Découverte à Sherbrooke d’un futur traitement contre le cancer de la prostate - La Société canadienne du cancer verse 1,2 M$ à une équipe de l’Université de Sherbrooke et du CHUS

26 février 2013

Sherbrooke, QC -

La Société canadienne du cancer (SCC) a annoncé ce matin une subvention pour un impact d’1,2 million de dollars à une équipe de recherche de l’Université de Sherbrooke (UdS) et du CHUS qui vise la mise au point d’un médicament pour les patients atteints d’un cancer de la prostate avancé.

Le cancer de la prostate est de loin celui qui touche le plus d’hommes canadiens (1 sur 7). « Pourtant, en 20 ou 30 ans, nous n’avons pas vraiment trouvé de nouveau traitement à leur proposer », regrette Robert Day, le chercheur à la tête du projet. Face à un cancer avancé, le traitement standard, antihormonal, ne prolonge la vie que de quelques années, sans guérir les patients. En 2012, 4100 d’entre eux sont décédés au Canada (890 au Québec).

Les tumeurs de la prostate grossissent grâce à la testostérone. Les traitements antihormonaux la bloquent, mais après quelques années, les cellules cancéreuses s’adaptent et trouvent d’autres facteurs de croissance. L’équipe sherbrookoise vient de fabriquer un prototype de médicament pour bloquer l’action de PACE 4 : une enzyme qui se dérègle dans tous les cancers de la prostate et qui permet aux cellules cancéreuses de se multiplier. « Ce médicament prometteur empêche d’activer toute une série de facteurs de croissance qui alimentent le cancer, explique le Dr Day. Chez les souris, quand on bloque PACE 4, les effets sont spectaculaires, la croissance des tumeurs s’arrête. »

Claude Marsolais a été diagnostiqué à 51 ans d’un cancer de la prostate. Après un répit, il a appris que le cancer avait récidivé, puis qu’il était incurable. « Il me reste deux ou trois ans à vivre, pour moi c’est trop tard. Mais mon espoir, c’est que grâce aux travaux du Dr Day, on puisse guérir d’autres hommes dans ma situation. »

Allant jusqu’à 1,25 million de dollars étalés sur cinq ans, la vocation des subventions pour un impact de la SCC est d’investir des sommes importantes sur plusieurs années dans une recherche déjà bien avancée pour lui permettre d’aboutir à des résultats concrets. Pour l’équipe de l’UdS et du CHUS, les premiers patients pourraient bientôt bénéficier de cette avancée majeure : « Si tout se passe bien, j’envisage de commencer un essai clinique de phase I d’ici deux à trois ans », précise Dr Day. Cette subvention vient ainsi récompenser plus de 10 ans de recherche.

En plus de la subvention remise à l’équipe de Sherbrooke, la SCC accorde ce matin 10 autres subventions pour un impact (soit 13 M$ au total) à des chercheurs canadiens, dont 3 autres au Québec (pour un total de 4,5 M$).

« La SCC fête ses 75 ans cette année et depuis ses débuts, elle a choisi d’investir dans la recherche pour avoir le plus d’impact contre la maladie : à ce jour plus de 1,2 milliard de dollars ont été accordés aux chercheurs du pays, indique Suzanne Dubois, directrice générale de la SCC- Division du Québec. Aujourd’hui, des milliers de Québécois survivent au cancer grâce à leurs travaux et la Société canadienne du cancer souhaite en faire davantage dans le futur, car, à mesure que nos connaissances sur le cancer s’élargiront, nous assisterons à des progrès plus remarquables encore. »

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444