Des chercheurs de la Société prennent part à un prestigieux congrès international

02 juin 2014

Les traitements anticancéreux les plus prometteurs sont sous le feu des projecteurs lors du congrès de l’American Society of Clinical Oncology, considéré comme l’événement didactique et scientifique le plus important dans le milieu de la recherche clinique sur le cancer. Ce congrès, qui attire des milliers de chercheurs de partout au monde, se déroule du 30 mai au 3 juin à Chicago.

Voici les études présentées à cette occasion par le Groupe des essais cliniques (GEC) de l’INCC, dont le financement de base est assuré par la Société canadienne du cancer. Le GEC de l’INCC est un groupe de chercheurs très respectés qui met sur pied, effectue et analyse des essais d’envergure nationale et internationale sur la prévention du cancer, sur le traitement de la maladie et sur les soins de soutien destinés aux patients qui en sont atteints. Le GEC de l’INCC a dirigé des essais qui ont transformé la pratique clinique au Canada et à l’étranger.

Un profil génétique qui prédit la réponse au traitement du cancer du sein
Un essai clinique sur le cancer du sein a permis de découvrir que le profil génétique appelé PAM50 peut déterminer la survie sans récidive (la période consécutive au traitement sans aucun signe de cancer). Cette découverte signifie que les oncologues peuvent utiliser le test génétique PAM50 pour déterminer quelles patientes tireront davantage profit des traitements par chimiothérapie CEF, EC/T ou AC/T. L’étude est dirigée au Canada par le Dr Mark Levine (Hamilton, Ontario) et la Dre Margot Burnell (Saint John, Nouveau-Brunswick).

Un nouveau traitement pour le cancer du pancréas, difficile à traiter
L’association médicamenteuse de la gemcitabine et de l’erlotinib améliore la survie globale des patients atteints d’un cancer du pancréas qui présentent de faibles concentrations sanguines des protéines IL-8, CEA ou HIF-1, selon un essai clinique coordonné par le GEC de l’INCC et dirigé par le Dr Malcolm Moore à Toronto. L’étude a également observé une meilleure survie globale lorsque les patients chez qui uniquement la protéine IL-8 était en plus faible quantité recevaient un traitement à base de gemcitabine seule. Le pronostic étant souvent sombre dans les cas de cancer du pancréas, même lorsqu’il est diagnostiqué tôt, la découverte de moyens thérapeutiques plus efficaces revêt une importance capitale pour les personnes touchées par la maladie.

Des biomarqueurs indicateurs de survie au cancer du sein à croissance rapide
La protéine du nom de HER2/neu est présente en quantités anormalement élevées chez environ une personne atteinte de cancer du sein sur cinq; or, cette protéine joue un rôle important dans la croissance et la propagation du cancer. Lors d’un essai clinique, on a comparé l’efficacité respective du lapatinib et du trastuzumab administrés par chimiothérapie à des patientes présentant des niveaux élevés de HER/neu. Les chercheurs ont vérifié l’influence d’un ensemble de biomarqueurs sur l’efficacité des deux options thérapeutiques. L’étude a révélé que des niveaux élevés du biomarqueur des récepteurs d’œstrogène étaient associés à une plus longue survie sans progression du cancer, tandis que des niveaux élevés d’un autre biomarqueur, la protéine CK5, correspondaient à une survie sans progression de plus courte durée. Ces observations aideront les cliniciens à identifier plus précisément les patientes chez qui le traitement sera le plus bénéfique pour prolonger la période de survie sans progression de la maladie. L’essai clinique a été coordonné par le GEC de l’INCC et dirigé par la Dre Karen Gelmon à Vancouver.

Traitement du cancer agressif du poumon

Un essai clinique a observé que les patients atteints de cancer avancé du poumon non à petites cellules pour qui le traitement standard n’avait pas été fructueux réagissaient bien au traitement par le dacomitinib, comparativement à un placebo. Selon les conclusions de l’essai, les patients ayant pris le médicament ont connu une plus longue période de survie sans progression de la maladie.
 
Bien qu’il n’y ait pas eu d’amélioration de la survie globale pour la plupart des patients, un petit sous-groupe porteur d’une mutation du gène KRAS a vu sa survie évoluer positivement. Les chercheurs ont conclu que ces observations méritaient une étude plus approfondie du dacomitinib afin de déterminer les sous-groupes spécifiques de patients répondant le mieux à ce traitement. L’essai a porté sur 720 patients dont l’âge variait de 32 à 90 ans. Le dacomitinib pourrait stopper le développement des cellules tumorales en inhibant certaines des enzymes nécessaires à la croissance cellulaire. L’essai a été coordonné par le GEC de l’INCC et dirigé par le Dr Peter Ellis à Hamilton, en Ontario.

Sous-utilisation des données de recherche portant sur la qualité de vie

Les résultats relatifs à la qualité de vie sont souvent notés lors des essais cliniques; toutefois, une nouvelle étude indique que la plupart des oncologues n’utilisent pas ces données pour orienter leurs décisions cliniques.

Dans le cadre d’une enquête internationale réunissant le GEC de l’INCC et des groupes d’essais cliniques du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, on a sondé des oncologues sur leurs perceptions des résultats relatifs à la qualité de vie, sur la manière dont ils utilisaient ces résultats dans leur pratique clinique, sur les éléments empêchant ou facilitant leur utilisation des résultats, de même que sur leurs préférences quant à la présentation des résultats dans les publications.

Alors que la plupart des répondants ont déclaré que les données relatives à la qualité de vie étaient utiles, plus de 50 % d’entre eux ont dit ne pas utiliser ces résultats pour orienter leurs décisions cliniques. Les obstacles à l’utilisation de l’information qui ont été cités sont le manque de temps (67 %) et la difficulté à généraliser les résultats (68 %). Les répondants ont fait remarquer que l’inclusion d’un sommaire des implications cliniques dans les résultats des études (76 %), des descriptions claires des données manquantes (86 %) et la publication conjointe des observations cliniques et des résultats relatifs à la qualité de vie (96 %) pourraient les aider à intégrer ces résultats à leur pratique clinique.