La première cause de mortalité au Québec n’est pas en tête des priorités des partis - La SCC est déçue du manque d’engagement concret face aux défis du cancer

04 avril 2014

Montréal -

À la veille du scrutin du 7 avril, la Société canadienne du cancer (SCC) – Division du Québec fait le point sur les engagements des partis politiques dans la lutte contre le cancer. La SCC a demandé aux partis politiques de prendre position sur quatre enjeux majeurs :

  • La révision de la Loi sur le tabac dans les 100 premiers jours de mandature
  • L’accès équitable aux soins palliatifs
  • Les coûts des traitements anti-cancer
  • Le fardeau financier des familles de personnes atteintes de cancer

Les réponses attendues des partis sont cruciales pour les personnes atteintes de cancer. Alors que le Parti Québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont pris le temps d’énoncer leurs propositions, ni le Parti libéral du Québec (PLQ), ni la Coalition Avenir Québec (CAQ) l’ont fait. La SCC a donc dû analyser leur position respective à partir de leurs prises de paroles publiques en campagne.

En complément, la SCC a mis à la disposition des Québécois un outil de communication convivial pour leur permettre d’interpeller directement leurs candidats. Plus de 2000 messages ont été envoyés à partir du microsite passezalaction.cancer.ca/quebec, joignant les candidats de 117 circonscriptions, à propos de l’urgence d’agir dans la lutte contre le tabagisme et l’accès aux soins palliatifs.

Afin de protéger les jeunes contre le tabac, aucun parti ne promet de faire évoluer la Loi sur le tabac dans les 100 jours. Le PQ s’engage clairement à « apporter des modifications à la Loi sur le tabac avant la fin de l’année 2014 ». QS prévoit créer une instance qui réviserait « toutes les lois ayant une incidence sur les grands déterminants de la santé » et évoque une échéance d’un mandat de quatre ans pour y parvenir. La CAQ abonde dans le même sens que le PQ et s’engage « à collaborer pour qu’un renforcement soit adopté le plus tôt possible ». Étonnamment, alors que son chef était le champion canadien de l’encadrement du tabac en 2005, le PLQ s’est contenté de dire que « le renforcement de la loi est souhaitable. »

En matière de soins palliatifs, les citoyens ont profité de l’espace de parole qui leur était offert pour envoyer de nombreux messages à leurs candidats, à l’exemple de ce résidant de la circonscription de Gatineau : « (…) je sais à quel point une équipe de soins palliatifs peut faire une grande différence non seulement pour la qualité de vie et le confort de la personne malade, mais aussi pour son entourage. Merci de faire de cette question une priorité dans vos engagements. » Le PQ s’engage à consacrer plus de ressources aux soins palliatifs, tandis que QS a affirmé que « les soins palliatifs devraient se retrouver à la fois dans le soutien à domicile et dans les hôpitaux et autres établissements assurant des soins de fin de vie. »

Concernant les coûts des médicaments, le PQ a « l’intention de poursuivre l’inscription de nouveaux médicaments contre le cancer », et est ouvert à la négociation d’ententes avec l’industrie. QS entend instaurer une assurance médicaments publique et universelle, ainsi qu’un pôle public d’achat et de production de médicaments – Pharma Québec.

Quant au fardeau financier, aucune proposition concrète n’a été avancée.

Le bilan est mitigé : si des promesses générales sur la santé ont pu être entendues, les partis se font beaucoup trop discrets en matière de lutte contre le cancer. « Malgré que les citoyens et la SCC les aient interpellés, ceux qui veulent se faire élire au gouvernement semblent peu se soucier de la lutte contre la première cause de mortalité au Québec. Dans les faits, ils ont très peu ou pas du tout de propositions pour freiner l’augmentation des cas de cancers au Québec ou pour soutenir davantage les milliers de Québécois touchés par la maladie », souligne Suzanne Dubois, directrice générale, SCC – Division du Québec.

Le cancer en chiffres:
  • L’an dernier, au Québec, il y a eu 48 700 nouveaux cas de cancer et 20 200 décès attribuables à cette maladie.
  • Le tabac est responsable de 30 % de tous les cancers
  • Le Québec compte encore 1,6 million de fumeurs
  • 50 % de la douleur liée au cancer n’est pas soulagée
  • 80 % des patients atteints de cancer souhaitent mourir à la maison, mais seulement une infime partie, soit 10 %, le peuvent

Chaque jour, la Société canadienne du cancer travaille à sauver plus de vies. Grâce à des milliers de Québécois, donateurs et bénévoles, elle lutte pour prévenir plus de cancers, permettre à nos chercheurs de faire plus de découvertes et aider plus de personnes touchées par la maladie. Sauvons + de vies. Visitez cancer.ca ou appelez-nous au 1 888 939-3333.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444