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Recherche sur les options de fertilité

Des troubles de la fertilité peuvent se manifester après certains traitements du cancer dont la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie. La mise en banque de spermatozoïdes ou d’ovules (congélation) et la mise en banque d’embryons sont des options qui ont fait leurs preuves pour les personnes qui souhaitent avoir des enfants après un traitement du cancer risquant d’affecter leur fertilité. Les chercheurs étudient d'autres façons susceptibles d’aider à préserver la fertilité, mais elles sont encore considérées comme expérimentales. Apprenez-en davantage sur les troubles de la fertilité liés aux traitements du cancer et sur les options de fertilité disponibles.

Bien que les techniques décrites ci-dessous soient prometteuses, on doit effectuer plus de recherches pour vraiment connaître leur efficacité  et les effets à long terme possibles chez les enfants nés à partir de ces techniques. On s'inquiète de la possibilité que certaines de ces techniques expérimentales réintroduisent des cellules cancéreuses, mais le risque n'est pas pleinement connu.

Pour préserver la fertilité, on peut avoir recours à une ou à plusieurs interventions comme la mise en banque (congélation) d’ovules non fécondés ou de spermatozoïdes, la fécondation in vitro (FIV) et l’implantation d’un embryon. Chacune de ces interventions engendre des coûts. Certaines options de fertilité peuvent ne pas être couvertes par l’assurance-maladie. Il est important qu’une personne qui envisage avoir recours à des options de préservation de la fertilité discute des coûts de ces interventions avec son médecin ou un membre de la clinique de fertilité.

Recherche sur les options de fertilité chez la femme

Les chercheurs étudient les options de fertilité qui suivent pour la femme. Il est possible que ces techniques expérimentales ne soient pas disponibles pour toutes les femmes au Canada.

Congélation du tissu ovarien

On enlève et on congèle tout l'ovaire ou une partie du tissu ovarien contenant des ovules immatures. Si on enlève tout l'ovaire, on le sectionne en fine tranches de tissu qu'on congèle. On garde le tissu ovarien congelé et on le remet dans le corps de la femme seulement si le traitement du cancer a été efficace et qu’elle souhaite essayer de rétablir sa fonction ovarienne.

L'implantation du tissu ovarien se fait habituellement près d'une trompe de Fallope. Les médecins ont aussi implanté ce tissu ailleurs dans le corps de la femme, comme dans l'abdomen, un sein ou un bras. Cela permet d’accéder plus facilement aux ovules quand on veut les enlever. Ces emplacements peuvent aussi être les meilleurs chez les femmes dont le risque de récidive de cancer est élevé ou dont le bassin présente du tissu cicatriciel à cause de la radiothérapie. Une fois à maturité, les ovules sont prélevés et fécondés en laboratoire (in vitro) pour être implantés plus tard dans l'utérus de la femme ou celui d’une autre femme qu’on appelle mère porteuse.

Le tissu ovarien greffé ne survit habituellement que pendant une courte période, soit de quelques mois à quelques années. C'est pourquoi on ne le greffe généralement que lorsque la femme souhaite tomber enceinte. Cette technique en est encore aux premiers stades de développement. Seules quelques naissances vivantes ont été engendrées par cette méthode. Des médecins ont récemment eu recours à une technique de congélation rapide appelée vitrification, qui semble aider à prévenir les dommages au tissu ovarien.

Des chercheurs étudient la congélation de tissu ovarien comme méthode de préservation de la fertilité des femmes qui doivent commencer leur traitement immédiatement et qui ne peuvent pas prendre le temps de se préparer au prélèvement des ovules (stimulation ovarienne). On peut aussi avoir recours à cette méthode chez la femme qui ne veut pas passer par la stimulation ovarienne. Une femme peut aussi choisir cette option si elle préfère trouver un partenaire masculin et ne pas avoir recours au don de sperme. La congélation de tissu ovarien est également une option pour les filles qui n’ont pas atteint la puberté et qui reçoivent un traitement qui risque d’affecter leur fertilité.

Don d’embryons

Le don d’embryons peut être une option pour certaines femmes dont la fertilité a été affectée par un traitement du cancer mais qui veulent malgré tout porter des enfants. Le don d’embryons provient habituellement d’un couple qui a eu recours  à des techniques de reproduction assistée et qui ont des embryons congelés en trop. La femme qui choisit le don d’embryons n’aura pas un enfant apparenté par le sang.

Une femme peut avoir recours au don d’embryon pour une fécondation in vitro (FIV) si son utérus est en santé. Dans ce cas-là, elle devra recevoir un traitement hormonal pour préparer le revêtement de son utérus à l’implantation. On décongèle l’embryon avant de le transférer à la femme. Cette dernière poursuivra le traitement hormonal jusqu’à ce que l’analyse sanguine indique que le placenta agit de lui-même. Cela prend habituellement de 8 à 10 semaines une fois l’embryon implanté.

Il n’y a pas eu beaucoup de recherches sur le taux de succès du don d’embryons, alors il est important que la femme vérifie le taux de succès de la FIV du centre où l’intervention aura lieu. La recherche révèle que le transfert d’embryons congelés engendre un taux brut de natalité plus bas que celui des embryons frais. Le taux brut de natalité est aussi lié à l’âge et à la santé de la femme qui est fécondée in vitro. La survivante au cancer peut être plus âgée et en moins bonne santé qu’une mère porteuse (une autre femme qui porte et met au monde l’enfant pour les parents potentiels) qui est fécondée in vitro avec un don d’embryon. La possibilité d’une naissance vivante pour une survivante au cancer peut donc être plus faible que pour une mère porteuse.

Traitement hormonal

Des chercheurs étudient des moyens pour interrompre ou ralentir le processus de maturation et de libération des ovules.

Médicaments de type hormone de libération de la gonadotrophine

La gonadotrophine est une hormone hypophysaire qui favorise la croissance et la fonction des gonades, c’est-à-dire les testicules chez l’homme et les ovaires chez la femme. On peut administrer des médicaments appelés analogues de l'hormone de libération de la gonadotrophine (GnRH) avant la chimiothérapie et aux 1 à 3 mois en cours de traitement. Ces médicaments provoquent une ménopause temporaire chez la femme, ce qui interrompt la maturation et la libération des ovules. On administre habituellement les analogues de la GnRH une fois par mois et avant une chimiothérapie ou une radiothérapie au bassin. Les GnRH sont administrés chaque mois où la femme reçoit un traitement du cancer et aux 3 mois après la dernière séance de traitement. Leur efficacité à prévenir le déficit ovarien n’a pas encore été démontrée.

Les analogues de la GnRH et les antagonistes de la GnRH empêchent la libération des hormones qui contrôlent la fonction ovarienne. Certaines recherches démontrent que les agonistes de la GnRH protégeraient la fonction ovarienne et réduiraient le risque de devenir infertile après une chimiothérapie. D'autres études ne révèlent pas cet effet. Il y a aussi des données qui indiquent que les analogues de la GnRH peuvent protéger la fonction ovarienne chez les filles qui n'ont pas encore atteint la puberté.

Les antagonistes de la GnRH sont des plus efficaces pour la stimulation ovarienne et le prélèvement d’ovules dans le cadre d’un programme de préservation de la fertilité comme la congélation d’ovules, pour les femmes sans partenaire masculin, et la congélation d’embryons pour celles qui ont un partenaire masculin. Les chercheurs n’ont pas encore démontré que l’administration d’antagonistes de la GnRH seulement est efficace pour préserver la fertilité des femmes. On doit faire plus de recherches.

Contraceptifs oraux

Certaines recherches laissent entendre que les contraceptifs oraux (la pilule) peuvent être un moyen de préserver la fertilité des femmes traitées pour un cancer. Il y a des médecins qui croient que les contraceptifs oraux réduisent l’activité dans les ovaires et protègent les ovules. Les contraceptifs oraux ne se sont pas révélés très efficaces pour préserver la fertilité des femmes qui reçoivent une chimiothérapie. On devrait éviter d’en administrer aux filles qui n’ont pas encore atteint la puberté puisque leurs ovaires sont déjà considérés comme étant au « repos ».

On ne recommande pas la prise de contraceptifs oraux par les femmes atteintes d’un cancer hormonodépendant comme le cancer du sein. Les femmes devraient aussi être conscientes que le cancer et son traitement risquent de causer la formation de caillots sanguins et que les contraceptifs oraux engendrent également ce risque.

Traitement progestatif

On a parfois recours à l’hystérectomie pour traiter les femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre précoce, un type de cancer de l’utérus. Des chercheurs étudient d’autres options de traitement pour les femmes en âge de procréer qui souhaiteraient préserver leur fertilité. Le traitement progestatif pourrait être une option pour certaines d’entre elles.

Le traitement progestatif est un traitement expérimental du cancer qui a recours à l’hormone appelée progestérone. On peut l’administrer par la bouche (progestérone orale) ou à l’aide d’un dispositif intra-utérin (DIU) qui libère un progestatif. Ce traitement peut aider à réduire la taille d’une tumeur utérine ou même la faire disparaître.

On surveille attentivement les femmes qui suivent un traitement progestatif pour tout signe que le cancer ne réagit pas au traitement ou qu’il grossit. Les risques liés au traitement progestatif du cancer de l’utérus sont un taux élevé de récidive et la propagation hors de l’utérus.

Recherche sur les options de fertilité chez l’homme

Les chercheurs étudient les options de fertilité qui suivent pour l’homme. Il est possible que ces techniques expérimentales ne soient pas disponibles pour tous les hommes au Canada.

Extraction testiculaire de spermatozoïdes et ponction percutanée de spermatozoïdes épididymaires

L'extraction testiculaire de spermatozoïdes (TESE) et la ponction percutanée de spermatozoïdes épididymaires (PESA) sont des techniques qui permettent de recueillir des spermatozoïdes. La TESE est une intervention chirurgicale au cours de laquelle on prélève de très petits fragments de tissu du testicule. La PESA est une intervention moins effractive lors de laquelle on prélève des spermatozoïdes de l'épididyme (tube spiralé qui repose sur le haut du testicule où le sperme est emmagasiné avant d'être éjaculé) à l’aide d’une aiguille très mince (ponction à l'aiguille fine).

On examine le tissu ou le liquide prélevé par TESE ou PESA afin de savoir s'il contient des spermatozoïdes. Si on en trouve, on les recueille et on les utilise tout de suite pour la FIV ou on les congèle pour usage futur.

Ces techniques ont été réalisées chez des hommes non atteints de cancer mais dont le nombre de spermatozoïdes était très bas ou dont le sperme ne contenait pas de spermatozoïdes (azoospermie). Les chercheurs étudient aussi la TESE et la PESA chez des garçons et des hommes qui n'ont pas encore commencé à recevoir leur traitement, comme une chimiothérapie.

Les hommes atteints d’un cancer de la prostate ou de la vessie peuvent avoir subi une chirurgie afin qu’on enlève leur prostate et leurs vésicules séminales. Ces organes fabriquent la plus grande partie du liquide dans le sperme. Habituellement, on coupe aussi les canaux déférents (tubes qui relient les testicules à la prostate) lors de la chirurgie pratiquée pour l’un de ces types de cancers. Les spermatozoïdes ne sont donc plus en mesure d’évacuer le corps et il n’y a pas de sperme. Ces hommes peuvent opter pour la TESE ou la PESA comme méthode de prélèvement des spermatozoïdes.

Congélation de tissu testiculaire

Les chercheurs tentent d'évaluer l'efficacité de la congélation de tissu testiculaire chez des garçons qui n'ont pas encore atteint la puberté. On peut prélever du tissu testiculaire, dont les cellules qui produisent les spermatozoïdes, par le biais de la chirurgie, le congeler et l'entreposer. Une fois le traitement du cancer terminé, on peut réintroduire le tissu dans un testicule ou dans les deux ou bien injecter des spermatozoïdes immatures provenant du tissu prélevé dans un testicule ou dans les deux. À ce jour, aucune naissance vivante n'a été engendrée par cette méthode.

Traitement hormonal

Les analogues et les antagonistes de la GnRH, les stéroïdes et les anti-androgènes peuvent mettre les testicules dans un état de « repos » semblable à la période qui précède la puberté (prépuberté). Certains médecins pensent que ces médicaments peuvent ainsi protéger la fonction testiculaire et réduire le risque d'infertilité après une chimiothérapie ou une radiothérapie. On doit mener d'autres recherches portant entre autres sur le suivi à long terme avant qu’on puisse recommander les médicaments de type GnRH pour préserver la fertilité de l'homme.

Électroéjaculation

On fait parfois un curage ganglionnaire rétropéritonéal pour traiter le cancer du testicule. C’est une chirurgie qui permet d’enlever les ganglions lymphatiques situés à l’arrière de l’abdomen, derrière la cavité abdominale, soit le rétropéritoine, et qui entourent les gros vaisseaux sanguins appelés aorte et veine cave inférieure. Il arrive que les nerfs qui contrôlent l’éjaculation soient endommagés lors du curage ganglionnaire rétropéritonéal. Ce type de dommage peut causer l’absence d’éjaculation ou l’éjaculation rétrograde, c’est-à-dire que le sperme remonte dans la vessie plutôt que de se rendre dans l’urètre puis d’être évacué par le pénis.

Les médecins étudient l’électroéjaculation comme méthode de prélèvement des spermatozoïdes pour la FIV chez les hommes éprouvant des troubles éjaculatoires. L’électroéjaculation consiste à utiliser une sonde rectale pour stimuler la prostate et les vésicules séminales. Puisque l’éjaculation peut être rétrograde, on insère également un cathéter dans la vessie pour recueillir les spermatozoïdes. On fait l’électroéjaculation sous anesthésie générale, c’est-à-dire que vous serez inconscient.

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