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Actualités scientifiques en bref

24 janvier 2014

En ce début d’année, nous vous présentons les plus récents développements de la recherche sur le cancer menée en 2013.

Une question d’emplacement géographique

Selon une étude sur les points de vente de tabac en Ontario, ces derniers sont plus souvent situés dans des quartiers où vit une population à faible revenu. L’étude a également observé que la plupart de ces établissements sont situés à distance de marche d’une école.

Une plus grande concentration de points de vente de tabac dans des milieux socioéconomiquement défavorisés et à proximité des écoles augmente les probabilités de vente à de jeunes mineurs. En entretenant la perception que le tabagisme est une norme sociale, un tel niveau d’accessibilité accroît les risques de contracter l’habitude de fumer. Cela fait également en sorte qu’il est encore plus difficile pour les fumeurs vivant dans ces quartiers de renoncer au tabagisme.

Les conclusions de cette recherche concordent avec celles d’autres études nord-américaines qui ont établi une relation en le statut socio-économique et la disponibilité des produits du tabac.

Le tabagisme est responsable d’environ 85 % des cas de cancer du poumon, encore aujourd’hui principale cause de mortalité par cancer au Canada chez les hommes et chez les femmes. Et le tabac demeure un produit très facile à obtenir. En Ontario, quelque 11 000 établissements vendent des cigarettes, ce qui équivaut à un point de vente pour 1000 fumeurs.

Les chercheurs recommandent de toute urgence une réforme des politiques afin de réduire la densité des points de vente de tabac dans les secteurs vulnérables ainsi que la disponibilité des produits, de manière générale.

L’étude a été publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health. (en anglais)

Une étude sur le cancer du cerveau choisie parmi les plus grandes avancées cliniques de 2013

Chaque année, l’American Society of Clinical Oncology établit un palmarès des plus importantes percées cliniques réalisées au cours des 12 mois précédents. Une étude conjointe à laquelle participait le Groupe des essais cliniques (GEC) de l’INCC figure parmi ces grandes avancées de 2013. Le GEC est l’un des programmes nationaux de recherche de la Société canadienne du cancer.

L’essai clinique a vérifié les avantages d’associer la radiothérapie à une chimiothérapie standard pour traiter une tumeur cérébrale à croissance rapide, l’oligodendrogliome anaplasique (OA). L’étude a conclu que le traitement associatif retardait la croissance tumorale et prolongeait la période de survie; ces avantages pourraient toutefois s’appliquer seulement à un groupe limité de patients porteurs d’une mutation génétique particulière. Les résultats de l’essai devraient donner lieu à une modification du traitement standard prodigué aux patients atteints d’un OA et porteurs de la mutation génétique.

Lisez le rapport 2013 de l’American Society of Clinical Oncology sur les progrès cliniques. (en anglais)

Les mécanismes complexes de la communication cellulaire bloquent l’action du suppresseur de tumeur Hippo

La communication entre les cellules et leur environnement est étroitement liée à l’intensité de la propagation des tumeurs de même qu’à leur réaction au traitement. Lors d’expériences en laboratoire, une équipe de chercheurs de la BC Cancer Agency s’est intéressée plus particulièrement à Hippo, une importante voie de signalisation impliquée dans la suppression de tumeur qui s’avère inactive dans les cancers du sein, de la prostate et du côlon chez l’humain. Les chercheurs ont découvert qu’une enzyme appelée ILK (« integrin-linked kinase », ou kynase liée à l’intégrine) peut affecter les propriétés de suppresseur de tumeur d’Hippo et que l’inhibition d’ILK peut empêcher la croissance tumorale. Selon les chercheurs, ces observations démontrent qu’ILK pourrait constituer une nouvelle cible thérapeutique pour soigner le cancer.

L’étude a été publiée dans Nature Communications. (en anglais)