L’équipe scientifique MAGIC trouve des stratégies inédites pour traiter un cancer infantile du cerveau

01 août 2012

David Shih, one of the lead authors on the study and a graduate student working with Dr Michael TaylorUne équipe internationale de chercheurs marque d’importants progrès dans la compréhension des causes du médulloblastome, la forme la plus courante des tumeurs malignes du cerveau chez les très jeunes enfants.

Chaque année au Canada, entre 30 et 40 bébés et jeunes enfants reçoivent un diagnostic de médulloblastome. Si plus des deux-tiers d’entre eux survivent, plusieurs en gardent des séquelles neurologiques, intellectuelles et physiques permanentes – conséquence des traitements de radiothérapie intensifs qui endommagent leurs cerveaux en pleine croissance.

Selon l’équipe internationale composée d’experts et connue sous le nom de MAGIC (pour Medulloblastoma Advanced Genomics International Consortium), le fait d’identifier les anomalies des cellules cérébrales permettra d’améliorer et de mieux cibler les traitements contre ce type de cancer. L’étude, subventionnée en partie par la Société canadienne du cancer, est la plus vaste qui ait jamais été entreprise sur le médulloblastome.

Une étude antérieure, dirigée par le Dr Michael Taylor à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto et financée par la Société, avait permis de classer les médulloblastomes en 4 principaux sous-groupesen fonction de critères cliniques et génétiques. Le Dr Taylor est également le chercheur principal au sein de l’équipe MAGIC. Dans le cadre de l’étude actuellement en cours, les chercheurs tentent de mieux comprendre ce qui différencie ces sous-groupes, dans l’espoir de mettre au point des traitements ciblés pour un groupe particulier de patients – il serait éventuellement possible d’éviter l’irradiation du cerveau chez certains enfants, qui ainsi n’auraient pas à en subir les effets secondaires.

Pour réaliser l’étude, les chercheurs ont recueilli plus de 1200 échantillons de médulloblastomes dans 45 hôpitaux à travers le monde (on avait utilisé seulement 100 prélèvements lors de la précédente étude) et les ont analysés au moyen d’une technique permettant de détecter les anomalies au niveau des chromosomes. Contrairement à d’autres formes de cancer, peu de mutations génétiques ont été identifiées dans le cas du médulloblastome. Les chercheurs ont utilisé une méthode à grande échelle pour vérifier la présence de modifications chromosomiques dans les tumeurs de chaque sous-groupe.

Des anomalies ont été observées sur les chromosomes dans chacun des sous-groupes. Fait étonnant, un des sous-groupes présentait un nombre supérieur de copies d’un gène impliqué dans la maladie de Parkinson. Le gène en question, appelé SNCAIP, est souvent muté ou non fonctionnel chez les personnes atteintes de Parkinson. C’est la première fois qu’on associe au médulloblastome la présence d’un gène lié au Parkinson. Le rôle du gène SNCAIP reste à préciser – il faudra mener d’autres travaux pour comprendre pourquoi il est moins actif dans la maladie de Parkinson mais plus actif dans le médulloblastome.

« Cette étude exceptionnellement vaste a permis de définir un grand nombre de cibles génétiques qu’on peut désormais vérifier en milieu clinique », déclare David Shih, un des principaux chercheurs qui participent à l’étude et étudiant de troisième cycle travaillant sous la supervision du Dr Taylor. « Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que nous disposons déjà de médicaments pour certaines des cibles que nous avons identifiées; nous serons donc en mesure de vérifier nos observations sans délai », conclut-il.

L’étude a été publiée en ligne le 25 juillet dans la revue scientifique Nature.