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Cancer des canaux biliaires

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Cancer des canaux biliaires intrahépatiques

Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques prend naissance dans les canaux biliaires situés à l’intérieur du foie. Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques est le type le moins courant de cancer des canaux biliaires puisqu’il représente de 5 à 10 % de tous les cas de cancer des canaux biliaires. Les cancers des canaux biliaires intrahépatiques sont des tumeurs peu courantes.

Cholangiocarcinome est un autre mot employé pour décrire le cancer des canaux biliaires intrahépatiques (cholangiocarcinome intrahépatique, ou CCI). Les cancers des canaux biliaires intrahépatiques diffèrent des cancers des canaux biliaires extrahépatiques dans les catégories suivantes :

  • facteurs de risque
  • sous-types de tumeurs
  • stadification
  • pronostic et traitement

Risques

Les facteurs de risque font augmenter la probabilité qu’une personne soit un jour atteinte d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques. Les facteurs qui font augmenter ce risque sont entre autres ceux-ci :

  • infections parasitaires – infection par une douve comme Clonorchis sinensis (C. sinensis) ou Opisthorchis viverrini (O. viverrini)
  • infection à l’hépatite C – elle joue davantage un rôle dans le cancer des canaux biliaires intrahépatiques que dans celui des canaux biliaires extrahépatiques
  • calculs biliaires intrahépatiques (hépatolithiase) – ils peuvent causer l’inflammation chronique des canaux biliaires à l’intérieur du foie
  • cholangite sclérosante primitive (CSP) – elle cause l’inflammation du canal biliaire (cholangite), ce qui mène à la formation de tissu cicatriciel (sclérose)
  • cirrhose du foie – cicatrisation du tissu du foie

Les cancers des canaux biliaires intrahépatiques sont plus courants dans les pays d’Asie. L’incidence du cancer des canaux biliaires intrahépatiques augmente dans le monde entier, alors que l’incidence du cancer des canaux biliaires extrahépatiques est demeurée constante. Cela laisse croire que différents facteurs de risque peuvent entrer en jeu pour chacun de ces cancers.

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Détection précoce

La détection précoce, c’est lorsqu’on découvre un cancer ou un état précancéreux à un stade initial de la maladie. Dans la plupart des cas, détecter le cancer à un stade précoce accroît les chances de réussite du traitement.

Reconnaître les symptômes et passer régulièrement un examen de santé sont les meilleures façons de détecter un cancer des canaux biliaires intrahépatiques à un stade précoce. Plus les symptômes sont mentionnés rapidement au médecin, plus il sera en mesure de diagnostiquer le cancer à un stade précoce et de le traiter le plus vite possible.

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Signes et symptômes

Un signe est un phénomène qui peut être observé et confirmé par un médecin ou un professionnel de la santé (une éruption cutanée par exemple). Un symptôme est quelque chose que seule la personne chez qui il se manifeste peut ressentir et connaître (la douleur ou la fatigue par exemple). Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques n’engendre pas beaucoup de signes avant-coureurs aux premiers stades de la maladie. Les symptômes se manifestent habituellement lorsque le cancer grossit et évolue. D’autres affections médicales peuvent provoquer les mêmes signes et symptômes; c’est pourquoi s’ils sont présents, cela ne signifie pas nécessairement qu’une personne est atteinte de cancer. Cependant, il est important de consulter un médecin si l’on éprouve l’un des symptômes suivants :

  • jaunissejaunisseAffection caractérisée par un jaunissement de la peau et du blanc des yeux et une urine jaune foncé. indolore
    • La jaunisse apparaît si les principaux canaux biliaires rétrécissent ou bloquent à cause de la tumeur, c’est pourquoi elle ne se manifeste pas souvent avant que le cancer soit avancé.
  • inconfort
    • Ce symptôme apparaît quand la tumeur devient suffisamment grosse pour causer de la douleur.
  • masse qu’on peut palper dans l’abdomen
    • Une grosse masse peut être présente lors du diagnostic puisque la tumeur ne cause pas de symptômes aux premiers stades de la maladie.
  • fatigue
  • perte d’appétit
  • perte de poids

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Diagnostic

Le diagnostic est le processus permettant d'identifier la cause sous-jacente d’un problème de santé. On ne diagnostique habituellement pas le cancer des canaux biliaires intrahépatiques avant qu’il soit à un stade avancé. Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques peut être découvert par hasard quand on fait des études d’imagerie pour diagnostiquer un autre problème de santé.

Bien des tests permettant de poser le diagnostic initial de cancer sont également employés pour en déterminer le stade (jusqu'où la maladie a progressé). Les tests effectués pour diagnostiquer le cancer des canaux biliaires intrahépatiques ressemblent à ceux auxquels on a recours pour diagnostiquer et stadifier le cancer des canaux biliaires extrahépatiques. Ils peuvent comporter :

  • antécédents médicaux et examen physique
  • analyses biochimiques sanguines
  • dosage des marqueurs tumoraux
  • échographie
  • tomodensitométrie (TDM)
  • imagerie par résonance magnétique
  • cholangiopancréatographie par résonance magnétique (CPRM)
  • cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE)
  • cholangiographie transhépatique percutanée (CTP)

Cliquez sur ce lien pour en savoir davantage sur les examens effectués pour diagnostiquer et stadifier le cancer des canaux biliaires.

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Pathologie et stadification

La pathologie, c'est l'examen minutieux de tissu au microscope qui permet de savoir s'il est cancéreux ou non et de déterminer le type de tumeur qu'il forme. Différents types de tumeurs peuvent affecter les canaux biliaires.

Le cholangiocarcinome intrahépatique prend naissance dans le revêtement épithélialépithélialFine couche de cellules épithéliales qui forme la surface externe du corps (peau) et qui tapisse les organes creux, les glandes et toutes les voies de passage des appareils respiratoire, digestif, reproducteur et urinaire. des canaux biliaires intrahépatiques. Il représente de 15 à 20 % de tous les cancers primitifs du foie. Il peut se développer n’importe où le long d’un canal biliaire intrahépatique.

Il peut être difficile de différencier un cancer des canaux biliaires intrahépatiques d’un cancer qui prend naissance dans les cellules du foie (carcinome hépatocellulaire, ou CHC, primitif). L’une des façons d’y parvenir est de détecter la présence de mucine, substance observée dans le mucus, qui est parfois produite par le cancer des canaux biliaires intrahépatiques mais généralement pas par le carcinome hépatocellulaire. On traite souvent le cancer des canaux biliaires intrahépatiques et le carcinome hépatocellulaire de la même façon.

Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques apparaît souvent sous la forme d’une grosse tumeur ou d’une masse solide. La tumeur se propage le long du canal jusqu’au foie et aux vaisseaux sanguins du foie.

Types de cancer des canaux biliaires intrahépatiques

Les 3 types principaux de tumeur des canaux biliaires intrahépatiques sont les suivants :

  • cholangiocarcinome intrahépatique
    • On l’appelle aussi cholangiocarcinome canalaire ou cholangiocarcinome périphérique.
    • On l’associe souvent à l’infection à l’hépatite C.
  • cholangiocarcinome avec carcinome hépatocellulaire
    • On l’appelle aussi cholangiocarcinome et carcinome hépatocellulaire mixte.
    • Il possède des caractéristiques du carcinome hépatocellulaire et du cancer des canaux biliaires intrahépatiques.
    • On l’associe souvent à l’infection à l’hépatite C et B et à la cirrhose du foie.
  • cystadénocarcinome biliaire
    • Il apparaît sous la forme d’un kyste dans un canal biliaire intrahépatique ou le foie.

Grades du cancer des canaux biliaires intrahépatiques

La classification histologique permet de regrouper les cellules du cancer des canaux biliaires intrahépatiques selon leur apparence et leur comportement lorsqu’on les observe au microscope. Pour connaître la classification histologique d’une tumeur, on examine au microscope le prélèvement fait par biopsie. On lui donne ensuite un grade en fonction de l’apparence et du comportement des cellules cancéreuses qu’on compare à ceux des cellules normales (différenciation). Les tumeurs des canaux biliaires intrahépatiques ont tendance à être :

  • bien différenciées – elles évoluent lentement et sont moins susceptibles de se propager
  • modérément différenciées ou de grade intermédiaire

Stades du cancer des canaux biliaires intrahépatiques

La stadification est une façon de décrire ou de classer un cancer selon l’étendue de la maladie dans le corps. Le système le plus fréquemment utilisé pour le cancer des canaux biliaires intrahépatiques est la classification TNM. L'Union internationale contre le cancer (UICC) utilise la classification TNM pour décrire l'étendue de nombreuses tumeurs cancéreuses solides.

Le système de stadification du cancer des canaux biliaires intrahépatiques diffère de celui du cancer des canaux biliaires extrahépatiques.

TNM

TNM signifie Tumeur, Nodes (terme anglais pour les ganglions lymphatiques) et Métastases. La classification TNM prend en compte :

  • la taille et l’étendue de la tumeur primitive
  • le nombre de ganglions lymphatiques régionaux qui contiennent des cellules cancéreuses et leur emplacement
  • la propagation du cancer, ou métastases, vers une autre partie du corps

Tumeur primitive (T)

TX

Impossible d’évaluer la tumeur primitive

T0

Aucun signe de tumeur primitive

Tis

Carcinome in situCarcinome in situCancer à un stade très précoce : les cellules tumorales n’ont pas encore envahi les tissus voisins. (tumeur intracanalaire dont les cellules cancéreuses ne se développent que dans la couche la plus interne du canal biliaire)

T1

Tumeur unique qui ne s’est pas développée jusqu’aux vaisseaux sanguins voisins

T2a

Tumeur unique qui s’est propagée dans les vaisseaux sanguins voisins

T2b

Tumeurs multiples, avec ou sans propagation aux vaisseaux sanguins

T3

La tumeur s’est développée jusque dans la membrane qui recouvre la plupart des organes abdominaux (péritoine viscéral) ou directement dans les structures voisines (adjacentes) hors du foie (structures extrahépatiques).

T4

La tumeur s’est propagée à travers les parois du canal biliaire (envahissement péricanalaire) et s’est développée le long du canal biliaire intrahépatique (modèle de croissance péricanalaire).

Ganglions lymphatiques régionaux (N)

NX

Impossible d’évaluer les ganglions lymphatiques régionaux

N0

Absence de métastases dans les ganglions lymphatiques régionaux

N1

Présence de métastases dans les ganglions lymphatiques régionaux

L’atteinte ganglionnaire dans le cas du cancer des canaux biliaires intrahépatiques varie selon l’emplacement dans le foie.

  • Pour un cancer des canaux biliaires intrahépatiques dans le lobe droit du foie, les ganglions lymphatiques régionaux atteints sont ceux qui entourent :
    • le canal cholédoque
    • les artères hépatiques
    • la veine porte et le canal cystique (ganglions hilaires)
    • le duodénum (ganglions périduodénaux)
    • le pancréas (ganglions péripancréatiques)
  • Pour un cancer des canaux biliaires intrahépatiques dans le lobe gauche du foie, les ganglions lymphatiques régionaux atteints sont ceux qui entourent :
    • la veine porte et le canal cystique (ganglions hilaires)
    • l’estomac et le foie (ganglions gastro-hépatiques)

Métastases à distance (M)

M0

Absence de métastases à distance

M1

Présence de métastases à distance

Les métastases à distance (M1) affectent entre autres :

  • aux ganglions cœliaques (ganglions lymphatiques dans l’abdomen qui drainent la lymphe de l’estomac, du duodénum, du pancréas, de la rate et des voies biliaires)
  • aux ganglions péri-aortiques (ganglions lymphatiques qui entourent l’aorte)
  • aux ganglions qui entourent la veine cave inférieure

Regroupement des stades pour le cancer des canaux biliaires intrahépatiques

L'UICC regroupe davantage les données de la classification TNM pour former les stades qui apparaissent dans le tableau suivant.

Stadification de l’UICC – cancer des canaux biliaires intrahépatiques
Stade UICCTNMExplication

Stade I

T1

N0

M0

Tumeur unique qui ne s’est pas développée jusqu’à n’importe quel vaisseau sanguin voisin.

Le cancer ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques ou vers des emplacements éloignés.

Stade II

T2

N0

M0

Le cancer a pris la forme :

  • d’une tumeur unique qui s’est développée dans les vaisseaux sanguins voisins, ou
  • de deux tumeurs ou plus (tumeurs multiples), qui peuvent s’être développées dans les vaisseaux sanguins voisins.

Le cancer ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques ou vers des emplacements éloignés.

Stade III

T3

N0

M0

La tumeur s’est soit développée jusque dans la membrane qui recouvre la plupart des organes abdominaux (péritoine viscéral) ou directement dans les structures voisines hors du foie, comme le duodénum, l’estomac, le canal cholédoque, le côlon, la paroi abdominale et le diaphragme.

Le cancer ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques ou vers des emplacements éloignés.

Stade IVA

T4

N0

M0

La tumeur s’est propagée à travers les parois du canal biliaire (envahissement péricanalaire) et s’est développée le long du canal biliaire intrahépatique (modèle de croissance péricanalaire).

Le cancer ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques ou vers des emplacements éloignés.

tout T

N1

M0

La tumeur est de n’importe quelle taille.

Le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques mais pas vers des emplacements éloignés.

Stade IVB

tout T

tout N

M1

La tumeur est de n’importe quelle taille.

Le cancer peut s’être propagé aux ganglions lymphatiques.

Le cancer s’est propagé vers des emplacements éloignés.

Cancer des canaux biliaires intrahépatiques récidivant

La récidive d'un cancer des canaux biliaires intrahépatiques signifie que le cancer réapparaît à la suite du traitement. Il peut récidiver au même emplacement que la tumeur d’origine ou réapparaître dans une autre partie du corps (cancer des canaux biliaires intrahépatiques métastatique).

Pronostic et survie

Il est possible que les personnes atteintes d'un cancer des canaux biliaires intrahépatiques se posent des questions sur leur pronostic et leur survie. Le pronostic et la survie dépendent de nombreux facteurs. Seul le médecin qui connaît bien les antécédents médicaux de la personne, le type de cancer dont elle est atteinte, le stade et les caractéristiques de la maladie, les traitements choisis et la réaction au traitement peut examiner toutes ces données de concert avec les statistiques de survie pour en arriver à un pronostic.

Pronostic

Un pronostic est l’acte par lequel le médecin évalue le mieux comment le cancer affectera un individu et comment il réagira au traitement. Le pronostic des personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques dépend des facteurs suivants :

  • étendue de la maladie (stade de la tumeur)
    • Le pronostic est un peu meilleur pour les personnes atteintes d’un cancer précoce que pour les personnes atteintes d’un cancer avancé.
    • Les personnes atteintes de tumeurs multiples, d’une grosse tumeur ou d’une tumeur qui s’est propagée aux vaisseaux sanguins voisins ou aux ganglions lymphatiques ont tendance à avoir un pronostic sombre.
  • résécabilité
    • Les tumeurs qu’on peut enlever complètement par chirurgie (tumeurs résécables) engendrent un pronostic plus favorable que les tumeurs qu’on ne peut pas enlever par chirurgie (non résécables).
  • marges chirurgicales
    • Le pronostic est meilleur quand les marges chirurgicales sont saines, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de cellules cancéreuses dans le tissu sain qui entoure la tumeur et qu’on a enlevé lors de la chirurgie.

Survie

Les statistiques de survie au cancer sont des estimations très générales qui doivent être interprétées avec beaucoup de prudence. Puisqu’elles sont fondées sur l’expérience de groupes de personnes dans la population générale, elles ne permettent pas de prévoir les chances de survie d’une personne en particulier.

Il n’existe aucune statistique canadienne spécifique pour les différents stades du cancer des canaux biliaires intrahépatiques. Les renseignements qui suivent proviennent de diverses sources et peuvent comprendre des statistiques d’autres pays.

Les taux de survie pour le cancer des canaux biliaires intrahépatiques peuvent être classés selon l’étendue de la tumeur.

Taux de survie au cancer des canaux biliaires intrahépatiques
GroupeTaux de survie relative après 5 ans

Propagation localisée (tumeurs de stade I)

15 %

Propagation régionale (tumeurs de stade II et III)

6 %

Propagation à distance (tumeurs de stade IV)

2 %

La survie médiane pour les personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques résécable varie de 12 à 59 mois. La survie médiane est la période de temps, habituellement des mois ou des années, au bout de laquelle la moitié des personnes atteintes d’un cancer sont encore en vie, l’autre moitié des personnes ayant vécu moins longtemps.

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Traitement

Chaque personne atteinte d'un cancer des canaux biliaires intrahépatiques aura un plan de traitement personnalisé établi par son équipe soignante. Celle-ci recommandera des options thérapeutiques basées sur les caractéristiques spécifiques du cancer et sur les besoins particuliers de la personne atteinte. On traite le cancer des canaux biliaires intrahépatiques de la même façon qu’un carcinome primitif du foie, ou carcinome hépatocellulaire. Un plan de traitement du cancer des canaux biliaires intrahépatiques peut comporter l'une ou plusieurs des options suivantes.

Chirurgie

L’ablation chirurgicale complète (résection) du cancer engendre la meilleure issue.

  • Lors de la chirurgie, on enlève le lobe du foie ou le segment du foie qui longe le canal biliaire où se trouve la tumeur. C’est souvent une résection du foie (hépatectomie partielle).
    • La quantité de tissu hépatique enlevée est déterminée par l’emplacement de la tumeur et la quantité de tissu atteint.
    • Il arrive parfois qu’on doive enlever tout un lobe du foie (lobectomie hépatique).
  • Une résection avec marges chirurgicales négatives, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de cellules cancéreuses dans n’importe quel tissu normal qu’on enlève avec la tumeur, est le facteur le plus important pour parvenir à une survie à long terme.
  • L’ablation des ganglions lymphatiques lors d’une chirurgie du cancer des canaux biliaires intrahépatiques ne se fait pas régulièrement. C’est une intervention controversée puisque enlever les ganglions lymphatiques ne semble pas améliorer l’issue de la personne.

Bien des gens atteints d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques ne peuvent pas subir de chirurgie parce que la maladie est trop avancée et qu’ils sont en mauvaise santé quand ils reçoivent leur diagnostic. La chirurgie visant à enlever toute la tumeur n’est pas une option (le cancer n’est pas résécable) si le cancer est présent :

  • partout dans les deux lobes du foie ou hors du foie
  • dans les vaisseaux sanguins du foie, comme l’artère hépatique ou la veine porte
  • dans les ganglions lymphatiques ou des emplacements éloignés (maladie métastatique)

Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques a tendance à récidiver après la chirurgie, mais le rôle d’un traitement supplémentaire, ou adjuvant, après la chirurgie n’a pas été établi. Cependant, on pourrait proposer les traitements supplémentaires suivants s’il reste des cellules cancéreuses après la chirurgie (maladie résiduelle) :

  • une autre chirurgie
  • une chimiothérapie
  • une chimiothérapie associée à une radiothérapie (chimioradiothérapie)
  • une radiothérapie seulement
  • une chimioembolisation
  • une radioembolisation par l’artère hépatique à base d’yttrium-90

La greffe de foie n’est habituellement pas une option pour la plupart des personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques en raison du haut taux de récidive et de la propagation rapide (métastases) de ces tumeurs.

Chimiothérapie

On peut proposer une chimiothérapie aux personnes dont le cancer ne peut pas être enlevé par chirurgie (maladie non résécable) ou dont le cancer est métastatique, si elles vont suffisamment bien pour tolérer le traitement. Il est possible d’administrer un seul agent chimiothérapeutique ou d’en associer plusieurs. Les agents chimiothérapeutiques les plus employés pour traiter le cancer des canaux biliaires intrahépatiques sont les mêmes que ceux qu’on administre pour traiter le cancer des canaux biliaires extrahépatiques :

  • 5-fluorouracil (5-FU, Adrucil)
  • gemcitabine (Gemzar)
  • capécitabine (Xeloda)
  • cisplatine (Platinol AQ)

Chez certaines personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires non résécable, on peut avoir recours à des agents chimiothérapeutiques pour rendre les cellules cancéreuses plus sensibles aux effets de la radiothérapie. Ces médicaments sont des radiosensibilisants. L’administration simultanée d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie est appelée chimioradiothérapie.

Pour obtenir des renseignements sur des médicaments spécifiques, consultez la section Sources d’information sur les médicaments.

Radiothérapie

Il est possible qu’on administre une radiothérapie externe ou une curiethérapie (radiothérapie interne) pour traiter les cancers des canaux biliaires intrahépatiques ou extrahépatiques. On peut avoir recours à la radiothérapie pour :

  • traiter un cancer des canaux biliaires intrahépatiques non résécable
  • soulager la douleur ou maîtriser les symptômes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques avancé (radiothérapie palliative)
  • contrôler un cancer des canaux biliaires intrahépatiques localisé
    • On peut administrer une radiothérapie qui a recours à des techniques plus ciblées et à de plus fortes doses (radiothérapie conformationnelle ou radiothérapie stéréotaxique).
    • Les bienfaits de la radiothérapie pour contrôler un cancer des canaux biliaires intrahépatiques localisé n’ont pas été démontré en essais cliniques.

Chirurgie ou intervention palliative

Il arrive parfois que la personne atteinte d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques ne soit pas suffisamment bien pour subir une opération ou que les médecins pensent qu’il n’est pas possible d’enlever le cancer par chirurgie. Dans ces cas-là, le traitement vise à soulager des signes et symptômes tels que ceux-ci :

  • jaunisse – elle survient lorsque le cancer bloque les canaux biliaires et empêche la bile de circuler
  • douleur et inflammation des canaux biliaires (cholangite) – elles sont causées par une tumeur qui bloque les canaux biliaires
  • douleur abdominale – elle est causée par la présence du cancer dans le foie ou d’autres organes ou structures de l’abdomen

La chirurgie ou l’intervention palliative peut consister à :

  • insérer un petit fil ou un tube de plastique (extenseur) dans le canal biliaire pour le garder ouvert et drainer le foie
  • mettre un tube (cathéter) en place pour permettre à la bile de s’écouler
  • effectuer une dérivation biliaire pour modifier le parcours de drainage de la bile

Essais cliniques

Les essais cliniques visent à trouver de meilleures méthodes de prévention, de détection et de traitement du cancer. Certains essais cliniques sur le cancer des canaux biliaires intrahépatiques sont en cours au Canada et acceptent des participants. Des essais sur le cancer des canaux biliaires peuvent être inclus dans ceux qui portent sur :

  • le cancer du foie
  • le cancer de la vésicule biliaire
  • d’autres cancers gastro-intestinaux
  • le cancer avancé ou métastatique

Pour obtenir plus de renseignements, consultez la section « Essais cliniques » de ce chapitre.

Suivi

Puisque le cancer des canaux biliaires intrahépatiques est si rare, il n’existe pas de lignes directrices standard pour le suivi. Le suivi après le traitement est adapté à chaque personne. On fait un suivi régulier si la personne a subi une chirurgie.

On traite le cancer des canaux biliaires intrahépatiques comme un carcinome primitif du foie (carcinome hépatocellulaire). Cliquez sur ce lien pour en savoir davantage sur les options de traitements du cancer du foie et les effets secondaires qu'elles engendrent.

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Soins de soutien

Un diagnostic de cancer peut engendrer de nombreux défis pour la personne atteinte et sa famille. Chaque personne vivra une expérience différente puisque le cancer, son traitement et la convalescence diffèrent pour chacune. Le cancer des canaux biliaires intrahépatiques peut entraîner certaines inquiétudes, notamment :

  • la douleur
    • La douleur peut se manifester à cause du cancer même ou de son traitement.
    • Les personnes atteintes de ce type de cancer peuvent éprouver de la douleur parce que la tumeur se développe dans les nerfs et les organes voisins, comme le foie.
    • La tumeur peut aussi bloquer un canal biliaire et empêcher la bile de s’écouler correctement.
  • la jaunisse
    • Quand la tumeur bloque, ou obstrue, un canal biliaire ou se propage (métastases) au foie, la bile ne peut alors peut s’écouler correctement.
    • Quand la bile s’accumule dans le sang et la peau, la jaunisse apparaît.
  • la perte d’appétit
    • Chez beaucoup de personnes atteintes d’un cancer des canaux intrahépatiques, la maladie est avancée au moment du diagnostic. Quand le cancer évolue, elles peuvent perdre l’appétit et ainsi leur alimentation et leur état nutritionnel peuvent être mauvais.
    • La perte d’appétit peut faire perdre du poids.
    • Les nausées et vomissements peuvent aussi affecter les personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques ainsi que leur appétit.
  • l’insuffisance hépatique
    • L’insuffisance hépatique peut se manifester quand les canaux biliaires sont bloqués.
    • La jaunisse, des résultats anormaux de tests de la fonction hépatique, un saignement ou une douleur ou une enflure abdominale peuvent indiquer une insuffisance hépatique.
    • On adopte des mesures de soutien pour rendre la personne le plus confortable possible, dont essayer de dégager l’obstruction.
  • l’adaptation à un cancer des canaux biliaires avancé
    • Les personnes atteintes d’un cancer des canaux biliaires intrahépatiques de stade avancé se voient offrir des soins palliatifs. C’est un type spécial de soins qui se concentre sur les aspects suivants :
      • rendre la personne le plus confortable possible
      • soulager les symptômes
      • offrir du soutien
      • améliorer ou maintenir la qualité de vie

On traite le cancer des canaux biliaires intrahépatiques comme un carcinome primitif du foie (carcinome hépatocellulaire). Cliquez sur ce lien pour en savoir davantage sur les soins de soutien aux personnes atteintes du cancer du foie, dont des renseignements sur la convalescence et l'adaptation après le traitement.

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