Tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant

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Radiothérapie pour les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant

En radiothérapie, on a recours à des rayons ou à des particules de haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses. On administre souvent une radiothérapie pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant. L’équipe de soins prendra en considération les besoins personnels de votre enfant pour choisir le type de radiothérapie, la dose à administrer, la façon de le faire et l’horaire à suivre. Votre enfant pourrait aussi recevoir d’autres traitements.

Lorsque c’est possible, on n’administre pas de radiothérapie à un enfant âgé de moins de 3 ans puisque cela risque d’affecter la croissance et le développement normaux de son cerveau, donc d’engendrer des effets à long terme comme des difficultés d’apprentissage et des problèmes physiques. On peut administrer une chimiothérapie à un très jeune enfant jusqu’à l’âge de 3 ans puis une radiothérapie si elle est encore nécessaire.

On associe parfois la radiothérapie à la chimiothérapie pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant. On administre ces 2 traitements pendant la même période afin d’accroître l’effet de la radiation.

On administre la radiothérapie pour différentes raisons. Votre enfant peut recevoir une radiothérapie :

  • pour détruire les cellules cancéreuses qui restent après la chirurgie;
  • dans le cadre du traitement principal afin de détruire les cellules cancéreuses si la chirurgie n’est pas une option;
  • pour prévenir ou soulager les symptômes causés par la tumeur.

On a le plus souvent recours aux types suivants de radiothérapie pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant.

Radiothérapie externe

Lors de la radiothérapie externe, un appareil émet des radiations à travers la peau jusqu’à la tumeur et une partie du tissu qui l’entoure. L’équipe de radiothérapie établit la taille de la zone à traiter en fonction de la taille de la tumeur. Il est possible que les jeunes enfants reçoivent un sédatif avant les séances de radiothérapie afin qu’ils restent immobiles. On administre habituellement la radiothérapie en petites doses quotidiennes appelées fractions sur une période de 4 à 5 semaines.

Il se peut que les médecins aient recours aux techniques de radiothérapie modernes qui suivent afin de cibler avec précision la région à traiter tout en épargnant le plus de tissu normal possible tout autour.

Lors de la radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle (RC 3D), de nombreux faisceaux de radiation sont dirigés vers la tumeur. Le radio-oncologue a recours à la TDM ou à l’IRM pour cartographier l’emplacement et la forme exacts de la tumeur. Les faisceaux de radiation sont ensuite modelés et visent la tumeur en provenance de différentes directions afin de la traiter de tous les angles. Individuellement, chaque faisceau est assez faible et moins susceptible d’endommager les tissus normaux. La dose émise est plus forte là où les faisceaux convergent vers la tumeur.

La radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI) ressemble à la RC 3D puisqu’elle émet la radiation de nombreux angles différents afin de traiter toute la tumeur. En plus de modeler et de diriger les faisceaux de radiation, la RCMI permet au radio-oncologue d’ajuster la force (intensité) de chacun des faisceaux. Cela réduit la dose de radiation qui atteint les tissus normaux voisins, tout en permettant à la tumeur de recevoir une dose plus élevée. On y a recours pour traiter les tumeurs situées dans des régions difficiles à atteindre.

La protonthérapie conformationnelle est une nouvelle façon d’administrer la radiothérapie. Peu de centres de traitement l’offrent. Actuellement, il n’y a aucun appareil au Canada. Les enfants nécessitant ce traitement doivent se rendre aux États-Unis. La protonthérapie conformationnelle a recours à des faisceaux de protons plutôt que de rayonnement. Les faisceaux de rayonnement libèrent de l’énergie avant et après avoir atteint leur cible. Les faisceaux de protons ne libèrent leur énergie qu’après avoir circulé une certaine distance. Ainsi, ils causent moins de dommages aux tissus qu’ils traversent avant d’avoir atteint leur cible. La protonthérapie conformationnelle est la radiothérapie qui cause le moins de dommages aux tissus normaux voisins. Elle est utile pour traiter les tumeurs qui se trouvent dans des endroits difficiles à atteindre.

Radiothérapie stéréotaxique

La radiothérapie stéréotaxique permet d’administrer une radiothérapie externe en doses très précises à la région tumorale. On a recours à la TDM ou à l’IRM pour créer des images à 3 dimensions de la tumeur et du tissu cérébral normal qui l’entoure. Ces données servent à déterminer où la radiation sera dirigée (champ de traitement). Un programme d’ordinateur spécialisé guide l’administration de la radiation vers la tumeur.

La radiochirurgie stéréotaxique (RCS) émet une seule dose élevée de radiation vers la tumeur (fraction unique). Ce traitement ne comporte pas de chirurgie puisqu'on ne fait pas d'incision et qu’on n’enlève pas de tissu par intervention chirurgicale. On peut avoir recours à la RCS pour traiter les petites tumeurs. On s’en sert aussi parfois pour les petites tumeurs qui ont déjà reçu une radiothérapie.

La radiothérapie stéréotaxique fractionnée ressemble à la RCS sauf qu'on a recours à de plus faibles doses de radiation qu'on administre en plusieurs séances (fractions multiples) jusqu'à ce qu'on atteigne la dose totale.

On peut administrer la radiothérapie stéréotaxique de 2 façons. Le scalpel gamma a recours aux faisceaux de rayonnement pour cibler la tumeur de centaines d’angles différents pendant une courte période. Individuellement, chaque faisceau est faible, mais la dose émise est plus forte là où les faisceaux convergent vers la tumeur. Il y a aussi l’accélérateur linéaire (LINAC) qui est contrôlé par ordinateur. Cet appareil tourne autour de la tête pour émettre la radiation vers la tumeur à partir de différents angles. X-Knife, CyberKnife (cyberbistouri) et Clinac en sont des exemples.

Irradiation encéphalique et spinale totale (radiothérapie craniospinale)

Si la tumeur cérébrale s’est propagée aux méninges ou à la moelle épinière ou dans le liquide céphalorachidien (LCR), on pourrait administrer une radiothérapie au cerveau en entier et à toute la moelle épinière. C’est ce qu’on appelle une radiothérapie craniospinale. Certaines tumeurs comme le médulloblastome peuvent se propager ainsi et doivent être traitées par radiothérapie craniospinale même si on a enlevé toute la tumeur, et ce, dans le but de réduire le risque de récidive.

Curiethérapie

La curiethérapie est une radiothérapie interne. On se sert d’une substance radioactive appelée radio-isotope. On la place directement dans la tumeur ou très près. On peut aussi mettre les substances radioactives dans la région où se trouvait la tumeur avant qu’on l’enlève. La radiation détruit les cellules cancéreuses au fil du temps. La curiethérapie est le plus souvent associée à la radiothérapie externe pour traiter les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant. Elle libère une forte dose de radiation au siège tumoral, alors que la radiothérapie externe traite les régions voisines avec une plus faible dose.

Dans le cas de la tumeur au cerveau ou à la moelle épinière, on peut administrer la curiethérapie sous forme de radiothérapie interstitielle, c’est-à-dire qu’on met des tubes minces radioactifs directement dans la tumeur et le tissu qui l’entoure.

Effets secondaires

Peu importe le traitement des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant, il est possible que des effets secondaires se produisent, mais chaque enfant les ressent différemment. Certains en ont beaucoup alors que d’autres en éprouvent peu ou pas du tout.

Lors des séances de radiothérapie, l’équipe de soins protège le plus possible les cellules saines qui se trouvent dans la zone de traitement. Mais il est possible que les cellules saines soient endommagées et qu’elles provoquent ainsi des effets secondaires. Si des effets secondaires se manifestent, ils peuvent le faire n’importe quand pendant la radiothérapie, tout de suite après ou quelques jours voire quelques semaines plus tard. Il arrive que des effets secondaires apparaissent des mois ou des années à la suite de la radiothérapie (effets tardifs). La plupart disparaissent d’eux-mêmes ou peuvent être traités, mais certains risquent de durer longtemps ou d’être permanents.

Les effets secondaires de la radiothérapie dépendent surtout de la taille de la région traitée, de la région spécifique traitée, de la dose totale et du mode d’administration. Voici certains effets secondaires fréquents de la radiothérapie pour les tumeurs au cerveau et à la moelle épinière chez l’enfant :

  • fatigue
  • nausées et vomissements
  • réactions cutanées
  • maux de tête
  • perte de poils et de cheveux
  • somnolence excessive (syndrome de somnolence)
  • bouche sèche
  • bouche endolorie
  • troubles hormonaux
  • troubles de la croissance
  • troubles d’apprentissage
  • radionécrose
  • cancers secondaires

D’autres effets secondaires peuvent apparaître des mois ou des années à la suite du traitement d’une tumeur au cerveau ou à la moelle épinière chez l’enfant. Apprenez-en davantage sur les effets tardifs des traitements des tumeurs au cerveau et à la moelle épinière.

Avisez l’équipe de soins si votre enfant éprouve ces effets secondaires ou d’autres que vous croyez liés à la radiothérapie. Plus vite vous leur mentionnez tout problème, plus rapidement ils pourront vous dire comment aider à les soulager.

Questions à poser sur la radiothérapie

Apprenez-en davantage sur la radiothérapie et les effets secondaires de la radiothérapie. Afin de prendre les bonnes décisions pour votre enfant, posez des questions sur la radiothérapie à son équipe de soins.

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