Cancer du sein

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Recherche sur le cancer du sein

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures pratiques qui aideront à prévenir, à détecter et à traiter le cancer du sein. Ils tentent aussi de trouver comment améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cette maladie.

Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans la lutte contre le cancer du sein. Nous avons inclus de l’information qui provient de PubMed, la base de données de recherche de la National Library of Medicine. Chaque article scientifique de PubMed comporte un numéro d’identification (PMID) dont le lien mène à un bref résumé (Abstract, en anglais). Nous avons aussi indiqué des liens vers les résumés des recherches présentées aux réunions de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), lesquelles se tiennent tout au long de l’année. Vous pouvez trouver de l’information sur les essais cliniques en cours au Canada sur CanadianCancerTrials.ca et ClinicalTrials.gov. On attribue aux essais cliniques un identifiant appelé numéro d’essai clinique national (NCT). Le numéro NCT mène vers des renseignements sur l’essai clinique.

Réduction du risque de cancer du sein et de récidive du cancer du sein

Des substances et des comportements peuvent réduire votre risque d’être atteint d’un cancer du sein ou réduire le risque de réapparition du cancer du sein après le traitement. Voici des recherches importantes sur les moyens de faire diminuer votre risque.

L’alimentation pourrait aider à réduire la densité du tissu mammaire. La recherche démontre que chez les femmes qui limitent leur consommation de viande et d’aliments riches en calories (comme la graisse et l’huile) et qui mangent beaucoup d’aliments végétaux (comme les fruits et les légumes), le tissu mammaire est moins dense. Cela est particulièrement vrai pour les femmes postménopausées et les non-fumeuses (PLoS One, PMID 26208331). Cela est important puisque les seins denses ont plus de tissu conjonctif, de glandes et de canaux galactophores que de tissu adipeux, ce qui peut faire en sorte qu’il est plus difficile de détecter un cancer à la mammographie. Avoir des seins denses est un facteur de risque important du cancer du sein, c’est pourquoi réduire la densité des seins en changeant son alimentation pourrait aussi réduire le risque d’être atteint du cancer du sein. Cependant, un suivi beaucoup plus long est nécessaire pour savoir si c’est un moyen de réduire le risque de cancer du sein.

La metformine (Glucophage) est un médicament qui aide à contrôler le diabète. Certaines études laissent entendre que le taux de cancer du sein est moins élevé chez les femmes qui prennent de la metformine (Current Pharmacological Reports, PMID 26405648). L’examen de plusieurs études a permis de constater que la metformine ne réduit pas le risque de cancer du sein, mais elle pourrait améliorer la survie des femmes atteintes de cette maladie (Journal of Breast Cancer, PMID 26472977). Un essai clinique canadien en cours porte sur le rôle de la metformine dans la baisse du risque de récidive du cancer du sein (NCT 01101438).

Des médicaments anti-œstrogéniques comme le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) ou l’exémestane (Aromasin) peuvent être offerts aux femmes qui présentent un risque élevé de cancer du sein afin de réduire leur risque d’être atteintes de cette maladie. Toutefois, bien des femmes choisissent de ne pas prendre ces médicaments, car elles s’inquiètent des effets secondaires et des effets à long terme. Les chercheurs tentent de trouver des façons d’administrer ces médicaments de manière à ce qu’ils causent de moins nombreux et de moins graves effets secondaires. Des chercheurs se penchent sur une réduction de la dose de médicament ou l’administration du médicament sur une courte période avec des pauses entre les doses (administration intermittente). Ils espèrent que la réduction des effets secondaires encourage plus de femmes présentant un risque élevé de cancer du sein à prendre ces médicaments (Seminars in Oncology, PMID 2690130).

L’activité physique peut améliorer la survie après un cancer du sein. Une analyse de l’activité physique que les femmes ont déclaré avoir faite révèle que la marche rapide ou d’autres types d’exercices modérés pratiqués pendant au moins 2,5 heures par semaine peut réduire le risque de mourir d’un cancer du sein de 32 %. On doit faire plus de recherches pour comprendre comment l’activité physique peut aider à améliorer la survie (European Journal of Cancer, PMID 27529756).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la réduction du risque de cancer.

Dépistage

Les tests de dépistage permettent de trouver un cancer du sein avant que tout signe ou symptôme ne se manifeste. Lorsque le cancer est détecté et traité à ses débuts, les chances de réussite du traitement sont meilleures.

L’essai de dépistage TMIST porte sur l’association de la tomosynthèse numérique du sein avec la mammographie numérique comparativement à la mammographie numérique seule. La tomosynthèse numérique du sein est un type de mammographie qui permet de prendre de nombreux clichés radiologiques du sein sous plusieurs angles différents. Un ordinateur assemble les clichés pour faire une image à 3 dimensions du sein. La mammographie numérique permet d’obtenir une image électronique du sein plutôt qu’un film radiographique. On l'appelle parfois mammographie numérique plein champ. L’étude vise à savoir si le recours à l’association de la tomosynthèse numérique du sein et de la mammographie numérique est une façon plus précise de détecter le cancer du sein. Plusieurs centres canadiens participent à l’étude (NCT 02616432).

Diagnostic et pronostic

Un domaine clé de la recherche porte sur de meilleures méthodes pour diagnostiquer et stadifier le cancer du sein. Des chercheurs tentent également de trouver des façons d’aider les médecins à établir un pronostic (probabilité que le cancer puisse être traité avec succès ou qu’il réapparaisse après le traitement). Voici des recherches importantes sur le diagnostic et le pronostic.

La tomosynthèse numérique du sein peut aider les médecins à trouver le cancer plus facilement dans des seins denses. Elle peut aussi aider le radiologiste à voir plus clairement si une région anormale est cancéreuse ou non. Ce type d’examen d’imagerie pourrait aider à réduire le nombre de faux positifs, c’est-à-dire des résultats d'examen qui portent à croire qu’il y a un cancer alors que ce n'est pas le cas. Il pourrait également réduire le nombre de femmes qui doivent revenir passer d’autres examens. L’un des désavantages de cet examen est qu’il expose aussi le tissu mammaire à une dose plus élevée de radiation que la mammographie standard (Diagnostic Interventional Imaging, PMID 26275829; European Journal of Radiology, PMID 26499000; Radiology, PMID 26458206, PMID 25961633). Toutefois, les chercheurs canadiens ont récemment découvert des techniques permettant de réduire la quantité de radiation nécessaire pour cet examen.

La localisation au grain radioactif pourrait aider les médecins à mieux cibler les régions ou les tissus anormaux qu’ils ne peuvent pas palper dans le sein. Un radiologiste insère les grains radioactifs dans la région suspecte durant une radiographie ou une TDM du sein. Le chirurgien peut utiliser ces grains pour trouver plus facilement la région ou le tissu anormal au cours de l’opération. La localisation au grain radioactif peut être une solution de rechange à la biopsie avec localisation à l’aiguille (Journal of Surgical Oncology, PMID 25195916). Lors d’une étude, on a démontré que les grains radioactifs aident le chirurgien à enlever seulement le tissu anormal et moins de tissu normal (British Journal of Surgery, PMID 26503897).

Les cellules tumorales circulantes sont des cellules cancéreuses qu’on trouve dans la circulation sanguine de certaines femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein. L’analyse CellSearch Circulating Tumour Cell (CTC) permet de trouver ces cellules. Des recherches montrent que la présence de cellules tumorales circulantes est un facteur pronostique négatif du cancer du sein, en particulier quand le nombre de cellules tumorales ne baisse pas après une chimiothérapie (Journal of the National Cancer Institute, PMID 24832787). D’autres recherches ont démontré que les femmes atteintes d’un cancer du sein HER2 positif sont plus susceptibles d’avoir des cellules tumorales dans leur sang (Clinical and Translational Oncology, PMID 26260915). La présence de cellules tumorales circulantes pourrait aussi signifier qu’un cancer du sein inflammatoire est susceptible de réapparaître (récidive) et que le pronostic sera plus sombre (Journal of the National Cancer Institute, PMID 26374427).

Tests fondés sur les gènes

Les tests fondés sur les gènes détectent les différences entre les gènes normaux et les gènes qui ont changé (muté) dans les cellules cancéreuses. L’analyse des microréseaux est un type de test fondé sur les gènes qui permet aux chercheurs d’observer de nombreux gènes simultanément afin de savoir lesquels sont actifs et lesquels ne le sont pas. Analyser de nombreux gènes à la fois afin de savoir lesquels sont actifs et lesquels ne le sont pas est appelé profil d’expression génétique. Les chercheurs espèrent que concevoir plus de tests fondés sur les gènes aidera les médecins à identifier les meilleurs traitements pour certains cancers, dont le cancer du sein. Les tests fondés sur les gènes aideront aussi les médecins à adapter plus de traitements au cancer de chaque personne en fonction de sa constitution génétique.

Lors de l’essai TAILORxBreast, on a recours à l’analyse Oncotype DX pour établir le risque de réapparition (récidive) du cancer du sein. Le test permet de déterminer le niveau de risque de récidive, qu’on appelle score de récidive. Cet essai a permis de confirmer que les femmes dont le score de récidive est de 10 ou moins ont un si bon pronostic qu’il est très peu probable qu’une chimiothérapie augmenterait leur survie. Au cours du même essai, des femmes ayant un score de récidive de 11 à 25 ont été désignées de façon aléatoire pour recevoir une hormonothérapie seule ou une hormonothérapie associée à une chimiothérapie afin de déterminer si la chimiothérapie est nécessaire pour ce groupe de femmes. Les résultats de cette partie de l’étude ne sont pas encore connus (New England Journal of Medicine, PMID 26412349).

Le MammaPrint est un test qui permet d’analyser l’activité de 70 gènes impliqués dans le cancer du sein. Selon une récente étude, ce test permet de dépister de façon précoce un cancer du sein à faible risque génétique de récidive, même s’il semble y avoir un risque élevé de récidive après la chirurgie et de traitements supplémentaires nécessaires selon les facteurs cliniques standards. Les femmes atteintes d’un cancer du sein présentant un risque génétique faible de récidive pourraient ne pas avoir besoin de chimiothérapie et pourraient ainsi éviter les effets secondaires de ce traitement (New England Journal of Medicine, PMID 27557300).

Biomarqueurs

Les biomarqueurs sont des substances, comme des protéines, des gènes ou des segments de matériel génétique tels que l’ADN et l’ARN, qui sont naturellement présentes dans le corps. On peut les mesurer dans les liquides corporels comme le sang et l’urine ou encore dans les tissus tumoraux qu’on a prélevés sur le corps. Des chercheurs évaluent les biomarqueurs suivants afin de voir si ces substances peuvent aider les médecins à établir un pronostic et à déterminer quels traitements seront bénéfiques pour une femme atteinte du cancer du sein :

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le diagnostic et le pronostic.

Traitement

Les chercheurs étudient de nouvelles méthodes qui pourraient améliorer le traitement du cancer du sein. Les progrès effectués en traitement du cancer ainsi que les nouveaux procédés permettant de soulager les effets secondaires ont engendré une hausse de la qualité de vie et un meilleur pronostic pour de nombreuses personnes atteintes de cette maladie. Voici des recherches importantes sur le traitement du cancer du sein.

Radiothérapie

Des chercheurs tentent de trouver de nouvelles façons d’administrer la radiothérapie comme traitement du cancer du sein.

Une radiothérapie aux ganglions axillaires peut être une solution de rechange à l’ablation de ces ganglions lymphatiques. Un essai clinique en cours compare la radiothérapie à l’ablation des ganglions lymphatiques situés sous le bras chez des femmes ayant reçu une chimiothérapie puis une chirurgie du sein. Dans cet essai, on cherche toute différence dans le laps de temps avant que le cancer du sein réapparaisse et dans la survie globale chez les femmes qui reçoivent chaque traitement. On tente aussi de savoir si le lymphœdème apparaît moins souvent avec un des traitements et de déterminer la surface de la région à traiter par radiothérapie (NCT 01901094).

Une radiothérapie aux ganglions lymphatiques régionaux peut réduire le risque de réapparition du cancer du sein. Une étude canadienne a porté sur des femmes dont le cancer du sein s’était manifesté dans les ganglions lymphatiques et des femmes dont le cancer du sein n’avait pas atteint les ganglions lymphatiques mais présentait un risque élevé de récidive. Les participantes ont été assignées à 2 groupes. L’un des groupes a reçu une radiothérapie au sein entier et aux ganglions lymphatiques régionaux, qui sont sous le bras, dans le thorax et autour de la clavicule. L’autre groupe n’a reçu qu’une radiothérapie au sein. Les résultats de l’étude démontrent que l’ajout d’une radiothérapie aux ganglions lymphatiques régionaux n’améliorait pas la survie comparativement à une radiothérapie administrée seulement au sein. Par contre, le cancer du sein a récidivé moins souvent chez les femmes qui avaient reçu une radiothérapie aux ganglions lymphatiques régionaux et au sein (New England Journal of Medicine, PMID 26200977).

L’irradiation partielle accélérée du sein permet de diriger la radiation seulement vers la région du sein où se situe la tumeur plutôt que vers le sein entier. On dit que la radiation est accélérée puisqu’elle est administrée à plus fortes doses et sur une période plus courte que pour une radiothérapie standard. Lors d’une étude, l’irradiation partielle accélérée du sein a été dirigée sur la région d’une petite tumeur au sein avant la chirurgie visant à enlever la tumeur et une partie du tissu tout autour (excision locale large). Les résultats laissent entendre que l’irradiation partielle accélérée du sein pourrait réduire la quantité de tissu mammaire qui doit être enlevée (Radiotherapy and Oncology, PMID 25701298). Lors d’une autre étude, on a comparé l’irradiation partielle accélérée du sein administrée par radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI) à l’irradiation du sein entier. La RCMI est un type de radiothérapie conformationnelle qui a recours à un équipement spécial pour modeler et diriger les faisceaux de rayonnement sur la région tumorale tout en protégeant les tissus voisins. Les résultats ont démontré que l’irradiation partielle accélérée du sein administrée par RCMI engendrait moins d’effets secondaires et la même survie que la radiothérapie du sein entier (European Journal of Cancer, PMID 25605582).

La radiothérapie administrée après une mastectomie n’est pas un traitement standard. Une récente étude a porté sur l’administration d’une radiothérapie à la suite d’une chirurgie chez des femmes atteintes de tumeurs dont la taille était de plus de 5 cm, mais dont le cancer ne s’était pas propagé aux ganglions lymphatiques ou à d’autres parties du corps. L’étude a permis de constater que les femmes ont survécu plus longtemps que les femmes qui n’avaient pas reçu de radiothérapie après la mastectomie (ASCO, Abstract 1018).

La radiothérapie peut causer des dommages au cœur, en particulier lorsqu’elle est administrée pour traiter le sein gauche. Lors d’une étude, on a enseigné à un groupe de femmes à retenir leur souffle pendant l’administration de la radiothérapie. On a ensuite mesuré la quantité de radiation qui avait atteint le muscle cardiaque. Les chercheurs ont comparé cette quantité de radiation avec celle d’un autre groupe de femmes qui avaient respiré normalement durant le traitement. Ils ont découvert que le fait de retenir son souffle abaissait la quantité de radiation absorbée par le cœur. Les experts espèrent que le fait de retenir son souffle durant une radiothérapie pourra aider à réduire l’ampleur des dommages au cœur (Clinical Oncology, PMID 27890346).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la radiothérapie.

Chimiothérapie

Voici des recherches importantes sur la chimiothérapie du cancer du sein.

Cancer du sein précoce

Quand le cancer du sein est précoce, cela signifie que la tumeur mesure moins de 5 cm et que le cancer ne s’est pas propagé à plus de 3 ganglions lymphatiques. Cela comprend les stades IA, IB et IIA. Des chercheurs tentent de trouver d’autres médicaments, associations médicamenteuses et méthodes d’administration de la chimiothérapie qui soient plus efficaces contre le cancer du sein précoce.

Le neratinib (HKI-272) est un type de médicament ciblé. C’est un inhibiteur de la tyrosine kinase qui bloque certaines protéines qui aident les cellules cancéreuses à croître. Une étude récente a porté sur l’administration du neratinib chez des femmes atteintes d’un cancer du sein précoce HER2 positif. Le traitement consistait en l’administration d’une chimiothérapie (doxorubicine et cyclophosphamide), suivie de paclitaxel puis de trastuzumab. À la fin de ces traitements, on a administré à un groupe de femmes du neratinib pendant 12 mois et à un autre groupe, un placebo. Les résultats de l’étude montrent que les femmes à qui on a administré du neratinib avaient une meilleure survie sans récidive que les femmes qui n’avaient pas reçu ce médicament (The Lancet Oncology, PMID 26874901). Il ne s’est toutefois pas passé suffisamment de temps depuis la fin de l’étude pour déterminer si la survie a été significativement plus longue chez les femmes ayant reçu du neratinib.

Les bisphosphonates sont des médicaments qui aident à renforcer les os en empêchant le corps de les dégrader. Une analyse récente d’un grand nombre d’études (méta-analyse) a démontré que les bisphosphonates réduisent le taux de récidive du cancer du sein dans les os et qu’ils améliorent la survie globale des femmes atteintes d’un cancer du sein précoce. On a observé ces bienfaits seulement chez les femmes qui étaient déjà ménopausées quand leur traitement a commencé (The Lancet, PMID 26211824).

Cancer du sein triple négatif

Un cancer du sein triple négatif est un cancer dont les cellules ne présentent pas les récepteurs de l’œstrogène et de la progestérone et n’ont pas de copies supplémentaires du gène HER2. Les traitements standards du cancer du sein, comme l’hormonothérapie et le traitement ciblé, ne peuvent pas être administrés pour ce type de cancer du sein. Des chercheurs tentent de trouver de meilleures façons de traiter les femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif et d’améliorer leur survie.

On a comparé le cisplatine (Platinol AQ) et la gemcitabine (Gemzar) au paclitaxel (Taxol) et à la gemcitabine chez des femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif qui s’était propagé à d’autres parties de leur corps. Les résultats démontrent que l’association de cisplatine et de gemcitabine améliorait la survie et engendrait moins d’effets secondaires. Les chercheurs laissent entendre qu’elle pourrait être la première association d’agents chimiothérapeutiques administrée pour traiter le cancer du sein triple négatif métastatique (Lancet Oncology, PMID 25795409).

L’essai TNT a été mené auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein métastatique triple négatif, qui ont été réparties de façon aléatoire dans des groupes recevant soit le carboplatine soit le docétaxel. L’essai a démontré que les femmes présentant une mutation héréditaire du gène BRCA1 ou BRCA2 réagissaient mieux et plus longtemps au traitement à base de carboplatine (Paraplatin, Paraplatin AQ). Les résultats de cet essai ont aussi montré que les femmes qui n’étaient pas porteuses d’une mutation du gène BRCA n’étaient pas plus susceptibles de répondre au carboplatine qu’au docétaxel. Les chercheurs indiquent que de connaître le statut BRCA d’une femme atteinte d’un cancer du sein triple négatif est important pour choisir quels agents chimiothérapeutiques lui proposer (San Antonio Breast Cancer Symposium, Abstract S3-01).

La chimiothérapie d’entretien métronomique est l’administration de médicaments à petites doses quotidiennes sur une longue période une fois que le traitement de chimiothérapie principal est terminé, pour prévenir une récidive. Cela peut aussi réduire les effets secondaires et ainsi permettre que le traitement soit plus facile à prendre que de recevoir des doses élevées de médicaments à quelques semaines d’intervalle. Les médecins croient que la chimiothérapie d’entretien métronomique pourrait être efficace contre le cancer du sein triple négatif puisque celui-ci récidive souvent une fois la chimiothérapie terminée. Lors d’une étude récente, on a administré une chimiothérapie d’entretien métronomique à base de méthotrexate et de cyclophosphamide (Cytoxan, Procytox) à des femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif pendant un an après qu’elles aient terminé leur chimiothérapie à base de carboplatine. Les résultats ont démontré que les femmes ayant reçu une chimiothérapie d’entretien métronomique avaient des taux de survie plus élevés que les femmes n’ayant pas reçu ce traitement (ASCO, Abstract e12087).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chimiothérapie.

Hormonothérapie

Des chercheurs tentent de trouver de nouvelles façons de traiter le cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs, en particulier chez les femmes préménopausées.

L’étude SOFT a porté sur le rôle de l’inhibition de l'activité ovarienne chez les femmes préménopausées atteintes d’un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs. L’inhibition de l'activité ovarienne se fait à l’aide de médicaments administrés pour interrompre le fonctionnement des ovaires. Lors de l’étude, on a comparé 3 groupes. On a administré au premier groupe du tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) seul, au deuxième groupe du tamoxifène associé à l’inhibition de l'activité ovarienne, et au troisième groupe de l’exémestane (Aromasin) associée à l’inhibition de l’activité ovarienne. Les résultats de l’essai ont permis de constater que l’inhibition de l’activité ovarienne associée à l’un ou l’autre des médicaments avait amélioré la survie sans récidive, mais que l’inhibition de l’activité ovarienne associée à l’exémestane était encore plus efficace. Par contre, ces résultats ont été obtenus uniquement chez les femmes qui étaient toujours préménopausées à la fin du traitement. Aucun bienfait significatif n’a été observé chez les femmes qui sont devenues ménopausées à la fin du traitement (New England Journal of Medicine, PMID 25495490).

L’administration d’une hormonothérapie seule, plutôt que d’une hormonothérapie associée à une radiothérapie, pourrait être une option de traitement chez les femmes âgées de plus de 60 ans dont le cancer du sein évolue lentement. Les résultats préliminaires d’un essai canadien montrent que les femmes de ce groupe présentaient un faible risque de récidive quand on leur administrait seulement une hormonothérapie. On accepte encore des participantes à cet essai, et les chercheurs espèrent que les résultats confirmeront ces résultats préliminaires (Journal of Clinical Oncology, PMID 25964246; NCT 01791829).

Le fulvestrant (Faslodex) a été comparé à l’anastrozole (Arimidex) chez les femmes postménopausées atteintes d’un cancer du sein avancé à récepteurs hormonaux positifs, qui n’avaient pas été traitées à l’aide de l’hormonothérapie. L’étude a montré que les femmes à qui on avait administré du fulvestrant ont eu une plus longue survie sans évolution en comparaison aux femmes à qui on avait administré de l’anastrozole (The Lancet, PMID 27908454).

L’anastrozole (Arimidex) a été comparé au tamoxifène chez les femmes postménopausées atteintes d’un carcinome canalaire in situ (CCIS) à récepteurs hormonaux positifs. Le tamoxifène est parfois administré après une chirurgie et une radiothérapie pour réduire le risque que le CCIS réapparaisse chez les femmes traitées par tumorectomie. Les résultats de l’étude montrent que les femmes à qui on avait administré de l’anastrozole présentaient un plus faible risque de récidive en comparaison aux femmes à qui on avait administré du tamoxifène. Cet effet a été particulièrement fort chez les femmes de moins de 60 ans (The Lancet, PMID 26686957).

Chirurgie de reconstruction mammaire

Des chercheurs tentent de trouver comment améliorer la chirurgie reconstructive. Un des défis consiste à trouver la meilleure façon d’insérer un implant durant la mastectomie (lorsqu’il n’y a plus de tissu naturel pour tenir l’implant en place), plutôt que de pratiquer d’autres chirurgies plus tard pour insérer un expanseur tissulaire puis ultérieurement l’implant.

L’échafaudage chirurgical SERI est un matériau fait de soie naturelle, qui se désintègre graduellement et que le corps assimile peu à peu. Lors d’une récente étude, on a évalué l’échafaudage chirurgical SERI pour fabriquer une pochette dans la région où l’on a enlevé le sein lors d’une chirurgie. Ensuite, le chirurgien a mis un implant dans la pochette pour former le sein. Les résultats de l’étude ont démontré que les femmes à qui on a posé l’échafaudage chirurgical SERI étaient très satisfaites des résultats esthétiques. Ils ont aussi permis de constater que le matériau utilisé dans l’échafaudage chirurgical SERI ne causait pas plus de complications que les autres techniques de reconstruction mammaire, comme le transfert de tissu (Plastic and Reconstructive Surgery, PMID 25502862).

Le greffon dermique acellulaire (AlloDerm, DermaMatrix) est un type d’implant qui a recours à du tissu cutané spécial provenant de dons humains. Pour prévenir le rejet, on enlève les cellules du tissu provenant du don de manière à laisser seulement les tissus conjonctifs faits de collagène (un type de protéine). L’essai clinique BREASTrial porte sur les avantages, les inconvénients et l’innocuité des greffons dermiques acellulaires dans la reconstruction en une étape après une mastectomie (Plastic and Reconstructive Surgery, PMID 25539330).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chirurgie du cancer.

Soins de soutien

Vivre avec le cancer peut être tout un défi sous de nombreux angles. Les soins de soutien peuvent aider les gens à faire face au cancer, à son traitement et à ses effets secondaires possibles. Voici des recherches importantes sur les soins de soutien pour le cancer du sein.

Les analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH) pourraient aider à préserver la fonction ovarienne chez les jeunes femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein. Lors d’une méta-analyse récente, on a constaté que le recours aux analogues de la LHRH appelés goséréline (Zoladex) et triptoréline (Trelstar) durant une chimiothérapie pourrait réduire l’ampleur des dommages aux ovaires causés par les agents chimiothérapeutiques administrés pour traiter le cancer du sein et semble diminuer le risque de ménopause prématurée. On doit mener plus de recherches pour savoir si l’administration d’analogues de la LHRH associée à une chimiothérapie peut aider à préserver la capacité d’une femme à devenir enceinte après la fin du traitement et si cette approche est sûre chez les femmes atteintes du cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs (ASCO, Abstract 1050). Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur les options de fertilité.

Les changements cutanés causés par la radiothérapie au sein comprennent la rougeur, la peau sèche et la desquamation. Les chercheurs ont utilisé une crème pour la peau qui contenait des stéroïdes afin de voir si la crème pouvait réduire la gravité des réactions cutanées. On a administré une crème à base de stéroïdes à un groupe de femmes et une crème hydratante à l’autre groupe. Les deux groupes de femmes ont utilisé leur crème durant la radiothérapie et pendant les 2 semaines qui ont suivi la fin du traitement. Les résultats montrent que les femmes à qui on avait administré la crème à base de stéroïdes présentaient significativement moins de changements cutanés durant la radiothérapie (Radiotherapy and Oncology, PMID 27913066).

Pour en apprendre davantage sur la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer du sein. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on évalue de nouvelles façons de prévenir, de détecter, de traiter ou de soulager le cancer du sein. L’essai clinique permet d’obtenir des renseignements sur l’innocuité et l’efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer du sein ont d'abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le cancer et des essais cliniques.

survie sans récidive

Pourcentage de personnes atteintes d’une certaine maladie qui sont vivantes et sans maladie décelable (sans récidive) après une période de temps définie.

Si le traitement d’un cancer engendre un taux de survie sans récidive de 70 % après 5 ans, par exemple, cela signifie que chez 7 personnes sur 10, on n’a pas détecté la maladie pendant les 5 années qui ont suivi le traitement.

survie sans récidive

Pourcentage de personnes atteintes d’une certaine maladie qui sont vivantes et sans maladie décelable (sans récidive) après une période de temps définie.

Si le traitement d’un cancer engendre un taux de survie sans récidive de 70 % après 5 ans, par exemple, cela signifie que chez 7 personnes sur 10, on n’a pas détecté la maladie pendant les 5 années qui ont suivi le traitement.

analogue de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH)

Médicament qui stimule l’hypophyse pour qu’elle produise plus d’hormone lutéinisante, ou lutéinostimuline (LH).

L’hypophyse produit l’hormone lutéinisante (LH) qui, par ricochet, incite les testicules à produire la testostérone. Un analogue de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH) incite l’hypophyse à surproduire la LH jusqu’à ce que cette glande finisse par ne plus répondre au médicament. Lorsque l’hypophyse cesse de produire la LH, les testicules cessent de produire de la testostérone.

Ce médicament est aussi appelé analogue de la LH-RH.

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