Un médicament qui prévient le cancer du sein peut réduire la densité osseuse 

01 février 2012

Février 2012 – Selon une nouvelle étude, un médicament très efficace pour prévenir le cancer du sein chez les femmes susceptibles d’être atteintes de la maladie aggrave la perte osseuse liée à l’âge, bien que les implications cliniques des résultats soient nébuleuses.

En juin 2011, les résultats d’un essai clinique dirigé par des chercheurs canadiens ont indiqué que, chez les femmes ménopausées qui courent un risque accru de cancer du sein, l’exémestane réduit le risque de 65 % comparativement à un placebo. La nouvelle étude a montré que l’exémestane aggrave la perte osseuse liée à l’âge par un facteur d’environ trois par rapport à un placebo.

La nouvelle étude a été réalisée chez 351 femmes ménopausées, d’un âge médian de 61 ans, qui n’avaient pas reçu de diagnostic d’ostéoporose jusque-làet qui prenaient des suppléments de calcium et de vitamine D, mais aucun médicament contre les maladies osseuses. L’équipe de chercheurs a évalué la densité ou la force des os en mesurant la densité minérale osseusepar tomodensitométrie haute résolution. Après deux ans, les chercheurs ont noté une perte de densité osseuse de 7,9 % dans le groupe exémestane,contre1,1 % dans le groupe placebo.

Les résultats ont été publiés le 7 février 2012 dans la livraison en ligne du journal The Lancet Oncology.

« Ces résultats fournissent un précieux complément d’information sur les risques et bienfaits de l’emploi potentiel de l’exémestane pour la prévention du cancer du sein, déclare Dre Christine Williams, vice-présidente à la recherche, Société canadienne du cancer. Cependant, il faut mener des études de suivi pour évaluer le rapport risques-bienfaits d’un traitement par l’exémestane. Il faut surtout déterminer quelles implications cliniques ces changements observés de la densité osseuse peuvent avoir pour les femmes, et plus précisément si le risque d’ostéoporose ou de fractures est augmenté chez les femmes qui prennent de l’exémestane. »

L’exémestane appartient à une classe de médicaments appelés inhibiteurs de l’aromatase. Les inhibiteurs de l’aromatase empêchent la conversion des androgènes en œstrogènes, ce qui est la principale source de production d’œstrogènes chez les femmes ménopausées. Les œstrogènes sont un important facteur de croissance pour les cancers du sein exprimant des récepteurs hormonaux.

Au Canada, l’exémestane est approuvé pour la réduction du risque de récidive du cancer du sein, mais ne l’est pas comme médicament de prévention du cancer du sein. La nouvelle étude apporte des données supplémentaires qui vont guider l’élaboration des recommandations cliniques sur l’utilisation de l’exémestane pour la prévention du cancer du sein.

L’étude a été subventionnée par l’Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer du sein (ACRCS), dont la Société canadienne du cancera été un partenaire fondateur et subventionnaire. Le partenariat avec l’ACRCSa pris fin en avril 2010.

Avec le soutien financier de la Société, cette équipe de chercheurs poursuit actuellement l’étude des effets à plus long terme de l’exémestane sur la densité osseuse.