Tumeurs au cerveau et à la moelle épinière

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Recherche sur les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière

On en apprend toujours plus sur le cancer. Les chercheurs et les professionnels de la santé se servent de ce qu’ils ont appris lors des études de recherche pour élaborer de meilleures pratiques qui aideront à prévenir, à détecter et à traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Ils étudient aussi des méthodes qui pourraient améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de ces tumeurs.

Le texte qui suit traite de différentes recherches qui se révèlent prometteuses dans la lutte contre les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Nous avons inclus de l’information qui provient de PubMed, la base de données de recherche de la National Library of Medicine. Chaque article scientifique de PubMed comporte un numéro d’identification (PMID) dont le lien mène à un bref résumé (Abstract, en anglais).

Prévention des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière

Certaines substances et certains comportements peuvent prévenir les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière ou réduire votre risque d’en être atteint. Voici des recherches importantes sur des moyens de prévenir ces tumeurs ou d’en réduire le risque.

Il semble que les personnes qui ont des allergies risquent moins d’être atteintes d’une tumeur au cerveau, comme le gliome ou le méningiome. Les chercheurs ne comprennent pas encore complètement pourquoi il y a un lien entre les allergies et les tumeurs cérébrales, mais il semble que ce soit lié aux anticorps du virus varicelle-zona (aussi appelé herpèsvirus humain de type 3 ou HHV-3), qui cause la varicelle. La poursuite de recherches sur les allergies pourrait permettre de trouver des moyens de réduire le risque de tumeurs cérébrales (International Journal of Cancer, PMID 24127236; Cancer Medicine, PMID 26972449; Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, PMID 26908595).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la prévention du cancer.

Diagnostic et pronostic

Un domaine clé de la recherche porte sur de meilleures méthodes de diagnostic et de stadification des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Des chercheurs tentent également de trouver comment aider les médecins à établir un pronostic (probabilité que le cancer puisse être traité avec succès ou qu’il réapparaisse après le traitement). Voici des recherches importantes sur le diagnostic et le pronostic.

La O6-méthylguanine-ADN méthyltransférase (MGMT) est une enzyme qui répare l’ADN dans les cellules. Les chercheurs étudient la MGMT comme facteur pronostique du glioblastome (appelé aussi glioblastome multiforme, ou GBM). Certains glioblastomes ont une moins grande quantité de MGMT que la normale, car la région d’ADN qui régit la fabrication de l’enzyme a subi un changement (elle a été méthylée). La méthylation de la MGMT (qui empêche la cellule de réparer les dommages subis par l’ADN) est associée à un meilleur pronostic parce qu’elle limite la croissance des cellules cancéreuses endommagées par la chimiothérapie. L’étude de la méthylation de la MGMT peut aider les médecins à déterminer quelles personnes âgées de 65 ans ou plus et atteintes d’un glioblastome sont plus susceptibles de bien réagir à certains traitements, comme le témozolomide (Temodal). Ainsi, connaître l’état de la MGMT de la tumeur peut aider les médecins à planifier le traitement (Journal of Neuro-oncology, PMID 24395350, PMID 24178440; PloS One, PMID 24454798, PMID 26447477; Oncology Letters, PMID 26788176; Journal of Clinical Neuroscience, PMID 26249244; Clinical Cancer Research, PMID 25655102).

Des mutations des gènes de l’isocitrate déshydrogénase (IDH) peuvent aider les médecins à prévoir le pronostic des personnes atteintes d’un gliome. Des études récentes ont révélé l’existence d’un lien entre des mutations des gènes IDH et une survie prolongée chez ces personnes. Des mutations des gènes IDH sont souvent présentes dans les tumeurs qui contiennent une faible quantité de MGMT et des délétions des chromosomes 1p et 19q. Ces critères sont également liés à une survie prolongée chez les personnes atteintes d’un gliome. Le fait de savoir s’il y a des mutations des gènes IDH peut aider les médecins à déterminer quelles personnes sont plus susceptibles de bien réagir à certains traitements (Neuro-oncology, PMID 24305719, PMID 24366912; PMID 24470545; Journal of Neuropathology and Experimental Neurology, PMID 25668564; Journal of Clinical Oncology, PMID 24516018; Journal of Neuro-oncology, PMID 24748470; Clinical Neurology and Neurosurgery, PMID 27764705).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le diagnostic et le pronostic.

Traitement

Les chercheurs étudient de nouvelles méthodes qui pourraient améliorer le traitement des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Les progrès dans le traitement du cancer ainsi que les nouveaux moyens de soulager les effets secondaires ont engendré une amélioration de la qualité de vie et un meilleur pronostic pour de nombreuses personnes atteintes de cette maladie. Voici des recherches importantes sur le traitement des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière.

Chirurgie

Des chercheurs évaluent différentes techniques d’imagerie qui pourraient être utiles lors d’une chirurgie visant à traiter des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière.

Les techniques d’imagerie peropératoires sont des moyens pour les médecins de voir à l’intérieur du corps pendant une chirurgie. Les chercheurs étudient ces techniques afin de savoir si celles-ci peuvent aider les médecins à planifier les traitements et si elles peuvent les guider durant une chirurgie du cancer du cerveau et de la moelle épinière. L’une des techniques d’imagerie peropératoires évaluées par les chercheurs est l’échographie avec injection d’un produit de contraste (Neurosurgical Focus, PMID 26926064, PMID 26926065; BioMed Research International, PMID 27069921).

L’imagerie du tenseur de diffusion (ITD) est un type particulier d’IRM qui permet aux médecins d’observer des faisceaux de fibres nerveuses qui ne sont pas visibles quand on fait un examen d’IRM habituel. Le fait de voir ces fibres nerveuses pourrait aider les médecins à planifier la chirurgie pratiquée pour enlever un gliome et réduire le risque que celles-ci soient endommagées lors de l’opération. Éviter d’endommager les fibres nerveuses peut contribuer à prévenir les effets secondaires après la chirurgie. L’ITD peut aussi permettre aux médecins de cartographier le glioblastome avec précision, ce qui les aide à planifier et à administrer la radiothérapie de manière à éviter d’irradier les tissus cérébraux sains (International Journal of Radiation Oncology, Biology, Physics, PMID 27681767; Neuro-oncology, PMID 26117712; Journal of Magnetic Resonance Imaging, PMID 24399480).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la chirurgie du cancer.

Radiothérapie

La radiothérapie est un traitement standard pour de nombreux types de tumeurs cérébrales. Les chercheurs étudient de nouveaux types de radiothérapie pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière.

La protonthérapie emploie des protons (particules portant une charge positive) pour traiter le cancer. Les protons libèrent plus d’énergie après avoir atteint une certaine distance et s’être arrêtés. Ainsi, ils causent moins de dommages aux tissus normaux avoisinants. Des essais cliniques évaluent l’utilisation de la protonthérapie afin de réduire les effets secondaires provoqués par les dommages causés aux tissus sains entourant la tumeur. La plupart des études sur la protonthérapie sont faites chez des enfants atteints de tumeurs cérébrales (Cancer, PMID 25585890; Practical Radiation Oncology, PMID 25413424; Radiation Oncology, PMID 26112360).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur la radiothérapie.

Traitement ciblé

Les médicaments ciblés ciblent des molécules spécifiques (habituellement des protéines) qui entraînent la croissance des cellules cancéreuses. On emploie actuellement certains traitements ciblés pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Des chercheurs étudient les types de médicaments ciblés suivants pour savoir s’ils sont efficaces pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière.

Les inhibiteurs de la tyrosine kinase bloquent une enzyme particulière (appelée tyrosine kinase) qui contribue à l’envoi de signaux dans les cellules. Lorsque cette enzyme est bloquée, les cellules cessent de croître et de se diviser. Des chercheurs mènent actuellement des essais cliniques sur les inhibiteurs de la tyrosine kinase suivants afin de les évaluer comme traitement de certaines tumeurs cérébrales :

Les inhibiteurs de la mTOR ralentissent ou interrompent la croissance du cancer en bloquant la protéine mTOR. L’évérolimus (Afinitor) est un inhibiteur de la mTOR utilisé pour traiter certaines tumeurs cérébrales. Des chercheurs mènent des essais cliniques sur un autre inhibiteur de la mTOR, le voxtalisib (XL765, SAR245409), afin de l’évaluer comme traitement du gliome de grade élevé (Neuro-oncology, PMID 26019185).

Les inhibiteurs des histone désacétylases (HDAC) ralentissent ou interrompent la croissance des cellules cancéreuses en bloquant les HDAC. Le panobinostat (Farydak) est un inhibiteur des HDAC qui peut accroître l’efficacité de certains agents chimiothérapeutiques ou de la radiothérapie en rendant les cellules cancéreuses plus sensibles à ces traitements. Des chercheurs mènent des essais cliniques sur le panobinostat afin de l’évaluer comme traitement de certaines tumeurs cérébrales (Neuro-oncology, PMID 25572329; Journal of Neuro-oncology, PMID 26821711).

Les récepteurs du facteur de croissance épidermique (R-EGF) envoient des signaux qui favorisent la croissance et la survie des cellules. Des chercheurs étudient le nimotuzumab (TheraCIM), un anticorps monoclonal qui cible les R-EGF présents sur les cellules cancéreuses. Le nimotuzumab bloque ces récepteurs, ce qui interrompt leur voie de signalisation et engendre la mort des cellules cancéreuses. Lors d’une étude, on a constaté que l’administration de nimotuzumab, d’une radiothérapie et de témozolomide (Temodal) permettait de traiter efficacement un glioblastome récemment diagnostiqué (European Journal of Cancer, PMID 25616647; Asia-Pacific Journal of Clinical Oncology, PMID 24571331). L’afatinib (Giotrif) est un inhibiteur de la tyrosine kinase qui cible également les R-EGF. Des chercheurs étudient l’afatinib chez des personnes atteintes d’un glioblastome récidivant (Neuro-oncology, PMID 25140039).

Le véliparib (ABT-888) est un inhibiteur de PARP, ce qui signifie qu’il bloque l’action d’enzymes appelées poly(ADP-ribose) polymérases. Ce type de médicament détruit les cellules cancéreuses en les empêchant de réparer les dommages qu’elles peuvent avoir subis et en les rendant peut-être plus sensibles aux traitements anticancéreux. Des chercheurs étudient le véliparib dans des essais cliniques visant à prévenir ou à réduire la résistance au témozolomide chez les personnes atteintes d’un glioblastome (Journal of Neuro-oncology, PMID 26508094).

Les médicaments antiangiogéniques ralentissent ou interrompent la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins. En bloquant l’apport en sang d’une tumeur, on la prive de l’oxygène et des nutriments dont elle a besoin pour se développer. Le bévacizumab (Avastin) est un médicament antiangiogénique qui a été homologué pour le traitement de certaines tumeurs au cerveau et à la moelle épinière. Deux grandes études à répartition aléatoire ont récemment montré que l’ajout du bévacizumab au traitement standard actuel n’améliorait pas la survie des personnes atteintes d’un glioblastome. Des chercheurs étudient aussi le cilengitide (EMD 121974), un médicament qui inhibe la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins et qui favorise le processus normal de mort cellulaire appelé apoptose. Les essais cliniques portant sur le traitement du glioblastome nouvellement diagnostiqué ou récidivant par le cilengitide se révèlent prometteurs (Lancet Oncology, PMID 25163906; Neuro-oncology, PMID 25762461, PMID 26008604). Des chercheurs s’intéressent également à d’autres médicaments antiangiogéniques, dont l’enzastaurin (LY317615), pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière (Journal of Neuro-oncology, PMID 26643807).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le traitement ciblé.

Vaccins anticancéreux

Les vaccins thérapeutiques contre le cancer incitent le corps à engendrer une réaction immunitaire contre les cellules cancéreuses. Actuellement, aucun de ces vaccins n’est approuvé pour usage dans le traitement du cancer du cerveau ou de la moelle épinière, peu importe le type. Des chercheurs évaluent différents vaccins thérapeutiques contre le cancer chez des personnes atteintes d’une tumeur cérébrale, en particulier d’un gliome (Neuro-oncology, PMID 25586468; International Journal of Cancer, PMID 27170523; Journal of Neurosurgery, PMID 26252465; Journal of Neuro-oncology, PMID 25366363; Human Gene Therapy: Clinical Development, PMID 27314913, PMID 28253733; Cancer Immunology, Immunotherapy, PMID 27576783; Clinical Cancer Research, PMID 28411277).

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur l’immunothérapie.

Autres traitements

Voici des traitements possibles des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière qui sont actuellement à l’étude.

L’électrothérapie est un nouveau type de traitement qui emploie des courants électriques pour entraver la division cellulaire et empêcher la croissance des cellules cancéreuses. Pour traiter les tumeurs cérébrales, des électrodes sont placées sur la tête de la personne atteinte et des fils liés à un bloc-batterie sont fixés aux électrodes afin d’émettre un courant électrique. Des études ont révélé que l’électrothérapie était aussi efficace que la chimiothérapie pour traiter le glioblastome récidivant. De plus, les personnes qui avaient reçu l’électrothérapie éprouvaient moins d’effets secondaires que celles qui avaient reçu une chimiothérapie. Un essai clinique à répartition aléatoire récent semble indiquer que l’électrothérapie améliore un peu l’issue lorsqu’on l’associe au traitement standard. Le principal effet secondaire de l’électrothérapie était une irritation cutanée causée par les électrodes (Cancer Medicine, PMID 25620708; Expert Review of Medical Devices, PMID 26513694; Neurosurgical Focus, PMID 25727223; JAMA, PMID 26670971). Toutefois, l’électrothérapie coûte très cher, ce qui peut expliquer pourquoi on n’y a pas recours plus souvent.

La thermothérapie laser interstitielle (LITT) est un type d’ablation. Au cours de cette intervention, le médecin insère une sonde dans la tumeur. La sonde émet de l’énergie lumineuse qui se transforme en énergie thermique dans la tumeur, ce qui détruit les cellules cancéreuses. Des études indiquent que la LITT est efficace pour traiter les gliomes difficiles à atteindre et à enlever par chirurgie, les métastases cérébrales résistantes au traitement et la radionécrose. Ces études montrent aussi que la LITT peut temporairement perturber la barrière hémato-encéphalique, ce qui signifie que les médicaments peuvent facilement atteindre le cerveau durant cette période (PloS One, PMID 26910903; Expert Review of Neurotherapeutics, PMID 26731270; Neurosurgical Focus, PMID 27690660, PMID 27690649, PMID 27690659, PMID 27690658).

Le virus Zika s’attaque aux cellules cérébrales pendant leur développement, ce qui entraîne des anomalies congénitales chez les enfants à naître. Des études préliminaires ont révélé que ce virus détruisait les cellules souches du glioblastome de manière sélective. Bien que ces recherches en soient à un stade très précoce, elles donnent à penser que le virus Zika représente un sujet d’étude prometteur dans l’élaboration d’un vaccin anticancéreux permettant de traiter les tumeurs cérébrales (Journal of Experimental Medicine, PMID 28874392).

Pour en apprendre davantage au sujet de la recherche sur le cancer

Les chercheurs tentent toujours d’en savoir davantage sur le cancer du cerveau et de la moelle épinière. L’essai clinique est une étude de recherche lors de laquelle on évalue de nouvelles façons de prévenir, de détecter, de traiter ou de soulager le cancer du cerveau et de la moelle épinière. Il permet d’obtenir des renseignements sur l’innocuité et l’efficacité de nouvelles approches afin de déterminer si elles doivent être offertes à plus grande échelle. La plupart des traitements standards du cancer du cerveau et de la moelle épinière ont d’abord démontré leur efficacité en essai clinique.

Apprenez-en davantage au sujet de la recherche sur le cancer et des essais cliniques.

anticorps monoclonal

Substance qui a la capacité de reconnaître une molécule cible particulière (antigène) d’une cellule cancéreuse et de s’y fixer.

Les anticorps monoclonaux peuvent nuire à la fonction cellulaire ou peuvent servir à transporter des médicaments, des toxines ou des matières radioactives directement vers une tumeur.

ablation

Intervention qui consiste à enlever ou à détruire des cellules, des tissus ou des organes.

L’ablation peut être pratiquée au moyen de la chirurgie, de produits chimiques, de la chaleur, d’un courant électrique à haute fréquence, d’ondes radio-électriques, de lasers ou d’autres méthodes.

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