Cancer colorectal

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Facteurs de risque du cancer colorectal

Un facteur de risque est quelque chose, comme un comportement, une substance ou un état, qui accroît le risque d’apparition d’un cancer. La plupart des cancers sont attribuables à de nombreux facteurs de risque, mais il arrive que le cancer colorectal apparaisse chez des personnes qui ne présentent aucun des facteurs de risque décrits ci-dessous.

La plupart des personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer colorectal ont plus de 50 ans, et le risque s’accroît avec l’âge. Il y a plus d'hommes que de femmes qui sont atteints de ce type de cancer. Le taux d’incidence du cancer colorectal est le plus élevé en Amérique du Nord, au nord-ouest de l'Europe et en Australie. Dans les pays moins industrialisés, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, le taux est moins élevé.

Les états précancéreux du côlon ou du rectum comprennent les adénomes et les syndromes du cancer colorectal héréditaire. Ces états ne sont pas cancéreux, mais il arrive qu’ils se transforment en cancer colorectal s’ils ne sont pas traités. Certains facteurs de risque du cancer colorectal peuvent aussi causer ces états précancéreux. Apprenez-en davantage sur les états précancéreux du côlon ou du rectum.

Les facteurs de risque sont habituellement classés du plus important au moins important. Mais dans la plupart des cas, il est impossible de les classer avec une certitude absolue.

Facteurs de risque

Antécédents familiaux de cancer colorectal

Antécédents personnels de cancer colorectal

Polypose adénomateuse familiale (PAF)

Syndrome de Lynch

Polypes dans le côlon et le rectum

Troubles génétiques rares

Inactivité physique

Embonpoint ou obésité

Alcool

Fumer du tabac

Alimentation riche en viande rouge

Viandes transformées

Alimentation faible en fibres

Comportement sédentaire

Maladie inflammatoire de l'intestin (MII)

Diabète

Descendance juive ashkénaze

Antécédents personnels de cancer du sein, de l’ovaire ou de l’utérus

Grande taille à l’âge adulte

Cuisson des viandes à température élevée

Exposition aux rayonnements ionisants

Des preuves convaincantes permettent d’affirmer que les facteurs suivants font augmenter votre risque de cancer colorectal.

Antécédents familiaux de cancer colorectal

Lorsqu'il y a des antécédents familiaux de cancer colorectal, c'est qu'un ou plusieurs proches parents par le sang sont atteints ou ont déjà été atteints du cancer colorectal. Dans certaines familles, on observe plus de cas de cancer colorectal que ce à quoi on s'attend par hasard. Parfois on ne sait pas exactement si cette disposition familiale est due au hasard, à un mode de vie que des membres de la famille ont en commun, à un facteur héréditaire qui a été transmis des parents à leurs enfants par les gènes ou bien à une association de ces éléments.

Dans les familles où le cancer colorectal est présent, le risque est accru si :

  • Un parent au premier degré (comme le père ou la mère, un frère ou une sœur ou un enfant) a déjà eu un cancer colorectal. Le risque s’accroît davantage si le membre de la famille au premier degré a été atteint d'un cancer du côlon plutôt que d'un cancer du rectum.
  • Plus d'un parent au premier degré a déjà souffert d'un cancer colorectal.
  • On a diagnostiqué un cancer colorectal chez un membre de la famille de moins de 50 ans.

Antécédents personnels de cancer colorectal

Si vous avez déjà été atteint d'un cancer colorectal, vous risquez davantage d’avoir un deuxième cancer colorectal.

Polypose adénomateuse familiale (PAF)

La PAF est une affection héréditaire rare habituellement causée par une mutation du gène de la polypose adénomateuse colique (APC). La PAF est caractérisée par la formation de centaines ou de milliers de polypes adénomateux sur le revêtement interne (muqueuse) du côlon et du rectum. Ces polypes peuvent apparaître dès l'adolescence. Si on ne traite pas la PAF, la majorité des personnes qui en sont atteintes auront un cancer colorectal avant l’âge de 40 ans.

La polypose adénomateuse familiale atténuée (PAF atténuée) est un sous-type de la PAF. Les personnes atteintes d'une PAF atténuée ont moins de polypes adénomateux dans le côlon que celles qui sont atteintes de la PAF classique, et ces polypes ont tendance à apparaître plus tard dans la vie. Le cancer colorectal se manifeste habituellement chez les personnes atteintes d'une PAF atténuée lorsqu’elles sont plus âgées.

Syndrome de Lynch

Également appelé cancer colorectal héréditaire sans polypose ou HNPCC, le syndrome de Lynch est une affection héréditaire causée par des mutations dans les gènes qui corrigent toute erreur faite par les cellules quand elles se divisent et que l'ADN est copié. Il engendre la formation de polypes dans le revêtement du côlon, du rectum, ou des deux, mais pas en aussi grand nombre que dans le cas de la PAF. On soupçonne la présence du syndrome de Lynch lorsqu'une personne dans la mi-quarantaine est atteinte d’un cancer colorectal ou quand certains de ses proches ont été atteints d'un cancer colorectal environ à cet âge.

On distingue 2 types de syndrome de Lynch :

  • Le type A (syndrome de Lynch de type 1) accroît seulement le risque de cancer colorectal.
  • Le type B (syndrome de Lynch de type 2) accroît le risque de cancer colorectal ainsi que des cancers de l'estomac, de l'intestin grêle, du pancréas, du rein, de l'uretère, de l'ovaire, de l'utérus, du sein, de la vessie, des canaux biliaires et de la peau.

Polypes dans le côlon et le rectum

La présence d'antécédents personnels ou familiaux de polypes dans le côlon, le rectum, ou les deux, accroît grandement le risque de cancer colorectal. Les polypes colorectaux se forment habituellement dans le revêtement interne (muqueuse) du côlon ou du rectum. Les adénomes (polypes adénomateux) sont des polypes qui peuvent devenir cancéreux.

Le risque qu'un cancer colorectal prenne naissance dans des polypes adénomateux est lié au type, à la taille et au nombre de polypes :

  • Les polypes tubuleux sont courants, mais ils sont habituellement plus petits et moins susceptibles de devenir cancéreux. Les polypes villeux sont moins courants mais risquent davantage de devenir cancéreux.
  • Les polypes de plus de 1 cm sont plus susceptibles d'être cancéreux.
  • Plus il y a de polypes, plus il y a de risques qu'un des polypes devienne cancéreux.

Troubles génétiques rares

Les troubles génétiques rares décrits ci-dessous peuvent accroître le risque d’être un jour atteint d’un cancer colorectal.

Le syndrome de Turcot est une variante du syndrome de Lynch et de la PAF. Le syndrome de Turcot est caractérisé par la présence de nombreux polypes dans le côlon, qui peuvent devenir cancéreux.

La polypose associée au MYH est causée par une mutation du gène de réparation de l'ADN appelé MUTYH. Les personnes atteintes de la polypose associée au MYH présentent de nombreux polypes adénomateux sur le revêtement interne (muqueuse) du côlon.

Le syndrome de polypose juvénile est une affection héréditaire qui engendre la formation de polypes appelés hamartomes. Les hamartomes sont habituellement non cancéreux, mais ils peuvent le devenir.

Le syndrome de Peutz-Jeghers est une affection héréditaire qui implique la mutation du gène STK11. Les personnes atteintes du syndrome de Peutz-Jeghers ont souvent des hamartomes dans leur tube digestif. Le syndrome de Peutz-Jeghers est également associé à un risque plus élevé que la moyenne d’avoir d’autres types de cancer, dont les cancers du sein, du pancréas, de l'estomac, de l'ovaire, du poumon et de l'intestin grêle.

Le syndrome de polypose mixte héréditaire est une affection héréditaire qui entraîne la croissance de nombreux types différents de polypes. L’hamartome est le type de polype qui se manifeste le plus couramment.

Le syndrome de Cowden et le syndrome de Bannayan-Riley-Ruvalcaba font partie d'un groupe d'affections qui présentent une mutation du gène PTEN, lequel est habituellement un gène suppresseur de tumeur. Les personnes porteuses de la mutation PTEN risquent davantage d'être atteintes de tumeurs non cancéreuses et cancéreuses, dont le cancer colorectal.

Inactivité physique

Les personnes qui ne sont pas actives physiquement présentent un risque plus élevé de cancer colorectal.

Embonpoint ou obésité

Le cancer colorectal survient plus souvent chez les personnes ayant de l’embonpoint ou qui sont obèses que chez celles qui ont un poids santé. Un indice de masse corporelle (IMC) élevé fait augmenter le risque à la fois chez l'homme et chez la femme, bien que l’homme semble être plus à risque.

Alcool

Les personnes qui boivent 45 g (environ 3 consommations) d’alcool par jour présentent 1,5 fois plus de risque de cancer colorectal que les non-buveurs. L’alcool fait augmenter le risque à la fois chez l’homme et chez la femme, bien que l’effet semble plus marqué chez l’homme.

Fumer du tabac

Fumer du tabac accroît le risque de cancer colorectal. Il semble que le risque augmente selon la durée de la période pendant laquelle vous fumez et la quantité fumée.

Alimentation riche en viande rouge

Une alimentation riche en viande rouge (bœuf, porc, agneau et chèvre) accroît le risque de cancer colorectal. Le risque augmente selon la quantité de viande rouge qu'une personne consomme.

Viandes transformées

Les viandes transformées sont des viandes qu'on conserve en les fumant, en les séchant, en les salant ou en leur ajoutant des agents de conservation comme des nitrites ou des nitrates. Manger des viandes transformées accroît le risque de cancer colorectal, et ce risque augmente selon la quantité consommée.

Alimentation faible en fibres

Avoir un régime alimentaire pauvre en fibres fait augmenter le risque de cancer colorectal. Il y a des preuves à l’effet que la consommation d’aliments contenant des fibres alimentaires offre une protection contre le cancer colorectal.

Comportement sédentaire

On a établi un lien entre un comportement sédentaire fréquent (rester assis pendant de longues périodes) et une augmentation du risque de cancer colorectal, en particulier d’un cancer de la partie distale du côlon et du rectum.

Maladie inflammatoire de l'intestin (MII)

La MII affecte le revêtement du tube digestif qui devient enflammé, causant ainsi des lésions et des saignements. La colite ulcéreuse et la maladie de Crohn sont les 2 types de MII les plus fréquents. La colite ulcéreuse accroît le risque de cancer colorectal plus que la maladie de Crohn. Le risque augmente selon la durée de la MII et l'étendue de la MII dans le côlon.

Diabète

Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, le taux d'incidence de cancer colorectal est plus élevé. Il y a un lien entre les deux puisque les facteurs de risque du diabète – inactivité physique et embonpoint ou obésité – sont également des facteurs de risque du cancer colorectal.

Descendance juive ashkénaze

Les personnes de descendance juive est-européenne (Juifs ashkénazes) ont un risque de cancer colorectal plus élevé que la moyenne. Une mutation particulière du gène APC qui fait augmenter le risque de cancer colorectal a tendance à être présente chez ce groupe de personnes. Cette mutation génétique n'est pas courante chez d'autres groupes ethniques.

Antécédents personnels de cancer du sein, de l'ovaire ou de l'utérus

Une femme ayant déjà été atteinte d'un cancer du sein, de l'ovaire ou de l'utérus présente un plus grand risque de cancer colorectal. Ce risque accru peut être attribuable à des facteurs de risque courants, y compris le syndrome de Peutz-Jeghers, une descendance juive ashkénaze, le syndrome de Lynch ou certains autres syndromes génétiques.

Grande taille à l'âge adulte

Plusieurs études démontrent que la taille est un facteur de risque du cancer du côlon, mais probablement pas du cancer du rectum. Les chercheurs croient que c'est en raison de l'influence des hormones de croissance et de la puberté.

Cuisson des viandes à température élevée

Cuire la viande (dont le bœuf, le porc et la volaille) et le poisson à une température élevée (c.-à-d. bien cuit, frit, grillé ou rôti au barbecue) forme des substances chimiques appelées amines hétérocycliques (AH). On a établi un lien entre certaines AH et un risque accru de cancer colorectal.

Le gras qui s’écoule de la viande, de la volaille et du poisson sur les charbons ou les pierres chaudes engendre d’autres substances potentiellement carcinogènes appelées hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces derniers, causés par la fumée et les flammes, viennent s’ajouter aux aliments. Certains de ces HAP sont associés à une hausse du risque de cancer colorectal.

Exposition aux rayonnements ionisants

Les personnes qui ont été exposées aux rayonnements ionisants, par exemple lors d’explosions de bombes atomiques au Japon, présentent un risque accru d’être atteintes d’un cancer colorectal, en particulier d’un cancer du côlon. Les personnes ayant été traitées par radiothérapie pour un cancer antérieur présentent un plus grand risque de cancer colorectal.

Facteurs de risque possibles

On a établi un certain lien entre les facteurs qui suivent et le cancer colorectal, mais on ne possède pas suffisamment de preuves pour affirmer qu'ils sont des facteurs de risque. On doit faire plus de recherches pour clarifier le rôle de ces facteurs dans l’apparition du cancer colorectal.

L’amiante représente un groupe de minéraux naturels. L’amiante a été très utilisé dans les matériaux de construction et de nombreuses industries. L’amiante est reconnu comme étant carcinogène. Une exposition prolongée et fréquente à l’amiante pourrait causer le cancer colorectal.

La fibrose kystique est un trouble génétique affectant les glandes qui fabriquent du mucus et de la sueur, ce qui risque donc de nuire au fonctionnement des poumons et du tube digestif. Une vaste étude dans laquelle on a suivi des personnes atteintes de fibrose kystique pendant 20 ans a démontré que ces personnes pourraient présenter un risque accru de cancer colorectal.

Aucun lien avec le cancer colorectal

Des recherches importantes ne révèlent aucun lien entre les laxatifs et une augmentation du risque de cancer colorectal.

Questions à poser à votre équipe de soins

Afin de prendre les bonnes décisions pour vous, posez des questions sur les risques à votre équipe de soins.

indice de masse corporelle (IMC)

Mesure basée sur le rapport entre le poids corporel et la taille.

L’IMC sert à déterminer un poids insuffisant, l’embonpoint, l’obésité ou un poids normal.

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