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Un tueur naturel des cellules cancéreuses

Le système immunitaire est le mécanisme de défense naturel de l’organisme contre les cellules et organismes étrangers potentiellement dangereux. Une cellule tueuse naturelle (NK) est un type de cellule immunitaire qui patrouille dans le corps humain à la recherche de cellules anormales, y compris les cellules cancéreuses. Lorsqu’elles détectent des cellules cancéreuses, les cellules NK se mettent souvent en action pour éliminer elles-mêmes les cellules indésirables ou pour inciter d’autres cellules immunitaires à passer à l’attaque. Ce comportement des cellules NK en fait un sujet privilégié de la recherche en immunothérapie.

Grâce au soutien de ses généreux donateurs, la Société canadienne du cancer est fière de subventionner des scientifiques de réputation internationale qui effectuent des recherches de pointe sur le cancer. Totalisant plus de 740 000 $, trois subventions sont actuellement en cours pour soutenir des travaux sur le traitement et la prévention du cancer au moyen des cellules NK.
Pourquoi certains cancers échappent au système immunitaire
Certaines cellules cancéreuses, incluant celles du sein et du sang, sont capables d’échapper à la détection par les cellules NK, ce qui permet aux tumeurs de se développer et de survivre. Le Dr Andrew Makrigiannis et son équipe de l’Université d’Ottawa soupçonnent que ces tumeurs sont dépourvues de certaines protéines qui permettraient normalement aux cellules NK de les reconnaître. À l’aide de modèles animaux et d’analyses par ordinateur, l’équipe espère en apprendre davantage sur ces protéines et sur leur lien avec les cancers du sein et du sang. Ils prévoient aussi associer des médicaments qui renforcent les cellules NK à d’autres substances chimiothérapeutiques afin d’améliorer l’efficacité des traitements. Les chercheurs souhaitent ainsi concevoir une nouvelle forme d’immunothérapie basée sur les cellules NK qui fera éventuellement l’objet d’essais cliniques.
Renforcer les cellules NK tout en affamant les cellules tumorales
Pour que la réponse immunitaire soit efficace, il faut, entre autres, que les cellules immunitaires disposent d’une quantité suffisante de nutriments, par exemple le glucose, pour être capables de survivre. Or, les cellules tumorales peuvent se multiplier rapidement et monopoliser tout le glucose dans leur environnement. Ce faisant, elles assurent leur croissance tout en coupant les vivres aux cellules immunitaires. Certaines études laissent entendre que le jeûne (c’est-à-dire la privation d’aliments solides et liquides) pourrait aider à prévenir et traiter le cancer en limitant la quantité de glucose disponible pour les cellules tumorales. Le Dr Seung-Hwan Lee et ses collègues de l’Université d’Ottawa ont découvert que dans des conditions de privation de glucose, les cellules NK peuvent se nourrir d’une autre molécule, laquelle ne permet toutefois pas aux cellules tumorales de survivre. En soumettant des animaux atteints de cancer à un régime alimentaire et à un plan thérapeutique spéciaux, les chercheurs espèrent stimuler la survie des cellules NK en vue d’améliorer la réponse immunitaire des animaux et de stopper la croissance de leurs tumeurs. Cette étude pourrait éventuellement déboucher sur une stratégie simple, mais efficace, pour le traitement et la prévention de divers cancers.
Une nouvelle thérapie sélective contre le cancer du pancréas
Le cancer peut s’avérer difficile à traiter : en effet, chaque tumeur est unique, tout comme l’habileté du système immunitaire de chaque personne à combattre la maladie. Les cellules NK elles-mêmes ne sont pas toutes d’une égale efficacité pour éliminer efficacement les cellules tumorales. Dans le cas de cancers virulents, comme le cancer du pancréas, une solution serait peut-être de sélectionner les cellules NK les plus puissantes pour anéantir la tumeur. Partant de ce postulat, la Dre Jeanette Boudreau et son équipe de l’Université Dalhousie vérifient si l’utilisation de cellules NK spécifiques serait une stratégie valable pour mettre le cancer du pancréas en échec. Ces travaux pourront éventuellement mener à l’élaboration d’un programme informatique permettant de choisir les meilleures cellules NK pour neutraliser le cancer du pancréas chez chaque personne traitée.

L’utilisation des cellules NK du système immunitaire est un champ de recherche en émergence dans le domaine du cancer et nos chercheurs contribuent à son développement. Grâce à la générosité de nos donateurs, la Société canadienne du cancer a injecté jusqu’à maintenant plus de 2,6 millions de dollars cette année dans la recherche en immunothérapie du cancer. Avec votre appui, nous avons bon espoir de concrétiser un jour notre objectif : vaincre le cancer.

Apprenez-en plus sur l’impact de notre recherche.