes du cancer (oncologues), le chirurgien, le gynécologue et le médecin de famille se partagent souvent cette responsabilité.

Une fois le traitement terminé, il faudrait signaler au médecin l'apparition de nouveaux symptômes ou la présence de symptômes qui persistent sans attendre au prochain rendez-vous fixé. Ce sont entre autres ceux-ci :

  • saignement vaginal irrégulier
  • expectorations sanguinolentes
  • essoufflement
  • douleur thoracique
  • toute nouvelle masse ou enflure
  • crise d’épilepsie
  • maux de tête
  • perte graduelle de la capacité de bouger une partie du corps (paralysie)

Le risque de réapparition de la MTG est plus élevé au cours de la première année qui suit le traitement, donc on doit faire un suivi étroit de la femme pendant cette période.

Planification du suivi

Le suivi varie après un traitement de la MTG. Les consultations sont habituellement ainsi prévues :

  • aux 3 à 6 mois au cours des 2 premières années qui suivent le traitement initial
    • On fait un dosage de la HCG plus souvent (voir ci-dessous).

Interventions

Lors d’une visite de suivi, le médecin pose habituellement des questions sur les effets secondaires du traitement et la capacité d’adaptation de la femme. Il est possible que le médecin fasse un examen physique complet, dont :

  • un examen pelvien
  • palper les ganglions lymphatiques (pour savoir si le cancer s’est propagé chez une femme atteinte d’une tumeur trophoblastique du site placentaire)

Des examens pourraient être prescrits dans le cadre du suivi ou si le médecin soupçonne la réapparition du cancer (récidive).

Épreuves de laboratoire

Dosage de la HCG

  • Le dosage de la HCG est un test très sensible pour le diagnostic de la récidive de la MTG. Un changement du taux de HCG est habituellement le premier signe de récidive d'une MTG. On fait aussi ce test régulièrement dans le cadre du suivi afin de surveiller la réaction au traitement.
  • On évalue chaque semaine le taux de HCG jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trace de HCG dans le sang pendant 3 à 4 semaines de suite.
    • Môle hydatiforme – Une fois qu’on n’a pas détecté de HCG dans le sang pendant 3 à 4 semaines de suite, on évalue le taux de HCG chaque mois pendant 6 mois, puis aux 2 mois pendant les 6 mois suivants pour s’assurer qu’il n’y a plus de HCG dans le sang. On conseille habituellement à la femme d’avoir recours à une méthode contraceptive et de ne pas tomber enceinte avant que son taux de HCG ait été normal pendant 6 mois.
    • MTG maligne – On évalue le taux de HCG chaque mois pendant 1 à 2 ans après la chimiothérapie pour s’assurer qu’il n’y a plus de HCG dans le sang. On conseille à la femme d’avoir recours à une méthode contraceptive et de ne pas tomber enceinte lors du suivi actif, soit pendant 1 à 2 ans.
  • Si le taux de HCG augmente, cela peut vouloir dire que la tumeur trophoblastique gestationnelle a récidivé.

Dosage de l’hormone lactogène placentaire (HLP)

  • On mesure souvent le taux de HLP afin de savoir si la tumeur trophoblastique du site placentaire a récidivé.

Analyses d’urine

  • On peut faire des analyses d’urine afin de connaître le taux de HCG dans l’urine.

Examens d'imagerie

On prescrit rarement des examens d'imagerie dans le cadre du suivi parce que le dosage de la HCG est une façon simple de savoir si le traitement est efficace ou de diagnostiquer une récidive de MTG. On fait habituellement passer un examen d’imagerie à la femme si son taux de HCG augmente ou s’il ne revient pas à la normale. On peut prescrire les examens d'imagerie suivants :

Autres examens

Si le médecin soupçonne une récidive de MTG, il peut prescrire d’autres examens dont ceux-ci :

  • ponction lombaire
  • biopsie

Si on observe une récidive lors du suivi, l'équipe d'oncologie évaluera la femme atteinte afin de déterminer les meilleures options de traitement.

Consultez la liste de questions à poser à votre médecin sur le suivi après le traitement.

Retour au menu

Histoires

Tyler Cook La recherche a sauvé ma vie et celle de ma sœur. Sans ces travaux, le cancer de l’estomac aurait décimé la majeure partie de notre famille.

Lisez l’histoire de Tyler

Comment stopper le cancer avant qu’il n’apparaisse?

Découvrez l’impact de vos habitudes de vie sur le risque de cancer et voyez comment prendre les choses en main à l’aide de notre outil interactif – C’est ma vie!

Apprenez-en plus