Nouvelle loi sur le bronzage artificiel : La Société canadienne du cancer souligne sa mise en œuvre rapide

11 février 2013

Montréal, QC -

C’est aujourd’hui qu’entre en vigueur la Loi visant à prévenir les cancers de la peau causés par le bronzage artificiel, pour laquelle la Société canadienne du cancer (SCC) - Division du Québec a tant milité. La SCC est extrêmement fière de cette avancée majeure qui contribuera à prévenir les cancers de la peau, le cancer le plus répandu au Québec. De plus, la SCC se félicite d’avoir demandé une révision aux cinq ans qui permettra de bonifier la loi.

« Cette loi, qui interdit la vente de services de bronzage aux jeunes de moins de 18 ans, est une grande victoire pour la santé publique, souligne Suzanne Dubois, directrice générale de la SCC – Division du Québec. La Société canadienne du cancer croit fermement qu’il faut travailler en amont afin de prévenir les cancers qui sont prouvés comme évitables. En ce sens, la loi constitue un message clair envoyé par le gouvernement à l’ensemble de la population sur le caractère risqué et dangereux du bronzage. »

Une cohorte de jeunes épargnée

Le gouvernement a adopté la loi en juin 2012, mais avait une année entière pour la mettre en œuvre. La SCC est enchantée de constater que le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) a privilégié une entrée en vigueur et une application rapide de la loi (affiches, mises en garde et inspections). « Le printemps marque le retour en force des publicités et des promotions trompeuses des salons de bronzage. Pour la première fois, une cohorte de jeunes ados ne sera pas recrutée par ces commerces en prévision du bal de finissants et on évitera à moyen et long terme des cancers de la peau, potentiellement mortels », constate Mélanie Champagne, coordonnatrice, Questions d’intérêt public à la SCC.

Les éléments principaux de la loi, en vigueur ce 11 février :

  • Vente et offre de services de bronzage interdites aux moins de 18 ans sous peine d’amende (500 $ à 15 000 $ pour l’exploitant ; maximum de 100 $ pour le jeune).
  • Publicité destinée aux mineurs interdite.
  • Publicité fausse ou trompeuse ou susceptible de créer une fausse impression sur les effets ou les dangers du bronzage artificiel sur la santé interdite (ex : laissant croire à la sécurité des lits de bronzage). L’interdiction s’applique au nom du salon.
  • Mise en garde sur les effets nocifs du bronzage artificiel et mention claire sur l’interdiction aux mineurs obligatoires sur toute publicité en faveur du bronzage.
  • Déclaration obligatoire de toute activité de vente de services de bronzage au registraire des entreprises du Québec.
  • Mécanismes d’inspection par le ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS). Possibilité, pour une municipalité, de se doter de sa propre équipe d’inspecteurs

Une mobilisation sans précédent

Si la SCC a mené la barque de la mobilisation, c’est aussi grâce à un fort esprit de collaboration que cette démarche a pu se conclure avec succès. L’Association des Dermatologistes du Québec et l’Institut national de santé publique du Québec ont apporté au débat leur expérience médicale et scientifique. La SCC, de son côté, a recueilli les signatures de 60 000 Québécois demandant l’encadrement de l’industrie du bronzage, qui ont été déposées par 35 députés à l’Assemblée nationale. La SCC a aussi transmis à la Commission de la santé et des services sociaux les lettres d’appui de 65 groupes représentant plus de 500 organismes, en provenance des secteurs des jeunes, des femmes et de la santé.

Tant que le bronzage sera associé à la beauté et à la santé, une partie de la population continuera malheureusement à se faire bronzer, surtout les jeunes femmes. C’est pourquoi le service de prévention de la SCC poursuit son travail et déploiera au printemps une vaste campagne de sensibilisation auprès des 15-24 ans, La Face cachée du bronzage. Tout au long de la campagne, la SCC mettra tout en œuvre afin de modifier les perceptions à l’égard du bronzage et promouvoir la nouvelle loi auprès des jeunes.

Faits sur le bronzage artificiel

  • Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Québec (de 22 000 à 35 000 cas par année selon les sources).
  • Les rayons des lits de bronzage sont de 5 à 15 fois plus forts que le soleil de midi.
  • Les chances de développer un mélanome augmentent de 59 % pour les personnes qui utilisent les cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans.
  • Près de 250 000 jeunes Québécois de 15 à 29 ans, soit 16 %, utilisent le bronzage artificiel 11 fois l’an en moyenne — 160 000 femmes (22 %) contre 90 000 hommes (11,5 %).
  • Le traitement des cancers de la peau n’est pas « bénin » et simple : chirurgies mutilantes, traitements, douleur, convalescence et changement important des habitudes face au soleil (FPS 60 requis tous les jours, 12 mois par année).

Depuis 75 ans, la Société canadienne du cancer est avec les Canadiens dans le combat pour la vie. Toutes ces années, nous avons travaillé sans relâche à prévenir le cancer, à financer la recherche et à soutenir ceux qui sont touchés par le cancer. Forts de cette expérience, nous continuons de lutter avec eux pour changer le cancer à jamais afin qu’ils soient moins nombreux à y faire face et plus nombreux à y survivre. Pour en savoir plus, visitez cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444