Une radiothérapie de plus courte durée convient aux femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce

01 septembre 2008

Dr Timothy WhelanOctobre 2008 – Pour les femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce, des séances plus courtes de radiothérapie à plus haute intensité sont aussi efficaces que le traitement standard, plus long. Cette découverte constitue une excellente nouvelle, tant pour les patientes que pour le système de santé.

Dirigée par le Dr Timothy Whelan, l’équipe de recherche a comparé une approche thérapeutique de plus courte durée, soit seulement de 1 à 3 semaines, avec le traitement standard de 5 à 7 semaines. Ils n’ont constaté aucune différence significative dans les taux de récidive du cancer. Après 12 ans, le cancer s’était manifesté de nouveau chez 6,2 % des patientes traitées selon le programme court, comparativement à 6,7 % des patientes ayant suivi le programme standard.

Les chercheurs ont également observé chez les deux groupes de patientes de bons ou même d’excellents résultats sur le plan esthétique, c’est-à-dire que la radiothérapie n’avait provoqué aucune décoloration, diminution de volume ou marque au niveau du sein. Si le rayonnement est trop toxique, il entraîne des cicatrices ou un épaississement susceptibles de déformer la poitrine.

Depuis que le Dr Whelan a présenté les résultats préliminaires de ses travaux en 2002, ce traitement a été adopté à grande échelle au Canada. Il estime qu’entre 60 et 70 % des Canadiennes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce le reçoivent déjà. Cette approche n’est toutefois pas systématiquement ou internationalement adoptée pour toutes les femmes qui seraient de bonnes candidates.

« Nos patientes apprécient grandement cette approche thérapeutique car elle est beaucoup plus commode pour elles et moins coûteuse – elles ont moins de déplacements à faire pour leurs traitements et manquent moins de journées de travail », explique le Dr Whelan, radio-oncologue au Centre de cancérologie Juravinski de l’Université McMaster.

Il ajoute que le calendrier de traitement écourté profite également au système de soins de santé. Le cancer du sein est la forme de cancer la plus répandue chez les Canadiennes, et représente jusqu’à 25 % de tous les soins de radiothérapie. La réduction de la durée de traitement permet à plus de femmes d’avoir accès rapidement aux installations de radiothérapie ainsi qu’au personnel chargé d’administrer les traitements, selon lui.

L’étude a porté sur 1 234 femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce sans atteinte des ganglions – c’est-à-dire d’un cancer ne s’étant pas propagé aux ganglions lymphatiques sous les aisselles. Entre 1993 et 1996, les chercheurs avaient affecté les patientes soit à l’approche thérapeutique plus courte, aussi appelée irradiation hypofractionnée et accélérée de la totalité du sein, soit au traitement standard.

Le Dr Whelan est un chef de file de ce domaine de recherche et a reçu un soutien financier continu pour cette étude, ainsi que d’autres, de la part de l’Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer du sein (ACRCS). L’ACRCS est une initiative de recherche sur le cancer du sein à laquelle la Société canadienne du cancer contribue à titre de partenaire fondateur et bailleur de fonds.

Les nouvelles conclusions de l’étude ont été présentées à l’occasion de la réunion annuelle de 2008 de l’American Society for Therapeutic Radiology and Oncology.

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