Publication d’un feuillet de l’Institut national de santé publique du Québec La cigarette électronique : facile d’accès et populaire auprès des jeunes, fumeurs comme non-fumeurs

28 novembre 2014

Montréal -

La Société canadienne du cancer (SCC) – Division du Québec est très préoccupée par les données publiées hier par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). En effet, non seulement plus du tiers des élèves de la 2e secondaire ont déjà fumé la cigarette électronique (CE), mais près de la moitié des élèves du secondaire qui l’ont utilisée (46 %) n’excluent pas d’essayer la cigarette traditionnelle (avec tabac). De plus, déjà à la fin du primaire, près de 1 jeune sur 10 a essayé la CE.

Alors que plusieurs experts considèrent que la CE est une alternative moins dommageable que la cigarette conventionnelle, d’autres appréhendent le fait qu’elle « renormalise » l’usage du tabac et ait un effet passerelle vers la cigarette conventionnelle chez les adolescents. « L’intérêt pour le tabac que manifestent ces adolescents ne doit pas être pris à la légère. L’industrie de la cigarette électronique a vraiment réussi à positionner son produit comme quelque chose d’attirant pour les enfants. On est loin de l’objet de cessation. C’est déplorable! Vapoter n’est pas un jeu pour les cours d’école », soulève Mélanie Champagne, directrice, Questions d’intérêt public de la SCC – Division du Québec.

En 2012-2013, le tiers des élèves du secondaire en avaient déjà fait usage au cours de leur vie. Selon l’INSPQ, ces résultats sont élevés en comparaison de ceux obtenus aux États-Unis et suggèrent que les jeunes Québécois ont accès très facilement à ce produit. « C’est troublant, mais pas surprenant. Pourquoi les jeunes se priveraient-ils d’acheter un produit à la mode, aromatisé, abordable et à leur portée? Puisque le gouvernement a le pouvoir d’interdire la vente de la cigarette électronique aux mineurs, les yeux sont maintenant tournés vers lui pour la protection de nos jeunes. Cette mesure doit être incluse dans la révision de la Loi sur le tabac promise par la ministre Lucie Charlebois », rappelle Mélanie Champagne.

Un autre élément soulève des inquiétudes : les saveurs dans le tabac et dans la CE. « Les saveurs sont partout : cigarette régulière, petits cigares, cigarette électronique. En janvier 2014, on dénombrait plus de 7000 saveurs disponibles, juste pour la cigarette électronique. En clair, l’industrie a saisi l’attrait que représentent les saveurs auprès des jeunes et utilise cette stratégie pour recruter une nouvelle clientèle », souligne Geneviève Berteau, analyste des politiques, SCC – Division du Québec.

Selon l’INSPQ, « malgré les divergences d’opinions des experts en santé entourant les risques et les bénéfices de la cigarette électronique pour la santé publique, un consensus émerge quant à la nécessité d’encadrer la publicité et la promotion y étant reliée, et d’en interdire l’accès aux moins de 18 ans ». La SCC partage cet avis et croit qu’en aucun cas ces mesures restreindraient l’accès aux adultes qui veulent utiliser la cigarette électronique, certainement moins dommageable que le tabac régulier.

La semaine dernière, la SCC a lancé à l’Assemblée nationale, aux côtés de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, la campagne 10 dans 10, qui propose comme cible un taux de tabagisme de 10 %, dans 10 ans. Le tabac est responsable d’un décès par cancer sur trois. S’y attaquer est, pour la SCC, le principal moyen de sauver plus de vies.

 

La cigarette électronique et les adolescents
  • 5000 élèves de la 6e année du primaire ont déjà essayé la cigarette électronique
  • 31 % des élèves du secondaire n'ayant jamais utilisé la cigarette électronique, environ 84 400 élèves, n’excluent pas la possibilité d’en faire usage dans le futur
  • Plus d’un élève sur trois du secondaire a déjà utilisé la cigarette électronique, soit environ 143 300 élèves
  • La cigarette électronique est attrayante pour les garçons : 41 % des garçons l’ont utilisée, comparativement à 28% des filles
  • Quelque 48 000 élèves du secondaire qui n’ont jamais fumé la cigarette ont déjà utilisé la cigarette électronique (18 %)

La Société canadienne du cancer travaille à sauver plus de vies. Grâce à des milliers de Québécois, donateurs et bénévoles, elle lutte pour prévenir plus de cancers, permettre à nos chercheurs de faire plus de découvertes et aider plus de personnes touchées par la maladie. Sauvons + de vies : visitez cancer.ca ou appelez-nous au 1 888 939-3333.

Geneviève Berteau Analyste des politiques
Société canadienne du cancer
Téléphone : 514 255-5151

Renseignements :

Mélanie Champagne

Coordonnatrice, Questions d’intérêt public

Société canadienne du cancer

Téléphone : (514) 651-1470