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Le cancer de la bouche pourrait être détecté plus tôt grâce à une recherche financée par la Société

06 avril 2016

Toronto -

L’histoire de Sean

En janvier 2015, Sean O’Donoghue, 47 ans, a consulté son dentiste pour une lésion sur la langue et s’est fait répondre qu’elle guérirait probablement d’elle-même. Des mois plus tard, la lésion n’avait pas guéri, Sean souffrait de douleurs aux oreilles qui s’intensifiaient et les médicaments qui lui étaient prescrits n’avaient aucun effet.

Une biopsie, demandée par un spécialiste, a alors indiqué que la lésion sur la langue de Sean était un cancer agressif de stade 4. Quelques semaines plus tard, au cours d’une opération de 14 heures, Sean a subi l’ablation de 90 % de la langue, puis une reconstruction avec des tissus provenant de son abdomen. Pendant l’opération, les chirurgiens ont constaté que le cancer s’était aussi propagé à ses ganglions lymphatiques et à sa mâchoire.

Sean est l’un des quelque 4400 Canadiens qui ont reçu un diagnostic de cancer de la bouche l’an dernier. Le taux de survie prévu après 5 ans pour un cancer de la bouche est d’environ 63 %, mais pour beaucoup de patients, ce cancer n’est pas décelé assez tôt pour pouvoir être traité avec succès.

Sean est décédé à la fin du mois de mars à Toronto, entouré de sa famille et de ses amis.

Ses funérailles ont eu lieu le 30 mars. Un de ses souhaits au moment de sa mort était de sensibiliser plus de gens au cancer de la bouche et de soutenir la recherche afin que personne n’ait à souffrir autant que lui.

« Si mon cancer avait été détecté plus tôt, je n’aurais peut-être pas eu besoin d’une chirurgie aussi étendue, dit Sean. Les choses auraient pu se passer beaucoup mieux pour moi. »

Une recherche subventionnée par la Société pourrait guider les décisions relatives au traitement

Grâce à une Subvention pour l’innovation de 200 000 $ que lui a accordé la Société canadienne du cancer, le Dr Marco Magalhaes élabore un nouveau test qui permet de détecter plus tôt un cancer de la bouche et de déterminer si une lésion précancéreuse évoluera vers un cancer, ce qui aidera à orienter les décisions relatives au traitement.

Bon nombre des personnes atteintes d’un cancer de la bouche sont traitées par une intervention chirurgicale radicale, qui peut être une ablation partielle ou totale de la langue ou de la mâchoire, avec incision dans le cou, et par une radiothérapie. En plus d’être défigurées par de tels traitements, ces personnes ont souvent, et pendant longtemps, d’importantes difficultés à parler et à manger.

« Dans la plupart des cas de précancers de la bouche, une chirurgie étendue n’est pas nécessaire, mais à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas différencier les patients qui en ont besoin de ceux qui n’en ont pas besoin », précise le Dr Magalhaes, pathologiste buccal à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Toronto et au Centre Sunnybrook des sciences de la santé. Dans le cadre de cette nouvelle étude, il évaluera des échantillons de biopsies en utilisant des marqueurs fluorescents pour « illuminer » des protéines anormales présentes dans des lésions buccales précancéreuses à haut risque qui doivent être enlevées par voie chirurgicale.

La méthode actuelle de détection d’un cancer ou de lésions précancéreuses consiste à faire une inspection visuelle de la bouche et à examiner les échantillons de biopsies pour vérifier s’ils contiennent des cellules anormales. Cependant, cette méthode ne permet pas d’établir avec exactitude si les lésions précancéreuses vont devenir cancéreuses et doivent être enlevées ou s’il n’y a aucun risque à les surveiller sans les traiter.

« Le cancer de la bouche peut avoir des effets dévastateurs, et une détection précoce peut améliorer considérablement les résultats et la qualité de vie pour les patients, affirme la Dre Siân Bevan, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. Grâce à l’appui de nos donateurs, la recherche du Dr Magalhaes pourrait avoir un impact concret sur la façon de prendre en charge les personnes ayant des lésions buccales suspectes. »

Signes et symptômes de cancer de la bouche : quand faut-il consulter un dentiste ou un médecin?

Lorsque le cancer de la cavité buccale est décelé et traité tôt, les chances de réussite du traitement sont meilleures. Ayez des bilans de santé régulièrement et consultez votre dentiste ou votre médecin si vous avez :

  • des plaques ou taches blanches ou rouges dans la bouche ou sur la lèvre
  • une lésion ou un ulcère qui ne guérit pas dans la bouche ou sur la lèvre
  • une masse ou une zone épaissie dans la bouche ou sur la lèvre
  • des dents qui branlent ou une prothèse dentaire qui n’est plus ajustée
  • un saignement dans la bouche

Autres signes et symptômes d'un cancer de la bouche.

Certaines personnes courent un risque plus élevé que la moyenne d’avoir un cancer de la cavité buccale. Ce pourrait être votre cas si vous :

 

Pour de plus amples renseignements, appelez notre Service d’information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).