Un nouveau schéma de chimiothérapie retarde la récidive et prolonge la vie des patients atteints d’un cancer du pancréas

04 juin 2018

Toronto -

Une intervention chirurgicale peut être une façon efficace de traiter un cancer. Pourtant, le cancer réapparaît parfois même si la tumeur a été enlevée. C’est le cas pour un grand nombre de patients atteints d’un cancer du pancréas.

Associé à un taux de survie de 8 % après cinq ans, le cancer du pancréas est l’un des plus difficiles à traiter. De 10 à 20 % des patients ayant cette maladie sont opérables et peuvent se faire retirer la tumeur. Après l’intervention chirurgicale, une chimiothérapie par un médicament appelé gemcitabine est généralement administrée aux patients pour réduire le risque de récidive du cancer. Toutefois, une récidive survient chez près des trois quarts de ces patients, et nous avons donc besoin de meilleurs traitements pour la prévenir.

« Ce qui est navrant avec le cancer du pancréas, c’est qu’une intervention chirurgicale n’est possible que chez une petite proportion de patients et que même si elle réussit, la plupart d’entre eux vont succomber à une maladie récidivante », dit le Dr Jim Biagi, professeur agrégé à l’Université Queen’s, chercheur et oncologue au Cancer Centre of South Eastern Ontario.

Le Dr Biagi était le coprésident canadien d’un essai international dont le but était d’évaluer l’efficacité d’un nouveau schéma de chimiothérapie pour retarder la récidive après une intervention chirurgicale pour retirer une tumeur du pancréas. L’essai a été financé par la Société canadienne du cancer, par l’entremise du Groupe canadien des essais sur le cancer (GCEC).

L’essai du Dr Biagi et de ses collègues a indiqué que la nouvelle association de médicaments, appelée mFOLFIRINOX, était beaucoup plus efficace pour retarder la récidive du cancer que la gemcitabine, la norme de soins depuis les dix dernières années.

Le délai entre l’intervention chirurgicale et la réapparition du cancer a été neuf mois plus long chez les patients traités par la nouvelle association de médicaments que chez les patients qui avaient reçu la gemcitabine. Trois ans après l’intervention chirurgicale, le nombre de patients sans cancer a été deux fois plus grand dans le groupe mFOLFIRINOX que dans le groupe gemcitabine.

Les patients qui ont pris la nouvelle association de médicaments ont aussi vécu, en moyenne, un an et demi de plus que leurs homologues qui avaient reçu le traitement standard.

« Les résultats de cet essai démontrent que les patients qui reçoivent ce traitement après avoir été opérés ont presque deux fois plus de chances de survivre, dit le Dr Biagi. Ce sont des résultats qui changent la vie de ces patients et qui devraient avoir des répercussions sur notre façon de traiter le cancer du pancréas partout dans le monde. »

« Depuis 1980, plus de 80 000 personnes ont reçu d’excellents soins dans plus de 800 hôpitaux et centres d’oncologie du pays au cours d’essais cliniques que nous avons financés. Nous sommes évidemment ravis lorsque des découvertes issues de ces essais améliorent la survie et changent la façon de traiter le cancer dans le monde entier, dit la Dre Judy Bray, vice-présidente de la recherche à la Société canadienne du cancer.

Chaque année, la SCC investit près de 5 M$ dans le GCEC pour qu’il puisse mener, partout au pays, des essais cliniques comme celui-ci qui permettent de sauver des vies. Vous pouvez soutenir le financement des essais cliniques en faisant un don ou en achetant un cadeau.