La Société canadienne du cancer applaudit la décision du gouvernement du Québec de poursuivre l’industrie du tabac

08 juin 2012

Montréal, QC -

Recouvrement de frais de santé causés par le tabac

La Société canadienne du cancer (SCC) – Division du Québec est soulagée que le gouvernement du Québec intente enfin un procès aux fabricants de produits du tabac pour recouvrir les coûts des soins de santé liés à la consommation du tabac. Cette poursuite de 60 milliards $ est la plus importante jamais entamée au Canada contre les cigarettiers.

« La poursuite déposée aujourd’hui est le début du processus qui tiendra l’industrie responsable des dommages causés à la santé de milliers de Québécois, déclare Suzanne Dubois, directrice générale de la Société canadienne du cancer. Pendant des décennies, l’industrie du tabac a utilisé des pratiques trompeuses pour promouvoir ses produits mortels, résultant en des centaines de millions de dollars engagés par l’assurance maladie du Québec pour le traitement du cancer et d’autres maladies liées à l’usage du tabac. Près du tiers des cancers sont directement liés au tabac. Uniquement cette année, plus de 15 000 Québécois vont apprendre qu’ils ont un cancer parce qu’ils auront été accros au tabac. »

Selon la SCC, un procès de recouvrement des coûts pourrait être très avantageux pour la santé publique. Aux États-Unis, une poursuite similaire a entrainé des restrictions sur le marketing de l’industrie du tabac, en plus de faire disparaître d’importants organismes de façade et de lobbying au service des cigarettiers. Elle a également permis de porter au grand jour des millions de pages de documents internes de cette industrie, demeurés secrets jusqu’à maintenant.

« Au-delà des cancers, des morts et des souffrances, le tabagisme coûte très cher aux Québécois. L'impact annuel du tabagisme est de 4 milliards $ par année en coûts directs et indirects, alors que les taxes ne rapportent au coffre québécois que 850 millions $, selon Mélanie Champagne, coordonnatrice, Questions d’intérêt public, à la SCC. Les compagnies de tabac ont joué le rôle central dans l’épidémie de tabagisme qui a sévi partout au pays, notamment en cachant les effets de l’usage du tabac sur la santé. On ne peut pas laisser ces entreprises s’en tirer et sans qu’elles ne soient tenues responsables de l’immense tort qu’elles ont causé aux victimes du tabac et à leur famille. »

Quelques-uns des avantages pour le Québec d’un tel procès :

  • Justice : un procès contre l’industrie du tabac tiendra celle-ci responsable de son comportement destructeur.
  • Vérité : Les documents rendus publics pendant le procès permettront de mieux comprendre les pratiques trompeuses et destructrices utilisées par l’industrie pendant des décennies. Le public comprendra finalement qu’il s’agit d’une industrie qui ne respecte pas les règles normales en affaires.
  • Compensation : des milliards de dollars pourraient être recouvrés en tant que compensation pour les soins de santé et autres coûts.
  • Santé : un procès pourrait entraîner des restrictions plus importantes des pratiques de marketing et de vente de l’industrie du tabac.

À part le Québec, sept autres provinces ont déjà intenté des poursuites. Les autres provinces canadiennes, de même que le Nunavut, ont annoncé leur intention de le faire.

  • Le tabagisme tue plus que les accidents de la route, le sida, la drogue, l’alcool, les incendies, les meurtres et les suicides réunis.
  • Le tabac est responsable de 1 décès sur 3 par cancer. C’est la première cause évitable de décès dans le monde.
  • Depuis 5 ans, le nombre de fumeurs québécois demeure inchangé — pour chaque fumeur qui cesse de fumer ou décède, un jeune s’initie au tabac (environ 30 000 par année).
  • On court à la catastrophe : plus de 100 000 jeunes ados (22 %) sont accros. Exactement le même taux que chez les adultes.
  • La cigarette et un produit hautement toxique qui crée une forte dépendance. À peine 5 % des fumeurs réussissent à long terme à écraser sans aucune forme d’aide. Des milliers de fumeurs n’arriveront jamais à écraser pour de bon, et ce, malgré tous les efforts qu’ils mettront.
  • Le cancer du poumon est de loin le plus meurtrier des cancers. Il tuera cette année 2 fois plus de Québécoises que le cancer du sein et 4 fois plus de Québécois que le cancer de la prostate. Il joue aussi un rôle dans l’apparition d’au moins 17 autres types de cancer.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444