Parler de la mort à votre enfant

Parler de la mort est une composante très difficile des soins apportés à l’enfant atteint d’un cancer avancé ou incurable. La plupart des parents ne savent pas par où commencer ou comment s’y prendre. Comment, quand et si vous parlez de la mort à votre enfant peut être influencé par de nombreux facteurs. Votre équipe de soins peut vous aider à créer un environnement sûr où vous et votre enfant pourrez parler de ces questions importantes. Cela ne permet pas toujours de parvenir à discuter réellement de la mort, mais ce n’est pas grave.

Être franc

Certains parents croient qu’ils peuvent protéger leur enfant en ne lui disant pas la vérité. Il arrive parfois que l’enfant sache qu’il va mourir avant que sa famille soit prête à le reconnaître. Demandez à l’équipe de soins palliatifs comment parler à votre enfant de la mort. Parler de la mort peut vous permettre, à vous et à votre enfant, d’échanger des souvenirs, d’exprimer votre amour et de vous dire au revoir.

Prêter attention à votre enfant et l’écouter

Prêtez une attention particulière au sens caché des commentaires et des questions de votre enfant et cherchez à le connaître. Il peut laisser sous-entendre qu’il est prêt à discuter d’un sujet difficile. Quand vous parlez à votre enfant, soyez attentif aux signes indiquant qu’il est mal à l’aise ou qu’il ne veut pas parler de cela, comme s’il change de sujet, s’il regarde ailleurs, s’il bouge sans cesse ou s’il joue avec ses jouets. Respectez le fait qu’il ne souhaite pas discuter de cette question à ce moment-là.

Être flexible et poser des questions

Au quotidien, tentez de profiter de chaque occasion de parler avec votre enfant de ce qu’il pense et de ce qu’il ressent. Si vous attendez le bon moment pour le faire, il risque de ne jamais se présenter. En ayant plusieurs conversations avec votre enfant, vous lui faites savoir que vous êtes toujours disponible pour parler. Essayez de lui poser des questions dont la réponse n’est pas seulement oui ou non. Cela permettra à votre enfant de répondre à sa façon et pourrait vous amener à d’autres sujets de conversation et à d’autres questions. Si votre enfant n’est pas intéressé à parler, essayez de le laisser s’exprimer d’autres manières, comme par le jeu ou l’art.

Demander l’aide de l’équipe de soins

Votre équipe de soins peut vous aider et vous offrir du soutien. Elle peut répondre aux questions délicates ou vous donner des idées sur la manière de parler à votre enfant qui lui démontrent votre amour, votre franchise et votre acceptation. Les membres de l’équipe de soins ne connaissent pas votre enfant comme vous, mais ils en savent beaucoup sur la façon dont les enfants se comportent et réagissent habituellement. Le psychologue pédiatrique a reçu une formation particulière sur le développement normal de l’enfant. Il peut être d’une grande aide quand vient le temps de parler de l’expérience du cancer à l’enfant puisqu’il peut adapter la discussion à son âge de développement. Le psychologue pédiatrique peut aussi aider en offrant soutien et traitement aux frères et sœurs et aux parents qui vivent une perte ou qui sont en deuil.

Donner l’information appropriée à l’âge de votre enfant

Comment un enfant comprend la maladie, la mort et la fin de vie dépend de son âge de développement. Savoir comment votre enfant comprend ou voit la mort peut vous aider à savoir quel type d’information lui donner et à répondre à toutes les questions qu’il pourrait se poser.

Les bébés et les tout-petits (enfants ayant moins de 3 ans) sont trop jeunes pour comprendre ce qu'est la mort. Ils sont affectés par les émotions de leurs parents et des personnes qui les entourent. Changer de routine et être séparés de ceux qui en prennent soin les bouleversent. Leur montrer en tout temps que vous les aimez les aide à se sentir en sécurité peu importe ce qui se passe autour d’eux.

Les enfants âgés de 3 à 5 ans croient souvent que la mort est temporaire ou réversible et ils pourraient ne pas la considérer comme quelque chose de triste ou de mauvais. Ce qui les préoccupe beaucoup, c'est d'être séparé de leurs parents. Ils comprennent le sens propre des mots – si on leur dit que mourir, c'est s'endormir, ils peuvent avoir peur d'aller au lit par exemple. Il est également possible qu’ils pensent que la mort peut être causée par des pensées et ils risquent de se blâmer. Les enfants de cet âge ont besoin d'explications simples et claires. Essayez de corriger les idées qu’ils ont fausses, et évitez d’utiliser des euphémismes, comme dire «partir» au lieu de «mourir».

Les enfants âgés de 6 ans et plus comprennent que la mort est définitive et qu’on ne peut pas changer cela. Les enfants âgés de 6 à 8 ans pourraient ne pas croire qu’ils peuvent mourir. Autour de 8 à 12 ans, ils comprennent que la mort est universelle et qu’ils peuvent mourir. Les enfants âgés de 6 à 12 ans peuvent associer la mort à un événement tragique. Ils peuvent penser que la mort est causée par quelque chose ou quelqu’un de mauvais plutôt que par un phénomène qui touche le corps. Ces enfants peuvent craindre la mort. Il est possible qu'ils aient beaucoup de questions sur les détails de la mort et sur ce qui arrive au corps. Ils pourraient voir la mort comme une chose physique et spirituelle. Ils comprennent que la mort est permanente et qu'elle peut se produire naturellement ou par hasard. Ils saisissent souvent les idées abstraites, dont les incertitudes et l'inconnu liés à la mort.

Les adolescents comprennent souvent la mort comme le font les adultes. Ils peuvent rejeter le soutien des adultes et sentir que personne ne les comprend. Ils ont souvent de fortes réactions émotives et peuvent trouver difficile de parler de leurs émotions. Les adolescents peuvent trouver plus facile de recevoir du soutien affectif de leurs pairs et de parler avec eux. Offrez du soutien à votre adolescent au besoin, mais respectez son indépendance et aidez-le à obtenir le soutien dont il a besoin auprès d’autres adolescents.

Révision par les experts et références

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