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Troubles des poumons

Des troubles des poumons, ou troubles pulmonaires, peuvent apparaître après certains types de traitement du cancer. Ils le font habituellement bien des années après le traitement. Il arrive que des troubles pulmonaires se manifestent comme effet tardif des traitements du cancer reçus dans l’enfance. Souvent, ils se développent lentement et évoluent graduellement avec le temps.

Fonctionnement des poumons

Les poumons font partie de l'appareil respiratoire. Il y a 2 poumons, un de chaque côté du thorax. Chaque poumon comporte des tubes, appelés bronches, qui se divisent en conduits de plus en plus petits. Ces conduits finissent par devenir de très petits tubes appelés bronchioles. À l’extrémité des bronchioles se trouvent des millions de sacs minuscules appelés alvéoles.

L’air entre par la bouche ou le nez et descend dans la trachée, les bronches et les bronchioles jusqu’aux alvéoles. Les alvéoles absorbent l'oxygène contenu dans l'air pour l’envoyer dans le sang, qui le fait circuler dans tout le corps. Le dioxyde de carbone, un déchet fabriqué par les cellules, passe du sang aux alvéoles avant d’être expiré à l’extérieur du corps.

Schéma de la structure des poumons

Causes des troubles pulmonaires

Les traitements du cancer, dont certains types de chimiothérapie et de radiothérapie, peuvent causer des troubles pulmonaires. Le risque d’éprouver des troubles pulmonaires est plus élevé si on a reçu une chimiothérapie et une radiothérapie comme traitement du cancer. Les troubles pulmonaires sont souvent liés à la dose de médicaments ou de radiation administrée. Plus la dose est élevée, plus le risque de troubles pulmonaires est grand.

Chimiothérapie

Les agents chimiothérapeutiques suivants sont reconnus pour causer des dommages aux poumons :

  • bléomycine (Blenoxane)
  • carmustine (BiCNU, BCNU)
  • lomustine (CeeNU, CCNU)
  • busulfan (Busulfex)

Certains agents chimiothérapeutiques susceptibles d’endommager le cœur peuvent aussi contribuer à l’apparition de troubles pulmonaires, en particulier si on les associe à un médicament reconnu pour causer des dommages aux poumons ou à une radiothérapie. Ce sont entre autres ceux-ci :

  • daunorubicine (Cerubidine, daunomycine)
  • doxorubicine (Adriamycin)
  • idarubicine (Idamycin)

Radiothérapie

Une radiothérapie au thorax, à l’abdomen ou à la colonne vertébrale peut engendrer des troubles pulmonaires.

Chirurgie

Une chirurgie au thorax ou aux poumons pratiquée antérieurement peut accroître le risque de troubles pulmonaires.

Greffe de cellules souches

L’administration d’une chimiothérapie à forte dose et d’une irradiation corporelle totale (ICT) avant une greffe de cellules souches fait augmenter le risque de troubles pulmonaires. Ce risque augmente également si une réaction du greffon contre l’hôte (GVH) apparaît après une allogreffe de cellules souches.

Autres facteurs

D’autres facteurs peuvent aussi accroître le risque de troubles pulmonaires.

  • Les jeunes et les personnes âgées risquent davantage d’avoir des dommages aux poumons, celles qui sont traitées à un plus jeune âge présentant le risque le plus élevé.
  • Des antécédents de maladies pulmonaires, comme des infections ou de l’asthme, font augmenter le risque de troubles pulmonaires après un traitement du cancer.
  • Le risque de troubles pulmonaires augmente si on consomme du tabac ou si on est exposé à la fumée secondaire.

Types de troubles pulmonaires

Les troubles pulmonaires qui suivent peuvent apparaître après certains types de traitement du cancer.

Fibrose pulmonaire

La fibrose pulmonaire est la formation de tissu cicatriciel dans les minuscules sacs alvéolaires à l’intérieur des poumons (alvéoles). La cicatrisation rend les poumons plus raides et affecte les échanges d'oxygène et de dioxyde de carbone.

Inflammation et infection

Les troubles ou les dommages pulmonaires peuvent engendrer une inflammation et une infection des poumons qui réapparaissent sans cesse et qui peuvent devenir chroniques.

  • La bronchite est l’inflammation des muqueuses qui tapissent les bronches et elle s’améliore souvent sans causer de dommages à long terme.
  • La bronchectasie est l’altération et l’élargissement permanents des grosses voies respiratoires des poumons accompagnés d’une plus grande quantité de mucus, ce qui engendre des infections pulmonaires fréquentes.
  • La pneumonie est l’infection d’un ou des deux poumons causée par une bactérie, un virus ou un champignon et elle s’améliore souvent sans causer de dommages à long terme.

Pneumonite

La pneumonite est l’inflammation de la couche mince de tissu située entre les minuscules sacs alvéolaires à l’intérieur des poumons (alvéoles). La principale préoccupation en ce qui a trait à la pneumonite est la possibilité qu’elle évolue en fibrose pulmonaire permanente.

Lorsque l’inflammation est causée par la radiothérapie, il s’agit du poumon radique, qui peut apparaître jusqu’à 6 mois après le traitement.

Certains agents chimiothérapeutiques, comme le docétaxel (Taxotere), peuvent aussi causer la pneumonite. Elle peut également apparaître à la suite d’une exposition de plusieurs heures à des vapeurs toxiques, au tabac ou à des concentrations élevées d'oxygène.

Maladie pulmonaire restrictive ou obstructive

Les dommages aux poumons peuvent causer la rupture des minuscules sacs alvéolaires dans les poumons. Ils peuvent aussi provoquer l’épaississement ou le blocage des voies respiratoires des poumons. Ces troubles peuvent engendrer une maladie pulmonaire restrictive ou obstructive.

La maladie pulmonaire obstructive se caractérise par l’incapacité à expulser tout l’air des poumons. La maladie pulmonaire restrictive se caractérise par le gonflement incomplet des poumons quand on inspire. Ces deux maladies rendent la respiration difficile et causent de l’essoufflement.

Syndrome de détresse respiratoire aiguë

Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) est une affection grave qui apparaît lorsque les minuscules sacs alvéolaires dans les poumons sont endommagés et ne peuvent plus fournir l'oxygène au corps. Les personnes qui reçoivent de la bléomycine (Blenoxane) pourraient être un peu plus à risque d’avoir un SDRA plus tard dans leur vie. Le SDRA apparaît habituellement lorsqu’on a également administré des concentrations élevées d'oxygène et de grandes quantités de liquide intraveineux lors d'une chirurgie.

Symptômes des troubles pulmonaires

Les symptômes des troubles pulmonaires peuvent varier selon le type de problème. Les symptômes comprennent ceux-ci :

  • toux
  • fièvre
  • essoufflement
  • respiration sifflante
  • douleur thoracique
  • infections pulmonaires fréquentes, comme la bronchite et la pneumonie
  • fatigue ou essoufflement lors d’exercices

Si les symptômes s’aggravent ou ne disparaissent pas, mentionnez-le à votre médecin ou à votre équipe de soins sans attendre au prochain rendez-vous prévu.

Diagnostic des troubles pulmonaires

Avant que le traitement du cancer commence, il est possible que l’équipe de soins fasse des examens afin de vérifier votre fonction pulmonaire et de s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes importants. On peut aussi faire des examens pendant et après le traitement pour s’assurer que rien n’a changé.

Votre médecin tentera de trouver la cause du trouble pulmonaire. Les examens peuvent comprendre ceux-ci :

  • examen physique, dont l'écoute des poumons
  • radiographie ou TDM des poumons à la recherche d’une maladie ou d’anomalies pulmonaires
  • analyses sanguines pour vérifier la concentration en oxygène dans le sang
  • test de la fonction respiratoire pour évaluer la fonction pulmonaire
  • bronchoscopie pour observer la trachée et les grosses voies respiratoires des poumons

Apprenez-en davantage sur les tests et interventions.

Prévention des troubles pulmonaires

Pour prévenir les dommages aux poumons, l’équipe de soins surveille attentivement les personnes qui reçoivent un traitement du cancer susceptible d’affecter les poumons. Si on croit que les poumons peuvent être endommagés, on peut réduire la dose du médicament ou de la radiothérapie ou bien cesser complètement le traitement afin d'empêcher l'apparition d'autres dommages.

Si le traitement du cancer a fait augmenter votre risque de troubles pulmonaires, vous pouvez aider à réduire ce risque en faisant ce qui suit :

  • ne pas fumer et éviter la fumée secondaire
  • recevoir le vaccin antipneumococcique (contre la pneumonie)
  • recevoir annuellement les vaccins antigrippaux (contre la grippe)
  • faire de l’exercice régulièrement
  • éviter les vapeurs fortes émanant des produits chimiques, peintures et solvants toxiques
  • suivre toutes les règles de sécurité au travail, en particulier utiliser des ventilateurs de protection
  • ne pas faire de plongée autonome, à moins qu’un pneumologue dise que la plongée est sécuritaire pour vous (la pression sous-marine et les concentrations élevées en oxygène peuvent endommager les poumons)

Traitement des troubles pulmonaires

Si vos poumons sont endommagés après un traitement du cancer, votre équipe de soins établira un plan pour aider à traiter les troubles pulmonaires. Elle pourrait proposer ce qui suit pour en soulager les symptômes :

  • corticostéroïdes
  • bronchodilatateurs
  • expectorants
  • antibiotiques
  • oxygénothérapie

Si vous éprouvez des essoufflements, ce qui suit peut vous aider :

  • ne pas fumer et éviter la fumée secondaire
  • planifier des activités suivies de périodes de repos ou décider quelles activités sont les plus importantes
  • avoir recours à des techniques pour ralentir et améliorer votre respiration

Apprenez-en davantage sur la difficulté à respirer.

Suivi

Toutes les personnes traitées pour un cancer doivent avoir un suivi régulier. L’équipe de soins établira un plan de suivi en fonction du type de cancer, des traitements reçus et de vos besoins.

Assurez-vous d’informer votre médecin de tous les traitements que vous avez reçus. Si vous risquez d’éprouver des troubles pulmonaires, vous devriez passer un examen physique chaque année.

Le suivi peut comporter un ou plusieurs des examens suivants :

  • radiographie pulmonaire
  • analyse sanguine qui mesure la quantité d’oxygène dans les globules rouges (saturation en oxygène)
  • test de la fonction respiratoire

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