Point de vue de la Société canadienne du cancer à propos des antinéoplastons

07 décembre 2016

La Société canadienne du cancer reçoit parfois des demandes de renseignements à propos des antinéoplastons et de leur potentiel thérapeutique pour certains cancers; on nous adresse également des questions relativement aux travaux du Dr Stanislaw Burzynski.

Le traitement en question consiste à utiliser un groupe de composés appelés antinéoplastons pour empêcher la croissance des cellules cancéreuses. Ces antinéoplastons sont en majeure partie des peptides et des acides aminés qui ont été isolés de l’urine et du sang humains; toutefois, de nos jours ils sont le plus souvent produits en laboratoire.

Les tenants de cette thérapie allèguent que les antinéoplastons affectent la croissance des cellules cancéreuses et que les personnes atteintes de cancer ne possèdent pas suffisamment d’antinéoplastons « naturels ». Le traitement a pour but de réapprovisionner l’organisme en antinéoplastons.

Notre point de vue

La Société canadienne du cancer s’inquiète de voir des Canadiens désireux de suivre un traitement par antinéoplastons, vu que les bienfaits et les effets secondaires n’en sont pas encore bien connus. En l’absence de preuves cliniques adéquates et suffisantes, la Société ne recommande pas aux patients atteints de cancer de recourir à une thérapie à base d’antinéoplastons.

Contexte

Aucun résultat scientifique concluant n’a encore été publié à ce jour quant à l’efficacité du traitement par antinéoplastons pour traiter le cancer chez les humains. En fait, le traitement par antinéoplastons n’est homologué ni au Canada, ni aux États-Unis, ni ailleurs dans le monde pour soigner le cancer.

La seule manière pour un patient d’avoir accès à ce type de traitement est de participer à une étude clinique sur les possibilités thérapeutiques de ces substances dans les cas de cancer.

Le Dr Stanislaw Burzynski, qui a mis au point le traitement par antinéoplastons, croit que ces composés fournissent une protection naturelle contre le cancer. Depuis les années 80, plusieurs organisations, chercheurs et organismes gouvernementaux du domaine de la santé (y compris le ministère de la Santé de l’Ontario) ont évalué les travaux du Dr Burzynski. Le consensus qui se dégage de leurs analyses est que ces travaux n’ont pas fourni suffisamment de données probantes pour établir si les antinéoplastons pouvaient être d’une quelconque utilité chez les patients atteints de cancer.

Si certaines études à petite échelle ont donné des résultats encourageants à la suite de l’utilisation du traitement par antinéoplastons, la plupart d’entre elles ont été dirigées par le Dr Burzynski. Ces résultats n’ont pas été systématiquement reproduits dans d’autres centres de cancérologie.

Il est à noter qu’aucun essai clinique de phase 3 n’a jamais été mené relativement au traitement par antinéoplastons. Or, les essais cliniques de phase 3 sont nécessaires pour prouver l’efficacité d’un nouveau médicament ou traitement. Voyez en quoi consistent les phases de développement et d’essai des médicaments et traitements contre le cancer.

Les recherches sur le traitement par antinéoplastons se poursuivent, principalement par le Dr Burzynski à la Burzynski Clinic et au Burzynski Research Institute situés au Texas (É.-U.). Les sites Web de ces deux établissements ne fournissent que peu ou pas du tout d’information sur les études en cours.

Vous trouverez de plus amples renseignements sur le traitement par antinéoplastons sur le site du National Cancer Institute (en anglais).