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Statistiques canadiennes sur le cancer 2015. Le Québec connaîtra une hausse de 35 % du nombre de cas de cancer d’ici 2030. Pour sauver plus de vies, il faut prioriser la détection précoce, l’accessibilité aux traitements et les investissements en recherche

27 mai 2015

Montreal -

Le nombre de nouveaux cas de cancer au Québec bondira d’au moins 35 % (près de 40 % au pays1) dans les 15 prochaines années. C’est ce que nous apprend un nouveau rapport – Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 – publié aujourd’hui par la Société canadienne du cancer (SCC), en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada. En 2030, au Québec, 67 000 personnes recevront un diagnostic de cancer, comparativement à 50 000 cette année (277 000 Canadiens contre 200 000 cette année).

« Une hausse aussi importante des cas de cancer aura des répercussions majeures sur notre système de soins de santé. La Société canadienne du cancer se questionne et s’inquiète à savoir si le Québec sera prêt à faire face à cette réalité du cancer. Le gouvernement devra prioriser la lutte contre le cancer dans les prochaines années, et chacun de nous dans les secteurs public, caritatif et privé doit en être partie prenante, y compris les chercheurs en milieu universitaire, les décideurs et les citoyens, déclare Suzanne Dubois, directrice générale de la SCC – Division du Québec. Le rapport émis ce matin est clair, nous devons nous préparer. »

La SCC estime que nous devons dès maintenant unir nos efforts pour nous assurer que le Québec dispose des ressources nécessaires pour répondre à la hausse imminente du nombre de cas de cancer d’ici 2030. « Pour s’assurer d’offrir à tous les Québécois les services liés au cancer : des tests de dépistage aux traitements; des médicaments novateurs aux soins de fin de vie, le gouvernement doit dès maintenant exercer une leadership fort en matière de lutte contre le cancer », ajoute Mme Dubois.

Les cas de cancer en hausse, mais le risque populationnel demeure stable au pays

L’explosion du nombre de cas s’explique essentiellement par deux grands facteurs : la croissance de la population et le vieillissement de celle-ci. Ainsi, dans 15 ans, le Québec comptera environ 9,2 millions d’habitants, soit un million de plus par rapport à aujourd’hui (à l’échelle du pays, la population augmentera de six millions de personnes). Par ailleurs, pendant la même période, le groupe des 65 ans et plus augmentera de beaucoup au pays. D’ici 15 ans, le nombre de Québécois âgés de 65 ans et plus doublera, passant de 1,2 million de personnes actuellement à plus de 2,3 millions2.

Toutefois, il est très important de noter que, malgré l’accroissement du nombre de cas en chiffres absolus, le risque de développer un cancer (taux d’incidence) ne changera pas beaucoup d’ici 2030. Le rapport émis ce matin indique clairement que le taux d’incidence va encore diminuer chez les hommes, et augmenter légèrement chez les femmes.

Prévention, dépistage et recherche

 « Sans les efforts des dernières années déployés en matière de prévention, comme la diminution du tabac et l’exposition aux UV ainsi que les avancées obtenues par la recherche, le nombre de cas de cancer prévu au Québec dans 15 ans aurait été encore plus imposant3. Investir dans la recherche nous a permis de faire d’immenses progrès aux dépens du cancer. Nous en savons plus sur les causes du cancer, la manière dont il se développe, comment le traiter et comment améliorer la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. À l’aube d’autres grandes percées thérapeutiques, la SCC vise à faire grimper le taux de survie global du cancer, actuellement de 63 %, à 80 %, d’ici 2030 », précise Suzanne Dubois, directrice générale de la SCC – Division du Québec.

« Au cours des 15 prochaines années, nous allons sûrement améliorer nos méthodes pour repérer les personnes à risque, détecter le cancer tôt et le traiter avec plus de précision, remarque André Beaulieu, porte-parole de la SCC – Division du Québec. Cela se traduira certainement par un meilleur pronostic pour les personnes atteintes de cancer, mais pour y arriver, il faudra voir à mettre en place des mécanismes qui permettront d’offrir l’accès aux meilleurs traitements et médicaments aux Québécois qui pourraient en bénéficier, peu importe où ils vivent. Cet accès devra inclure les innovations et les thérapies ciblées, comme la médecine personnalisée. Une réalité qui, en ce moment, n’est déjà pas optimale. »

C’est la première fois que le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer présente des prévisions sur le fardeau futur du cancer. En 2030, le cancer colorectal deviendra le 2e cancer le plus fréquent après celui de la prostate. Ainsi, à court et moyen terme, la SCC juge que, pour diminuer le nombre de cas de cancer au Québec il est prioritaire d’instaurer un programme organisé de dépistage du cancer colorectal. « Le rapport démontre qu’au Québec, il serait possible en 2030, d’éviter 900 cas de cancer colorectal et de sauver près de 1100 vies annuellement si 80 % des Québécois âgés de 50 à 74 ans passaient un test à la maison aux deux ans4,5», ajoute M. Beaulieu. En chiffres, cela signifie 6000 cancers évités et 4300 vies sauvées à l’échelle du pays.

« Le rapport émis ce matin démontre à quel point il demeure important de mettre l’accent sur de saines habitudes de vie et des politiques publiques6 qui favorisent la santé si l’on veut freiner à long terme la tendance et réduire le nombre de personnes atteintes de cancer, ajoute M. Beaulieu. Une réduction du cancer du poumon (le cancer le plus meurtrier au Québec) est très possible si davantage de Québécois ne deviennent pas accros au tabac. Pour y arriver, il faut des politiques gouvernementales efficaces, comme le projet de loi no 44 récemment déposé à l’Assemblée nationale et qui, nous l’espérons, sera voté rapidement. Agir maintenant pour diminuer le taux de tabagisme est une mesure qui aura un très grand impact d’ici et au-delà de l’année 20307. »

Autres points saillants du rapport des Statistiques canadiennes sur le cancer 2015

  • Au Québec, on estime qu’en 2015, il y aura 50 100 nouveaux cas de cancer - 196 900 au pays (exclusion faite de quelque 30 000 cas de cancer de la peau autre que le mélanome - 78 300 à travers le Canada).
  • On prévoit que le cancer sera responsable de 20 900 décès en 2015 (78 000 au pays).
  • Quatre principaux types de cancer (poumon, sein, colorectal et prostate) représenteront la majorité (51 %) des cas de cancer nouvellement diagnostiqués.
  • Près du tiers des décès par cancer (31 %) seront dus au cancer du poumon (27 % au Canada).
  • Au Canada, presque la totalité des cas de cancer (89 %) touchera les personnes de plus de 50 ans.
  • Depuis 2001, le taux d’incidence de cancer ajusté selon l’âge est en baisse chez les hommes (0,7 % par année), mais encore en hausse chez les femmes (0,5 % par année), principalement à cause du cancer du poumon.
  • Les taux globaux de mortalité par cancer chez les deux sexes sont en baisse depuis 1988.
  • Aujourd’hui, 63 % des Canadiens atteints de cancer survivent au moins cinq ans après le diagnostic.

À propos des Statistiques canadiennes sur le cancer
Le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 a été préparé grâce à un partenariat entre la Société canadienne du cancer, l’Agence de santé publique du Canada, Statistique Canada ainsi que les registres du cancer provinciaux et territoriaux. Pour en savoir plus sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2015, visitez le site Web de la Société canadienne du cancer au cancer.ca/statistiques.

1. Cette différence est directement reliée aux taux d’incidence du cancer de la prostate et du mélanome prévus au Québec, lesquels sont attribuables au fait que le registre de la province se base sur des données fournies par les hôpitaux et qu’il ne compile pas les cas de cancer diagnostiqués et traités en dehors de ceux-ci. De plus, la croissance démographique prévue au Québec d’ici 2030 sera plus faible que dans le reste du pays.
2. Ce vieillissement s’explique en raison du grand nombre de baby-boomers qui a eu seul, représente 2 millions de Québécois – 10 millions au Canada. En 2030, ils seront âgés de 65 à 85 ans. En outre, le Québec est l’une des populations les plus vieillissantes au monde.
3. On estime que, grâce à l’amélioration de la prévention, du dépistage et des traitements, 143 000 décès de plus ont été évités depuis 1988, date à laquelle le taux de mortalité au Canada a atteint un sommet.
4. Le test FIT (test immunochimique fécal) est un outil simple, efficace et sécuritaire qui se fait à la maison. Ce test permet de détecter la présence de sang dans les selles, qui peut être signe d’un cancer. Si du sang est détecté, une coloscopie est pratiquée pour confirmer le diagnostic.
5. À l’échelle du pays, si un test de dépistage du cancer colorectal par une recherche de sang occulte dans les selles était effectué chez 80 % des Canadiens de plus de 50 ans, il pourrait permettre de sauver 40 000 vies d’ici 2030.
6. Environ la moitié des cas de cancer peuvent être évités par des comportements sains et des politiques qui protègent le public.
7. À lui seul, le tabagisme est responsable de 85 % des cancers du poumon et de 30 % de tous les cancers.

À propos de la Société canadienne du cancer
Avec l’appui de 300 000 donateurs annuels et de 30 000 bénévoles, la Société canadienne du cancer (SCC) est l’organisme québécois lié au cancer qui a le potentiel de sauver le plus de vies. Chaque année, quelque 135 000 Québécois se tournent vers elle. La SCC met donc tout en œuvre pour faire grimper le taux de survie global du cancer, actuellement de 63 %, à 80 %, d’ici 2030.
L’argent recueilli par la SCC permet :
  • de prévenir plus de cancers et d’exiger des lois qui protègent la santé
  • de financer davantage de projets de recherche
  • de soutenir plus de personnes touchées par le cancer

Sauvons plus de vies. Visitez cancer.ca ou appelez-nous au 1 888 939-3333.

 

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444