Améliorer les soins palliatifs aux patients atteints de cancer

01 novembre 2012

Dr Camilla ZimmermannSelon une nouvelle étude, les oncologues canadiens tardent trop à diriger les patients vers des services spécialisés en soins palliatifs. Si 80 % des médecins recommandent des soins palliatifs aux patients atteints d’un cancer en phase terminale, ils le font alors que les malades n’ont plus que quelques mois ou quelques semaines à vivre, et dans de nombreux cas seulement quelques jours.

« Nous devons absolument modifier l’image des soins palliatifs », déclare la Dre Camilla Zimmermann, responsable de l’étude et chef des soins palliatifs à l’hôpital Princess Margaret de Toronto. « Les soins palliatifs ne sont plus synonymes de soins en fin de vie. Ils ont avant tout pour but d’aider à atténuer les symptômes des patients, de prévenir et de soulager la douleur, et d’améliorer la qualité de vie globale des personnes qui vivent avec le cancer. »

En fait, les soins palliatifs peuvent s’avérer utiles à tous les stades de la maladie, non seulement chez les patients parvenus au terme de leur vie, mais également chez ceux qui suivent des traitements pour des maladies pouvant être guéries ou qui sont atteints de maladies chroniques.

Les soins palliatifs spécialisés permettent aux patients d’avoir accès à une équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé – médecins, infirmières, pharmaciens, aumôniers, travailleurs sociaux et psychologues – qui peuvent élaborer un plan de soins destiné à atténuer la souffrance du patient à tous les niveaux. Il s’agit d’une approche holistique, qui vise à améliorer la qualité de vie du patient et qui met l’accent sur le soulagement de la douleur en même temps que sur l’accompagnement psychosocial et spirituel.

Lorsque les patients sont orientés vers les soins palliatifs plus tôt dans le cours de la maladie, les équipes de soins sont mieux à même d’évaluer et de soulager rapidement les symptômes et la détresse du patient et de sa famille, de leur fournir les services sociaux appropriés et de planifier les soins à venir.

L’étude a porté sur des oncologues de partout au Canada et a montré que si 73 % d’entre eux disent avoir accès à des cliniques de soins palliatifs, seulement un tiers y dirigent leurs patients après avoir diagnostiqué chez eux un cancer incurable. Les principaux obstacles cités sont la disponibilité et l’intégralité des soins palliatifs spécialisés offerts, de même que le fait que certains services n’acceptent pas les patients en chimiothérapie. Par ailleurs, un tiers des oncologues sondés disent qu’ils dirigeraient leurs patients plus tôt vers les soins palliatifs si ces derniers étaient rebaptisés « soins de soutien ».

« Nous manquons cruellement de médecins et de spécialistes en soins palliatifs », affirme la Dre Zimmermann. « Le système a besoin d’être restructuré. Nous allons devoir appliquer une approche plus intégrée pour traiter les personnes atteintes de cancer. Si nous pouvons conscientiser à nouveau les médecins à l’importance des soins palliatifs et aux avantages d’une intervention hâtive, nous pourrons alors améliorer l’ensemble des soins prodigués aux personnes qui vivent avec un cancer. »

Les conclusions de l’étude ont été publiées le 29 octobre dans le Journal of Clinical Oncology

Voyez les efforts déployés par la Société pour réclamer l’amélioration des soins palliatifs