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Pour en finir avec les cancers récalcitrants

06 janvier 2015

Toronto -

Au fil des ans, la recherche a donné lieu à de remarquables progrès en matière de détection et de traitement pour de nombreux cancers. Aujourd’hui, plus de 60 % des Canadiens qui reçoivent un diagnostic de cancer survivront à la maladie, alors que le taux de survie n’était que de 25 % environ dans les années 40. 

Les résultats ont toutefois été moins fructueux pour certains types de cancer (ceux du poumon, de l’ovaire, du pancréas et du cerveau, notamment). Ces cancers difficiles à traiter sont souvent détectés trop tard pour que les médecins soient en mesure d’intervenir aussi efficacement.  

Mais les chercheurs persévèrent afin de trouver des moyens d’améliorer le traitement et la survie. Voici quelques exemples récents des progrès pour contrer les cancers récalcitrants réalisés par des chercheurs subventionnés par la Société : 

  • À Vancouver, le Dr Raymond Andersen a découvert dans des invertébrés marins, entre autres les éponges de mer, plusieurs composants non toxiques qui pourraient être utilisés en chimiothérapie pour traiter différents types de cancer, y compris celui du pancréas. Il a récemment identifié un type de stéroïde oncolytique présent dans les éponges de mer, qu’il a recréé en laboratoire et dont l’efficacité pourrait éventuellement être mise à l’épreuve. 
  • La Dre Rayjean Hung, de Toronto, a fait partie d’une équipe internationale de recherche qui a découvert des variantes peu communes de deux gènes associées au carcinome épidermoïde du poumon chez des sujets d’ascendance européenne. L’équipe a également mis au jour un lien entre les adénocarcinomes pulmonaires et une variation génétique auparavant observée uniquement chez les populations asiatiques. Non seulement ces découvertes enrichissent-elles les connaissances dont nous disposons sur les fondements génétiques du cancer du poumon, mais elles ont aussi un impact sur le dépistage de ce cancer chez les personnes à haut risque qui présentent ces mutations congénitales. 
  • Sous la direction du Dr Donald Mabbott à Toronto, une étude a révélé que la taille des zones cérébrales associées à l’apprentissage et à la mémoire était réduite chez les enfants ayant été traités pour un médulloblastome (une forme de cancer infantile du cerveau). L’étude a également établi une corrélation entre ce rétrécissement et certains troubles de l’apprentissage et de la mémoire. Ces conclusions mettent en évidence la nécessité de développer des traitements plus ciblés, qui réduisent les effets à long terme des traitements sur les survivants.  

Grâce à la recherche, la Société demeure en première ligne du combat contre tous les cancers. Parmi les projets portant spécifiquement sur les cancers difficiles à traiter, mentionnons :  

  • Une étude dirigée par le Dr John Bell, expert dans l’élaboration de vaccins anticancéreux capables d’éliminer uniquement les cellules cancéreuses, en laissant indemnes les cellules normales. À Ottawa, le Dr Bell cherche à développer des virus plus puissants et actifs contre les cellules cancéreuses du pancréas, qui pourraient également servir à traiter d’autres cancers dans l’avenir. 
  • Une étude sur le carcinome de l’ovaire à petites cellules, une forme rare et souvent mortelle du cancer de l’ovaire qui affecte surtout les jeunes filles et les jeunes femmes. Des recherches précédentes ont montré que presque tous les cas de ce type de cancer sont causés par des mutations dans un gène appelé SMARCA4. Habituellement, ce gène en aide d’autres à fonctionner normalement, mais en présence de ces mutations il n’arrive plus à le faire correctement. Le Dr William Foulkes, à Montréal, vise à déterminer et à mieux comprendre en quoi les gènes sont mal contrôlés par SMARCA4 dans les tumeurs. Sa recherche pourrait mener à la découverte de nouvelles cibles pour le traitement de ce type de cancer et d’autres types de cancer qui y sont reliés. 
  • Une étude sur les moyens de mobiliser le système immunitaire de l’organisme pour combattre le cancer du poumon. À Vancouver, le Dr Wan Lam étudie un nouveau type d’immunothérapie ciblant l’environnement cellulaire des tumeurs. Il recueillera des échantillons auprès de personnes en santé et les comparera à des échantillons provenant de patients atteints de cancer du poumon afin de relever les différences entre les types de cellules immunitaires et leur fonctionnement. Le Dr Lam évaluera si un nouveau traitement permettant de cibler des organes spécifiques déclenche une réponse immunitaire contre les tumeurs dans les cas de cancers du poumon. Cela pourrait conduire à l’élaboration de nouveaux traitements contre cette maladie dévastatrice. 
  • L’étude d’une protéine soupçonnée de jouer un rôle dans le développement du cancer du cerveau. À Windsor, la Dre Lisa Porter a identifié une protéine qui aide à neutraliser la barrière protectrice des cellules souches neurales et qui contribue au développement de tumeurs cancéreuses du cerveau dont le pronostic est peu favorable. Par l’étude de cette protéine, la Dre Porter souhaite mettre au point des outils qui pourraient faciliter le diagnostic du cancer du cerveau ainsi que l’orientation des mesures thérapeutiques, et mener éventuellement à la conception de nouveaux traitements.

La Société canadienne du cancer subventionne les meilleures recherches sur le cancer au Canada grâce à ses généreux donateurs et à son processus de sélection rigoureux. Nous sommes l’organisme de bienfaisance national qui finance le plus la recherche sur le cancer au Canada et nous soutenons financièrement des centaines de chercheurs dans les universités, les hôpitaux et les centres de recherche. Ensemble, nous découvrons de nouvelles façons de changer le cancer pour toujours.