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Polypose adénomateuse familiale (PAF)

La plupart des cancers colorectaux se manifestent de façon aléatoire, soit par hasard : ils sont donc sporadiques. Bien qu’environ 20 à 30 % des personnes atteintes d’un cancer colorectal aient des antécédents familiaux de cette maladie, moins de 10 % de tous les cancers colorectaux sont causés par une mutation génétique héréditaire. La polypose adénomateuse familiale (PAF) est le deuxième syndrome du cancer colorectal héréditaire le plus courant, mais il est rare. La PAF n’affecte environ que 1 personne sur 10 000 et représente moins de 1 % de tous les cancers colorectaux.

Chez une personne atteinte de PAF, un grand nombre de polypes appelés adénomesadénomesTumeur non cancéreuse (bénigne) qui prend naissance dans les cellules glandulaires (cellules qui sécrètent des substances comme du mucus, des hormones et des liquides lubrifiants). se développent, soit des centaines voire des milliers. La plupart apparaissent sur le revêtement du côlon et du rectum, mais ils peuvent aussi se développer dans l’estomac et l’intestin grêle. Les polypes affectent habituellement une personne atteinte de PAF avant 40 ans. La plupart des personnes atteintes de PAF ont des antécédents de polypes et de cancer colorectaux. Si on ne traite pas les polypes, presque toutes les personnes atteintes de PAF développeront un cancer colorectal.

D’autres mutations génétiques héréditaires plus rares sont liées à une hausse du risque de cancer colorectal, mais on ne les aborde pas ici.

Mutation du gène de la PAF

La PAF se manifeste surtout à cause d’une mutation du gène de la polypose adénomateuse colique (APC). Le gène APC est un gène suppresseur de tumeur. Ces gènes empêchent normalement le cancer de se développer. Ils aident à contrôler la croissance et la division des cellules et réparent aussi les dommages subis par l’acide désoxyribonucléique (ADN)acide désoxyribonucléique (ADN)Molécules à l’intérieur de la cellule qui ont la capacité de programmer l’information génétique. L’ADN détermine la structure, la fonction et le comportement d’une cellule..

Des chercheurs ont identifié différentes mutations dans le gène APC qui peuvent mener à la PAF. Des études ont établi un lien entre des mutations génétiques spécifiques et le nombre de polypes ainsi que leur emplacement.

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Risque d’hériter de la PAF

L'homme et la femme peuvent hériter d’une mutation du gène de la PAF de leur mère ou de leur père, et ils peuvent également la transmettre à leurs enfants. Si la mutation est présente dans l'une des deux copies du gène de la PAF du père ou de la mère, le risque d'un enfant d'hériter de cette mutation génétique est de 50 %. Cela signifie également que l'enfant a 50 % de chances de ne pas hériter de la mutation.

Environ 25 % des cas de PAF sont causés par une nouvelle mutation dans une cellule germinale (mutation de novo).

On peut soupçonner une PAF si une personne a des antécédents personnels ou familiaux, en particulier chez au moins un parent au premier degré (père, mère, frère, sœur, enfant), de multiples polypes adénomateux ou de cancer colorectal qui sont apparus à un plus jeune âge que ce à quoi on s’attend habituellement.

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Risque de cancer

Le risque d’une personne atteinte de PAF d’avoir un cancer colorectal au cours de sa vie (risque à vierisque à vieProbabilité qu’une personne soit un jour atteinte d’une maladie en particulier.) est presque de 100 %. À moins d’enlever le côlon, les polypes deviendront cancéreux. Si on ne traite pas la PAF, l’âge moyen auquel une personne atteinte aura un cancer du côlon est de 39 ans.

Les polypes caractéristiques de la PAF peuvent se développer dès l’enfance ou l’adolescence. Environ 50 % des personnes atteintes de PAF auront des adénomes avant d’atteindre 15 ans. Par eux-mêmes, les polypes ne sont pas plus susceptibles de devenir cancéreux que les polypes observés chez une personne non atteinte de PAF. Cependant, puisqu’il y a de si nombreux polypes, le risque que l’un d’entre eux devienne cancéreux est plus grand.

En plus du cancer colorectal, une personne atteinte de PAF risque davantage d’avoir d’autres types de cancer, comme celui de l’intestin grêle, de la glande thyroïde, du pancréas et de l’estomac. Un enfant atteint de PAF risque davantage d’avoir un hépatoblastomehépatoblastomeTumeur cancéreuse (maligne) rare qui prend naissance dans le foie..

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Variantes de la PAF

Un peu comme la PAF, d’autres affections engendrent le développement de nombreux polypes dans le côlon et le rectum. Elles sont aussi liées à une mutation du gène APC et font augmenter le risque d’une personne d’être un jour atteinte d’un cancer colorectal.

  • La PAF atténuée est une variante plus modérée de la PAF qui est aussi liée à une hausse du risque de cancer du côlon. En présence d’une PAF atténuée, le nombre de polypes est moins grand, soit moins de 100, et ils ont tendance à être plus petits et ils apparaissent plus tard que chez une personne atteinte de PAF.
  • Le syndrome de Gardner est une variante de la PAF. En plus de nombreux polypes dans le côlon, on observe des tumeurs non cancéreuses (bénignes) à l’extérieur du côlon, comme dans les os (ostéomes) et dans les tissus mous (fibromes et tumeurs desmoïdes).
  • Le syndrome de Turcot est une variante de la PAF et du syndrome de Lynch. Une personne atteinte du syndrome de Turcot a de nombreux polypes dans le côlon qui peuvent devenir cancéreux. Elle risque également davantage d’avoir certaines tumeurs cérébrales, souvent un médulloblastome.

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Polypose associée au MYH

Des chercheurs ont récemment établi que la polypose associée au MYH était une affection liée au cancer colorectal héréditaire. La polypose associée au MYH est causée par une mutation du gène MUTYH, aussi appelé MYH, plutôt que du gène APC. Chez une personne porteuse de la mutation du gène MYH, on observe souvent de nombreux polypes dans le côlon ou le rectum mais moins que dans le cas de la PAF. Cette personne risque également davantage d’être un jour atteinte d’un cancer colorectal et de polypes colorectaux ainsi que d’un cancer de l’intestin grêle (duodénumduodénumPremière partie de l’intestin grêle qui reçoit la nourriture partiellement digérée venant de l’estomac, absorbe les éléments nutritifs et rejette les aliments digérés dans le jéjunum. Le duodénum reçoit aussi les sucs digestifs du pancréas et la bile (liquide jaune verdâtre qui aide à digérer les gr).

Pour qu’une polypose associée au MYH se développe, les deux parents doivent transmettre la mutation du gène MYH à leur enfant. Il n’y a pas de lignes directrices de dépistage spécifiques pour ce type de polypose, mais des chercheurs ont laissé entendre qu’elles devraient ressembler à celles qu’on utilise pour les polypes et les cancers colorectaux chez les personnes atteintes de PAF.

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Dépistage génétique

Le dépistage génétique se fait pour des types spécifiques de syndromes du cancer colorectal héréditaire. On peut y avoir recours pour confirmer un diagnostic présumé, clarifier le risque de cancer de personnes affectées et déterminer quels parents sont également à risque.

On peut faire le dépistage génétique du gène APC si une personne a reçu un diagnostic de PAF ou si elle a des antécédents familiaux de PAF. Un professionnel de la santé déterminera si une personne est admissible au dépistage génétique. Si c’est le cas, on la dirigera probablement vers un programme de génétique où des généticiens ou des conseillers génétiques feront une évaluation plus détaillée. Au Canada, le dépistage génétique visant à déterminer si une personne est porteuse d’une mutation du gène APC se fait par le biais de programmes de cancer héréditaire (familial). Une personne doit répondre à certains critères avant de passer un test de dépistage génétique du cancer colorectal héréditaire. On peut aussi faire le dépistage génétique de mutations du gène MYH.

On recommande la consultation génétique avant et après le test de dépistage. Il faut faire un prélèvement sanguin pour effectuer un test de dépistage génétique. D’autres membres de la famille peuvent alors souhaiter avoir une consultation génétique et passer un test de dépistage génétique pour savoir s’ils sont porteurs de la mutation.

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Réduction du risque et détection précoce

Une personne qui sait qu’elle est porteuse d’une mutation du gène APC, c’est-à-dire qu’elle a reçu un résultat positif au test de dépistage d’une mutation du gène APC, devrait demander à son médecin quelles démarches suivre pour aider à réduire son risque de cancer et pour parvenir à le détecter à un stade précoce.

  • Une personne atteinte de PAF pourrait devoir passer un test de dépistage à un plus jeune âge et plus souvent qu’une personne dont le risque de cancer colorectal est moyen. Cela comporte fréquemment une sigmoïdoscopie flexible chaque année, dès l’âge de 10 ou 12 ans. Pour obtenir plus de renseignements, consultez la section « Dépistage du cancer colorectal ».
  • On peut proposer à une personne atteinte de PAF et dont le risque de cancer colorectal est élevé une chirurgie prophylactique (comme une colectomie).

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