Point de vue de la Société canadienne du cancer à propos de l’aspirine et du cancer

31 octobre 2013

De nombreuses études se sont penchées ces dernières années sur les possibles bienfaits de l’aspirine relativement au cancer. D’après ces études, la prise d’une aspirine par jour peut réduire le risque de certains cancers de même que la mortalité par cancer.

Notre point de vue

La Société canadienne du cancer considère qu’il s’agit là de recherches prometteuses. Toutefois, la Société ne recommande pas aux Canadiens de prendre de l’aspirine pour réduire leur risque de développer un cancer ou de mourir d’un cancer, entre autres à cause des possibles effets nocifs à long terme de la prise d’aspirine, même faiblement dosée. Ces effets sont notamment le risque de saignements et les complications gastro-intestinales.

Avant d’élaborer toute forme de recommandation, il faudra approfondir les recherches afin de mieux comprendre les effets de l’aspirine sur le cancer.

Contexte

Les recherches menées jusqu’à maintenant sur l’aspirine et le cancer ont démontré que :

  • La prise quotidienne d’aspirine (dose minimale de 75 mg, parfois appelée aspirine de bébé) durant une période de 5 ans ou plus peut réduire le risque sur 20 ans de décès par cancer de l’œsophage, de cancer colorectal ou de cancer du poumon chez les hommes. La dose quotidienne de 75 mg s’est avérée aussi efficace que les doses plus élevées (75-300 mg).
  • Chez les hommes et les femmes, la prise quotidienne d’aspirine faiblement dosée (moins de 300 mg) peut réduire le risque de développer un cancer (environ 3 ans après la prise initiale) ainsi que le risque de décès lié au cancer (environ 5 ans après la prise initiale).
  • La prise quotidienne d’aspirine peut réduire le risque de propagation du cancer à d’autres parties du corps.

Les données scientifiques actuelles indiquent certaines tendances, mais ne suffisent pas à justifier une recommandation quant à la prévention du cancer par la prise d’aspirine. Il faudra mener d’autres études si on veut mieux comprendre le lien entre l’aspirine et le cancer, notamment :

  • des études additionnelles portant spécifiquement sur l’aspirine et le cancer. Les analyses effectuées à ce jour sont fondées sur des essais cliniques aléatoires conçus pour étudier les maladies cardiovasculaires et non le cancer. Remarque : les études menées sur la santé des femmes (Women’s Health Study) et celle des médecins (Physicians’ Health Study) sont deux vastes essais américains sur la prévention primaire incluant le cancer parmi les maladies pré-identifiées. L’étude sur la santé des médecins n’a pas conclu à un effet préventif pour les participants ayant pris de l’aspirine un jour sur deux. Celle sur la santé des femmes a observé que la prise d’aspirine un jour sur deux pouvait réduire le risque de cancer colorectal, mais augmentait le risque de complications gastro-intestinales.
  • la recherche pour mieux comprendre les risques liés à la prise prolongée d’aspirine.
  • la recherche sur les mécanismes d’action précis de l’aspirine sur le cancer.
  • des études permettant d’établir quelles personnes sont plus susceptibles de bénéficier de la prise d’aspirine. Certaines études démontrent que les effets de l’aspirine sur le cancer se manifestent quels que soient les autres facteurs de risque comme le tabagisme, le sexe et l’indice de masse corporelle (IMC); cependant l’aspirine pourrait s’avérer plus bénéfique chez les adultes plus âgés.